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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 06:46

Criquet.JPG

Le criquet sur la table du jardin

(Photo ex-libris.over-blog.com, dimanche 05 août 2012)

 

 

Haussé sur une table, un criquet fier et gris

Se croyait roi du monde :

Avec son essaim, il avait dévasté provinces et pays,

L’antenne vagabonde.

Altier, il regardait le lézard des murailles,

La fourmi laborieuse ;

Il n’avait que mépris pour la vile piétaille

Et la gent besogneuse.

Il toisait, souverain, le petit peuple apode

Comme autant de sujets.

« Vous serez, disait-il, condamnés à l’exode

Car tel est mon souhait ! »

Un enfant turbulent fortuitement survient :

Le lézard file au trou,

La fourmi se faufile pour rejoindre les siens,

Lui, bondit tout d’un coup ;

Le soulier du garçon l’écrase sans vergogne.

L’insecte ainsi déchut :

Celui qui se croyait le duc de Bourgogne

Brise tel un fétu !

 

Moralité

 

Quand on est tout-puissant, il faut craindre la chute :

Plus haute est l’ascension, plus dure est la culbute.

 

A Kergavat, Dimanche 05 août 2012 


Fable librement inspirée de la présence d’un criquet sur la table du jardin et malencontreusement tué.

 

 

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 18:06

 

 Rives-et-rivages.JPG

Sur la plage de Kerouriec, juillet 2012

(Photo ex-libris.over-blog.com, Effet Holga et Ombre projetée)

 

Où est donc cet enfant sage

Qui jouait sur le rivage,

Ramassait des coquillages

Et tressait de vieux cordages ?

 

Il a déserté la plage.

Où sont les enfantillages ?

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème proposé par Reine-Claude : rives et rivages

 

 

 

 

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 14:19

 

Mardi-24-juillet-2012-016.JPG

Sur la plage de Kerouriec en Erdeven,

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

 

Sur l'estran alangui

Le soleil chauffe à blanc

Les rochers sommeillants

La vague et les enfants

 

Solaire liturgie

Le sable est tendre aux pieds

La mer est déroulée

Les coques échouées

 

Demeurer là ainsi

Telle une algue pensive

Oubliée sur la rive

Ardente et sensitive

 

Sur les rochers de Kerouriec,

mardi 24 juillet 2012

 

Mardi-24-juillet-2012-022.JPG

      Sur les rochers de Kerouriec en Erdeven

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 


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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 20:24

 solitude-Fussli.jpg

      Solitude à l'aube, Johann Heinrich Fuseli (Füssli), 1794-1796

 

 

Dans les hautes latitudes

De ma solitude

Entendre

Battre mon coeur tendre

Ouïr

Ma plume gratter les souvenirs

Ecouter 

La vie s'écouler

 

Textoésie du jeudi 02 août 2012 à 07h 34,

En réponse au textoésie de Suzâme, reçu le mercredi 1er août 2012, à 17h 38 link

 

 


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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 14:42

 

 366872_xavier-gallais-dans-le-role-de-treplevet-dominique-r.jpg

       La mort de Treplev avec Arkadina (Dominique Reymond) et Treplev (Xavier Gallais)

(Photo afp.com/ Boris Horvat)

 

 

Mardi 24 juillet 2012, France 2 retransmettait La Mouette d’Anton Tchekhov, en léger différé de la cour d’honneur du Palais des Papes à Avignon. J’attendais avec grande impatience cette retransmission et ma déception devant la mise en scène d’Arthur Nauzyciel n’a eu d’égale que mon attente.

Sur le grand plateau vilarien, devant le haut mur du palais, trois praticables de métal aux formes  incurvées constituent une sorte de décor d’après l’Apocalyse pour les quatre actes qui « se passe[nt] dans la propriété de Piotr Gavrilovitch Sorine » (Emmanuel Salinger). Déambulant sur un sol de gravier noir, eux-mêmes vêtus de sombre, les comédiens sont les interprètes de « cette tristesse polyphonique », de cette mélancolie native  qui est la marque de la pièce. Elle débute ici par la fin, le suicide de Treplev.

On connaît l’intrigue de cette « comédie », représentée à Moscou en 1896, et qui fut le premier succès théâtral de l’auteur. Fils d’une comédienne célèbre, Irina Nikolaevna Arkadina, Mme Trepleva de son vrai nom (Dominique Reymond), Constantin Gavrilovitch Treplev (Xavier Gallais), qui aime sa voisine Nina Zaretchnaïa (Marie-Sophie Ferdane), fille d’un propriétaire terrien, veut devenir un écrivain renommé. Nina, qui ambitionne d’être actrice, est invitée à jouer une de ses œuvres. Arkadina trouble la représentation par ses remarques désobligeantes : « C’est une affaire décadente », déclare-t-elle. Alors que  Constantin est réduit au mutisme, Nina se rapproche de Boris Alexéevitch Trigorine (Laurent Poitrenaux), un écrivain en vogue, amant d’Arkadina.

Un jour, Treplev tue une mouette qu’il apporte à Nina : « J’ai eu aujourd’hui la bassesse de tuer cette mouette. Je la dépose à vos pieds. » Et il ajoute : « C’est comme cela que je vais bientôt me tuer moi-même. » A la vue de l’oiseau mort, Trigorine aura l’idée d’un sujet « pour une petite nouvelle »  qu’il communique à Nina : « Une jeune fille vit depuis son enfance au bord d’un lac, une jeune fille comme vous ; elle aime le lac comme une mouette, elle est heureuse et libre comme une mouette. Mais un homme passe par là et, par hasard, par désœuvrement, lui prend la vie, comme si elle était une mouette. »

Nina suit Trigorine à Moscou mais il l’abandonne et ses rêves de devenir actrice ne se réalisent pas. Le dernier acte se passe deux ans après, toujours à l’intérieur de la maison de Sorine. Arkadina et Trigorine se sont retrouvés. Nina, sourde aux prières de Treplev, lui raconte son amour malheureux pour l’homme de lettres puis s’enfuit. Tandis que le gérant sort d’une armoire le corps naturalisé de la mouette, on entend un coup de feu : Treplev s’est donné la mort.

Certes, le dramaturge russe avait souligné le sens de sa pièce à de nombreuses reprises, notamment avec Nina disant : « Je suis une mouette. Non, ce n’est pas ça. Je suis une actrice ». Mais pourquoi affubler les acteurs de ce masque de mouette qui vient encore insister sur une symbolique déjà très explicite ?

Dans cette même perspective, si la musique jouée par Ruth Rosenthal, Xavier Klaine de Winter Family et du chanteur folk anglais Matt Elliot, installés à cour dans une fenêtre éclairée de la muraille, est belle et lancinante, elle appesantit pourtant encore une atmosphère obscure.

Certes, l’inquiétude et l’incapacité à réaliser leurs rêves caractérisent nombre des personnages de la pièce mais ici, « noir c’est noir », au propre et au figuré. Les pieds dans un charbon de terril, tous les comédiens sont comme Macha, la fille du régisseur de Sorine, « toujours en noir », car ainsi qu'elle l'explique à Medvenko l’instituteur, elle est « en deuil de [s]a vie ». Treplev porte étrangement la bosse de Richard III et Nina ressemble à une sombre araignée noire.

Certes, tout metteur en scène se doit de proposer une interprétation et Nauzyciel a ici choisi, par la voix de Treplev, de mettre l’accent sur les difficultés de l’art dans le monde contemporain, ce qui était une des intentions de Tchekhov lui-même. Associant réalisme et symbolisme, on sait que cette pièce rénova le théâtre russe. « Je l’écris non sans plaisir, disait Tchekhov, même si je vais à l’encontre de toutes les lois de la scène. » Elle sera d’ailleurs à l’origine de sa collaboration créative avec Stanislavski et Nemirovitch-Dantchenko, la mouette devenant même l’emblème du Théâtre d’Art. Mais pourquoi, rejetant le réalisme, pousser l’épure jusqu’à l’outrance et imposer aux comédiens une diction artificielle et sans âme ? Celle-ci est lente, appuyée, grandiloquente et Marie-Sophie Ferdane, dont l’élocution l’apparente  à Fanny Ardant, ne m’a guère émue.

Tchékhov, ce médecin des âmes, affirmait: « Il faut écrire une pièce où les gens vont, viennent, dînent, parlent de la pluie et du beau temps, jouent au whist, non de par la volonté de l’auteur, mais parce que c’est comme ça que ça se passe dans la vie réelle. […] Il faut laisser la vie telle qu’elle est, et les gens tels qu’ils sont, vrais et non boursouflés. » Je crois que c’est cela que je n’ai pas aimé dans cette représentation, l’emphase et la boursouflure, qui ont enlevé toute crédibilité aux personnages et fait naître en un moi l’ennui.

Je ferai cependant une exception pour Arkadina, interprétée par la grande comédienne Dominique Reymond. Il m’a semblé qu’elle seule parvenait à donner vie à son personnage. Elle retrouvait ici cette pièce qu’elle avait jouée à Chaillot en 1984 sous l’égide d’Antoine Vitez, mais dans le rôle de Nina.

Une expérience de dédoublement des plus troublantes pour elle par ailleurs, puisque, au tout début de la pièce, Nauzyciel fait dire par Arkadina des répliques dévolues à Nina (« Ils ont peur que je devienne actrice. Et moi, je me sens attirée vers le lac comme si j’étais une mouette. ») Dans cette interprétation, trois voix ont donc cohabité en elle : celle de Nina, celle de sa jeunesse ; celle d’Arkadina, celle de sa maturité ; et la sienne propre, celle d’une belle comédienne, qui aime le risque, qui a travaillé avec Sobel, Grüber et Lassalle. J’ai beaucoup aimé son aisance, sa vivacité, sa manière légère de se déplacer, créant ainsi, selon moi, une Arkadina complexe et plus fascinante ici que Nina. 

« Il faut de nouvelles formes », dit Treplev dans La Mouette, et "Tchekhov est inépuisable", affirmait Stanislavski. Je ne reproche nullement à Arthur Nauzyciel le parti pris qu’il a choisi de faire de l’Art un des enjeux essentiels de son adaptation : il est en effet au cœur des préoccupations de tous les personnages. Je ne suis nullement comme Trigorine ou Arkadina attachée à « la routine et aux formes anciennes ». Je regrette seulement de n’avoir pas été emporté dans le vol de cette Mouette, dont « les ailes de géant (e) l’empêchent de marcher ».

 

Sources :

Le Magazine littéraire, Mai 1992, n°299, Dossier Tchekhov, Article de Gilles Costaz, " Le théâtre au complet", pp. 36-37

 

 


 

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 06:32

 

Pissenlit.jpg

 

 

 

 

Ô toi

Hermaphrodite jaune

Aveuglant de lumière

Caressé par le sphinx

 

Ô toi

Devin de l’avenir

A la dent-de-lion

Aux mille fruits ailés

 

Ô toi

Le guérisseur

Le nourrisseur

Le thaumaturge

 

Je te salue

Humble soleil

Des pauvres

 

Pour Papier Libre de Juliette,

Thème : ode au pissenlit

 

 

 

 

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:47

 

chevreuil.jpg

 

 

Le soleil rouge et rond

Eblouissait mes yeux

Sur la route en cordon

En un saut hasardeux

Une zébrure brune

A griffé mon regard

Et bravant la Fortune

Un jeune chevrillard

A bondi vif-argent

Dessous les taillis verts

Pour vision me laissant

Son miroir (*) aux lisières

 

En quittant Erdeven,

sur la route vers Saint-Sauveur-Kerbihouarde,

6h 45 du matin

 

(*) Le miroir est l’arrière-train du chevreuil

 

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 15:10

the-deep-blue-sea-danse.jpg

 Hester Collyer (Rachel Weisz) et Freddie Page (Tom Hiddleston) dansant.

(Photo Allo-Ciné)

Avec son dernier film, The Deep Blue Sea, sorti le 20 juin 2012, le réalisateur anglais Terence Davies renoue avec sa période de prédilection celles des fifties de l'après-guerre. C'est en effet à l'occasion du centenaire de la naissance de son compatriote, le dramaturge Sir Terence Rattigan, que le producteur Sean O'Connor a pensé à lui pour adapter une seconde fois au cinéma la pièce éponyme (créée en 1952). La première adaptation avait été réalisée par Anatole Litvak en 1955, avec Vivien Leigh et Kenneth More dans les rôles titres.

Il existe une réelle parenté entre Davies et Rattigan dans la manière dont ils abordent la femme dans la société britannique de l'après-guerre. Certes, si Rattigan écrivit cette pièce à la suite du suicide d'un de ses ex-amants, il n'en est pas moins vrai qu'il porte un regard personnel sur la femme de cette époque, prisonnière du puritanisme ambiant.

Le film s'ouvre sur les préparatifs du suicide de lady Hester Collyer (Rachel Weisz). Cette jeune femme de la haute bourgeoisie britannique a quitté depuis dix mois son époux plus âgé, Sir William Collyer (Simon Russell Beale), un haut magistrat, pour un jeune pilote, héros de la RAF en 1940, Freddie Page (Tom Hiddleston). Mais leur relation s'est détériorée : sans travail, Freddie se révèle superficiel, aimant boire, fréquenter les pubs et jouer au golf. Elle, s'est livrée corps et âme à cet amour-passion sans réelle réciprocité et qui la dévore toute. A la suite d'un week-end où il l'a laissée seule en oubliant la date de son anniversaire, elle entreprend donc de mettre fin à ses jours.

deep_blue_sea__hester-et-william.jpg

    Lady Hester (Rachel Weisz) et Sir William Collyer (Simon Russell Beale)

Au cours de ce prologue, scandé par l'élégiaque second mouvement du Concerto pour violons de Samuel Barber, Hester revoit toutes les étapes de sa rencontre et de sa vie amoureuse, un peu comme dans la vision panoramique des noyés. Elle se rappelle les dîners cérémonieux avec sa belle-mère et son mari, à la froideur toute britannique. Lui revient en mémoire la phrase de la mère de Sir Collyer (Barbara Jefford) : « Méfiez-vous de la passion, Hester. Ca n'aboutit qu'à la laideur ! » Elle se souvient de Freddie se détachant debout sous la véranda et lui disant qu'il n'a jamais rencontré une femme plus belle qu'elle. Elle revit l'éblouissement physique de leur relation, admirablement filmée en plongée sur leurs deux corps entrelacés, au point de dessiner sur l'écran une totale abstraction amoureuse.

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Cette superbe séquence inaugurale, qui fait d'emblée pénétrer le spectateur dans la souffrance d'Hester, témoigne du grand art de Terence Davies. Il explique ainsi sa manière d'utiliser la caméra :  « Par le truchement du fondu, le public comprend qu'on recule ou qu'on avance dans le temps. On peut donc se jouer de la linéarité et des souvenirs, ce qui influence ici toute la trame narrative. » Les fondus sont en effet réalisés de telle sorte qu'ils sont à peine visibles.

Dans ce film aux dialogues élégants mais peu nombreux, le réalisateur met en valeur sa comédienne, qui interprète avec retenue et sensibilité ce personnage féminin fier et douloureux. Oscar du Meilleur Second Rôle en 2006 pour The Constant Gardener, Rachel Weisz explique en ces termes sa vision d'Hester. « C'est l'histoire existentielle d'une femme qui tente de définir sa propre vie contre les diktats de son père (Oliver Ford Davies), un pasteur à cheval sur les convenances, et contre ceux de son mari. Elle commet un acte terriblement immoral et, même s'il ne nous choque pas aujourd'hui, cet acte est radical car il s'agit d'une d'une femme qui tente de forger sa vie par ses propres moyens. » Le thème de la femme à sa fenêtre illustre bien cette volonté farouche d'Hester de choisir sa propre existence, même au prix de la solitude et du chagrin.

hester-fumant.jpg

Hester à sa fenêtre

Certes, cette histoire au thème ô combien rebattu pourra sembler banale à certains. Mais c'est toute l'habileté de Terence Davies de la renouveler, dans une mise en scène classique et maîtrisée, au lyrisme contenu. Cette « patte » du réalisateur est particulièrement sensible dans la scène de la séparation définitive. Après une dernière nuit que Freddie a accordée à Hester avant son départ pour l'Amérique latine, celle-ci remarque que ses chaussures ne sont pas cirées. Elle entreprend de le faire, et ce geste est déchirant dans son prosaïsme et sa simplicité extrêmes. Hester est au bord de l'effondrement et ce n'est que lorsque la porte est refermée qu'elle donne libre cours à son désespoir. Rachel Weisz est remarquable dans cette scène de rupture qui, selon moi, devrait faire date dans l'histoire du cinéma.

Dans cette même scène, le personnage de Freddie apparaît aussi dans sa fragilité et sa vulnérabilité. Hester et lui se sont rencontrés dans une passion foudroyante mais, ainsi qu'il le dit lui-même, ils sont « nocifs l'un pour l'autre ». Depuis la bataille d'Angleterre dans laquelle il s'est illustré et au cours de laquelle ses amis sont morts, la vie n'a plus de sel pour lui. Tom Hiddleston a bien compris ce personnage qui « déteste être imbriqué dans les sentiments des autres ». « L'Angleterre d'après-guerre est difficile pour Freddie, il vit le moment présent, c'est un esprit libre qui ne censure pas ses émotions. La tentative de suicide d'Hester le prend au dépourvu et l'oblige à contempler la mort d'un autre œil. Le fait qu'elle accorde si peu de valeur à la vie le rend fou de rage, car la plupart de ses amis sont morts à la guerre. On prend alors conscience de sa vulnérabilité. Il ne saurait supporter d'avoir la mort d'Hester sur la conscience mais il est incapable d'envisager une relation suivie. »

deep_blue_sea_-freddie.jpg

Freddie Page (Tom Hiddleston)

En filigrane de ce film subtil, c'est la société britannique de l'après-guerre que l'on devine. Le décor rend bien compte de ce monde « qui émerge des décombres et qui cherche à s'en sortir », selon le producteur O'Connor. L'intrigue, qui se déroule presque entièrement à l'intérieur de l'appartement victorien de Freddie Page et d'Hester, se passe à Ladbroke Grove, une zone du quartier désormais chic de Kensington, autrefois délabré. « Nous étions en faillite après la guerre et tout était morne », dit Terence Davies. A travers les décors semi-obscurs surchargés d'objets, les rues noires glissantes de pluie, les pubs enfumés, il a ainsi su récréer cet univers rempli d'obscurité et d'interrogations. Le film s'achève sur la vision d'une sorte d'impasse barrée de décombres. Paradoxalement, la chaleur et la fraternité se retrouvent dans le souvenir du Blitz, quand les Londoniens se terraient dans les couloirs du métro et chantaient tous en chœur la vieille chanson irlandaise, "Molly Malone".

Après leur séparation, Sir William cherchera à revoir Hester et il se rendra compte qu'elle n'est pas heureuse. Le mari bafoué offre alors à l'épouse infidèle le recueil des Sonnets, œuvre-phare de la lyrique amoureuse occidentale, et qu'elle affectionne particulièrement. « C'est une tragédie », lui dit-il à propos de ce qu'elle est en train de vivre. A quoi elle lui répond avec réalisme : « Ce n'est quand même pas du Sophocle ! » Pourtant, « between the devil and the deep blue sea », expression anglaise dont le titre est tiré et qui correspondrait à l'expression française « de Charybde en Scylla », et sous l'égide discrète de Shakespeare, c'est bien la tragédie intime de tout échec amoureux qui est ici mise en scène, avec cette touche « so british » inimitable.

 

Sources :

Allo-Ciné

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 17:00

 

 Jeudi 01 septembre 2011 au soir 018

Clair de lune sur la ria d'Etel

(Photo ex-libris.over-blog.com, Jeudi 1er septembre 2011)

 

 

Dans l'infini philosophal

Dans le profond immémorial

J'ouïrai la musique des sphères

Je danserai sur la lumière

 

En écho à un textoésie de Suzâme, reçu le mardi 17 juillet 2012 à 15 h,

textoésie envoyé le mercredi 18 juillet à 11h 53

link

 

 

Pour la Communauté de Suzâme, Textoésies et vous

 

 

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 12:54

 

Atelier-de-Bourdelle-001.JPG

Coin d'atelier éclairé la nuit, 1899

(Photo (ex-libris.over-blog.com) d'une carte postale du Musée Bourdelle/Roger-Viollet)

 

 

 

"Vous pensez que je vous vois avec l'intérieur des formes, avec les habits de tout le monde, mais c'est dans les étalages du vertige que vous vous êtes vêtu pour moi. (Cours d'Antoine Bourdelle à l'Académie de la Grande Chaumière, 07 avril 1910. Paris, Musée Bourdelle)

 

 


 

 


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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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