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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 18:04

camelli-du-japon-a-fleurs-rouges-pleines.jpg

 

Rue Lecourbe au matin

Sur le trottoir gris et sali

Devant la vitrine verte  et close

D’un fleuriste qui dort

Gît

Une petite fleur rouge

Un camellia japonica je crois

Fragile sur sa tige aux feuilles vernissées

Une svelte parisienne passe

Et la ramasse

D’un geste preste

Puis elle va son chemin

En appelant son chien

Sam ! Sam !

 

Vif éclat floréal

 

Lundi 15 octobre 2012,

vers 8h 10, rue Lecourbe

 

 


 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 17:55

caroline-vigneaux-quitte-la-robe-au-petit-palais-des-glaces

 

 

Samedi 13 octobre 2012, j'étais avec ma fille, avocate de son état, au Petit Palais des Glaces, rue du Faubourg du Temple. Dans son spectacle intitulé Caroline Vigneaux quitte la robe (un titre et une affiche incitatifs pour la gent masculine !), l'humoriste, qui fut avocate pendant sept ans, nous y a raconté son parcours, de l'avocature à la scène. C'est avec distance, truculence et dérision qu'elle évoque les souvenirs  des péripéties d'un choix atypique. "C'est un peu ma vie que je raconte", dit-elle en souriant.

Ce seront d'abord ses démêlés avec les clients pour lesquels, toute jeune avocate, elle fut commise d'office, le portrait au vitriol d'une boss tyrannique, une satire sans concession de ce monde de la basoche qu'elle quittera au grand désespoir de ses parents, catholiques vosgiens bon teint. "Ma mère a bien réagi... Elle a réanimé mon père."  Le show se poursuivra avec  le souvenir de son passage éclair à Pôle Emploi au contact d'une employée incapable, l'évocation de sa relation amoureuse tragi-comique avec son Roméo vert écologique et les perspectives publicitaires au service d'un club de rugbymen que lui offre sa nouvelle existence...

Vêtue d'une courte robe-ballon noire sur des bas à résilles, chaussée de fins escarpins, la blonde comédienne au visage mobile et expressif, au jeu décoiffant et déjanté, a prouvé à son public  qu'elle avait eu bien raison de jeter aux orties son froc noir et son rabat blanc.

En effet, qu'elle prenne l'accent d'un petit caïd de banlieue, qu'elle rape sur le néant de sa vie sexuelle, qu'elle interpelle sa tête de turc masculine du premier rang, son petit Cui-Cui, elle fait mouche à tout coup et l'on rit sans vergogne. Au souvenir de son kilt long et de son serre-tête en velours,  c'est toute son adolescence de jeune  fille sage et bien rangée qui ressurgit, quand elle chantait dans une chorale pour un public de sourds-muets ou qu'elle dansait solitaire en boîte de nuit, une bouteille d'eau minérale à la main.

Le sexe et l'écologie ne sont pas en reste. A propos des femmes qui simulent le plaisir, la comédienne instaure un dialogue savoureux avec son public qui se retrouve bien malgré lui pris à son propre piège. On n'oubliera pas non plus le potacon (potager sur le balcon)  et  Roméo, l'amoureux écologiste, écrasé par la chute de son éolienne !

Avec son regard vert inquisiteur, ses mimiques improbables, son naturel confondant, la brillante ex-avocate a sans doute eu raison de choisir d'exercer désormais sa faconde non plus dans les prétoires mais sur les planches. Et tant il est vrai que nul n'est censé ignorer le rire, celle qui fut Maître Caroline Vigneaux nous le rappelle haut et fort,et avec quel brio !

 

carolione-vigneaux.jpg

 

 

 

 

 


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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 08:39

du-fleuve-rouge-au-1.jpg

  Deux jeunes filles, Mai Trung Thu, 1942, couleurs sur soie

 

 

Métro Villiers en haut des marches de la rue de Courcelles

Le temps est doux mais gris

J'attends Suzâme

Qui vient

Tout en bleu avec ses lunettes de poète

Tout près une brasserie avec des chaises orange et noir

Une petite table

On fait connaissance ou reconnaissance

Dehors la pluie tombe dru

Ensuite on va parmi les flaques

Sous les grilles noir et or du parc Monceau

 Et devant la statue d'Edouard Pailleron

Celui des CES en flammes

Veillé pour l'éternité par une demoiselle à tresse

Rue Vélasquez on entre au musée Cernuschi

L'homme qui aimait la Cité interdite

Et nous voilà déambulant "Du Fleuve Rouge au Mékong"


du-fleuve-rouge-au-2.jpg

Catalogue de l'exposition "Du Fleuve Rouge au Mékong, Visions du Viêt-nam", Editions Findakly

 

Cochinchine Tonkin Annam Indochine

Un Orient rêvé

Avec ses flamboyants rougeoyants

Ses petits pagodons dans les arbres

Ses femmes à la Gauguin

Ses lettrés silencieux

Ses barques lentes sur la baie d'Ha Long

Ses grands panneaux de bois

Laqués au Rhus succedanea

Coquille d'oeuf noir or argent

Tout un art ancestral

Qui dit les poissons rouges et les blanches aigrettes

Les belles endormies et les vivants marchés

Harmonie raffinement

De la cérémonie du thé

Beauté et langueur

Ovales blancs sereins sous les lourds cheveux noirs

Arrangement floral et cueillette des simples

Aux gestes délicats

Couleurs douces sur soie

Jamais la violence

Ils l'auront oubliée

 

Et pour chacune

L'image de quelqu'un

L'image de quelqu'une

Dans l'Annam disparu

 

Puis sous le grand bodhisattva noir

De Yungang

Parmi les Shang les Zhou les Han et les Song

On va rêvant

Aux fringants palefreniers et chevaux en partance

Aux mingki hiératiques tout au seuil de la mort

Au son des musiciens célestes

 

 

Suzanne Suzâme

Derrière ce prénom

Désormais un visage

En oriental voyage

  

Paris, musée Cernuschi, jeudi 11 octobre 2012

 

 


 

 

 


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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 16:59

Virginia-woolf.jpg

 Virginia Woolf at Monks House

(Photo Virginia Woolf Society of Great Britain)

 

Sous la table parmi les jouets de l'enfance

Tout en haut de la cime d'un arbre balancé

Au fond d'une cabane aux planches déclouées

Dans le grenier poussiéreux d'un poète disparu

Sur une petite île verte au milieu d'un lac bleu

Au sommet d'un phare blanc secoué par les vents

Dans la plus haute tour aux pages ivoirines

 

Lieu de solitude et de plénitude

Havre de naissance et de reconnaissance

Retrait d'évasion et de création

Buen retiro intime et serein

 

Une chambre à soi !

 

En réponse au textoésie de Suzâme reçu le 1er octobre 2012 à 16h 24,

textoésie envoyé le 02 octobre à 9h 42

 

 

 

 

 

 

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 15:54

 

vegetation-apres-la-pluie.jpg

 Végétation après la pluie

(Photo île-de-la-reunion.info)

 

 

Il avait agité son grand bâton de pluie

Tout s'était brouillé tout s'était défait comme à travers les larmes

 

Puis il a fait soudain silence

 

Et sur le plat et calme lac tout s'est redessiné

Le ciel bleuté s'est regardé

La savane soyeuse a retrouvé ses moires

La verdure vibrante a crié sa victoire

Félines fleur et feuille ont relevé la tête

Les noirs singes hurleurs ont défié le jour

Le serpent silencieux a glissé solitaire

Alanguie la lionne est venue s'abreuver

 

Et toi très tendrement tu as touché mon visage mouillé de pluie

 

 

Pour Papier Libre de Juliette,

Thème : Paysage après la pluie

 

 

 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 07:00

Boite-aux-lettres.JPG

Boîtes aux lettres à Kangaroo Island, Australie

(Photo ex-libris.over-blog.com, Novembre 2008)

 

 

C'était à Kangaroo Island

Ces boîtes aux lettres en guirlande

Loin de l'autre côté de la terre

Pour des lettres d'un autre hémisphère

 

 

Pour Le Week-end du Petit Patrimoine,

Thème proposé par Maris-Christine : boîtes aux lettres

 


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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 07:00

 

 tete-de-bouddha-qing.jpg

 

Tête de Bouddha Qing

 

 

Un lourd objet de bronze creux

en forme de masque aux yeux clos

s’élève lentement et seul

très haut dans le désert sonore.

 

Jusqu’à cet astre vert, à cette Face

qui se tait depuis dix mille ans,

sans effort je m’envole,

sans crainte je m’approche.

Je frappe de mon doigt replié

sur le front dur sur les paupières bombées,

le son m’épouvante et me comble :

loin dans la nuit limpide

mon âme éternelle retentit.

 

Rayonne, obscurité, sourire, solitude !

Je n’irai pas violer le secret

je reste du côté du Visage

puisque je parle et lui ressemble.

Cependant tout autour la splendeur c’est le vide,

Brillants cristaux nocturnes de l’été.

 

Ce poème est le dernier du recueil de Jean Tardieu, Le fleuve caché, Poésies 1938-1961. Une manière de clôture dans une dernière partie qui s’intitule « Histoires obscures », et dont deux poèmes ont un titre en forme de question (« Est-ce une bête ? », « Etait-ce le soleil ? »)

L’atmosphère créée ici est au « carrefour des cauchemars », titre d’un autre poème. Le poète évoque un masque, qu’il compare à un astre vert. Cette figure mystérieuse s’élève « très haut » comme dans un rêve où le poète se meut avec une aisance, dont la fluidité est rendue par le verbe s’envoler et l’anaphore de la préposition « sans » (« sans effort je m’envole/ sans crainte je m’approche. » )

C’est une sorte d’idole, un bouddha peut-être, avec ses « yeux clos »  et ses « paupières bombées », dont le « bronze creux » retentit dans la nuit sidérale : n’y aurait-il rien derrière ? Une sorte de Sphinx mutique « qui se tait depuis dix mille ans », qui provoque angoisse et plaisir mêlés : « le son m’épouvante et me comble ».

On sera en effet sensible à l’emploi de cet oxymore qu’est la « nuit limpide » ou bien encore à l’accumulation des termes antithétiques, « Rayonne » et « obscurité », « sourire » et « solitude », se succédant dans une allitération et enfin la qualification des cristaux à la fois « brillants » et « nocturnes ».

La profondeur du mystère- sans doute celui de l’existence- est remarquablement rendue par les termes qui renvoient à l’ouïe : le désert est « sonore », « le son » du doigt sur le masque effraie et provoque comme un écho de l’âme : « mon âme éternelle retentit ». L’interrogation humaine, exprimée par le frappement du doigt sur le masque, provoque une sorte de résonance qui se propage dans le temps infini (« dix mille ans ») et l’espace intersidéral, signifié par « le vide » et les « brillants cristaux nocturnes » que sont les étoiles.

Le poète fait le choix de demeurer sans réponse, de demeurer dans l’incertitude et du côté des hommes. L’emploi du futur indique sa résolution de ne pas  pénétrer le mystère de ce masque mutique : « je n’irai pas violer le secret ». Il n’ira pas derrière le masque.

J’aime l’opposition qu’il fait entre le secret silencieux et l’homme qui parle, tous deux différenciés par la majuscule : il y a la « Face » indifférente et il y a le « Visage », celui qui est vis-à vis. La première demeure silencieuse, le second est animé dans une réciprocité. : « je parle et lui ressemble ».

Tout le paradoxe de l’existence humaine se trouve enfin dans les deux derniers vers, qui débutent par une restriction (« Cependant »). Ils disent admirablement la beauté mais aussi la vanité, la vacuité d’un monde, où se mêlent lumière et ténèbres.

Ce très beau poème est exemplaire de ce « chant secret mais non triste » de Jean Tardieu, qui se heurte à « des lèvres scellées ». Il est en outre révélateur de ce « silence plein », de ce « sens étouffé », les « deux pôles de son œuvre », selon Mme Emilie Noulet.

 

Pour le Jeudi des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Hauteclaire : secret, mystère

 

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 20:14

beaux-fauteuils.JPGA Brissac, dans le grand salon du plus haut château de France 

(Photo ex-libris.over-blog.com, le 12 septembre 2012)

 

 

Ombre


Frange d'invisible,

tremblant de secrets,

l'absent qui te prie

et qui t'a porté

baigné dans son ombre

à travers le jour,

lié en silence

à toutes les feuilles

à toutes les pierres

et à tous les temps,

n'est-ce pas toujours

ce vaste Toi-même

où tu t'es perdu ?

 

"Ombre", in Le fleuve caché, Poésies 1931-1961,

Deuxième Partie, "Le témoin invisible", Jean Tardieu


 

 

BLOG EN PAUSE

 

 


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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 07:00

 pygmee-deux.jpg

      Pygmées Akas dans la forêt


Dans notre famille, mutique jusqu’à la névrose, jamais on ne parlait de lui. Lui, c’était le plus jeune frère de ma mère, parti après la guerre dans un pays de Centre-Afrique, pour « vivre sa vie ». Vivien avait vingt ans, des cheveux comme des épis de blé et d’incroyables yeux pers ou vairons, couleur de marécage, qui changeaient selon la couleur du temps et de ses humeurs. Il n’était jamais revenu.

Au début, par quelques lettres elliptiques, on a avait su qu’il avait trouvé à s’employer dans une plantation de coton. On avait cru comprendre qu’il n’y avait pas été heureux. Puis le courrier s’était raréfié, entraînant l’indicible chagrin de mes grands-parents. Peu à peu s’était créé en eux ce creux de l’absence, ce puits où l’on tombe, sans margelle ni corde à quoi se raccrocher.

Ils avaient bien tenté des recherches mais l’Afrique était si loin et ils étaient si démunis ! Certains disaient que le jeune homme s’était enfoncé dans la forêt pour n’en jamais revenir, d’autres affirmaient qu’il avait succombé à la maligne fièvre jaune, d’autres encore évoquaient la magie, l’envoûtement, le mauvais sort. Et puis, pourquoi, diable, un jeune Blanc s’était-il risqué dans ce pays de sauvages ? Il avait qu’à ne pas prendre de risques !

Au fil des jours, des semaines, des mois, des années, mon jeune oncle avait été relégué dans un silence lourd de culpabilité et d’inaccomplissement. Moi, j’y pensais souvent. Je l’imaginais en nouvel Arthur Rimbaud, se livrant au commerce des armes, ou en Livingstone barbu émergeant de la forêt tropicale. Lui qui avait quitté la vieille Europe pour vivre autre chose avait-il réalisé son rêve ? Lui, dont ma grand-mère m’avait suggéré à demi-mot les ombres et les lumières, avait-il trouvé ce dont il était en quête ? Sans que je m’en doute, il s’était insinué doucement au fond de moi-même comme un jeune dieu tutélaire, une sorte de double à la fois inconnu et familier.

Je ne vous raconterai pas comment par quels méandres, surprenants et imprévisibles, je me suis retrouvé, à l’âge de trente ans, dans ce pays où cet oncle que j’avais si peu connu avait disparu comme s’il n’y avait jamais été. La mouche tsé-tsé de l’Afrique m’avait aussi piqué et je dirigeais des projets humanitaires dans le cœur de ce continent que la décolonisation avait rendu à ses conflits tribaux et à ses vieux démons.

Par une chaude et lourde soirée, après une journée harassante à courir les pistes poussiéreuses, j’avais traîné mes pas dans un bar pourri, fréquenté par quelques rares insomniaques. Sur le comptoir terni où était venue s’affaler la lie des aventuriers, j’avais lié conversation avec un très vieux fonctionnaire noir au regard éteint. Il avait tout vu, tout entendu : les visées des prêtres politiques, les tentatives de coups d’Etat, les morts non élucidées, les flambées autoritaristes de celui qui se disait le « treizième apôtre du Christ », les atermoiements de la France. Il avait perdu toute illusion et vivait dans le souvenir idéalisé de Barthélémy Boganda, mort dans des circonstances mystérieuses dans un accident d’avion.

Comment en vint-il à me parler des Pygmées de la Centrafrique, je ne saurais vous le dire. Ma lassitude, la bière chaude et le vin de palme du « kangoya » avaient déjà bien embrumé mon pauvre cerveau quand je l’entendis évoquer ce Blanc qui avait vécu parmi les « petits hommes »  de la forêt primaire. C’est vers la fin des années 1990 qu’il l’avait rencontré alors qu’il accompagnait l’ambassadeur de France, un ethnologue chargé par l’UNESCO du recensement des Pygmées en Centrafrique.

Après plusieurs jours de marche avec leur guide, bien au-delà des pistes de latérite rouge et des marigots profonds, sous d’inquiétantes frondaisons géantes, les deux hommes avaient atteint le campement de « mongulus », fait de bois et de feuilles sèches, d’une tribu Aka. Et quelle n’avait pas été leur surprise de découvrir parmi eux un homme de race blanche qui vivait depuis de très nombreuses années dans leur communauté. C’est lui qui leur avait servi d’interprète auprès d’eux et qui avait facilité leur séjour dans cet univers primitif.

De haute stature, sec et mince comme un bambou, la poitrine recouverte de colliers de graines et vêtu d’un léger pagne, celui que cette tribu avait autrefois pris pour un « jengi », un esprit de la forêt, leur avait, avec une certaine réticence et comme à contre-cœur, conté son histoire.

Il était venu en Centrafrique, lorsque celle-ci s’appelait encore Oubangui-Chari, et avait travaillé dans une exploitation de coton. Malade de voir le sort dévolu aux Noirs de ce pays, il avait ensuite suivi un missionnaire spiritain dans un dispensaire. Il l’avait aidé à construire une école et ensemble ils avaient entrepris des explorations toujours plus avant dans la forêt. Il y avait rencontré ses premiers Pygmées et cela avait été, avait-il dit, une révélation. Il avait appris leur langue, leurs coutumes, avait gagné leur sympathie. Un jour, il ne savait plus très bien en quelle année c’était, il avait abandonné la mission et il était parti vivre définitivement au milieu de « ces petits bouts d’hommes ».

Là, au cœur de l’immense forêt verte, il avait trouvé ce qu’il avait toujours cherché : une vie en symbiose avec la nature, des relations simples entre des êtres qui étaient les « meilleurs pères du monde ». Il avait appris à poser des collets pour attraper les porcs-épics, à lancer la sagaie sur les antilopes, à reconnaître la liane où l’on s’abreuve d’eau fraîche, à choisir la feuille qui soulage la morsure de serpent et à manger le miel sauvage. Il avait partagé son « tangué » avec une de ces petites femmes « haute d’une coudée », à la brillante beauté d’ébène. Oublieux de tout ce qui avait été sa vie d’avant, il n’avait plus songé ni à son pays d’origine ni à ses parents. Et il n’avait eu aucun remords de ne jamais leur avoir donné signe de vie… La vraie vie était ailleurs !

Au fur et à mesure que le vieux Noir égrenait l’histoire de ce transfuge de la forêt, un sentiment étrange avait commencé à m’envahir. L’image de mon jeune oncle disparu se dépliait de nouveau en moi et je sentis soudain avec intensité que j’étais au bord d’une révélation. Je posai brutalement ma main sur le bras du vieil homme ; bouche bée, il interrompit sa logorrhée. « Te souviens-tu de ses yeux ? », lui demandai-je avec violence.

Mon interlocuteur me regarda comme si j’étais devenu fou. «  Ses yeux ? Ses yeux ? C’est bizarre que tu me demandes cela. Il avait des yeux comme je n’en ai jamais vus, tu sais, des yeux qui ne se ressemblent pas, des yeux de soleil et de nuit, des yeux qui ne sont pas de la même couleur. C’est pour cela que les Akas l’avaient gardé avec eux. Avec un tel regard, ils se sentaient protégés du mauvais œil. »

J’ai eu alors la certitude intime que ce Blanc était mon oncle : cet homme n’avait-il pas quitté la France après la guerre ? N’avait-il pas travaillé dans une exploitation de coton ? Et, surtout, il avait les yeux pers ! « Lui avez-vous demandé son prénom ou son nom ? » ajoutai-je avec excitation. Le vieil homme se prit la tête dans les mains. Il se rappelait que l’homme, dans un sourire étrange, qui avait laissé voir ses incisives limées à la manière des Akas, lui avait dit qu’il n’avait plus de nom, ni de prénom. « Tout cela est si loin, ma mémoire me quitte peu à peu, chuchota-t-il, je ne sais plus rien. Et puis, il doit être mort à présent, il doit dormir sous les racines. » Il s’était levé, m’avait regardé d’un air hagard puis il était sorti en titubant dans sa nuit africaine.

Je suis demeuré longtemps, accoudé au bar, les yeux dans le vide, absent à moi-même. Un grand calme s’était emparé de moi, comme quand la mer monte lentement sur le sable étale. J’ai pensé au jeune homme perdu qu’avait été mon oncle et au vieil homme qui s’était enfin rejoint lui-même parmi les Pygmées de la forêt. Je suis sorti dans l'obscurité vivante et habitée. Des vers de Césaire sont montés à mes lèvres :

« Ceux qui n’ont inventé ni la poudre ni la boussole

Ceux qui n’ont jamais su dompter la vapeur ni l’électricité

Ceux qui n’ont exploré ni les mers ni le ciel

Mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre… »

 

Et puis j’ai pleuré.

 

Pour le Défi n°86 proposé par Hauteclaire :

Il ou elle a disparu dans des circonstances étranges, tragiques, mystérieuses. L'histoire dit que ses jours se sont arrêtés, et que le livre est fermé.

Pourtant .... Vous avez retrouvé un document, une archive, dans le fond de votre grenier, dans un rayonnage de bibliothèque poussiereux, et maintenant vous savez. Vous savez que il ou elle n'a pas fini ses jours comme il a été dit, que tout n'a pas été dit, et que cette personne a vécu , ailleurs, dans le secret.

Il est temps de lever le voile, à vous de le faire ! De nous dire comment c'est arrivé et  ce que cette personne est devenue, après ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 17:19

 contes-d-H-F.-Toulet.jpg

      Les Contes d'Hoffmann, acte II, Olympia et son père Spalanzani

Le cinéma Le Palace, à Saumur, ne retransmettra plus les opéras du Met. C’est dommage car les  mélomanes saumurois s’étaient habitués à ces rendez-vous. Hélas, ils étaient sans doute trop peu nombreux pour que cela soit rentable. Désormais, ce sont les spectacles de l’Opéra Bastille et de l’Opéra Garnier que le cinéma proposera.

C’est ainsi que le mercredi 19 septembre 2012, à 19h 30, nous avons pu assister à l’opéra fantastique en cinq actes (ou trois actes avec Prologue et Epilogue), Les Contes d’Hoffmann, de Jacques Offenbach, dans une mise en scène de Robert Carsen. La direction musicale y est assurée par Tomas Netopil qui conduit l’orchestre et le chœur de L’Opéra national de Paris. Michael Levine en a créé les décors et les costumes, une juste alliance entre tradition et modernité.

Cet opéra, un des plus représentés au monde, fut composé sur un livret de Jules Barbier, d’après le drame qu’il écrivit en 1851, en collaboration avec Michel Carré. Créée le 10 février 1881 à l’Opéra-Comique (pour lequel le compositeur l’avait expressément conçue), l’œuvre fut très vite l’objet de suppressions ou d’ajouts indépendants de la volonté du compositeur. Si l’on peut assurer que les quatre premiers actes sont de sa main, il n’en a pourtant pas composé les préludes ou les entractes qu’il écrivait à la dernière minute et il n’aurait pas tout orchestré. Ce qui est certain, c’est qu’il n’a pas achevé le dernier acte qu’on a pu cependant reconstituer car on en a les esquisses avec cinq livrets. Il est donc assez aisé d’en restituer la teneur. De plus, les distributions prévues à l’origine ont changé : Hoffmann était un baryton et le quadruple rôle féminin a été parfois confié à une seule soprano colorature tandis que les personnages de la Muse et de Nicklausse ont été un temps séparés. L’aventure de l’opéra est donc aussi celle de ses éditions successives, d’autant plus qu’un incendie détruisit la salle Favard où se trouvait la partition de la création.

Contes-d-H.jpg

Les Contes d'Hoffmann : l'intrigue se déroule pendant une représentation de Don Giovanni

Jean-Christophe Keck, qui a entrepris l’édition de l’œuvre intégrale d’Offenbach, considère que cet opéra est plus qu’un testament pour le compositeur. Selon lui, il constitue la synthèse d’une vie et c’est un chef-d’œuvre par « une intensité et une puissance musicale sans précédent ». Peut-être aussi parce que le musicien y a travaillé avec passion de 1873 et 1880 et qu’à la fin, la mort planait sur lui. Par ailleurs, le but d’Offenbach était « avant tout d’avoir un succès à l’Opéra-Comique ». Il ne l’obtint que de manière posthume puisqu’il meurt le 05 octobre 1880.

L’argument peut sembler complexe avec la multiplicité des personnages mais avoir fait de l’écrivain Hoffmann lui-même le personnage central de l’œuvre confère à celle-ci une grande cohésion. Le fait que tout se passe autour d’une représentation du Don Giovanni de Mozart va encore dans ce sens, le théâtre étant le point focal de l’intrigue.

Quand l’opéra débute, lors du Prologue (ou de l’acte I, c’est selon), on découvre un Hoffmann (Stefano Zucco, ténor) amoureux de la prima donna Stella (soprano), laquelle est en train d’interpréter le rôle de donna Anna. La Muse de l'écrivain se métamorphose en Nicklausse (Kate Aldrich, mezzo-soprano interprète les deux rôles), un de ses amis d’enfance, pour le protéger de ses tentations amoureuses. Avec l’aide du valet de Stella, Andrès (Eric Huchet, ténor), le puissant conseiller Lindorf  (Franck Ferrari, baryton basse) cherche à obtenir la clef de la loge de la diva, qui était destinée à Hoffmann. Dans la taverne de Luther le cabaretier (Jean-Philippe Lafont, basse), l’écrivain est invité par ses amis à chanter la légende du nain Kleinzach. Quand Hoffmann aperçoit Lindorf, il l’accuse de lui faire de l’ombre puis il déclare à tous que Stella est l’incarnation à la fois de la jeune fille, de l’artiste et de la courtisane. Alors que le second acte du Don Giovanni va commencer, les amis de l’écrivain, servis par Luther, s’apprêtent à écouter les contes rédigés par Hoffmann.

Dans l’acte II, l’écrivain est amoureux d’Olympia (Jane Archibald, soprano), une poupée mécanique conçu par son « père », l’inventeur Spalanzani (Fabrice Dalis, ténor). Nicklausse tente de lui monter la vraie nature de la jeune fille dont les yeux ont été fabriqués par l’inquiétant opticien Coppélius (Franck Ferrari, baryton basse), qui lui a fourni des lunettes qui embellissent la réalité. Devant les invités de Spalanzani, Olympia chante et danse avec Hoffmann subjugué. Le mécanisme s’emballe et le danseur tombe, brisant ses lunettes. Coppélius, que Spalanzani n’a pas payé, se venge  en détruisant Olympia, dont Cochenille le valet (Eric Huchet, ténor) rapporte les membres désarticulés devant l’écrivain désespéré.

L’acte III est consacré à Antonia (Ana Maria Martinez, soprano), la jeune fille du violoniste Crespel (Jean-Philippe Lafont, basse), victime comme sa mère d’un mal fatal occasionné par leur passion du chant. Bien que Crespel ait interdit à son valet Frantz (Eric Huchet, ténor) de faire entrer quiconque, Hoffmann, qui aime la jeune fille, et Nicklausse sont introduits chez Antonia qui se met à chanter. En proie à un malaise, elle s’enfuit dans sa chambre tandis que son père revient. Le diabolique Docteur Miracle (Franck Ferrari, baryton basse) survient alors et veut soigner Antonia malgré les dénégations de son père. Hoffmann, ayant eu connaissance de son mal, veut à son tour lui interdire de chanter. Puis le Docteur Miracle fait apparaître sur la scène le fantôme de la mère d’Antonia (Une Voix ou La Voix de la tombe, Qiu Lin Zhang), qui invite sa fille à chanter. Elle en mourra bien sûr.

Cntes d' Hoffmann la voix

La Voix, ou le fantôme de la mère d'Antonia, acte III

L’acte IV est celui de la courtisane Giulietta (Sophie Koch, soprano) qui célèbre avec Nicklausse les plaisirs de l’amour. Hoffmann, quant à lui, se prononce contre l’amour dans une chanson à boire. Le maléfique capitaine Dapertutto (Franck Ferrari, baryton basse) circonvient la jeune femme avec un diamant en lui demandant d’obtenir l’ombre de son amant, Schlémil (Michal Partyka, baryton).  Puis Giulietta séduit Hoffmann et lui demande son reflet comme gage d’amour. Bien qu’il comprenne l’horreur de ce qu’il a fait, il ne peut se résoudre à quitter sa maîtresse. Ensuite, Schlémil défie en duel le poète qui lui a volé Giulietta. Vainqueur, Hoffmann voit pourtant sa dulcinée partir au bras d’un troisième larron, son souteneur Pitichinaccio (Eric Huchet, ténor).

Tandis que Don Giovanni s’achève, Hoffmann, ivre, a terminé ses trois contes. Stella, qui a triomphé dans le rôle de Dona Anna, l’abandonne pour Lindorf. L’opéra se clôt sur le retour de la Muse consolatrice qui disparaît avec le poète.

Le livret s’inspire essentiellement de trois nouvelles de l’écrivain allemand Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, une pour chaque acte. L’acte d’Olympia est tiré du conte intitulé L’Homme au sable, une histoire complexe et très inquiétante que le librettiste a simplifiée. L’histoire d’Antonia est issue d’une nouvelle qui porte les titres de Le conseiller Krespel ou Le violon de Crémone. L’acte de Giulietta s’inspire d’un conte intitulé Les aventures de la nuit de la Saint-Sylvestre. De nombreux éléments appartiennent à d’autres textes d’Hoffmann et l’on y retrouve bien sûr les thèmes propres au fantastique : l’automate d’apparence humaine, le savant fou, l’ombre et le reflet perdus chers à Chamisso ou à Maupassant, le miroir, sans oublier la présence du Diable qui apparaît ici sous les avatars de l’opticien Coppélius, du capitaine Dapertutto, du Docteur Miracle et, dans une moindre mesure, sous les traits du conseiller Lindorf.

Franck Ferrari interprète avec puissance ce rôle de deus ex machina, que l’on voit s’opposer souvent à la Muse, gardienne du poète (sa présence fait penser aux Nuits de Musset). Dans l’acte d’Antonia, on le voit jouer avec la poursuite et il fait apparaître sur scène le fantôme de la mère de la jeune chanteuse. Le trio de la fin de cet acte est magistral de beauté et de puissance avec l’acmé du chant qui conduit à la mort d’Antonia. En voyant agir ce personnage diabolique, j’ai pensé bien souvent à Woland dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, et notamment à la fameuse scène où il orchestre apparition et disparition dans le théâtre de Moscou. On sait d’ailleurs que l’écrivain russe s’est largement inspiré d’ Hoffmann.

L’opéra d’Offenbach apparaît comme un œuvre toute remplie de correspondances en lien avec l’art. Ainsi, si Stella interprète Donna Anna dans Don Giovanni, c’est sans doute parce que Hoffmann adulait Mozart au point d’avoir pris comme troisième prénom Amadeus. Il a de plus écrit une nouvelle intitulée Don Juan, dans laquelle il se livre à une véritable analyse de l’opéra de Mozart. Par ailleurs, Hoffmann, dont les trois amours sont vouées à l’échec, se présente comme un double inversé de Don Juan, stéréotype même du comédien, et passé maître dans l’art de la conquête.

Le décor du théâtre est magistralement utilisé ici : l’acte d’Olympia se déroule dans la coulisse ; celui d’Antonia investit la fosse d’orchestre au-dessous de la scène ; celui de Giulietta donne à voir les fauteuils d’orchestre devenus lieux de débauche. La mise en abyme du théâtre dans le théâtre fait ainsi de ce lieu l’endroit de l’Art par excellence. Quant à l’acte de la  création artistique, il est incarné par Hoffmann que l’on voit sans cesse en train d’écrire fiévreusement sur des feuillets froissés et que la Muse accompagne au début et à la fin de l’opéra.

Lors d’un des entractes, Robert Carsen, interrogé par Alain Duault, a évoqué les trois figures féminines de l’opéra. Selon lui, elles sont le pendant des trois femmes de Don Giovanni (Donna Anna, Donna Elvira et Zerline) et elles représentent trois aspects de l’amour. Olympia, c’est l’amour innocent de la toute jeunesse, pleine d’illusions ; Antonia incarne l’amour romantique et l’aspiration à l’Art tandis que Giulietta est la métaphore de l’amour vénal. Il rejoint en cela la phrase que prononce Nicklausse dans l’épilogue de l’opéra lorsqu’il commente l’action qui s’est déroulée : « Trois drames dans un drame. Olympia… Antonia… Giulietta… ne sont qu’une même femme : la Stella ! » Une phrase qui est sans doute une clé pour comprendre cette intrigue qui raconte la déchéance d’Hoffmann, le trio féminin étant tout simplement une seule figure dont l’évolution serait retracée au fil de l’intrigue et qui viendrait en parallèle de celle de l’écrivain. Hoffmann serait donc alors cet amoureux qui poursuit sans cesse la même femme, ainsi qu’il le dit dans le Prologue (ou l’acte I) : « Oui, Stella ! Trois femmes dans la même femme ! Trois âmes dans une seule âme, artiste, jeune fille et courtisane ! ». Et malgré l’abandon de la cantatrice, l’écrivain sera sauvé par sa Muse qui a veillé sur lui tout au long de l’opéra. La dernière image est très belle : accompagné par la poursuite, le poète quitte la scène à cour, suivi de la Muse.

Contes d'hoffmann la muse et hoffmann

Hoffmann et la Muse

Par les nombreux thèmes qu’il véhicule, cet opéra est d’une très grande richesse. En dépit de la lourdeur de son rôle, Stefano Zucco, interviewé dans la coulisse, a dit à Alain Duault le plaisir immense qu’il prend à jouer le rôle d’Hoffmann. « C’est l’Eden ! », a-t-il déclaré. Je l’ai trouvé cependant en retrait, sans grand relief dans son jeu et dans son chant face à ses partenaires féminines. Où est le héros romantique consumé d’amour ?

A contrario, dans l’acte II, Jane Archibald est époustouflante dans le rôle d’Olympia, la poupée mécanique nymphomane. Ses mouvements saccadés et précis, la clarté de sa voix, ses aigus impeccables impressionnent. Incarnant Antonia menacée par un mal inéluctable, la voix d’Ana-Maria Martinez  exhale une intense mélancolie. J’ai déjà dit la très forte impression que m’a faite le trio de l’acte III, quand Antonia se mesure avec sa mère dans un chant mortifère. Sophie Koch dans le rôle de Giulietta m’a, en revanche, moins convaincue, en dépit de sa prestance et de son abattage. On ne l’oubliera pas évoluant parmi ces lubriques fauteuils de théâtre qui ont le mouvement d’une gondole et qui se transforment en lupanar, au son de la célèbre Barcarolle.

lcontes d'H la barcarolle

Pendant la Barcarolle de l'acte IV, l'acte de Giulietta 

Luther et Crespel sont interprétés sobrement par Jean-Philippe Lafont tandis qu’Eric Huchet nous propose un amusant moment récréatif dans le rôle de Frantz, le serviteur du père d’Antonia. Oserai-je ajouter que le phrasé des chanteurs français était parfaitement audible alors que la diction des autres chanteurs  m’a demandé un effort énorme, au point que j’aurai souhaité un surtitrage ?

Malgré ces quelques réserves, j’ai été séduite par cet opéra dont le héros est le « fantastique Hoffmann », ainsi que l’appelait Théophile Gautier. Dans cette atmosphère tragi-comique, à travers ce portrait émouvant d’un homme et d’un artiste, j’ai découvert un Offenbach lyrique et émouvant.

 

Sources :

Les Contes d’Hoffmann, un dossier proposé par Christian Peter

Programme, FRA Cinéma, François Roussillon et Associés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Catheau - dans Opéras
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