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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 22:41

Dadang-1.JPG

They give evidence, installation de Dadang Christanto à l'Art Gallery of NSW

(Photo ex-libris.over-blog.com, le 11 février 2013)

 

 

Ne voulant pas quitter Sydney sans avoir parcouru de nouveau la superbe Art Gallery of NSW, nous y sommes retournés le lundi 11 février 2013. Dans une salle un peu retirée de la partie Art moderne, l’impressionnante procession funéraire, érigée par l’artiste australien Dadang Christanto, s’est offerte à nous. Cette œuvre, intitulée They give evidence (1996-1997), saisit par son ampleur et sa dignité.

Les seize figures masculines et féminines de cette installation sont réalisées en poudre de terre cuite, mélangée avec de la fibre de verre et de la résine. Les vingt-deux pièces de vêtements que portent les personnages sont en tissu et en résine de couleur.

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D’origine indonésienne, descendant de Chinois, la famille de Dadang Christanto fut victime des massacres de 1965-66, perpétrés sous le régime de Suharto. Si l’œuvre est certes inspirée par la douleur personnelle de l’artiste, elle n’en témoigne pas moins de sa capacité à transcender sa souffrance intime pour accéder à l’universel.

Droites, figées pour l'éternité dans un cri silencieux sans fin, ces figures évoquent les victimes de la guerre et de la violence. Muettes, dans un geste d’offrande, elles portent le corps d’hommes, de femmes, d’enfants innocents qui ont été tués. Dans leur simplicité, leur silence, leur hiératisme, leur impuissance, elles témoignent de l’oppression, de l’injustice sociale, de l’inhumanité foncière de l’homme.

Acclamée au Japon en 1998, admirée à la 14 ème Biennale de Sao Paulo en 1998, cette œuvre fut exposée à Jakarta. On regrettera cependant que, pour voiler la nudité de ses personnages, l’artiste y ait été contraint de les recouvrir de tissu noir. Cachez cette mort que je ne saurais voir !

christando 4

 

 

 

 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 12:03

 

 

 

Camus-2.JPG

L'océan Pacifique vu du Harbour National Park à North Head

(Photo ex-libris.over-blog.com, février 2013)

 

 

De retour de l'été australien dans l'hiver européen, j'entends, murmurée encore en anglais et comme un écho lointain, cette petite phrase de Camus, dans Retour à Tipasa :

"In the midst of winter, I found there was, within me, an invincible summer."

 

 

 


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Published by Catheau - dans Des Mots
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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 08:49

la fête

 Illustration de la fête étrange du Grand Meaulnes

(pour la vieille collection Rouge et Or)

 

 

Gît dans ma mémoire une fête étrange

Dans un vieux manoir à tourelle grise

Des enfants lisant que rien ne dérange

Des masques dansant chacun à sa guise

 

Gît dans ma mémoire un fils d’aventures

Vêtu d’une cape et puis d’escarpins

Des portes s’entrouvrent et des voix murmurent

Au seuil du mystère hésite Augustin

 

Gît dans ma mémoire cette fête étrange

Où Augustin Meaulnes au fond d’un couloir

Découvrit Yvonne en sa pâleur d’ange

L’amour de sa vie et son désespoir

 

Gît dans ma mémoire ce lieu de mon rêve

Qui s’ouvrit à moi et à mes onze ans

Depuis ce temps-là je cherche sans trêve

La fête de lire en mon cœur d’enfant

 

                                    Bondi Beach, le 03 janvier 2013

                      le gm fête

 La fête étrange dans l'adaptation cinématographique de Jean-Gabriel Albicocco

 

 

Pour Suzâme et Nanterre PoéVie sur le thème de la fête.

 link

 

 

 


 

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 00:57

 Waste-not.JPG

Waste Not, de Song Dong

(Photo ex-libris.over-blog.com, le 13 janvier 2013)

 

Dimanche 13 janvier 2013, après avoir assisté à la piece de theâtre, Othello c'est qui, nous avons déambulé dans Carriageworks au milieu de l'installation de l'artiste chinois Song Dong, intitulée Waste Not (du 15 janvier au 31 mars 2013). De la maison familiale de Beijing au Sydney Festival, en passant par le Museum of Modern Art in New-York, c'est une longue histoire que celle de cette entreprise artistique et personnelle peu commune.

Celle-ci a en effet été conçue par l'artiste après la mort de son père, une perte douloureuse dont sa mère ne se remet pas. Aussi, afin de l'aider à faire son deuil, entreprend-il de rassembler avec son aide le contenu entier de sa maison. Soigneusement rangé par catégories d'objets sur une importante surface, tout ce qui fait le simple quotidien d'une vie s'offre au public dans tout son prosaïsme et en même temps toute sa charge émotionnelle.

D'abord surpris puis interessé, voire emu, le promeneur s'interroge sur cet exceptionnel travail de mémoire et de résilience, qui peut être vu en même temps comme une célébration de la vie à travers les objets. C'est ce que fait remarquer justement The New York Times qui décrit ainsi cette entreprise artistique touchant à l'intime : "Deeply moving... A work of art is every bit as much about loss as it is about muchness."

 

Waste-not-3.JPG

Waste not, de Song Dong

(Photo ex-libris.over-blog.com, le 13 janvier 2013)

 

 


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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 02:32

big-fourmis-australiennes.jpg

 

Sur la rambarde de bois    

La méchante me piqua

De son dard en coutelas       

Myrmecia gulosa

Myrmecia pavida

Myrmecia nigriscapa

Solenopsis invicta

Bien malin qui le dira ! 

 

Lundi 04 fevrier 2013, vers 14h30,

en descendant vers Shelly Beach à Manly

 

 


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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 00:48

Bonita.jpgBonita Mabo

 

Samedi 26 janvier 2013, Australia Day, Bonita Mabo, a été promue Officer in the General Division dans l'Order of Australia, "for distinguished service to the indigenous community and to human rights as an advocate for the Aboriginal, Torres Strait Islander and South Sea Islander peoples. Advocate for Indigenous Land Rights ; continued moving forward with Native tittle reform after her husban's death in 1992."

En effet, cette femme courageuse est la veuve d'Eddie Mabo, dont la campagne pour les droits des Aborigènes avait obtenu gain de cause avec l'arrêt de la High Court, en 1992. Celui-ci avait aboli la doctrine de la "terra nullius". Oui, les Aborigènes existaient bien en Australie quand les Anglais y debarquèrent ! Cet arrêt avait été rendu cinq mois après la mort d'Eddie Mabo.

Ayant poursuivi la lutte de son mari pour l'égalité des droits des Aborigènes et la justice, Bonita Mabo est toute surprise de recevoir cette distinction, dont elle espère seulement qu'elle fera avancer la cause de son peuple.

Et elle avoue son plus grand rêve : voir enfin un Aborigène siéger au Parlement...

 

Mabo-TombstoneFamilyMer.gifLa tombe d'Edouard Mabo

 

Lien vers mon poème "Bong", écrit en 2008 link    


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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 00:22

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Into the blood stream : Archie Roach au State Theatre de Sydney

(Photo ex-libris.over-blog.com, janvier 2013)

 

Vendredi 25 janvier 2013, nous étions au State Theatre, sans doute le plus beau théâtre de Sydney (j'en reparlerai), pour un concert, Into The Bloodstream, du chanteur aborigène, Archie Roach, devenu le porte-parole de son peuple.

Sous un écran ou défilent de vaste paysages, les chemins du Dreamtime et des films d'archives, Archie Roach chante assis, vêtu d'une chemise jaune ensoleillée sous sa veste. Il est entouré de dix choristes, sous la direction de Lou Bennett. Treize musiciens l'accompagnent, menés par Craig Pilkington. De sa voix profonde et puissante (et pourtant il n'a plus qu'un poumon), qui fait parfois penser à celle de Louis Armstrong, il ressuscite la douloureuse histoire de sa vie.

Comme nombre d'Aborigènes, il appartient à la "génération volée" : il fut en effet transplanté dans une mission puis adopté par une famille ecossaise. Ayant retrouvé plus tard sa soeur biologique, il quitte ceux qui l'ont élevé et connaît la drogue, l'alcool, une vie de galère.

La rédemption viendra grâce à sa rencontre avec Ruby Hunter, son âme soeur, et grâce à la musique. Il connaît alors le succès avec Charcoal Lane et Take the children away. Après les epreuves de 2010, la mort de sa femme, un AVC et un cancer du poumon, ce récital signe son grand retour à la scène.

Puisant profondément en lui-même pour y découvrir une force nouvelle, il livre un cri sincère et émouvant. Entre gospel et soul, j'ai particulièrement aimé le texte dans lequel il évoque (invoque) sa femme disparue sous la forme d'un pélican ; ne vivait-elle pas auprès des rivières ? Une mention spéciale aussi pour un chant en langue aborigène, doux et mélancolique (une berceuse peut-être), modulée par une des choristes du groupe.

Un beau concert, certes, mais surtout une lecon de courage et de résilience, que lui même formule ainsi : "You have to let go of the pain and get on with life. Forget your troubles for a while and get up and dance. It's a celebration of life and good medicine straight into the blood stream."

 

Archie 2

 Archie Roach et ses choristes au State Theatre de Sydney

(Photo ex-libris.over-blog.com, janvier 2013)

 

 

Lien vers mon poème "Au rocher sacré", écrit en 2008, lors de mon premier voyage en Australie link


 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 02:06

 Devise-de-Reddam.JPG

Reddam House, Oakley Road, Bondi Beach

(Photo ex-libris.over-blog.com, le 31 janvier 2013)

 

C'est la rentrée des classes à Reddam House

Après le bel été qui ne finit jamais

We shall give back dit la devise de l'école

Sous les eucalyptus on vient en uniforme

Filles aux fous cheveux libres sur leur chemisier blanc

Longues jambes brunies sous les jupes brun beige

Et de grands surfeurs blonds en chandail bleu marine

Qui se courbent à peine sous le lourd sac à dos

Se donnent l'accolade s'exclament et rient très fort

Tout en se racontant les vagues de l'été

Les vives chevauchées dans les Montagnes bleues

Les randonnées lointaines dans le fin fond du bush

On entend la sonnerie ses trois coups de klaxon

Les portes se referment sur les accents anglais

A quinze heures en sortant on sera de nouveau

Au grand soleil austral

 

Mercredi 31 janvier 2013, 09h, rentrée des classes à Reddam House,

Oakley Road, Bondi Beach, Australia

 

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:11

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Affiche pour l'exposition, Alexander the Great, 2000 years of treasures, Australian Museum, Sydney

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

Mercredi 26 decembre 2012, lendemain de Noel et Boxing day en Australie, a l'Australian Museum de Sydney, nous avons admiré une magistrale exposition, intitulée Alexander the Great, 2000 years of treasures. La majorité des 600 objets qui la composent provient du musée de l'Ermitage à Saint-Petersbourg.

On peut y voir notamment le Gonzaga Cameo, très rare portrait-camée de Ptolémée II et de son épouse, Arsinoé II, et une statue en basalte poli de Cléopâtre VII.

On y apprend que celui qui fut l'élève d'Aristote était fasciné par Hercule, dont il emportait toujours avec lui une statuette intitulée Heracles feasting. Se proclamant descendant de Zeus par sa mère Olympias, il était aussi grand admirateur d'Achille, le héros homérique. Il fut nommé pharaon par les Egyptiens, devenant ainsi le descendant d'Amon-Ra.

On suit le parcours fabuleux qui conduisit ce stratège génial de Pella en Macédoine jusqu'aux rives de l'Indus où, contraint par son armée épuisée, il dut renoncer à aller plus avant.

La dernière partie de l'exposition est consacrée à la postérite littéraire et artistique du fils de Philippe de Macédoine, postérité qui prit son essor avec Le Roman d'Alexandre. On y retrouve tous les hauts faits qui contribuèrent à sa notoriété : sa rencontre avec Diogène, l'épisode du Noeud gordien, sa victoire sur Porus, l'anecdote de la préservation de la main d'Homère... En dépit de tout cela, dans La Divine Comedie, Dante le place en compagnie des plus grands meurtriers.

"You are indomitable..." avait dit l'oracle égyptien au dompteur de Bucéphale, qui allait mourir à 33 ans, en 323 avant Jésus-Christ.

 

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 Australian Museum, Sydney

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

 


 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:01

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Cornelia Dörr et Franck Edmond Yaho, dans Othello, who's that 

 

Dimanche 13 janvier 2013, nous avons assisté au spectacle Othello, who's that (Othello, c'est qui), joué dans la programmation du Sydney Festival. L'endroit est un lieu très branché de Sydney, une ancienne usine réamenagée, Carriageworks in Everleigh. On y trouve différentes salles de spectacle, des lieux d'exposition, un grand hall qui fait office de foyer où tout le monde se retrouve.

La pièce se présente comme une réflexion sur Othello ou le Maure de Venise et sur la manière de jouer ce personnage de nos jours, à travers la danse et le mouvement. Ce sont Monica Gintersdorfer, la directrice de la compagnie, et Klassen le scénographe, qui ont conçu ce spectacle, récompensé en 2009 au Theater Festival Impulse.

Deux comédiens se donnent la replique, l'un étant noir (il pourrait d'ailleurs être arabe, le sens du terme "Maure" le permettant), l'autre blanche. Le premier est Franck Edmond Yaho, comédien et danseur, originaire de Côte d'Ivoire. Il a été choisi pour jouer le rôle. Cornelia Dörr quant à elle est allemande et elle est là pour l'aider à trouver sa propre interprétation d'Othello. Existerait-il autre chose derrière l'archétype de l'homme jaloux et celui de la femme innocente ?

Yaho s'étonnera d'abord que l'on joue encore la pièce de Shakespeare de la même manière qu'il y a plus de quatre cents ans et que le texte soit demeuré inchangé. Il se demandera aussi pourquoi les Africains ignorent tout de ce personnage, joué essentiellement par les Occidentaux.

Après un rappel de la comédienne sur ses débuts au theâtre, l'acteur africain entre dans le vif du sujet avec une évocation du célèbre mouchoir, à l'origine de la mort de Desdémone. On se rappelle que cet objet du délit fut subtilisé par Camilia, suivante de Desdémone et femme de Iago, dans l'intention de faire naître la jalousie dans le coeur d'Othello. En effet, le mouchoir se retrouvera entre les mains de Cassio, accusé par Iago d'être l'amant de Desdémone.

L'essentiel de la pièce tourne autour des caractères propres aux Occidentaux et aux Noirs. Ainsi, le comédien noir rit de la façon dont dansent les Occidentaux. C'est pour lui l'occasion de caricaturer la manière dont danse Cornelia et de faire une époustouflante démonstration de son savoir-faire en ce domaine. (Yaho est un danseur renommé qui a recu de nombreuses récompenses en France). A ce propos, la comédienne insiste sur l'aspect fortement sexualisé de cette danse, ce que nie farouchement le comédien.

Puis Yaho en vient a la manière d'interpréter la jalousie, selon que l'on est un Noir ou un Occidental. Il insiste sur le sens du respect de la famille, sur le fait que le déshonneur rejaillisse sur celle-ci et que c'est insupportable. A la comédienne qui s'étonne que l'on puisse aller jusqu'à tuer pour être fidèle à l'honneur, il répond par une exaspération grandissante, qui dut être celle d'Othello quand il tua Desdemone, à l'acmé de la violence.

C'est ainsi que s'achève cette pièce à deux personnages, à la mise en scène sobre mais subtilement intelligente, qui montre bien que le jeu du comédien passe par le corps. Cette confrontation théâtrale de deux civilisations débouche sur une réflexion particulièrement aiguë sur les thèmes du colonialisme, de l'immigration, de la religion, de la politique. Elle apparaît comme une exploration très libre des frontières et des clichés culturels.

Cependant, il me semble que l'on aurait pu aller beaucoup plus loin dans l'approche psychologique de ce personnage shakespearien emblématique et que la question "Othello, c'est qui ?" demeure ouverte. La négritude n'explique pas tout.

Je voudrais mentionner que la compréhension du texte s'est trouvée grandement facilitée grâce au fait que Yaho s'exprime en francais, ses propos étant traduits en anglais par la comédienne allemande, qui utilise aussi parfois sa propre langue.

Certes, il faisait extrêmement chaud dans cette petite salle et l'on s'y éventait avec son programme. Cependant l'humour de certains passages en a fait rire plus d'un et je me suis dit que le public australien, en dignes sujets de Sa Gracieuse Majesté, est toujours fidèle à Shakespeare.

 

Sources :

Le livret d'information du Sydney Festival 2013 (05 -27 janvier), p. 41


 othello-2.jpg

 

 


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