Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 17:19

La clé des songes, Magritte

 

Il trahit les images

Il dépayse les choses

Il dupe les vocables

Il dément la réalité

Il pervertit les idées

Il se rit des pourquoi

Avec la clé des songes

Il ouvre la porte au mystère

Et flibuste les mots

 

Pour Mil et Une http://miletune.over-blog.com/2015/10/sujet-semaine-42.html

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 11:51

une-cigarette-allumee-dans-un-cendrier-Tomasz-Sienicki--2.jpeg

Cigarette allumée dans un cendrier, Tomasz Sienicki, 2005

 

Dans mon passé loin inhalé

Elle fumait des Craven  A

Dans mon passé loin respiré

Ombre bleutée je la revois

 

Doigts fin bagués sur boîte rouge

Doux parfum blond de Virginie

Lèvres ourlées fumée qui bouge

Senteur exquise qui s’enfuit

 

Et dans le filtre des années

Sur les mois gris devenus cendre

Où le vieux temps s’est consumé

Flotte dans l’air la note tendre

 

Pour Mil et Une, link

Sur la photo d’une cigarette qui se consume

 

 

 

 


 

 

 

Repost 0
10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 22:25

 les-vendanges-rouges-vangogh.jpg

      Les vendanges rouges, Vincent van Gogh

 

Au soleil de septembre
Sur le coteau qui penche
Par-delà les rangs verts
Nos deux voix s’appelant
Parmi les sarments noirs 
Nos deux mains se cherchant
Tout au travers des pampres
Nos regards se vrillant

Au soleil de décembre
Dans les années qui penchent
Pour toujours savourer
Cet amour titubant
J'en ai goûté la pulpe
Recraché les pépins

 

Pour le Prix Orange de la saint Valentin, de Short Edition link

 

 

 


Repost 0
7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 18:54

 

Damien du toit

Kolmanskop, Ville fantôme, Damien du Toit, 2006

 

 

Ma vie

Une marche tout au long de couloirs

Blancs

Où des portes  s’ouvrent

Sans bruit

Ma vie

Une déambulation dans des corridors

Sans fin

Où des battants glissent

En silence

Ma vie

Une avancée dans les sables mouvants

Du temps

Comme dans un tableau déchiré

De Vilhelm Hammershᴓi

 

Pour Mil et Une, link

sur un tableau de Damien du Toit, Kolsmankop

 

hammershoi.jpg

      Portes ouvertes, Vilhelm Hammershoi, 1905

 

 

 

 

 


Repost 0
29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 14:56

utamaro-portrait-d-une-courtisane-fumant-la-pipe.jpg

Courtisane à la pipe, Utamaro

 

La première fois qu’il avait vu Yukiko une cigarette aux lèvres, il était demeuré pétrifié. Cela était en complète contradiction avec la vision qu’il avait de la femme du Japon, d’un blanc de craie, aux yeux mi-clos, et tellement soumise  sous son échafaudage de cheveux aile de corbeau. Non, vraiment, cela offensait son sens de l’esthétique, sa conception de la femme extrême-orientale.

Et pourtant, il n’avait rien osé lui dire. Il avait attendu que les jours se passent, que le temps se dévide, qu’il découvre qu’elle n’était pas du tout celle qu’il aimait ou plutôt qu’il avait cru aimer. Et puis, un jour, par hasard, dans une galerie de peinture, il avait vu une composition d’Utamaro, intitulée « Courtisane à la pipe ». Ce moment lui était resté fiché en plein cœur, telle une épingle de chignon en nacre, et il avait su définitivement qu’il ne l’aimait plus.

 

Pour le défi des Croqueurs de mots n°115.

 Choisir des mots dans son livre de chevet : p. 12, le 3, p. 15, le 8, p.20, le 5, p. 35, le 11, p. 38, le 10, p. 45, le 6, p. 53, le 7, p. 67, le 24, p. 78, le dernier, dernière page, le 1.

Les mots ont été choisis dans le roman de Thomas B. Reverdy, Les Evaporés.

 

 

 

Repost 0
16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 08:29

 homme-zodiacal.jpg

      "L'homme zodiacal ou l'homme anatomique", enluminure des frères de Limbourg,

Très Riches Heures du duc de Berry

 

Ô vous ma belle Ursine dont le corps est d'ivoire

Et dont les cheveux d'or sont reflets de soleil

Vous ma céleste soeur ma jumelle-miroir

Captive vous ferai dans l'orbe des merveilles

 

En vous sera le ciel et l'eau et puis la terre

En vous les univers connus et inconnus

La magique mandorle unira nos chimères

Nos deux corps amoureux nos âmes ambiguës

 

Du Zodiaque absolu le temps viendra toujours

Et j'y ajouterai l'ours noir et le cygne

Gémeaux nous brillerons à l'éther de l'Amour

Dans la constellation seront Jean et Ursine  

 

Pour Mil et Une,

sur l'enluminure des frères de Limbourg, "L'homme zodiacal",

dans Les Très Riches Heures du duc de Berry

 

 

 


Repost 0
8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 16:30

 decembre.JPG

Coucher de soleil en décembre, vu de mes fenêtres

(Photo ex-libris.over-blog.com, décembre 2012)

 

Décembre

Mendiant de soleil

Au spleen vivace

Rêve goulûment 

De cactus orange

 

 

 

Pour Nanterre Poêvie :

improvisation du mercredi 05 décembre

 

link

 

 

 


Repost 0
23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 21:43

 Herman-Van-Aldewereld-allegorie-des-cinq-sens.jpg

      Allégorie des cinq sens, Herman Aldevereld


Dimanche 20 octobre 2013, j’ai participé à Chênehutte-les-Tuffeaux à un atelier d’écriture intitulé Sentir-Ressentir et organisé par la poétesse Albane Gellé et une praticienne en haptonomie, Ghislaine Henry-Mourant. J’ignorais tout de cette discipline fondée dans les années soixante par Frans Veldman. Sa pratique permet d’entrer en contact (tactile) pour faciliter la guérison et la compréhension. Elle met en jeu les mécanismes affectifs qui régissent les relations interpersonnelles. Cette approche, qui guide, accompagne et soutient, est surtout pratiquée dans le cadre néo-natal ou dans l’accompagnement des personnes âgées. En ce qui nous concerne, il s'est agi simplement de partir en quête des vibrations intimes suggérées par nos sens.

La journée s’est donc passée en un constant va-et-vient entre temps de lecture de poètes contemporains, exercices d’écriture avec consignes, choix de mots, exercices très simples à l’écoute de la sensation immédiate et moment de réflexion et de prise de notes dans le jardin. A la fin, une heure a été consacrée à l’écriture d’un texte avec réutilisation de tout le matériau accumulé pendant la journée. Voici le texte que j’ai écrit :

 

Tiens ! Peut-être… Pourquoi pas ?

Diseuses, les larmes au bord de mes paupières.

Quoi ?

Dans ce labyrinthe de mots et de feuilles

Qui tombent comme neige,

Peut-être…

Sur mon front le chuchotis du vent

Et sous mes pieds le roulis des pommes de pin.

Tiens ! Peut-être… Pourquoi pas ?

Dans mon oreille en coquillage

La voix du voisin comme venue d’une boîte,

Le cri noir d’un corbeau,

Un craquement soudain comme des noix qu’on casse,

Un ronron de voiture, une mouche qui passe.

Tiens ! Peut-être… Pourquoi pas ?

Dans mes yeux étonnés

Le déchirement d’un carré bleu hors des nuages,

Le salik aurea tortuosa et ses feuilles en virgule,

L’orange des kakis, lanternes asiatiques,

Les têtes rondes du sureau, une harmonie parfaite.

Tiens ! Peut-être… Pourquoi pas ?

Le chiffon déchiré qui frissonne sur le fil à linge,

Et le ti-ti des troglodytes,

Mon ombre dessinée au soleil surgissant,

Sept petites fleurs obstinément vivantes.

Tiens ! Peut-être… Pourquoi pas ?

Dans ma narine en fièvre

L’odeur des mousses douces,

La saveur amertume de trois gros champignons,

Le parfum désuet de la rose esseulée.

Tiens ! Peut-être… Pourquoi pas ?

Pour mon dos harassé

La chaise au bois usé où je voudrais m’asseoir,

La lanterne oubliée aux branches d’un vieil arbre.

Tiens ! Peut-être… Pourquoi pas ?

Pour ma bouche assoiffée

Les perles de la pluie sur l’herbe pourrissante,

Le frémissement vert d’une eau ensommeillée.

Tiens ! Peut-être… Pourquoi pas ?

 

Ecrire en ce jardin.

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 11:11

henriette-browne-nuns-hosto.jpg

 Religieuses à l'hôpital, Henriette Brown (1829-1901)

 

Depuis des siècles,

Dans les ermitages, les abbayes,

Les hôtels-Dieu, les hostelleries,

Les quarantaines, les maladreries,

Sous leur cornette raidie de blanc,

Sous leur noir voile de vierge,

Dans leur robe de serge,

Leur tunique de bure,

Et parfois dessous le cilice,

De leurs fines mains blanches,

De leurs vieux doigts déformés par l'arthrite

Elles ont fait de la charpie,

Elles ont vidé les bassins de cuivre et de porcelaine,

Elles ont posé les sangsues grasses et noires,

Elles ont manié la lancette effilée,

Elles ont pansé les plaies sanguinolentes,

Elles ont essuyé les sanies, les excréments, les vomissures,

Elles ont caressé les fronts mouillés de sueur morbide,

Elles ont désaltéré les lèvres fendillées par la soif,

Elles ont fermé les yeux révulsés des morts,

Elles ont enveloppé de draps rêches leur pauvre corps raidi.

De leurs oreilles oublieuses

Elles ont entendu la litanie farouche

Celle des  cris, des sanglots, des murmures,

Celle des appels, des aveux, des plaintes,

Celle des jurons, des invectives, des insultes,

Celle des blasphèmes, des pardons et des reniements.

Sur leurs pieds nus et fatigués, emprisonnés dans des sandales,

Avec la patience des anges, elles ont soigné

Les lépreux aux membres rongés,

Les pestiférés aux monstrueux bubons,

Les cholériques écumants au ventre bleu,

Les folles et les fous de village,

Les orphelins et les enfants sans mère,

Elles, les invisibles, les secrètes, les discrètes,

Elles, les reléguées, les isolées, les méprisées,

 

Mais tout le corps donné

Depuis des siècles 

A une humanité

En croix.

 

 

Pour Mil et Une, Ecriture en ligne, Semaine 36, 

sur un tableau de Henriette Brown

 

 

 

Repost 0
19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 19:15

 

La-lettre-bonnard.jpg

La lettre, Pierre Bonnard

 

 

Mon Pierre,

 

 

Comme vous me manquez et comme j'aurais aimé vous accompagner dans la chaude lumière du Cannet. Mais aujourd'hui encore j'ai beaucoup toussé et taché de rouge mon mouchoir.

Alors que je prends la plume pour vous écrire, je me mets à rêver que vous me portraiturez habillée, tant il est vrai que cela n'est guère dans vos habitudes. N'avez-vous pas toujours préféré me saisir dans la baignoire, au sortir du bain ou vêtue de mes seuls bas noirs, ma pudeur dût-elle en souffrir ? Je me souviens du gentil Verlaine, celui qui évoquait si joliment mon "charme sombre des maturités estivales". "Elle en a l'ambre, elle en a l'ombre" ajoutait-il avec délicatesse.

A l'étroit dans le cadre étréci de la toile, je serais là, assise sur le vieux fauteuil  Voltaire de votre atelier, le regard  penché sur la feuille vierge, perdu dans votre souvenir, celui du maigre jeune homme à lunettes, timide et hésitant, que je rencontrai en 1893. 

Mon corps, dont vous avez tant de fois happé le reflet dans les miroirs de notre maison, voilà qu'il serait corseté dans cette sévère robe de taffetas noir au col en v, celle que je porte toujours lorsque vous êtes absent. Dans la coque de mes cheveux auburn, un gris peigne d'écaille qui me vient de ma mère.

Et dans cette toile austère, à l'atmosphère intime, éclateraient seulement le jaune des meubles cirés, le rose de la pochette de mon mouchoir de baptiste et le bleu pâle de mon papier à lettres qui porte vers vous mes mots d'amour et de reconnaissance.

Amour pour vous, mon Pierre, qui m'avez préférée à Renée et m'aimez depuis cinquante ans. Et reconnaissance pour vous, mon peintre, en quête de la beauté pure, dont le pinceau me célèbre éternellement jeune.

 

 

Votre aimée, Marthe

 

 

 

 

 

 

Pour Mil et Une,

Sur le tableau de Bonnard, La lettre

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Ex-libris
  • Ex-libris
  • : Un blog pour lire, pour écrire, pour découvrir et s'étonner. "La Vie a plus de talent que nous" disait Nabokov.
  • Contact

ex-libris

 ex-libris

 

Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

Recherche