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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 12:59

 

 echappé belle 2

Echappée belle sur la dune de Kerouriec en Erdeven

(Photo ex-libris.over-blog.com, Août 2012, Effet Holga)

 

La cascade surgie des rochers tortueux

Le soleil qui tombe à l’envers de la mer

Le lever de perdreaux par-dessus les maïs

Le cheval hennissant en dehors du licol

Le rebond de la balle vive et imprévisible

Les notes égrenées de la boîte à musique

Le contre-ut jailli éphémère et parfait

Le cheveu roux et fou hors du béret du Diable

Le pas lent de Lazare à l’orée du tombeau

Le marcheur en allé par-delà l’horizon

L’écolier buissonnier à travers la fenêtre

Dans le rêve le nom que l’on aurait dû taire

La caresse volée sous la porte cochère

Le bras du prisonnier à la grille noircie

La main enfin tendue que l’on n’attendait plus

Le sourire surpris dans la noirceur des jours

Le regard renaissant sous le rideau des larmes

 

Sublime et frêle

Irrationnelle

Providentielle

Telle est rebelle

En sentinelle

Toujours nouvelle

L’échappée belle

 

Pour Papier Libre de Juliette,

Thème : l’échappée belle

 

 

 

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 18:37

 LOCANDIERA-3-copie-1

Mirandoline (Maryse Lefevbre), le marquis de Forlipopoli ( Philippe Calmon), Déjanire (Nayeli Forest)

Hortense (Céline Caussimon, le comte d'Albafiorita (Philippe Escudié)

 

Mardi 16 octobre, après Les Rustres, la compagnie des Déménageurs Associés était de nouveau sur scène au théâtre Beaurepaire à Saumur avec La Locanderia (1751) de Carlo Goldoni, une de ses 150 pièces en italien et en vénitien. Constituée de trois actes et créée le 26 décembre 1752, elle fut l’une des premières pièces du théâtre italien jouée sans masque. La troupe des huit comédiens à l’entrain endiablé a emmené les spectateurs dans l’auberge de Mirandoline, un avatar d’une de ces Italiennes à la langue bien pendue, dont le dramaturge fit souvent le portrait. Il paraît qu’il écrivit le rôle à l’intention d’une comédienne, La Marliani, surtout pour en contrarier une autre, l’épouse de Medebach, chef de la troupe du Sant’Angelo de Venise, avec qui il ne s’entendait plus.

Voici comment Goldoni présente sa pièce dans ses Mémoires : « Mirandolina (Maryse Lefebvre) tient un hôtel à Florence, et par ses grâces et son esprit gagne, même sans le vouloir, le cœur de tous ceux qui logent chez elle. Trois étrangers séjournent dans cet hôtel, et deux, le comte d’Albafiorita (Philippe Escudié) et le marquis de Forlipopoli (Philippe Calmon) sont amoureux de la belle hôtesse. Le troisième, le chevalier de Ripafratta (Franck Douaglin), qui refuse tout attachement féminin, la traite grossièrement et se moque de ses soupirants. C’est précisément contre cet homme fruste et sauvage que Mirandolina dresse ses batteries ; elle ne l’aime point mais, piquée au vif, veut, par amour-propre et pour l’honneur de son sexe, le soumettre, l’humilier et le punir. »

Le personnage de Mirandoline est la figure centrale autour de laquelle gravitent les personnages masculins qu’elle mène à sa guise. Stendhal ne disait-il pas de Goldoni que ses personnages « tournent et vivent » ? Pour créer cette atmosphère, le metteur en scène Jean-Louis Crinon a imaginé un décor tout en mouvement, constitué de portes mouvantes et colorées, aux dimensions différentes. Selon les scènes, elles se déplacent, dessinant ainsi les différents espaces de l’auberge. Tables et chaises, disposées sur des roulettes, contribuent encore à faire de cet espace instable le reflet des désirs des personnages. De plus, c’est toute l’Italie qui chante sous les yeux du spectateur, grâce aux couleurs de l’ocre, de l’orange, du jaune et du rouge du décor et des costumes des personnages. L’odorat est aussi sollicité puisque les comédiens font la cuisine « en live » sur un grand comptoir de cuisine d’où s’élèvent des arômes appétissants.

la-Cie-Les-Déménageurs-Associés-article

Fabrice (Bruno Dubois), le chevalier de Ripafratta (Franck Douaglin),

le comte d'Albafiorita (Philippe Escudié), 

C’est Olga Popp qui a dessiné les costumes aux couleurs vives, aux formes fantaisistes. Ils contribuent à donner à chaque personnage, outrageusement maquillé et affublé de postiches, son originalité et son individualité. Le marquis de Forlipopoli, au pantalon mal boutonné, est juché sur de hauts talons qui lui donnent une démarche maniérée et ridicule. Le comte d’Albafiorita est accablé par une bedaine qui lui tombe sur les jambes et lui dénie toute dignité. On retiendra les costumes déjantés de Déjanire (Nayeli Forest) et de Hortense (Céline Caussimon ), les deux comédiennes qui s’essaient à jouer les dames de la haute, tandis que le chevalier de Ripaffrata succombe aux charmes de Mirandoline dans un uniforme et des bottes un brin fatigués. Enfin, un Fabrice (Bruno Dubois) et un Tonino casquetté (Matthias Guallarano), les valets, amoureux eux aussi de leur patronne, composent des silhouettes comiques à souhait.

Usant de tous les procédés de la commedia dell’arte, pratiquant savamment nombre d’instruments de musique, les comédiens, à la fois bateleurs et clowns, entraînent le public dans une folle sarabande. On n’oubliera pas cependant qu’avec Mirandoline, Goldoni propose un personnage de femme qui tient tête aux hommes et cherche à assurer son indépendance financière. La pièce mérite donc bien son titre et son sous-titre, trop souvent passé sous silence, de La Locanderia ou La Femme adroite.

la-locanderia.jpg

      Mirandoline (Maryse Lefevbre), Hortense (Céline Caussimon),

le marquis de Forlipopoli), Déjanire (Nayeli Forest)

 

 

Sources :

Dossier de La Locanderia

Programme de La Locanderia (Direction des Affaires culturelles)

 

 

 


 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 12:26

 fable.JPG

Cadavres de la tourterelle et du  faucon hobereau découverts dans notre cheminée

(Photo ex-libris.over-blog.com, mardi 16 octobre 2012)

 

Une tourterelle dénommée de Turquie,

Solitaire, rêvait sur une cheminée.

Un faucon hobereau dans le ciel haut la vit :

Il la trouve à son goût et belle à se damner.

Comme les fiers Romains fondant sur les Sabines,

Il s’apprête à ravir la douce damoiselle

Pour l’emporter bien loin au-dessus des ravines,

En son aire asservir la ravissante oiselle.

Le rapace est fougueux, impatient, brutal,

Il s’abat sur sa proie dans un ouragan d’ailes.

La victime surprise veut échapper au mâle,

S’agite et se débat et glisse malgré elle

Dans le corridor noir tout tapissé de suie.

Elle entraîne avec elle l’agresseur amoureux,

Ils tombent tous les deux dans une étreinte hardie

Au fin fond du foyer, orgasme ténébreux.

 

Morale

 

Bien souvent qui aspire au septième ciel,

Découvre que l’amour est un instinct mortel.

 

 

Fable librement inspirée par la découverte de deux cadavres d’oiseaux dans le corps de notre cheminée, celui d’une tourterelle et d’un faucon hobereau, le dimanche 14 octobre 2012.

 

 


 

 


 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:39

 salvador-dali-cannibalisme-de-l-automne.jpg

Cannibalisme de l'automne, Salvador Dali

 

 

 

Au seuil du Temps

Les visages en allés

Comme un vent fou de feuilles

 

Texoésie envoyé le mercredi 17 octobre 2012, à 14h 17,

en réponse à celui de Suzâme,

reçu le mardi 16 octobre à 09h 43 link

 

Seuil froid de pierre

Sentier de feuilles

Demeurer

S’en aller

Au creux du silence

 

Textoésie envoyé le mercredi 17 octobre 2012 à 14h 24,

en réponse à celui de Suzâme,

reçu le mercredi 17 octobre à 12h 24

 


 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 18:04

camelli-du-japon-a-fleurs-rouges-pleines.jpg

 

Rue Lecourbe au matin

Sur le trottoir gris et sali

Devant la vitrine verte  et close

D’un fleuriste qui dort

Gît

Une petite fleur rouge

Un camellia japonica je crois

Fragile sur sa tige aux feuilles vernissées

Une svelte parisienne passe

Et la ramasse

D’un geste preste

Puis elle va son chemin

En appelant son chien

Sam ! Sam !

 

Vif éclat floréal

 

Lundi 15 octobre 2012,

vers 8h 10, rue Lecourbe

 

 


 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 17:55

caroline-vigneaux-quitte-la-robe-au-petit-palais-des-glaces

 

 

Samedi 13 octobre 2012, j'étais avec ma fille, avocate de son état, au Petit Palais des Glaces, rue du Faubourg du Temple. Dans son spectacle intitulé Caroline Vigneaux quitte la robe (un titre et une affiche incitatifs pour la gent masculine !), l'humoriste, qui fut avocate pendant sept ans, nous y a raconté son parcours, de l'avocature à la scène. C'est avec distance, truculence et dérision qu'elle évoque les souvenirs  des péripéties d'un choix atypique. "C'est un peu ma vie que je raconte", dit-elle en souriant.

Ce seront d'abord ses démêlés avec les clients pour lesquels, toute jeune avocate, elle fut commise d'office, le portrait au vitriol d'une boss tyrannique, une satire sans concession de ce monde de la basoche qu'elle quittera au grand désespoir de ses parents, catholiques vosgiens bon teint. "Ma mère a bien réagi... Elle a réanimé mon père."  Le show se poursuivra avec  le souvenir de son passage éclair à Pôle Emploi au contact d'une employée incapable, l'évocation de sa relation amoureuse tragi-comique avec son Roméo vert écologique et les perspectives publicitaires au service d'un club de rugbymen que lui offre sa nouvelle existence...

Vêtue d'une courte robe-ballon noire sur des bas à résilles, chaussée de fins escarpins, la blonde comédienne au visage mobile et expressif, au jeu décoiffant et déjanté, a prouvé à son public  qu'elle avait eu bien raison de jeter aux orties son froc noir et son rabat blanc.

En effet, qu'elle prenne l'accent d'un petit caïd de banlieue, qu'elle rape sur le néant de sa vie sexuelle, qu'elle interpelle sa tête de turc masculine du premier rang, son petit Cui-Cui, elle fait mouche à tout coup et l'on rit sans vergogne. Au souvenir de son kilt long et de son serre-tête en velours,  c'est toute son adolescence de jeune  fille sage et bien rangée qui ressurgit, quand elle chantait dans une chorale pour un public de sourds-muets ou qu'elle dansait solitaire en boîte de nuit, une bouteille d'eau minérale à la main.

Le sexe et l'écologie ne sont pas en reste. A propos des femmes qui simulent le plaisir, la comédienne instaure un dialogue savoureux avec son public qui se retrouve bien malgré lui pris à son propre piège. On n'oubliera pas non plus le potacon (potager sur le balcon)  et  Roméo, l'amoureux écologiste, écrasé par la chute de son éolienne !

Avec son regard vert inquisiteur, ses mimiques improbables, son naturel confondant, la brillante ex-avocate a sans doute eu raison de choisir d'exercer désormais sa faconde non plus dans les prétoires mais sur les planches. Et tant il est vrai que nul n'est censé ignorer le rire, celle qui fut Maître Caroline Vigneaux nous le rappelle haut et fort,et avec quel brio !

 

carolione-vigneaux.jpg

 

 

 

 

 


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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 08:39

du-fleuve-rouge-au-1.jpg

  Deux jeunes filles, Mai Trung Thu, 1942, couleurs sur soie

 

 

Métro Villiers en haut des marches de la rue de Courcelles

Le temps est doux mais gris

J'attends Suzâme

Qui vient

Tout en bleu avec ses lunettes de poète

Tout près une brasserie avec des chaises orange et noir

Une petite table

On fait connaissance ou reconnaissance

Dehors la pluie tombe dru

Ensuite on va parmi les flaques

Sous les grilles noir et or du parc Monceau

 Et devant la statue d'Edouard Pailleron

Celui des CES en flammes

Veillé pour l'éternité par une demoiselle à tresse

Rue Vélasquez on entre au musée Cernuschi

L'homme qui aimait la Cité interdite

Et nous voilà déambulant "Du Fleuve Rouge au Mékong"


du-fleuve-rouge-au-2.jpg

Catalogue de l'exposition "Du Fleuve Rouge au Mékong, Visions du Viêt-nam", Editions Findakly

 

Cochinchine Tonkin Annam Indochine

Un Orient rêvé

Avec ses flamboyants rougeoyants

Ses petits pagodons dans les arbres

Ses femmes à la Gauguin

Ses lettrés silencieux

Ses barques lentes sur la baie d'Ha Long

Ses grands panneaux de bois

Laqués au Rhus succedanea

Coquille d'oeuf noir or argent

Tout un art ancestral

Qui dit les poissons rouges et les blanches aigrettes

Les belles endormies et les vivants marchés

Harmonie raffinement

De la cérémonie du thé

Beauté et langueur

Ovales blancs sereins sous les lourds cheveux noirs

Arrangement floral et cueillette des simples

Aux gestes délicats

Couleurs douces sur soie

Jamais la violence

Ils l'auront oubliée

 

Et pour chacune

L'image de quelqu'un

L'image de quelqu'une

Dans l'Annam disparu

 

Puis sous le grand bodhisattva noir

De Yungang

Parmi les Shang les Zhou les Han et les Song

On va rêvant

Aux fringants palefreniers et chevaux en partance

Aux mingki hiératiques tout au seuil de la mort

Au son des musiciens célestes

 

 

Suzanne Suzâme

Derrière ce prénom

Désormais un visage

En oriental voyage

  

Paris, musée Cernuschi, jeudi 11 octobre 2012

 

 


 

 

 


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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 16:59

Virginia-woolf.jpg

 Virginia Woolf at Monks House

(Photo Virginia Woolf Society of Great Britain)

 

Sous la table parmi les jouets de l'enfance

Tout en haut de la cime d'un arbre balancé

Au fond d'une cabane aux planches déclouées

Dans le grenier poussiéreux d'un poète disparu

Sur une petite île verte au milieu d'un lac bleu

Au sommet d'un phare blanc secoué par les vents

Dans la plus haute tour aux pages ivoirines

 

Lieu de solitude et de plénitude

Havre de naissance et de reconnaissance

Retrait d'évasion et de création

Buen retiro intime et serein

 

Une chambre à soi !

 

En réponse au textoésie de Suzâme reçu le 1er octobre 2012 à 16h 24,

textoésie envoyé le 02 octobre à 9h 42

 

 

 

 

 

 

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 15:54

 

vegetation-apres-la-pluie.jpg

 Végétation après la pluie

(Photo île-de-la-reunion.info)

 

 

Il avait agité son grand bâton de pluie

Tout s'était brouillé tout s'était défait comme à travers les larmes

 

Puis il a fait soudain silence

 

Et sur le plat et calme lac tout s'est redessiné

Le ciel bleuté s'est regardé

La savane soyeuse a retrouvé ses moires

La verdure vibrante a crié sa victoire

Félines fleur et feuille ont relevé la tête

Les noirs singes hurleurs ont défié le jour

Le serpent silencieux a glissé solitaire

Alanguie la lionne est venue s'abreuver

 

Et toi très tendrement tu as touché mon visage mouillé de pluie

 

 

Pour Papier Libre de Juliette,

Thème : Paysage après la pluie

 

 

 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 07:00

Boite-aux-lettres.JPG

Boîtes aux lettres à Kangaroo Island, Australie

(Photo ex-libris.over-blog.com, Novembre 2008)

 

 

C'était à Kangaroo Island

Ces boîtes aux lettres en guirlande

Loin de l'autre côté de la terre

Pour des lettres d'un autre hémisphère

 

 

Pour Le Week-end du Petit Patrimoine,

Thème proposé par Maris-Christine : boîtes aux lettres

 


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