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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 08:53

  Redon Sita 1893

Sita, 1893, Odilon Redon

 

 

Où m’en vais-je ainsi

Quand je rêve

Et que je m’ensommeille

Enfin abandonnée

Aux mirages flottants

Qui courent sous mon front

Comme des fils de la Vierge

 

Quel est donc ce pays que je ne connais pas

Où je suis délivrée de mon corps pesant

De l’espace et du temps

De la griffe et du vent

Du sang et des grimaces

De l’homme qui s’en va

Et qui ne revient pas

 

Je crois redevenir

Cet éternel enfant

Qui riait vaguement

Dans les eaux maternelles

Et dont les mouvements

Harmonieux et dansés

Etaient un friselis sur un rond ventre blanc

 

Et je sais que c’est là

Dans l’œuf originel

La matrice amoureuse

Le mystérieux Graal

Que je retournerai

Y rêver pour jamais

Mon songe éternité

 

 

 

Pour Le Casse-Tête de la Semaine de Lajémy,

Thème : Rêve Party

 

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 14:57

 

Fritillaire P

Quatre fleurs de fritillaire "oeuf de pintade" (Jeudi 17 mars 2011)

 

 

 

Dans le petit chemin où courent les poneys

Vers la peupleraie haute aux arbres clairsemés

J’ai vu la fritillaire pintade bien nommée

Sommeillante dans l’herbe humide et piétinée

 

Etrange campanule à la robe en damier

Pointillisme blanchâtre mauve violacé

Nom d’un cornet à dés et d’un gallinacé

Humble fleur solitaire au destin menacé

 

Dans le petit chemin où courent les poneys

Dans un galop rapide une fuite endiablée

J’ai vu la fritillaire et sa tige dressée

Sur le vert-de-grisé sa clochette inclinée

 

Fragile fritillaire au charme très secret

Eclose au mois de mars et morte au mois de mai

Tu ornes les sentiers tel un rose collier

Mais ton parfum discret est bien empoisonné 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                    Poneys PLes poneys dans la peupleraie (Jeudi 17 mars 2011)

 

 

 

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 10:34

  pablo-picasso-mendiant-et-enfant

Mendiant et enfant, Pablo Picasso

 

 

 

Assis en tailleur

Devant les vitres

Brillantes et bruyantes

Du Monoprix qui crie

Sur sa couverture rapiécée

Effrangée et salie

Vieux bouddha oublié

Aux yeux demi-fermés

Il attend

 

Quoi ?

 

La piécette jetée

Dans la sébile en fer

Le kawa clairet

Dans la tasse en carton

Le jambon périmé

Laissé sur le marché

La pomme rongée blette

Tombée dans la poubelle

Le filet d’eau glacée

Dans la douche cassée

Du froid foyer d’accueil

 

Sous son front

Le brouillard du vide

Dans ses yeux

Le trou noir de l’indifférence

Dans sa bouche

Le goût amer de la solitude

Sur sa peau

Les crevasses du manque et de l’oubli

Dans ses membres

La lassitude des errances

 

Le temps passe

Et repasse

Les gens passent

Et repassent

 

Lui

Il attend

La fin

De sa nuit

 

 

 

Pour Papier Libre de Juliette,

Thème : Attente

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 09:28

  Orion guidé par cédalion poussin

Orion aveugle guidé par Cédalion et Diane dans le ciel, Nicolas Poussin

 

 

 

Orion mon beau chasseur

Que t’est-il advenu

Toi le grand massacreur

Dans les forêts feuillues

 

Orion mon doux veneur

Pourquoi t’ai-je perdu

Toi l’époux de Sidé

Le fils d’Euryalé

 

Orion mon rabatteur

Amant de Méropée

Désiré par l’Aurore

Pourquoi m’as-tu quittée

 

  orion-et-diane

Orion et Diane, Giorgio Ghisi

 

Orion mon fin pisteur

Toi le marcheur marin

Des flots bleus le gardien

Où t’en es-tu allé

 

Orion mon géant fou

Toi qui fus aveuglé

Guéri par le Soleil

Et ses rayons dorés

 

Moi qu’on dit vengeresse

N’ai-je pas accepté

Qu’au lancer du rond disque

Tu oses me défier

 

  Image d'orion dans le ciel

Image d'Orion dans le ciel

 

Orion mon victorieux

Des animaux sauvages

Le perfide scorpion

Piqua-t-il ton talon

 

Moi qui fus chasseresse

Ton amante rivale

T'aurais-je de mes flèches

Criblé et transpercé

 

Orion  mon sauvage

Jalousé d’Apollon

Aurais-je été dupée

Et t’aurais-je tué

 

 orion constellation

Constellation d'Orion

 

Orion mon bel amant

Ah que le cœur me fend

Dans la nuit hivernale

Redeviens mon féal

 

Orion mon fier Orion

Attache ta Ceinture

Lève ton Bouclier

Ceins ton grand Baudrier

 

Orion  mon compagnon

Dans le ciel infini

Sans fin nous chasserons

Dans les constellations

 

  Orion nébuleuse

La nébuleuse d'Orion

 

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Catiechris : planètes, infini, poussières d’étoiles…

 

 

 

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 19:23

Rossetti Venus Verticordia 1864-8

Vénus Vericordia, Huile sur toile, Rossetti, Art Gallery and Museum, Bournemourh

 

 

 

Elle tient la pomme dans sa main pour toi,

Dans son cœur pourtant elle irait presque la reprendre,

Elle a un air songeur, ses yeux en quête

De ce qu’ils peuvent voir dans ton esprit.

 

Peut-être : « Regarde, il est en paix », dit-elle ;

« Hélas ! La pomme pour ses lèvres : le trait

Qui suit sa brève douceur en son cœur,

L’errance perpétuelle de ses pas ! »

 

Un instant son regard est suspendu et timide ;

Mais si elle donne le fruit qui contient son charme,

Ces yeux s’enflammeront comme pour son garçon phrygien.

 

Puis sa gorge d’oiseau tendue prédit le malheur,

Et ses mers lointaines gémissent comme un unique coquillage,

Et son bosquet luit des feux de Troie embrasée par l’amour. »

 

On sait que Rossetti réalisa quatre versions de ce portrait (huile, aquarelle…), dont cette huile est la plus célèbre (1864-1868). Elle représente la déesse de l’Amour, Aphrodite chez les Grecs, et Vénus chez les Romains. Le titre, Vénus Verticordia, est une des nombreuses épiclèses de la déesse, connue sous les noms d’Anadyomène, Amathusie, Cypris, Cythérée, Erycine, ou encore Acidale. L’adjectif latin "verticordia" signifie « qui change les cœurs ».

Cette toile est représentative du syncrétisme exprimé par le peintre dans nombre de ses tableaux. Il associe clairement la tradition païenne aux racines chrétiennes. Vénus (sous les traits d’Alexa Wilding, un des modèles favoris du peintre) est en effet représentée nue, en buste, portant une pomme dans la main gauche et une flèche dans la main droite. Si le fruit évoque bien évidemment Eve et le péché originel, il évoque aussi le jugement de Pâris. Invité par Aphrodite, Athéna et Héra à remettre « la pomme de discorde » à la plus belle déesse de l’Olympe, le fils de Priam et d’Hécube choisit Aphrodite, qui lui permit d’enlever Hélène, la femme de Ménélas. On sait que cet amour fut à l’origine de la guerre de Troie. Par ailleurs, la flèche est l’attribut de Cupidon, dieu de l’Amour, fils de Mars et de Vénus, habile au maniement de l’arc dès son plus jeune âge. Les papillons jaunes, disposés dans l’orbe de l’auréole, sur la flèche et la pomme, symbolisent la métamorphose vers l’amour le plus pur mais, sans doute, aussi l’inconstance de la femme.

On raconte que la plupart des amis du peintre n’aimèrent pas le tableau, trouvant pour certains que la chevelure ressemblait à une vilaine perruque. Selon Waugh, le biographe de Rossetti, Valpy, un de ses principaux acheteurs, refusa de l’acheter à cause de la nudité du personnage.

Le tableau séduit particulièrement par le travail sur les roses et le chèvrefeuille, dans l’éclat rouge de leur floraison. Rossetti aurait dépensé des fortunes pour se procurer les fleurs, exigeant à chaque fois les plus épanouies.

Ruskin, quant à lui, fut choqué par la sensualité de la toile mais sa pudibonderie l’empêcha de la dénoncer précisément. Il préféra critiquer la vulgarité des fleurs. Mais, ainsi que le dit alors Graham Robertson dans une lettre à un ami : « S’il fallait écouter les ragots que l’on colporte sur les fleurs, le jardinage deviendrait tout simplement impossible ! »

Toujours est-il que les nuances de rouge et de rose de la bouche fermement ourlée, de l'aréole des seins et des doigts, les dégradés d'orange et de jaune de la pomme, de l'auréole et des papillons, l'éclatant blond vénitien de la chevelure, l'éclat laiteux de la peau, confèrent à cette Vénus émergeant d'une conque de fleurs une aura sensuelle, dont on ne s'étonnera pas qu'elle ait pu choquer les Anglais du siècle victorien.

 

  Dante Gabriel Rossetti Alexa Wilding 1866

   Portrait du modèle Alexa Wilding (1866), Rossetti

 

 

Sources :

http://www.theearthlyparadise.com

Dante Gabriel Rossetti, Ash Russel 

 

 

 

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 16:54

 

Hortus conclusus P

 

 

Indolents

Les papillons

Voltigent

Sur

 La sauge mauve

Les hortensias roses

La glycine parme

Silencieuse

Je descends

 Vers la porte secrète

Et bleue

 

  Hortus conclusus porte bleue P

 

 

 

 

Pour ma première participation à la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Deux photos du chemin qui mène à la cave sous le jardin.

Thème : Jardin secret.

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 23:28

  Black swan allo ciné

  Nina, le cygne noir (Natalie Portman) , Photo Allo-Ciné

 

Voilà un film dont le thème était prometteur et que j’avais très envie de voir. D’où vient pourtant que j’en suis sortie avec un sentiment de déception que j’aimerais essayer de formuler ?

Le film est une adaptation d’un livre de Andres Heinz, qui raconte la rivalité entre une comédienne et sa doublure à Broadway. Le script original était d’ailleurs intitulé La Doublure (The Understudy). Darren Aronofsky, le réalisateur, témoin de la formation éprouvante subie par sa sœur ballerine, a transposé l’intrigue  dans l’univers du City Ballet de New-York. Ce monde de la danse, peu évoqué au cinéma, était donc une des premières raisons de mon intérêt. D’autant plus que, partant du premier scénario, le scénariste Mark Heyman y a intégré l’intrigue du Lac des Cygnes de Tchaïkovski, ballet mythique qui n’a cessé de faire rêver. Il a aussi souhaité y mettre en relief le thème de la dualité, de « la peur de voir quelqu’un vous voler votre propre vie », un autre sujet d'intérêt.

On connaît la tragique histoire d’Odette, transformée en cygne blanc par le magicien von Rothbart, et dont s’éprend le prince Siegfried. Lors du bal organisé pour son anniversaire, le prince est abusé par la fille du sorcier, Odile, toute vêtue de noir, et sosie d’Odette. Il lui promet le mariage. La fin de la chorégraphie varie selon les différentes versions du ballet. Darren Aronofsky a choisi celle où la déclaration d’amour de Siegfried à Odile condamne Odette à demeurer un cygne à tout jamais : elle se suicide en se jetant dans les eaux du lac.

Cette tragique histoire est habilement renouvelée par le réalisateur, qui met ici en scène la tragique quête de réussite de Nina (Natalie Portman), une jeune ballerine trop sage, trop appliquée, qui veut tout maîtriser. Mais comme le dit le chorégraphe Thomas Leroy (Vincent Cassel) : « La maîtrise n’est pas la perfection. » Elle voit pourtant ses rêves se réaliser, lorsque le maître de ballet, après maints atermoiements, lui propose d’interpréter le rôle, emblématique pour toute danseuse étoile, de la reine des cygnes du célèbre ballet russe. A travers ce personnage fragile, Darren Aronofsky s’interroge sur le destin de tout artiste en quête de l'absolu de l'art. Il souligne ainsi cet aspect : « Nina recherche la perfection, mais la perfection ne peut exister que durant un bref instant, et comme tous les artistes, elle risque de se détruire elle-même en tentant de l’atteindre. Quand elle essaye de devenir le cygne noir, une chose sinistre et inquiétante se réveille en elle.»

 

black swan blanc

  Nina, le cygne blanc (Natalie Portman)

 

Cette face sombre de l’âme humaine qui se révèle chez Nina, cette interrogation sur l'identité profonde d'un être, voilà encore une dimension qui m'intéressait dans ce long métrage. Nina est demeurée une petite fille qui vit avec sa mère Erica (Barbara Hershey), parmi les ours en peluche et les boîtes à musique de l’enfance. Elle subit l’emprise castratrice de cette femme, désireuse d'accomplir en sa fille ses rêves de ballerine, jamais devenue étoile, mais qui la jalouse en même temps. Eternelle enfant, vêtue de gris pâle, de blanc, de rose, Nina se soumet à ses volontés et à sa protection étouffante. Erica, c’est un peu la mère de Norman Bates, dans Psychose de Hitchcock, film revu récemment sur Arte. Mais ici, qui est schizophrène de la mère ou de la fille ?

Très vite, en effet, l’on perçoit chez la jeune danseuse les signes inquiétants d’une personnalité qui se dégrade. Sous la pression du maître de ballet, qui veut faire naître en elle la sensualité inhérente au cygne noir, Nina se métamorphose insensiblement. C’est d’abord son corps qui révèle d’inquiétants stigmates : des griffures sanguinolentes dans le dos (Rosemary’s Baby n’est pas loin ! ), des ongles qui se fendillent et saignent spontanément, des orteils qui prennent une apparence palmée, une peau qui devient grumeleuse comme celle d’un volatile.

En parallèle de cette transformation morbide, le réalisateur s’attache à mettre en exergue les souffrances du travail quotidien de la danseuse : la torture des pieds dans les chaussons de pointe, la menace de l’entorse toujours crainte, le craquement des articulations, la maigreur qui creuse les traits. Le metteur en scène le précise lui-même : « L’histoire du catcheur (Mickey Rourke dans The Wresthler, un autre de ses films) ressemble à celle de la ballerine … [Ce sont] tous deux des artistes qui utilisent leur corps pour s’exprimer, qui redoutent de se blesser parce que ce corps est leur seul moyen d’expression. »  Quant à l'ancienne danseuse étoile Ghislaine Thesmar, elle confie : "... votre corps est un violon. Vous allez jusqu'à le torturer pour obtenir une arabesque." José Martinez, étoile atypique de l'Opéra, surenchérit ainsi : "Le corps parle au nom du danseur quand celui-ci ne parle pas. Et s'il ne parle pas, c'est parce qu'il est confronté à de nombreuses difficultés, la pression, la concurrence, la performance, la difficulté à dire qu'il ne peut pas, la peur de n'être pas à la hauteur..." Toutes choses que le film montre avec justesse.

La transformation psychique de Nina surtout se fait insidieusement. Car Nina a une rivale, Lilly (Mila Kunis), que Thomas Leroy a remarquée dans le corps de ballet, et dont il a vite jaugé la liberté sensuelle de la danse et la sexualité instinctive. Il attise la jalousie de Nina pour pousser celle-ci à donner le meilleur d’elle-même dans le rôle du cygne noir. Il la séduit et l’invite à découvrir son corps, jusque là verrouillé. En même temps, Lilly entame avec Nina une étrange relation , faite d’attirance et de répulsion, qui sera portée à son comble lorsque le chorégraphe choisira Lilly comme doublure de Nina. Darren Aronovski précise que « Mila Kunis joue Lilly comme une personne qui a tout ce dont rêve Nina ».

 black swan miroirs

  Nina : Qui suis-je ?

 

Mais tout ce que ressent Nina est-il la réalité ? Une part de la réussite du film tient sans doute au fait que le spectateur se trouve pris dans la subjectivité du personnage. Le regard du spectateur, ce sont les yeux de Nina. Dès le début du film, il est prisonnier des longs couloirs de métro, où Nina croise une jeune fille qui lui ressemble, des coulisses oppressantes du New-York City Ballet, où les autres danseuses la regardent avec envie, des méandres de son appartement, où s’affichent d’innombrables portraits de sa mère, et des miroirs sans fond des salles de répétition où elle se dédouble à l’infini.

Il faut reconnaître que Darren Aronofsky joue en maître des glaces, essentielles au travail des danseuses, et dans lesquelles Nina découvre sans cesse son reflet démultiplié. La mise en abyme de son personnage s’opère encore avec celui de sa mère, son double raté, et avec celui de Beth McIntyre (Winona Ryder méconnaissable), la danseuse étoile, au visage défiguré par la jalousie, à laquelle elle succède. Car le film est aussi une réflexion sur le vieillissement des artistes, et particulièrement des danseuses, quand leur âge les contraint à sortir de scène, "sur la pointe des pieds".

 

Black swan chorégraphe

Nina et Thomas Leroy, le chorégraphe (Vincent Cassel)

 

Caméra à l’épaule, au plus près des mouvements de Nina, dans un style heurté, violent et instable, le metteur en scène nous entraîne au cœur onirique de la course folle d’une danseuse hallucinée. « [Il] saisit de près [son] énergie, [sa] sueur, [sa] douleur et [son] talent. » Au rythme de la musique obsédante créée par le compositeur Clint Mansell, qui associe dans un subtil équilibre des couleurs sombres et inquiétantes à la partition de Tchaïkovski, Nina perd ses repères, Nina rejette sa mère, Nina découvre le plaisir du corps : de cygne blanc qu’elle était, Nina devient cygne noir.

Il faut reconnaître que la fin du film est magnifique, particulièrement dans le final dansé du Lac des cygnes. Peut-être est-ce dû à l’alchimie entre Natalie Portman et Benjamin Millepied (le Prince), tombés amoureux l’un de l’autre au cours du tournage. On y voit en effet Nina, sublimée par la danse, qui se métamorphose peu à peu en cygne noir, girant et tournoyant sous les projecteurs aveuglants de la scène. A l’acmé de son art, ayant accepté (et tué) la part d’ombre qui gît en elle-même, elle danse comme elle n’a jamais dansé et ne dansera jamais plus. Elle devient réellement Odette et son destin sera le sien.

Alors, me dira-t-on, pourquoi ce sentiment de déception ? Peut-être est-ce dû au fait que le metteur en scène a été trop prolixe. Qui trop embrasse mal étreint. Il a voulu faire un thriller psychologique mais les éléments « gore » (par exemple la scène finale dans la loge entre les deux danseuses) et les passages grand guignolesques (la scène d’amour entre Lilly et Thomas Leroy, transformé en sorcier à plumes) me semblent y être trop prégnants. Quant aux scènes de masturbation de Nina devant sa mère et de fantasmes entre Nina et Lilly, leur tonalité « trash » détonne vulgairement et, selon moi, n’ajoute rien à la compréhension de l’évolution du personnage. L’aspect manichéen de l’ensemble (le noir et le blanc, le rouge et le noir), l’insistance répétitive de certains symboles (le couteau, le sang qui dégoutte), le jeu parfois outrancier de Barbara Hershley, les roulades des yeux outrageusement charbonneux de Mila Kunis, alourdissent inutilement une intrigue, par ailleurs très bien structurée.

Analyse de la complexité de l’âme humaine, réflexion sur le danger mortifère de l’identification d’une artiste à un rôle, description d’un cas de dédoublement de la personnalité, Black Swan est un film qui ne laisse pas indifférent. Chant du cygne d’une danseuse au sommet de son art, on conviendra, en dépit de ces réticences, que ce n’est certes pas le chant du cygne du réalisateur Darren Aronovski.

 

 

Sources :

Site Allo-Ciné : Black Swan

"Tu danseras dans la douleur", Daniel Conrod, Télérama n°3187

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 17:12

  chapitre%208%20soir%20du%20deluge

Ombre et ténèbres au soir du déluge, Joseph Mallord William Turner, 1843, Tate Gallery

 

 

Le courage et la dignité du peuple japonais devant le cataclysme qui les frappe forcent l'admiration. J'ai écrit ces quelques mots en souvenir de ces milliers de victimes innocentes.

 

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Par un après-midi ensoleillé

Un pêcheur ravaudait ses filets

Au bar l’on buvait du saké

Et des enfants chantaient

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Tout en bas des falaises

Tout au creux de la baie

La mer s’est retirée

Sur le sable ridé

Les poissons ont sauté

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Le dieu Shintô s’est réveillé

La mer a bouillonné

La mer a moutonné

La vague violente

La vague scélérate

La vague au blanc méchant

A soudain déferlé

S’est soudain déroulée

 

Irrésistible houle

Coulée inexorable

Avancée terrifiante

Mouvement diluvien

Enroulement de Titan

Monstrueux tourbillon

Hideux rouleau noirâtre

Grondement dément

Sur le port japonais

 

Là-bas à Minami-Sanriku

La vague folle a reflué

Les sirènes ont cessé

Les bateaux ont sombré

Les maisons sont cassées

Les vies se sont noyées

Et les mouettes pleurent

Sur un tombeau de boue

 

Ici bientôt

Les cerisiers

Seront en fleurs

 

Là-bas

A Minami-Sanriku

Nul ne les verra plus

 

En souvenir des victimes du séisme et du tsunami du vendredi 11 mars 2011

 

 

 

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 11:39

au hasard balthazar

 

 

Ce matin, je reçois un commentaire de Hauteclaire (Des Mots et Merveilles, http://hauteclaire.over-blog.com/), qui m'invite à découvrir sur son blog "un petit quelque chose" à mon intention. Je m'y rends et découvre avec étonnement, plaisir et reconnaissance qu'elle a choisi mon blog pour participer aux Balthaz@rs des blogs. C'est une initiative qui permet de découvrir les blogs que l'on aime et que l'on voudrait faire connaître.

En voici le texte initial.

 

"Il y a les Césars, puis les Oscars et voici les Baltaz@rs !
En ce moment, à la télé ou sur l’Internet, c’est le festival de remises de prix divers et variés.
Quand on ne récompense pas des blogs à tort ou à raison, on décerne des meilleurs ou pires acteurs, actrices, films, albums, chanteurs, chanteuses ou autres réalisateurs.
En veux-tu des Césars, en voilà des Oscars.
Si t’as pas eu le NRJ Music Award, t’inquiète, t’auras la Victoire de la Musique.
Et si t’as pas reçu un Nanard, attends, tu vas prendre un Razzie.
Comment ça, t’as pas été élu meilleur Golden Blog Award ? Pas de panique, t’es élu meilleur blog chez http://hauteclaire.over-blog.com/, quand t’as pas oublié que tu t’étais inscrite chez Cosmo.

Enfin, tout ça pour dire qu’à grande échelle, on s’y perd un peu et on oublie de se demander ce qu’on aime VRAIMENT.
C’est pour ça qu’un soir, entre nous, sur Blogitexpress, on s’est dit qu’on pourrait nous aussi lancer à petite échelle, on va dire à escabeau, notre petit concours intimiste des blogs qu’on aime.
Histoire de dire les blogs qu’on aime lire, auxquels on a plaisir à participer, ou qu’on aurait envie de faire découvrir aux autres.
Juste comme ça, pour le fun, entre nous, sans jury, sans bataille de votes.
Pour le plaisir, n’est-ce pas, mon cher Herbert.
Et on s’est pas dit qu’on pourrait, on le fait.
Nous, le conditionnel, c’est pas notre temps préféré.

Alors Zette, Orfeenix, Cortisone ou encore .a2f, ont mis au point les Balthaz@rs.

L’idée ?
Simple.
Chacun propose 2 blogs favoris parmi les 5 catégories proposées :
- Société (info, actu, politique ou généraliste)
- Culture (musique, art, création…)
- Littérature (livres, BD, blogs d’écrivains)
- Photo
- Divers (tout le reste)

La sélection dure 15 jours, à compter de ce lundi 28 février jusqu’au lundi 14 mars.
Au terme des participations, les nominés seront alors proposés aux votes, afin de désigner le blog que VOUS avez préféré dans chaque catégorie.
5 Balthaz@rs seront alors décernés.

 

Pour participer, c’est encore plus simple :
- Vous copiez et collez ce billet en citant à la fin les 2 blogs que vous aimez dans chaque catégorie et vous reportez l’url de votre billet chez Cortisone dans les commentaires, entre le 28 février et le 14 mars.
- Le 15 mars, un nouveau billet sera publié avec un sondage pour chaque catégorie, auxquels vous apporterez vos votes, en vue de décerner 5 Balthaz@rs!"
Texte écrit par Zette.

 

@ Vous : 

Alors allez-y, faites un copier-coller, faites connaître et faites tourner ce message ! Ensuite vous irez chez Cortisone déposer votre U.R.L. pour que tout soit comptabilisé !

 

Voici mon choix :

 

SOCIETE :

 

 http://dh68.wordpress.com/  Dominique Hasselman, le promeneur de Paris

 

 http://vvsydneysiders.blogspot.com/  Vérane, une petite Française perdue au pays des kangourous

  

CULTURE :

 

 http://asautsetagambades.hautetfort.com/  Dominique ou la Littérature au coeur 

 

 http://passouline.blog.lemonde.fr/  L'humeur d'un critique littéraire et le talent d'un écrivain

 

LITTERATURE :

   

http://anne.lesonneur.over-blog.com/  Anne ou comment saisir l'éphémère

 

http://nounedeb.over-blog.com/  Noune, une rêveuse sous les ciels d'Aquitaine

 

PHOTO :

 

http://xavier.gardette.over-blog.com/  Xavier, le regard d'un amoureux des feux et des lieux

 

http://lencredesmots.over-blog.com/  Brunô, la création dans tous ses états

  

 

DIVERS :

 

http://suzame-ecriture.over-blog.com/  Suzâme, une sensibilité à fleur d'âme

 

http://duriezalbum.over-blog.com/  Les promenades de ma cousine au Pays Basque 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 09:59

  Ange Fra Angelico

Ange, du Frère Giovanni en religion, dit Fra Beato Angelico

 

 

Au cloître du silence

Fra Beato Angelico

Le vieil enfant

Peignait à fresque

 

Candide et extatique

Il voyait au lointain

Les violons, les lyres

Les anges aux blanches plumes

 

Une petite Vierge

Les mains croisées sur la poitrine

Un tendre messager

Aux cheveux blonds et pâles

 

Sous le ciel de Toscane

Aux collines étagées

Parmi les champs de fleurs

Aux printemps lumineux

 

Fra Beato Angelico

Illustrait sa prière

C’était une légende

Dorée dans un vieux livre

 

Le monde y était frais

Et les voix cristallines

Les maisons vives et roses

Et les cieux pleins d’étoiles

 

Au-dessus des candides

Des chastes et des purs 

Tournoyait en soleil

L’auréole des saints

 

Eux les êtres charmants

Dans leurs robes brodées

Au regard mystique

Au visage étoilé

 

Rêvaient du Paradis

Où résonnent les harpes

Et où la main de l’ange

Est Caresse et Douceur

 

les mains de l ange detail de l annonciation 

L'Annonciation, Fra Angelico, Détail des mains de l'Ange

 

 

 

Pour Le Casse-Tête de la Semaine de Lajémy,

Thème : La douceur

 

 

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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