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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 22:55

plage-1.JPG

Sur la plage de Malo

(Photo ex-libris.over-blog.com, 29 décembre 2013)

 

 

Mer au soleil

Digue dans l’ombre

Phare dans le ciel

Chiens dans les flaques

Marcheurs dans le froid

 

Plage en hiver

 

Sur la plage de Malo,

dimanche 29 décembre 2013

 

plage-chien.JPG

Promeneurs et chien sur la plage de Malo

(Photo ex-libris.over-blog.com, dimanche 29 décembre 2013)

 

 


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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 00:00

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La Nativité, Giotto, Fresque de la chapelle Scravogni, Padoue

 

[...] Et aucune femme n'a eu de la sorte son Dieu pour elle seule, un Dieu tout petit qu'on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu'on peut toucher et qui rit. Et c'est dans un de ces moments-là que je peindrais Marie si j'étais peintre (Jean-Paul Sartre, Bariona, Jeu de Noël).

 

J'ai découvert ce texte dans un livre intitulé Visages de Marie présentés par Jean Vanier. Ce dernier y propose des tableaux et des textes à la louange de la Vierge. J'ai été surprise de découvrir que ces lignes sont de Jean-Paul Sartre qui faisait profession d'athéisme. C'est à la demande du père jésuite Paul Feller, interné avec lui au stalag 12 en Allemagne, que le philosophe existentialiste l'écrivit pour le Noël 1940. Bariona ou le Jeu de la Douleur et de l'Espoir met en scène des villageois de Bethléem qui souffrent du joug romain. Devant leur misère, leur chef Bariona s'efforce de les dissuader de mettre des enfants au monde. Alors que le Mages s'approchent pour honorer Jésus à la crèche, Bariona tente d'atteindre l'Enfant avant eux dans l'intention de le tuer. Arrivé trop tard, il tombe à genoux comme les autres.

Dans le camp de Trêves, ce soir de Noël si particulier, Paul Feller jouera le rôle de Bariona et Jean-Paul Sartre celui de Balthazar...



Joyeux Noël à tous mes lecteurs !

 

 

 




 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 21:23

Sommeil-2.JPG

La neige sous mes fenêtres

(Photo ex-libris.over-blog.com, décembre 2010)

 

 

Blog en sommeil

 

 

 


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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 22:32

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 Yann Quaraquillo (Emile Ajar et Paul Pavlowitch) dans Pseudo

Crédit Photos : Ernesto Timor


Jeudi 19 décembre 2013, les spectateurs du Théâtre Beaurepaire à Saumur avaient rendez-vous avec Emile Ajar, alias Paul Pavlowitch, alias Romain Gary… Seul en scène pour interpréter une adaptation de Pseudo, dans une mise en scène de Lucie Gougat et Jean-Louis Baille, le comédien Yann Karaquillo les a entraînés dans son délire existentiel sur les affres de la création littéraire et les questionnements identitaires.

Pendant une heure trente, ils ont vécu les angoisses de ce personnage interné dans la clinique danoise du docteur Christianssen, qui lutte avec son double et ses fantômes. Car le je qui s’exprime ne sait plus quelle est la part de lui-même (Ajar ou Pavlowitch)— qui a écrit La vie devant soi, ce roman du mystérieux Emile Ajar, lauréat du prix Goncourt en 1975.

C’est en effet en 1976 que paraît Pseudo, l’œuvre qui met en scène la célèbre mystification qui permit à Romain Gary – fait unique dans l’histoire littéraire – de recevoir deux fois le prestigieux prix, Les Racines du ciel l’ayant obtenu déjà en 1956. Peut-être est-ce dans une phase dépressive que Gary demanda à son petit-neveu Paul Pavlowitch (33 ans) de se prêter à ce jeu de rôles des plus hasardeux, jeu déjà entamé en 1974 lors de la publication de Gros-Câlin sous le patronyme d’Ajar, à l’insu même de son éditeur. On peut lire dans Pseudo : « J’ai signé le nouveau contrat comme le précédent : Emile Ajar. J’étais inquiet : ça faisait deux fois que j’utilisais le même nom, et j’ai une peur bleue de la mort. Mais le docteur Christianssen m’avait rassuré. Allez-y, le destin ne vous cherchera pas plus sous le nom d’Ajar que sous un autre. Il s’en fout. »

Gary lui propose alors à son petit-neveu d'endosser ce nom d’emprunt. Pavlowitch aime son oncle, il a lu tous ses livres et il accepte. Quand le Goncourt est attribué à La Vie devant soi, Gary fait écrire à son neveu une lettre de refus. Hervé Bazin, président de l’Académie Goncourt, répond que « l’Académie vote pour un livre, non pour un candidat. Le prix Goncourt ne peut ni s’accepter ni se refuser, pas plus que la naissance ou la mort. M. Ajar reste couronné. » Romain Gary conçut en fait un plaisir secret tout particulier à se voir décerner deux fois le Goncourt tandis que son neveu assurait le rôle de l’auteur auprès des médias et de l’opinion publique ; il n’avoua jamais la supercherie de son vivant. « Je suis Emile Ajar, écrit-il avec orgueil dans Pseudo. Je suis le fils de mes propres œuvres et le père des mêmes ! Je suis mon propre fils et mon propre père ! » C’est à Apostrophes, en juillet 1981, que Pavlowitch révèlera l’imposture mais son oncle s’était suicidé sept mois plus tôt (02 décembre 1980).

Celui que l’on connaît de son pseudonyme le plus célèbre, Romain Gary, s’appelait en réalité Roman Kacew : Ajar et Gary ne furent d’ailleurs pas ses seuls pseudonymes. En effet, il est aussi l’auteur d’un polar politique sous le nom de Shatan Bogat, Les Têtes de Stéphanie, et d’une allégorie satirique signée Fosco Sinibaldi, L’Homme à la colombe. On sait que Roman Kacew  chercha longtemps le bon pseudo avant de se décider pour celui de Gary. On remarquera que « gary » en russe signifie « brûle » et que « ajar » a le sens de « braise », toujours en russe. Cela n’est pas anodin pour un auteur passionné, en quête de lui-même, qui passa sa vie à «brûler ses vaisseaux ». Ce jeu complexe sur le double et le pseudonymes m'a fait penser à la pièce de Fernando Pessoa, Mort d'un hétéronyme, qui avait été jouée aussi à Saumur.

Le comédien, passionné par ce texte (c’est lui qui a demandé aux metteurs en scène de le diriger), est assis à l’avant-scène en position quasi fœtale sur un tabouret. Tout vêtu de gris, avec une simple écharpe de soie d’un rouge éteint, les mains et les genoux joints dans une attitude de repli sur soi, Yann Quaraquillo est étonnant dans le rôle de ce malade qui murmure à voix basse, de peur d’être entendu par le médecin, les infirmières, le monde entier peut-être. Il semble se méfier de tout et de tous et vouloir à toute force se protéger – protéger son manuscrit – des agressions extérieures.

Le monologue se transforme parfois en dialogue lorsqu’il converse avec Tonton Macoute, Pinochet, Plioutch, ou lorsqu’il s’affronte à un flic dans la ville de Cahors tout en promenant en laisse son python de compagnie. Sa voix jusque là atténuée, susurrée, murmurée, en sourdine, s’exaspère en violence pour hurler la souffrance du schizophrène incompris, de l’écrivain supplanté par son double. Cette présence obsédante du double se manifestera par un jeu de masque avec l'écharpe rouge, l'apparition d'une fausse barbe et d'une moustache postiche, par l'exhibition d'une tête monstrueuse pendant l'un des cauchemars.

Dans une logorrhée hallucinée qui mélange considérations cliniques et questions métaphysiques, l’homme s’interroge : tout chef d’œuvre ne s’écrit-il pas toujours au prix de l’horreur ? La vie n’est-elle pas sans cesse aux prises avec la peur ? On retrouve dans ces multiples questionnements angoissés le pessimisme affiché de Romain Gary : la crainte du réel, l’interrogation sur son identité (de son vrai nom Roman Kacew, il se demandait s’il n’était pas plutôt le fils d’un artiste du muet, Ivan Masjoukine), la méfiance innée vis-à-vis des politiques, la question de la judéité, le rejet d’un espoir illusoire. C’est bien le « spleen slave », ainsi que le dit sa première femme Lesley Blanch, qu’exprime ici ce « déprimé chronique ».

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Les rêves du malade

Crédit Photos : Ernesto Timor

Les nuits du malade sont habitées par des créatures inquiétantes que fait apparaître la mise en scène : un homme à tête de souris, un homme avec un sac sur le chef, semblable à ceux que portent les prisonniers au secret, des mannequins décapités et blafards, silhouettes démultipliant une personnalité inconnue. Ces apparitions terrifiantes  naissent parmi des bruits discordants de courts-circuits (ceux des neurones qui disjonctent peut-être), des grésillements de postes de radio et, vers la fin de la pièce, des bruits de combats (explosions, sirènes…). La pièce se termine quand ces créatures monstrueuses envahissent le fond de scène tandis qu’un blanc nuage les recouvre peu à peu. Signifient-elles que l'auteur s'est définitivement laissé envahir par ses démons et qu'il a été pris à son propre piège ? Quant à Franck Roncière, on notera que son travail sur la lumière est particulièrement au service de cet univers cauchemardesque.

Lucie Gougat et Jean-Louis Baille ont adopté un parti pris radical pour adapter ce texte qui peut se lire comme l’itinéraire d’un écrivain tourmenté –  sinon maudit. Le spectateur qui n’est distrait par aucun détail – il n’y a pas de décor -  doit certes faire un effort pour s’accrocher à ce monologue singulier, non dénué d’un humour grinçant, dont le sens se révèle à lui peu à peu. S’il ignore le contexte de la supercherie littéraire que fut l’affaire Gary/Ajar, il risque de s’ennuyer et de décrocher. C’est le cas de quelques spectateurs qui ont profité du noir sur scène pour quitter discrètement la salle.

Quant aux autres, dont je fus, qui ont persévéré dans l’écoute, qui ont prêté une oreille attentive aux errements d’un créateur en proie à ses démons intérieurs, ils n’ont pu qu’acquiescer quand Ajar alias Pavlowitch leur a demandé : « Vous appelez ça folie, vous ? Pas moi. J’appelle ça légitime défense. »

 

A lire :

gary.corneille-moliere.com

 pseudo3

Le monde onirique de Pseudo

Crédit Photos : Ernesto Timor

 

 


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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 16:30

 

 

 catherine ii

Catherine de Russie par Louis Caravaque (1746)

 

 

Dans Le testament français, de Andrei Makine, j’avais aimé cette manière subtile d’entrelacer la grande Histoire et l’histoire personnelle de l’auteur. Avec Une femme aimée, le plus français des écrivains russes récidive en racontant le parcours d’Oleg Erdmann, un cinéaste russe d’origine allemande, passionné par la Grande Catherine.

Ce personnage attachant est persuadé qu’un être n’est pas réductible à l’Histoire, genre littéraire qui le réduit à une essence événementielle. Il est convaincu que l’essentiel du moi de celle qu’on a appelé la Messaline russe est ailleurs. Entre 1980 et 1994, années charnière pour l’ex-URSS, il réalise deux films sur la petite princesse allemande devenue tsarine de toutes les Russies. A cause de la censure puis du diktat de l’Audimat, ni le premier, un « vaudeville grotesque », ni le second, un feuilleton-fleuve racoleur, ne lui permettront de filmer « ce que Catherine n’était pas », ainsi que le disait son amie Lessia.

Car ce dont Oleg est en quête, c’est de cette « chaîne de discrète vérités, à l’écart du grand peplum de l’Histoire » ;  ce qu’il cherche à mettre à jour, c’est ce « sujet caché : une femme entourée d’une armée d’amants et qui n’a jamais été aimée ». Bien au-delà de ce « Tartuffe en jupons », de cette  « vieille débauchée » comme la définissait Pouchkine, dans ses interrogations multiples sur le scénario du film idéal, Oleg pressent que cette impératrice très cérébrale ne fut pas qu’un despote cruel ou une nymphomane. Arrachée à son Allemagne natale à 14 ans, elle est peut-être surtout celle qui écrivait : «Le vrai mal de ma vie, c’est que mon cœur ne peut vivre un seul instant sans aimer. »

Tout au long du roman, Oleg va être hanté par l’idylle amoureuse de Catherine II et de son amant le plus désintéressé, Lanskoï. Tout comme le cinéaste Aldo Ranieri qui avait lui aussi imaginé un projet de voyage secret – et jamais réalisé - des amants en Italie, il rêvera sans cesse à cette femme et à cet homme en train de  se dire  « Si nous partions. » Sans cesse reviendra à son esprit cet « instant sous la neige », cet « éloignement rêveur », la « fraîcheur d’une matinée d’hiver vécue par Catherine ».

En fait, cet instant magique – et c’est celui qui clôt le livre - c’est Oleg le narrateur qui aura le privilège de le vivre avec Eva Sander, une des comédiennes allemandes qui avait joué le rôle de Catherine vieillissante dans le premier film réalisé par Oleg. Et c’est justement dans cet entrelacement de la vie de Catherine et de celle d’Oleg que réside la réussite d’un livre qui est tout, sauf une biographie de Catherine de Russie.

Cette approche d’un personnage caché sous le mythe permet à Makine de soulever des thèmes qui lui sont chers, tels l’exil et le déracinement En effet, Oleg est d’origine allemande tout comme l’était la petite princesse poméranienne Sophie Augusta Frédérique d’Anhalt-Zerbst. Plusieurs fois revient la phrase que l’on se répétait dans sa famille : « Et dire que cela m’arrive à cause d’une petite Allemande devenue la Grande Catherine ! »

Au déracinement  se mêle le déchirement des souvenirs d’une famille emportée par le nazisme et les purges staliniennes. Toute son enfance, lui, « le paysan de Sibérie », la « saleté d’Allemand », termes dont on l’insultait, aura vécu la honte d’avoir un père « raté ». Pitoyable Sergueï Erdmann, vivant sous les combles, et qui avait le sentiment qu’ « une parcelle des crimes allemands lui était imputable ». Son fils aura toujours en mémoire le souvenir de la maquette à la Piranèse cette « utopie architecturale », conçue par son père et qui l’avait toujours fasciné. Il en retrouvera les restes calcinés dans la maison-rocher de son enfance, cernée par les promoteurs.

Le passé d’Oleg, se condense dans l’ « étagement fantasque » de cette maquette mais aussi dans la vieille lanterne magique, « relique conservée par les Erdmann depuis des générations ». Car ce beau roman, s’il est un hommage à l’Histoire, « ce dessin animé en noir et sang », est aussi un éloge au cinéma, cet art capable de rendre compte de la « comédie », un terme qu’aimait à employer Catherine II. Pour Oleg, l’art est bien ce « concentré du réel » qu’il cherche désespérément à créer à travers le personnage de la tsarine russe. Il évoque d’ailleurs le grand cinéaste russe Tartovski.

Il est aussi un moyen de peser sur ce réel. Evoquant les horreurs du monde, un des personnages ne dit-il pas : « Comment voulez-vous que cela ne se reproduise pas si personne n’ose dire qu’une autre vie est possible » ? Sur l’ouverture de la société soviétique à un monde où l’argent est roi, Makine se montre d’ailleurs extrêmement pessimiste. Il est sceptique sur « l’histoire en marche. La muflerie que nous appelons la logique du progrès ».

Quant à Oleg, qu’il s’agisse du premier film sur Catherine, réalisé avec Kozine, Le voyage autour d’une alcôve, ou du  second biopic imaginé par Jourbine, il sait encore que l’essentiel de Catherine lui a échappé : « Voilà, il y a cette vie où l’on peut tuer, jouir, dominer et tout ça, c’est du vide car il faut chercher autre chose… »

A travers ce beau roman, Andreï Makine nous livre certes une réflexion sensible et lucide sur les incertitudes de la vérité historique. Mais, à travers les personnages de Catherine II et d’Oleg Erdmann, c’est surtout à une interrogation sur ce qui fait la vérité des êtres qu’il nous invite.

 

 

 

 


 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 11:18

 la-chanso-de-l-elephant-oui.jpg

 

La chanson de l’éléphant, c’est celle que chante dans la pièce de Nicolas Billon, Jean-Baptiste Maunier, le jeune choriste du film éponyme (Les Choristes, 2004). Et c’est le spectacle qu’avait choisi ma fille pour mon passage à Paris, le vendredi 29 novembre 2013.

Le blond adolescent a grandi, sa voix a mué, il a tracé son chemin. Après deux films (Le Grand Meaulnes, 2006, Hellphone, 2007) et un passage par le Lee Strasberg Institute à New York, il est désormais sur scène au Petit Montparnasse. Depuis le 04 septembre 2013, il y interprète le rôle complexe de Michaël, un jeune schizophrène, interné depuis longtemps dans un hôpital psychiatrique de l’Ontario.

C’est avec beaucoup d’assurance – déjà – qu’il se glisse chaque soir dans la peau de ce jeune malade, soupçonné par le directeur de l’hôpital, le docteur Irwin Greenberg (Pierre Cassignard), d’être à l’origine de la disparition de son thérapeute personnel, le docteur John Lawrence.

Entre le médecin d’âge mûr, sûr de son diagnostic et fort de ses soupçons, et le jeune homme fragile mais manipulateur, se joue un jeu du chat et de la souris où le vainqueur ne sera pas celui qu’on croit. Dans ce huis-clos pesant et étouffant, l’adolescent persiste à raconter la vie des éléphants tandis que le médecin s’efforce de le pousser dans ses derniers retranchements. Entre questionnements, digressions, mensonges, le spectateur ne cesse de s’interroger sur Michaël qui affirme : « Ce n’est pas parce que je suis fou que je suis stupide ! »

Au sein de ce duo, dans lequel tous les coups sont permis, s’immisce une infirmière « rusée » selon les dires de Michaël, jouée avec subtilité par Christine Bonnard. Celle-ci est la seule à apporter un peu de tendresse et de compréhension au jeune malade mais elle a aussi sans doute bien des choses à cacher.

Pour ses débuts au théâtre, Jean-Baptiste Maunier n’a pas choisi la facilité. Sa longue silhouette dégingandée, son blanc visage émacié, la puissance de sa voix rendent cependant crédible ce personnage, qui n’est rien qu’un enfant perdu, assoiffé d’affection et de tendresse. Son jeu audacieux tient souvent la dragée haute à celui de son partenaire masculin, un comédien confirmé qui ne convainc pas toujours, à cause de tics d’acteur un peu trop marqués. 

La mise en scène de Bruno Dupuis enferme les personnages dans leurs contradictions. De même, l’austère et froid décor vert et gris, créé par Sophie Jacob, renforce la sensation de personnages verrouillés en eux-mêmes. Le subtil jeu d’un store, que l’on ouvre et que l’on ferme, plonge le spectateur vers un couloir profond et sans issue.

Entre amours adultères, inceste, meurtres et pédophilie, le spectateur ébauche hypothèse sur hypothèse. L’épilogue de la pièce le laissera sonné : après avoir été abusé, il sera dramatiquement désabusé. Et au terme de cette représentation qui le tient en haleine de bout en bout, il ne pourra qu’être d’accord avec la chanson qui affirme qu’ « un éléphant, ça trompe énormément ».

 

la-chanson-de-lelephant_photo-lot-2.jpg

      Le docteur Green berg (Pierre Cassignard), l'infirmière (Christine Bonnard), Michaël (Jean-Baptiste Maunier)

(Crédit Photos Lot)

 

 

 

 


 

 

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 17:15

operetta 2 

La troupe de Cor de Teatre dans Operetta


Qui a dit que l’opéra, « c’est une grosse dame qui chante » ? Dimanche 15 décembre 2013, au Théâtre Beaurepaire à Saumur, la jeune troupe catalane de Cor de Teatre est venue apporter un démenti jubilatoire à cette assertion. Les 21 chanteurs et comédiens y ont en effet interprété, avec une maîtrise technique remarquable et beaucoup d’humour, Operetta, un spectacle de grands airs d’opéra, imaginé et mis en scène par Jordi Puti, sous la direction musicale de David Costa.

Sur une scène où sont disposés tous les accessoires nécessaires à une représentation d’opéra, un machiniste, ployant sous le fardeau, apporte un piano. Il s’essaie sans grand succès au chant tandis que, peu à peu, les chanteurs sortent du piano pour occuper la scène pendant une heure et quart. Ils regagneront à la fin le lieu d’où ils sont venus.

Dans une mise en scène tirée au cordeau, toute en imagination burlesque et en humour décalé, les chanteurs, danseurs, clowns et comédiens de Cor de Teatre vont animer avec entrain une dizaine de grands airs d’opéra. Intégrés dans de courtes scènes qui racontent à chaque fois une petite histoire, ceux-ci retentiront à nos oreilles d’une manière nouvelle.

Après avoir mimé tous les instruments nécessaires à l’entrée de Guillaume Tell, troublée par une joueuse de triangle frustrée, le chœur s’en donne à cœur joie, et a cappella, avec tous les airs célébrissimes. Un inénarrable peloton de cyclistes pédale sur Carmen ;  les esclaves de Nabucco revivent dans une gare sous les traits d’un homme et d’une femme de ménage amoureux ; La Traviata est transposée au milieu du tournage bien arrosé d’un film avec une diva ridiculisée ; le célèbre « Réponds à ma tendresse » du Samson et Dalila de Saint-Saëns trouve sa place au milieu d’un corps de ballet déjanté. On n’oubliera pas non plus l’évocation, non dénuée d’une certaine émotion, d’une Callas abandonnée dans « Casta Diva », ni la mise en abyme d’une salle d’opéra troublée par des spectateurs toussant et crachotant, ni non plus l’histoire du Petit Chaperon Rouge, revisitée sous la forme de marionnettes, avec une fin des plus surprenantes.

Utilisant toujours à propos les accessoires, jouant à plein des caractéristiques de son propre physique, faisant résonner sa voix toujours avec justesse et technicité, jouant avec la salle, chaque comédien-chanteur propose sa partition sans voler la vedette aux autres, dans une chorégraphie précise et inventive. On perçoit ici un véritable esprit d’équipe, une euphorie jouissive à jouer, une générosité aussi à partager ces airs si souvent entendus.

Révélée en 2012 au Festival off d’Avignon, habituée des spectacles de rue (ils ont chanté sur les marches de l’Opéra-Garnier pour des Parisiens ravis), la troupe de Cor de Teatre, sans se prendre au sérieux, nous a proposé cet après-midi-là un moment rare de virtuosité musicale, vocale et théâtrale. 

 

 

 


 

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 11:39

 

 luque.jpg

 

 

dans son abécédaire

il la voit

 

elle

 

Avec son cArAco noAr

Et sEs sEins blancs

son sourIre et ses rIdes

sa pUre chevelUre

et sOn Oeil viOlet

 

qu?

 

lA vIvAntE dE tOUt pOEmE

 

Pour répondre au textoésie de Suzâme reçu le 14 décembre 2013 à 15h 59

link

 


 

 

 


 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 09:38

Pots de buis

 Le gel sur les pots de buis du bassin de Rou

(Photo ex-libris.over-blog.com, mardi 20 décembre 2013)

 

 

Sur les pots de buis

Cheveux de vierge gelés

Décembre Ophélie

 


 

 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 09:25

Poissons-gel-2.JPG

Poisson rouges dans le bassin gelé de Rou

(Photo ex-libris.over-blog.com, décembre 2011)

 

 

Ombres sous la glace

Poissons en prison de gel

Un rouge fugace

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème du mardi 10 décembre : poisson

 

 

 


 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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