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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 19:23

Rossetti Venus Verticordia 1864-8

Vénus Vericordia, Huile sur toile, Rossetti, Art Gallery and Museum, Bournemourh

 

 

 

Elle tient la pomme dans sa main pour toi,

Dans son cœur pourtant elle irait presque la reprendre,

Elle a un air songeur, ses yeux en quête

De ce qu’ils peuvent voir dans ton esprit.

 

Peut-être : « Regarde, il est en paix », dit-elle ;

« Hélas ! La pomme pour ses lèvres : le trait

Qui suit sa brève douceur en son cœur,

L’errance perpétuelle de ses pas ! »

 

Un instant son regard est suspendu et timide ;

Mais si elle donne le fruit qui contient son charme,

Ces yeux s’enflammeront comme pour son garçon phrygien.

 

Puis sa gorge d’oiseau tendue prédit le malheur,

Et ses mers lointaines gémissent comme un unique coquillage,

Et son bosquet luit des feux de Troie embrasée par l’amour. »

 

On sait que Rossetti réalisa quatre versions de ce portrait (huile, aquarelle…), dont cette huile est la plus célèbre (1864-1868). Elle représente la déesse de l’Amour, Aphrodite chez les Grecs, et Vénus chez les Romains. Le titre, Vénus Verticordia, est une des nombreuses épiclèses de la déesse, connue sous les noms d’Anadyomène, Amathusie, Cypris, Cythérée, Erycine, ou encore Acidale. L’adjectif latin "verticordia" signifie « qui change les cœurs ».

Cette toile est représentative du syncrétisme exprimé par le peintre dans nombre de ses tableaux. Il associe clairement la tradition païenne aux racines chrétiennes. Vénus (sous les traits d’Alexa Wilding, un des modèles favoris du peintre) est en effet représentée nue, en buste, portant une pomme dans la main gauche et une flèche dans la main droite. Si le fruit évoque bien évidemment Eve et le péché originel, il évoque aussi le jugement de Pâris. Invité par Aphrodite, Athéna et Héra à remettre « la pomme de discorde » à la plus belle déesse de l’Olympe, le fils de Priam et d’Hécube choisit Aphrodite, qui lui permit d’enlever Hélène, la femme de Ménélas. On sait que cet amour fut à l’origine de la guerre de Troie. Par ailleurs, la flèche est l’attribut de Cupidon, dieu de l’Amour, fils de Mars et de Vénus, habile au maniement de l’arc dès son plus jeune âge. Les papillons jaunes, disposés dans l’orbe de l’auréole, sur la flèche et la pomme, symbolisent la métamorphose vers l’amour le plus pur mais, sans doute, aussi l’inconstance de la femme.

On raconte que la plupart des amis du peintre n’aimèrent pas le tableau, trouvant pour certains que la chevelure ressemblait à une vilaine perruque. Selon Waugh, le biographe de Rossetti, Valpy, un de ses principaux acheteurs, refusa de l’acheter à cause de la nudité du personnage.

Le tableau séduit particulièrement par le travail sur les roses et le chèvrefeuille, dans l’éclat rouge de leur floraison. Rossetti aurait dépensé des fortunes pour se procurer les fleurs, exigeant à chaque fois les plus épanouies.

Ruskin, quant à lui, fut choqué par la sensualité de la toile mais sa pudibonderie l’empêcha de la dénoncer précisément. Il préféra critiquer la vulgarité des fleurs. Mais, ainsi que le dit alors Graham Robertson dans une lettre à un ami : « S’il fallait écouter les ragots que l’on colporte sur les fleurs, le jardinage deviendrait tout simplement impossible ! »

Toujours est-il que les nuances de rouge et de rose de la bouche fermement ourlée, de l'aréole des seins et des doigts, les dégradés d'orange et de jaune de la pomme, de l'auréole et des papillons, l'éclatant blond vénitien de la chevelure, l'éclat laiteux de la peau, confèrent à cette Vénus émergeant d'une conque de fleurs une aura sensuelle, dont on ne s'étonnera pas qu'elle ait pu choquer les Anglais du siècle victorien.

 

  Dante Gabriel Rossetti Alexa Wilding 1866

   Portrait du modèle Alexa Wilding (1866), Rossetti

 

 

Sources :

http://www.theearthlyparadise.com

Dante Gabriel Rossetti, Ash Russel 

 

 

 

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 16:54

 

Hortus conclusus P

 

 

Indolents

Les papillons

Voltigent

Sur

 La sauge mauve

Les hortensias roses

La glycine parme

Silencieuse

Je descends

 Vers la porte secrète

Et bleue

 

  Hortus conclusus porte bleue P

 

 

 

 

Pour ma première participation à la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Deux photos du chemin qui mène à la cave sous le jardin.

Thème : Jardin secret.

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 23:28

  Black swan allo ciné

  Nina, le cygne noir (Natalie Portman) , Photo Allo-Ciné

 

Voilà un film dont le thème était prometteur et que j’avais très envie de voir. D’où vient pourtant que j’en suis sortie avec un sentiment de déception que j’aimerais essayer de formuler ?

Le film est une adaptation d’un livre de Andres Heinz, qui raconte la rivalité entre une comédienne et sa doublure à Broadway. Le script original était d’ailleurs intitulé La Doublure (The Understudy). Darren Aronofsky, le réalisateur, témoin de la formation éprouvante subie par sa sœur ballerine, a transposé l’intrigue  dans l’univers du City Ballet de New-York. Ce monde de la danse, peu évoqué au cinéma, était donc une des premières raisons de mon intérêt. D’autant plus que, partant du premier scénario, le scénariste Mark Heyman y a intégré l’intrigue du Lac des Cygnes de Tchaïkovski, ballet mythique qui n’a cessé de faire rêver. Il a aussi souhaité y mettre en relief le thème de la dualité, de « la peur de voir quelqu’un vous voler votre propre vie », un autre sujet d'intérêt.

On connaît la tragique histoire d’Odette, transformée en cygne blanc par le magicien von Rothbart, et dont s’éprend le prince Siegfried. Lors du bal organisé pour son anniversaire, le prince est abusé par la fille du sorcier, Odile, toute vêtue de noir, et sosie d’Odette. Il lui promet le mariage. La fin de la chorégraphie varie selon les différentes versions du ballet. Darren Aronofsky a choisi celle où la déclaration d’amour de Siegfried à Odile condamne Odette à demeurer un cygne à tout jamais : elle se suicide en se jetant dans les eaux du lac.

Cette tragique histoire est habilement renouvelée par le réalisateur, qui met ici en scène la tragique quête de réussite de Nina (Natalie Portman), une jeune ballerine trop sage, trop appliquée, qui veut tout maîtriser. Mais comme le dit le chorégraphe Thomas Leroy (Vincent Cassel) : « La maîtrise n’est pas la perfection. » Elle voit pourtant ses rêves se réaliser, lorsque le maître de ballet, après maints atermoiements, lui propose d’interpréter le rôle, emblématique pour toute danseuse étoile, de la reine des cygnes du célèbre ballet russe. A travers ce personnage fragile, Darren Aronofsky s’interroge sur le destin de tout artiste en quête de l'absolu de l'art. Il souligne ainsi cet aspect : « Nina recherche la perfection, mais la perfection ne peut exister que durant un bref instant, et comme tous les artistes, elle risque de se détruire elle-même en tentant de l’atteindre. Quand elle essaye de devenir le cygne noir, une chose sinistre et inquiétante se réveille en elle.»

 

black swan blanc

  Nina, le cygne blanc (Natalie Portman)

 

Cette face sombre de l’âme humaine qui se révèle chez Nina, cette interrogation sur l'identité profonde d'un être, voilà encore une dimension qui m'intéressait dans ce long métrage. Nina est demeurée une petite fille qui vit avec sa mère Erica (Barbara Hershey), parmi les ours en peluche et les boîtes à musique de l’enfance. Elle subit l’emprise castratrice de cette femme, désireuse d'accomplir en sa fille ses rêves de ballerine, jamais devenue étoile, mais qui la jalouse en même temps. Eternelle enfant, vêtue de gris pâle, de blanc, de rose, Nina se soumet à ses volontés et à sa protection étouffante. Erica, c’est un peu la mère de Norman Bates, dans Psychose de Hitchcock, film revu récemment sur Arte. Mais ici, qui est schizophrène de la mère ou de la fille ?

Très vite, en effet, l’on perçoit chez la jeune danseuse les signes inquiétants d’une personnalité qui se dégrade. Sous la pression du maître de ballet, qui veut faire naître en elle la sensualité inhérente au cygne noir, Nina se métamorphose insensiblement. C’est d’abord son corps qui révèle d’inquiétants stigmates : des griffures sanguinolentes dans le dos (Rosemary’s Baby n’est pas loin ! ), des ongles qui se fendillent et saignent spontanément, des orteils qui prennent une apparence palmée, une peau qui devient grumeleuse comme celle d’un volatile.

En parallèle de cette transformation morbide, le réalisateur s’attache à mettre en exergue les souffrances du travail quotidien de la danseuse : la torture des pieds dans les chaussons de pointe, la menace de l’entorse toujours crainte, le craquement des articulations, la maigreur qui creuse les traits. Le metteur en scène le précise lui-même : « L’histoire du catcheur (Mickey Rourke dans The Wresthler, un autre de ses films) ressemble à celle de la ballerine … [Ce sont] tous deux des artistes qui utilisent leur corps pour s’exprimer, qui redoutent de se blesser parce que ce corps est leur seul moyen d’expression. »  Quant à l'ancienne danseuse étoile Ghislaine Thesmar, elle confie : "... votre corps est un violon. Vous allez jusqu'à le torturer pour obtenir une arabesque." José Martinez, étoile atypique de l'Opéra, surenchérit ainsi : "Le corps parle au nom du danseur quand celui-ci ne parle pas. Et s'il ne parle pas, c'est parce qu'il est confronté à de nombreuses difficultés, la pression, la concurrence, la performance, la difficulté à dire qu'il ne peut pas, la peur de n'être pas à la hauteur..." Toutes choses que le film montre avec justesse.

La transformation psychique de Nina surtout se fait insidieusement. Car Nina a une rivale, Lilly (Mila Kunis), que Thomas Leroy a remarquée dans le corps de ballet, et dont il a vite jaugé la liberté sensuelle de la danse et la sexualité instinctive. Il attise la jalousie de Nina pour pousser celle-ci à donner le meilleur d’elle-même dans le rôle du cygne noir. Il la séduit et l’invite à découvrir son corps, jusque là verrouillé. En même temps, Lilly entame avec Nina une étrange relation , faite d’attirance et de répulsion, qui sera portée à son comble lorsque le chorégraphe choisira Lilly comme doublure de Nina. Darren Aronovski précise que « Mila Kunis joue Lilly comme une personne qui a tout ce dont rêve Nina ».

 black swan miroirs

  Nina : Qui suis-je ?

 

Mais tout ce que ressent Nina est-il la réalité ? Une part de la réussite du film tient sans doute au fait que le spectateur se trouve pris dans la subjectivité du personnage. Le regard du spectateur, ce sont les yeux de Nina. Dès le début du film, il est prisonnier des longs couloirs de métro, où Nina croise une jeune fille qui lui ressemble, des coulisses oppressantes du New-York City Ballet, où les autres danseuses la regardent avec envie, des méandres de son appartement, où s’affichent d’innombrables portraits de sa mère, et des miroirs sans fond des salles de répétition où elle se dédouble à l’infini.

Il faut reconnaître que Darren Aronofsky joue en maître des glaces, essentielles au travail des danseuses, et dans lesquelles Nina découvre sans cesse son reflet démultiplié. La mise en abyme de son personnage s’opère encore avec celui de sa mère, son double raté, et avec celui de Beth McIntyre (Winona Ryder méconnaissable), la danseuse étoile, au visage défiguré par la jalousie, à laquelle elle succède. Car le film est aussi une réflexion sur le vieillissement des artistes, et particulièrement des danseuses, quand leur âge les contraint à sortir de scène, "sur la pointe des pieds".

 

Black swan chorégraphe

Nina et Thomas Leroy, le chorégraphe (Vincent Cassel)

 

Caméra à l’épaule, au plus près des mouvements de Nina, dans un style heurté, violent et instable, le metteur en scène nous entraîne au cœur onirique de la course folle d’une danseuse hallucinée. « [Il] saisit de près [son] énergie, [sa] sueur, [sa] douleur et [son] talent. » Au rythme de la musique obsédante créée par le compositeur Clint Mansell, qui associe dans un subtil équilibre des couleurs sombres et inquiétantes à la partition de Tchaïkovski, Nina perd ses repères, Nina rejette sa mère, Nina découvre le plaisir du corps : de cygne blanc qu’elle était, Nina devient cygne noir.

Il faut reconnaître que la fin du film est magnifique, particulièrement dans le final dansé du Lac des cygnes. Peut-être est-ce dû à l’alchimie entre Natalie Portman et Benjamin Millepied (le Prince), tombés amoureux l’un de l’autre au cours du tournage. On y voit en effet Nina, sublimée par la danse, qui se métamorphose peu à peu en cygne noir, girant et tournoyant sous les projecteurs aveuglants de la scène. A l’acmé de son art, ayant accepté (et tué) la part d’ombre qui gît en elle-même, elle danse comme elle n’a jamais dansé et ne dansera jamais plus. Elle devient réellement Odette et son destin sera le sien.

Alors, me dira-t-on, pourquoi ce sentiment de déception ? Peut-être est-ce dû au fait que le metteur en scène a été trop prolixe. Qui trop embrasse mal étreint. Il a voulu faire un thriller psychologique mais les éléments « gore » (par exemple la scène finale dans la loge entre les deux danseuses) et les passages grand guignolesques (la scène d’amour entre Lilly et Thomas Leroy, transformé en sorcier à plumes) me semblent y être trop prégnants. Quant aux scènes de masturbation de Nina devant sa mère et de fantasmes entre Nina et Lilly, leur tonalité « trash » détonne vulgairement et, selon moi, n’ajoute rien à la compréhension de l’évolution du personnage. L’aspect manichéen de l’ensemble (le noir et le blanc, le rouge et le noir), l’insistance répétitive de certains symboles (le couteau, le sang qui dégoutte), le jeu parfois outrancier de Barbara Hershley, les roulades des yeux outrageusement charbonneux de Mila Kunis, alourdissent inutilement une intrigue, par ailleurs très bien structurée.

Analyse de la complexité de l’âme humaine, réflexion sur le danger mortifère de l’identification d’une artiste à un rôle, description d’un cas de dédoublement de la personnalité, Black Swan est un film qui ne laisse pas indifférent. Chant du cygne d’une danseuse au sommet de son art, on conviendra, en dépit de ces réticences, que ce n’est certes pas le chant du cygne du réalisateur Darren Aronovski.

 

 

Sources :

Site Allo-Ciné : Black Swan

"Tu danseras dans la douleur", Daniel Conrod, Télérama n°3187

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 17:12

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Ombre et ténèbres au soir du déluge, Joseph Mallord William Turner, 1843, Tate Gallery

 

 

Le courage et la dignité du peuple japonais devant le cataclysme qui les frappe forcent l'admiration. J'ai écrit ces quelques mots en souvenir de ces milliers de victimes innocentes.

 

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Par un après-midi ensoleillé

Un pêcheur ravaudait ses filets

Au bar l’on buvait du saké

Et des enfants chantaient

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Tout en bas des falaises

Tout au creux de la baie

La mer s’est retirée

Sur le sable ridé

Les poissons ont sauté

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Le dieu Shintô s’est réveillé

La mer a bouillonné

La mer a moutonné

La vague violente

La vague scélérate

La vague au blanc méchant

A soudain déferlé

S’est soudain déroulée

 

Irrésistible houle

Coulée inexorable

Avancée terrifiante

Mouvement diluvien

Enroulement de Titan

Monstrueux tourbillon

Hideux rouleau noirâtre

Grondement dément

Sur le port japonais

 

Là-bas à Minami-Sanriku

La vague folle a reflué

Les sirènes ont cessé

Les bateaux ont sombré

Les maisons sont cassées

Les vies se sont noyées

Et les mouettes pleurent

Sur un tombeau de boue

 

Ici bientôt

Les cerisiers

Seront en fleurs

 

Là-bas

A Minami-Sanriku

Nul ne les verra plus

 

En souvenir des victimes du séisme et du tsunami du vendredi 11 mars 2011

 

 

 

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 11:39

au hasard balthazar

 

 

Ce matin, je reçois un commentaire de Hauteclaire (Des Mots et Merveilles, http://hauteclaire.over-blog.com/), qui m'invite à découvrir sur son blog "un petit quelque chose" à mon intention. Je m'y rends et découvre avec étonnement, plaisir et reconnaissance qu'elle a choisi mon blog pour participer aux Balthaz@rs des blogs. C'est une initiative qui permet de découvrir les blogs que l'on aime et que l'on voudrait faire connaître.

En voici le texte initial.

 

"Il y a les Césars, puis les Oscars et voici les Baltaz@rs !
En ce moment, à la télé ou sur l’Internet, c’est le festival de remises de prix divers et variés.
Quand on ne récompense pas des blogs à tort ou à raison, on décerne des meilleurs ou pires acteurs, actrices, films, albums, chanteurs, chanteuses ou autres réalisateurs.
En veux-tu des Césars, en voilà des Oscars.
Si t’as pas eu le NRJ Music Award, t’inquiète, t’auras la Victoire de la Musique.
Et si t’as pas reçu un Nanard, attends, tu vas prendre un Razzie.
Comment ça, t’as pas été élu meilleur Golden Blog Award ? Pas de panique, t’es élu meilleur blog chez http://hauteclaire.over-blog.com/, quand t’as pas oublié que tu t’étais inscrite chez Cosmo.

Enfin, tout ça pour dire qu’à grande échelle, on s’y perd un peu et on oublie de se demander ce qu’on aime VRAIMENT.
C’est pour ça qu’un soir, entre nous, sur Blogitexpress, on s’est dit qu’on pourrait nous aussi lancer à petite échelle, on va dire à escabeau, notre petit concours intimiste des blogs qu’on aime.
Histoire de dire les blogs qu’on aime lire, auxquels on a plaisir à participer, ou qu’on aurait envie de faire découvrir aux autres.
Juste comme ça, pour le fun, entre nous, sans jury, sans bataille de votes.
Pour le plaisir, n’est-ce pas, mon cher Herbert.
Et on s’est pas dit qu’on pourrait, on le fait.
Nous, le conditionnel, c’est pas notre temps préféré.

Alors Zette, Orfeenix, Cortisone ou encore .a2f, ont mis au point les Balthaz@rs.

L’idée ?
Simple.
Chacun propose 2 blogs favoris parmi les 5 catégories proposées :
- Société (info, actu, politique ou généraliste)
- Culture (musique, art, création…)
- Littérature (livres, BD, blogs d’écrivains)
- Photo
- Divers (tout le reste)

La sélection dure 15 jours, à compter de ce lundi 28 février jusqu’au lundi 14 mars.
Au terme des participations, les nominés seront alors proposés aux votes, afin de désigner le blog que VOUS avez préféré dans chaque catégorie.
5 Balthaz@rs seront alors décernés.

 

Pour participer, c’est encore plus simple :
- Vous copiez et collez ce billet en citant à la fin les 2 blogs que vous aimez dans chaque catégorie et vous reportez l’url de votre billet chez Cortisone dans les commentaires, entre le 28 février et le 14 mars.
- Le 15 mars, un nouveau billet sera publié avec un sondage pour chaque catégorie, auxquels vous apporterez vos votes, en vue de décerner 5 Balthaz@rs!"
Texte écrit par Zette.

 

@ Vous : 

Alors allez-y, faites un copier-coller, faites connaître et faites tourner ce message ! Ensuite vous irez chez Cortisone déposer votre U.R.L. pour que tout soit comptabilisé !

 

Voici mon choix :

 

SOCIETE :

 

 http://dh68.wordpress.com/  Dominique Hasselman, le promeneur de Paris

 

 http://vvsydneysiders.blogspot.com/  Vérane, une petite Française perdue au pays des kangourous

  

CULTURE :

 

 http://asautsetagambades.hautetfort.com/  Dominique ou la Littérature au coeur 

 

 http://passouline.blog.lemonde.fr/  L'humeur d'un critique littéraire et le talent d'un écrivain

 

LITTERATURE :

   

http://anne.lesonneur.over-blog.com/  Anne ou comment saisir l'éphémère

 

http://nounedeb.over-blog.com/  Noune, une rêveuse sous les ciels d'Aquitaine

 

PHOTO :

 

http://xavier.gardette.over-blog.com/  Xavier, le regard d'un amoureux des feux et des lieux

 

http://lencredesmots.over-blog.com/  Brunô, la création dans tous ses états

  

 

DIVERS :

 

http://suzame-ecriture.over-blog.com/  Suzâme, une sensibilité à fleur d'âme

 

http://duriezalbum.over-blog.com/  Les promenades de ma cousine au Pays Basque 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 09:59

  Ange Fra Angelico

Ange, du Frère Giovanni en religion, dit Fra Beato Angelico

 

 

Au cloître du silence

Fra Beato Angelico

Le vieil enfant

Peignait à fresque

 

Candide et extatique

Il voyait au lointain

Les violons, les lyres

Les anges aux blanches plumes

 

Une petite Vierge

Les mains croisées sur la poitrine

Un tendre messager

Aux cheveux blonds et pâles

 

Sous le ciel de Toscane

Aux collines étagées

Parmi les champs de fleurs

Aux printemps lumineux

 

Fra Beato Angelico

Illustrait sa prière

C’était une légende

Dorée dans un vieux livre

 

Le monde y était frais

Et les voix cristallines

Les maisons vives et roses

Et les cieux pleins d’étoiles

 

Au-dessus des candides

Des chastes et des purs 

Tournoyait en soleil

L’auréole des saints

 

Eux les êtres charmants

Dans leurs robes brodées

Au regard mystique

Au visage étoilé

 

Rêvaient du Paradis

Où résonnent les harpes

Et où la main de l’ange

Est Caresse et Douceur

 

les mains de l ange detail de l annonciation 

L'Annonciation, Fra Angelico, Détail des mains de l'Ange

 

 

 

Pour Le Casse-Tête de la Semaine de Lajémy,

Thème : La douceur

 

 

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 09:24

  A la verticale de lete 02 3 soeurs

  Les trois soeurs de A la verticale de l'été (Lien, Khanh, Suong),

un film de Anh Hung Tran (2000)

 

 

A la verticale de l’été

Trois femmes se déploient

Souples corps de lianes

Orbe bombé de leurs paupières

Sous leurs obscurs cheveux de nuit

 

Il y a celle qui

N’aimerait qu’un seul homme

Aussi beau que son frère

Dans ses vêtements blancs

Fumant la cigarette

Dans une rue d’Hanoï

 

Il y a celle

Qui se tait chez l’amant

Et qui est tout en pleurs

Son mari a deux femmes

Un tout petit enfant

Près de la baie d’Ha-Long

 

Il y a celle qui

Murmure qu’elle attend

Enfin ce bel enfant

A celui qui s’en va

Et qui en aimera

Une autre à Saïgon

 

A la verticale de l’été

Trois sœurs se déploient

Fleurs vivantes sur le mur

Légères ombres aux cloisons

Douces chansons en viêt-namien

Insectes verts sur les doigts

Caramboles transparentes

 

A la verticale de l’été

Trois destins dissemblables

Pour trois vies si semblables

Sous la pluie drue

De la mousson

 

 

Texte inspiré par le film de Anh Hung Tran, A la Verticale de l’été,

diffusé sur Arte, mardi 08 mars 2011.

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Lilie : Femmes

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 10:07

  vermeer-le geographe

  Le Géographe (1668-1669), Jan Vermeer de Delft, Steadelsches Künstinstitut, Francfort

 

Un jour, là-bas...

Debout, près de la croisée, à la lumière amie et pâlie de l’hiver hollandais, Maître Aloysius le géographe posa son compas sur sa table de travail et demeura interdit, le regard perdu. Au loin lui parvenaient les cris des patineurs sur le canal gelé mais leur joie ne serait plus jamais la sienne. Depuis que Saskia l’avait quitté, son cœur était en hiver. Sous le poids des souvenirs, Maître Aloysius fut contraint de s’asseoir et la Douleur l’assiégea.

C’était il y avait bien longtemps, quand il avait épousé Saskia, encore une enfant, et la très jeune fille d’un gros drapier de Delft. Ils avaient commencé un calme compagnonnage à deux mais il ne pouvait s’empêcher de se voir en barbon de quarante ans dans le regard outremer de sa jeune épousée de quinze ans.

Dans un frisson irrépressible il songea que c’était lui, pétri d’un orgueil vain, qui avait introduit le loup dans la bergerie ou le ver dans le fruit. N’avait-il pas désiré que le maître peintre fît son portrait en pied dans son cabinet de travail ? Il avait été si satisfait du résultat, de la sérénité studieuse qui émanait de l’œuvre, qu'il avait souhaité que sa jeune femme posât à son tour pour l’artiste. Il voulait ardemment fixer à jamais sur la toile sa grâce juvénile et innocente.

Le maître de la lumière avait choisi de la représenter en muse de l’Histoire, vêtue d’une robe du bleu qui ferait sa renommée, la tête ceinte d’une couronne de lauriers, portant la trompette de la gloire et un livre de Thucydide à la main. Maître Aloysius n’avait eu qu’une seule exigence : il voulait que le peintre place dans ce second intérieur la carte des Pays-Bas, présente dans son propre portrait. Il créait ainsi un lien ténu entre son amour et lui-même.

Les séances de pose avaient été interminables et Saskia en revenait toujours plus pâle et plus dolente. Un jour, alors qu’il s’était rendu inopinément chez le peintre, Maître Aloysius avait surpris une scène qu’il n’aurait jamais dû voir. Au-delà de la lourde portière entrouverte, il avait aperçu le peintre de dos, dans son costume aux crevés de velours noir et blanc. Sous le béret à l'italienne, il avait saisi l’éclair de sa main aux doigts tachés de couleurs, posée sur le sein de sa femme extatique, dans un geste qui outrepassait les prérogatives de son art.

Un arrachement s’était fait en lui, tel celui qui affecte parfois les cartes de géographie quand elles sont demeurées trop longtemps pliées et qu’elles se déchirent d’un coup. Saskia avait déserté leur maison pour aller habiter chez le peintre. Il s’était alors retrouvé dans la solitude de sa haute demeure aux pignons étagés, aux damiers noir et blanc, aux lustres de cuivre verdi. Et sa vie n’avait plus été qu’un trompe-l’œil.

Les années avaient passé dans la lenteur et la poussière des cartes jaunies et des estampes décolorées. Le monde entier le trahissait, le compas et la règle lui échappaient des mains. Puisqu’il n’avait pas su lire la carte du cœur de Saskia, à quoi bon s’user les yeux à déchiffrer les cartes d’un univers qui n’était plus le sien depuis longtemps ?

Et c’est ainsi qu’une fin après-midi hivernale, devant la croisée entrouverte sur la lumière à son déclin, sous le globe terrestre qu'il avait si souvent interrogé, Grete la servante fidèle découvrit Maître Aloysius. Il gisait, effondré sur sa table de travail, dans sa vieille robe d'intérieur bleue, au liseré orange et aux larges manches, au milieu de ses cartes et de ses atlas en désordre, un compas fiché dans le cœur.

 

  Allégorie de la peinture vermeer

  L'Allégorie de la Peinture, ou L'Art de la Peinture ou Le Peintre dans son atelier (1665-1666), Jan Vermeer de Delft

Kunsthistorisches Museum, Vienne

 

 

 

Pour Azacamopol,

Sur trois photos à Chateauneuf-de-Galaure,

représentant en trompe-l'oeil Le Géographe et L’Allégorie de la Peinture, de Vermeer de Delft.

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 17:33

  merteuil

La Marquise de Merteuil (Glenn Close), dans Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears

 

 

En ce mardi 08 mars 2011, choisi pour être la Journée de la Femme, j’aimerais faire entendre la voix d’une héroïne féminine qui a porté haut le flambeau de la femme. Il s’agit de la marquise de Merteuil,  « le personnage féminin le plus volontaire » de la littérature française, selon André Malraux.

Dans l’extraordinaire profession de foi qu’est la Lettre 81 des Liaisons dangereuses, adressée au vicomte de Valmont, elle lui raconte sa vie, son adolescence silencieuse, tout occupée à acquérir la maîtrise d’elle-même, et lui démontre combien toute son existence n’est qu’une « érotisation de sa volonté ».

Voici quelques extraits de cette lettre, manifeste du féminisme avant la lettre, et qu’il faut bien sûr lire en entier.

Le début en est admirable :

« Que vos craintes me causent de pitié !  Combien elles me prouvent ma supériorité sur vous ! et vous voulez m’enseigner, me conduire ? Ah ! mon pauvre Valmont, quelle distance il y a encore de vous à moi ! Non, tout l’orgueil de votre sexe ne suffirait pas pour remplir l’intervalle qui nous sépare. Parce que vous ne pourriez exécuter mes projets, vous les jugez impossibles ! […]

Croyez, Vicomte, on acquiert rarement les qualités dont on peut se passer. Combattant sans risque, vous devez agir sans précaution. Pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins. Dans cette partie si inégale, notre fortune est de ne pas perdre,  et votre malheur de ne pas gagner. Quand je vous accorderais autant de talents qu’à nous,, de combien encore ne devrions-nous pas vous surpasser, par la nécessité où nous sommes d’en faire un continuel usage ! […] »

Elle évoque ensuite les femmes à sentiments, qui confondent l’amour et l’Amant, et elle poursuit :

« Mais moi, qu’ai-je de commun avec ces femmes inconsidérées ? quand m’avez-vous vue m’écarter des règles que je me suis prescrites, et manquer à mes principes ? je dis mes principes, et je le dis à dessein : car ils ne sont pas, comme ceux des autres femmes, donnés au hasard, reçus sans examen et suivis par habitude, ils sont le fruit de mes profondes réflexions ; je les ai créés, et je puis dire que je suis mon ouvrage.

Entrée dans le monde dans le temps où, fille encore, j’étais vouée par état au silence et à l’inaction, j’ai su en profiter pour observer et réfléchir. Tandis qu’on me croyait étourdie ou distraite, écoutant peu à la vérité les discours qu’on s’empressait à me tenir, je recueillais avec soin ceux qu’on cherchait à me cacher.

Cette utile curiosité, en servant à m’instruire, m’apprit encore à dissimuler ; forcée souvent de cacher les objets de mon attention aux yeux de ceux qui m’entouraient, j’essayai de guider les miens à mon gré ; j’obtins dès lors de prendre à volonté ce regard distrait que vous avez loué si souvent. Encouragée par ce premier succès, je tâchai de régler de même les divers mouvements de ma figure. Ressentais-je quelque chagrin, je m’étudiais à prendre l’air de la sérénité, même celui de la joie ; j’ai porté le zèle jusqu’à me causer des douleurs volontaires, pour chercher pendant ce temps l’expression du plaisir. Je me suis travaillée avec le même soin et plus de peine, pour réprimer les symptômes d’une joie inattendue. C’est ainsi que j’ai su prendre, sur ma physionomie, cette puissance dont je vous ai vu quelquefois étonné.

J’étais bien jeune encore, et presque sans intérêt : mais je n’avais à moi que ma pensée, et je m’indignais qu’on pût me la ravir ou me la surprendre contre ma volonté. Munie de ces premières armes, j’en essayai l’usage : non contente de ne plus me laisser pénétrer, je m’amusais à me montrer sous des formes différentes ;  sûre de mes gestes, j’observais mes discours ; je réglais les uns et les autres, suivant les circonstances, ou même suivant mes fantaisies : dès ce moment, ma façon de penser fut pour moi seule, et je ne montrai plus que celle qu’il m’était utile de laisser voir.

Ce travail sur moi-même avait fixé mon attention sur l’expression des figures et le caractère des physionomies ; et j’y gagnai ce coup d’œil pénétrant, auquel l’expérience m’a pourtant appris à ne pas me fier entièrement ; mais qui, en tout cas, m’a rarement trompée.

Je n’avais pas quinze ans, je possédais déjà les talents auxquels la plus grande partie de nos Politiques doivent leur réputation, et je ne me trouvais encore qu’aux premiers éléments de la science que je voulais acquérir." 

Par la suite, elle écrit : « Ma tête seule fermentait ; je ne désirais pas de jouir, je voulais savoir ; […] » Elle épouse M. de Merteuil, se montre « impassible à ses yeux », donne « un champs plus vaste à ses expériences » et découvre le prix de sa liberté quand survient son veuvage. Dans la solitude de la campagne, elle étudie les mœurs dans les Romans, les opinions chez les Philosophes, et découvre les exigences des Moralistes les plus sévères. Pour satisfaire à son besoin de coquetterie, elle se « raccommode » avec l’amour, sentiment qu’elle parvient à feindre en joignant « à l’esprit d’un Auteur, le talent d’un Comédien. » Sa retraite ayant jeté sur elle un « vernis de pruderie » qui la livre aux ennuyeux, elle s’attache à nuire à sa réputation pour ensuite s’amender et se trouver défendue par le parti des Duègnes. Elle se met alors à déployer « sur le grand Théâtre » tous ses talents et acquiert « le renom d’invincible ». Elle emploie cette belle formule : « Descendue dans mon cœur, j’y ai étudié celui des autres ». Elle apprend à se servir des hommes, mais s’éprend de Valmont : « Séduite par votre réputation, il me semblait que vous manquiez à ma gloire ; je brûlais de vous combattre corps à corps. » Enfin, après avoir averti Valmont qu’elle n’a rien à craindre de quiconque puisqu’elle a pris des précautions « fondamentales », elle conclut sa lettre en disant : « Il faut vaincre ou périr. »

Ce texte montre combien le romancier Laclos, en faisant agir des personnages de fiction en fonction de ce qu’ils pensent,  accorde du prix à l’intelligence. Et le plus extraordinaire ici, c’est qu’il s’agit d’une femme. Dans un siècle qui la contraint encore à l’hypocrisie pour exister, la marquise de Merteuil incarne une femme au pouvoir quasiment démiurgique, qui n’écrit pas qu’elle est vaincue. Les autres le diront ; quant à elle, elle ne parlera plus.

Si la marquise, pur produit du siècle des Lumières, utilise le libertinage afin de devenir l’égale des hommes, elle n’en représente pas moins une aspiration fondamentale de la femme qui, en dépit des luttes féministe, demeure insatisfaite : le refus absolu d’être le « deuxième sexe ».

 

Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos, Folio n° 894, Lettre 81, p. 218 à 230, et Préface d'André Malraux.

 

merteuil 2

 

 

 

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 10:20

  Pays de neige Tunnel

  « Au sortir du long tunnel de la frontière, on se trouvait au pays de neige. Le fond de la nuit avait blanchi. Le train s’arrêta au poste d’aiguillage. » Tel est l’incipit de Pays de Neige, un des plus célèbres de la littérature japonaise.

 

 

La lecture de Yukiguni (Pays de Neige), 1935-1948, de Yasunari Kawabata (Prix Nobel de Littérature 1968), fut pour moi un éblouissement. Le roman raconte l’histoire de Shimamura, un esthète originaire de Tokyô, qui se rend par trois fois dans les régions reculées du Pays de neige, à Kazuira, dans l’ancienne province d’Echigo. Il y noue une relation avec une geisha, Komako, qui l’aime éperdument. Cependant, il est obsédé par le souvenir du regard d’une autre jeune femme, Yokô, observé dans la vitre d’un train. Il oscille entre ces deux amours. A l’occasion d’un incendie qui enflamme un entrepôt de vers à soie, les deux femmes se confondent dans son souvenir, tandis qu’il sent la Voie Lactée l’envahir tout entier : "Et, à l'instant qu'il se penchait en arrière, la Voie lactée, dans une sorte de rugissement formidable, se coula en lui."

En quelques éclats de haïkus, voici l'évocation des deux héroïnes de ce roman, véritable estampe japonaise, aux couleurs de blanc et de rouge.

 

Reflet dans la vitre

Eclat d’un regard unique

Un monde flottant

 

Kimono défait                                                                                    

Rouge soierie sur le drap

Du sang dans la neige

 

Son du shamisen

Echo neigeux musicien

Amante perdue

 

Soleil sur la peau

Des vers à soie tisserands

Beauté translucide

 

Cosses envolées

La femme  à genoux qui bat

Des haricots rouges

 

  Pays de neige Lac enneigé

 

Au cœur du miroir

Les gels sans fond de la glace

Le carmin des lèvres

 

Geishas au jardin

Sur le blanc des joues poudrées

Des pruniers en fleur

 

Baiser dans le cou

De la femme sous la lune

Etoile nacrée

 

Luisant des cheveux

Soie courte et drue des sourcils

Corbeaux sur la neige

 

La chute des feuilles                                                                   

Erables défunts et rouges

Femme délaissée

 

  Pays de neige Erables

 

Vers à soie séchés

Aux carpes de l’étang vert                                            

Geisha sacrifiée

 

Lune bleu d’acier

Posée sur la peau pâlie

Comme une arme blanche

 

Femmes dans les flammes

Mort et métamorphose

Sous la Voie lactée

 

 

Pour Le Défi de la Semaine n°50,

Proposé par Lily,

Thème : Femmes en haïkus

 

Photos : cartes postales japonaises du Pays de neige

Kawabata, Romans et Nouvelles, La Pochothèque, Albin Michel, 1999.

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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