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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 17:16

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        Notre-Dame des Fleurs et le chemin fleuri qui mène à la fontaine

                                    (Plouharnel, fin juillet 2011)

 

 

A Itron er bleu

Notre-Dame des fleurs à fruits

Dans son enclos herbeux

Près d'un chemin fleuri

Nous avons admiré

Un arbre de Jessé

Cinq rois en sont les fleurs

Jésus en est le fruit

 

 

A Notre-Dame des Fleurs, en Plouharnel

 

 

 

Arbre de Jessé, Plouharnel

     L'Arbre de Jessé, bas-relief en albâtre blanc (XV° siècle),

                  Chapelle N-D des Fleurs, Plouharnel,

                                (Photo Topic Topos)

 

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Week-End du Petit Patrimoine

 

 

 

 

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 09:39

    Sapho et ses compagnes

  Sapphô, Antoine-Christian Zacharie dit Tony Zacharie (1819-1899)  

(Photo Musées de Vienne)

 

 

 

 

 

Dans les terres de ma solitude

Les empreintes de mes pas ont disparu

Le son de ma voix a décru

 

Dans les forêts de ma solitude

Frappent les battements de mon cœur

Résonnent les échos lointains d'un bonheur

 

Dans les eaux de ma solitude

Flottent d'échevelés souvenirs

Surnagent de mélodieux sourires

 

Dans les allées de ma solitude

Surgissent des visages ignorés

Se murmurent des mots jamais prononcés

 

Dans les clairières de ma solitude

Refluent les longs malentendus

Se lève en moi un chant perdu

 

Dans les confins de ma solitude

Je me love aux tréfonds de moi-même

Pour que bruisse farouche un unique poème

 

 

 

 

Pour Papier libre de Juliette,

Thème : le goût de la solitude

 

 

 

 

 

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 18:11

 

    Août 2011 107

                Citrons dans un plat marocain (Mardi 09 août 2011)

                                    (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

 

Je ne connais rien de plus jaune qu'un beau citron bien mûr

Chauffé par le soleil sa vive éclaboussure

Je ne connais rien de plus frais qu'un cédrat pamplemousse

Détaché de l'arbuste aspiré sur le pouce

 

Et la vie se consume

Avec ce goût-là

Celui de la chaleur et puis de l'amertume

 

 

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre ombre et lumière,

Thème : Fruits et légumes

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 07:42

   

 

La gare de Lille-Flandres (Photo PSS-archi.eu)

 

 

A quoi tient le cours d'une vie ? Souvent à peu de choses, à un événement infime qui fait tout basculer, à une valise qui s'ouvre fortuitement sur un quai de gare...

On était deux ans après la fin de la guerre et le train bringuebalant et poussif venait de pénétrer sous la grande verrière blanchâtre de la gare de Lille. Elle avait posé avec précaution sur le haut marchepied ses longues jambes minces, chaussées de chaussette de laine blanches sous des sandales tressées à semelles compensées. Dans l'après-midi frisquet de novembre, elle s'était demandé en frissonnant dans sa vieille canadienne effrangée pourquoi elle avait accepté de revenir dans cette ville de brique, qu'elle avait quittée avec les siens dans une précipitation angoissée au moment de la Débâcle. N'avait-elle pas eu tort d'accepter l'invitation à ce mariage d'un cousin inconnu, dont sa grand-mère maternelle avait été l'instigatrice ? Elle était la petite-fille préférée de la vieille dame et celle-ci, qui avait une âme d'entremetteuse, espérait secrètement la marier. Elle savait qu'à cette cérémonie se retrouveraient nombre de jeunes hommes à la fleur de l'âge, qui avaient échappé à l'horreur de 1940.

Dans sa valise d'un beige sali en carton bouilli, à la vieille poignée de cuir crevassé, elle avait entassé des escarpins de velours noir que sa sœur lui avaient prêtés en maugréant, et une robe vert mousse avec un grand drapé, confectionnée par sa mère dans du tissu de rideau. Dans un petit écrin rouge aux armes de la ville de Florence, elle avait placé son gros bracelet d'argent arabe, celui qu'elle s'était acheté avec son premier salaire d'infirmière. A vingt-deux ans, elle avait obtenu son diplôme quelques mois auparavant, après avoir travaillé dur pour l'obtenir et contre la volonté de ses parents. Qu'est-ce que c'était que cette fille qui s'était mis dans la tête de vouloir travailler ?

Elle se sentait fatiguée par les longues nuits de garde à l'hôpital, dont elle avait dû prendre le rythme harassant. Bien qu'elle fût heureuse de retrouver sa grand-mère dans son bel hôtel particulier lillois, les vitraux colorés du grand hall d'entrée, les nénuphars de la pièce d'eau, elle appréhendait de devoir « être à son avantage » et de « faire bonne mine » aux invités de la réception du mariage.

Perdue dans la houle des voyageurs qui se hâtaient vers la sortie, elle éprouvait pourtant une douce euphorie à être ainsi portée par la marée humaine. Elle ne se rendit pas compte que sa vieille valise encaissait des coups en grand nombre. Elle n'entendit pas non plus le déclic signifiant que les fermetures au mécanisme usé lâchaient brutalement. Elle ne revint à la réalité que lorsque le contenu de sa valise fut étalé à ses pieds dans un désordre béant. Elle éprouva alors une curieuse sensation de gêne devant son intimité ainsi dévoilée au regard avide et indiscret des voyageurs. Rouge de confusion, dans une sorte de bourdonnement, elle entendit des rires et des lazzi fuser autour d'elle tandis que les gens s'éloignaient d'elle en plaisantant. Les jambes tremblantes, elle s'agenouilla pour tenter de ramasser ses effets, éparpillés sur le béton gris et repoussant. Décidément, il n'y avait qu'à elle qu'arrivaient de telles mésaventures.

Son petit vaporisateur rempli de Vétyver avait roulé à quelques mètres avec son tube de rouge à lèvres, près d'un chariot métallique. En levant les yeux pour se relever, c'est alors qu'elle l'aperçut. Il était debout dans le contre-jour et elle ne vit d'abord que deux mains aux doigts longs et élégants, qui lui tendaient son chandail de lainage gris et son peigne en écaille. Elle les prit avec maladresse et les fourra dans la valise. Elle se remit debout en hâte, redressa une mèche de ses cheveux en bandeau qui avait glissé sur son front, cligna des yeux dans le soleil, tira fortement sur sa jupe et sur sa canadienne pour avoir l'air présentable, et balbutia un merci à peine audible.

« Puis-je vous raccompagner quelque part ? » lui dit l'homme d'une voix grave, en empoignant la valise qu'elle avait refermée fébrilement. Elle était un peu perdue, debout à côté de cet homme inconnu, ne sachant que lui dire. « Mes grands-parents doivent m'attendre à la sortie », hasarda-t-elle, en le regardant de biais. C'est vrai qu'elle ne l'aurait jamais remarqué sans cet incident ridicule. Mais elle fut touchée par sa sollicitude, par les ronds de cuir de sa veste en tweed, par son regard timide et doux de myope, par une imperceptible claudication. Elle percevait bien qu'il la dévisageait de toute son âme et aurait voulu se soustraire à son regard brûlant. Sans mot dire ils remontèrent le quai qui était devenu quasiment désert, la tête remplie de pensées confuses. « Dieu, qu'elle est belle ! » songeait-il, « Qui est-elle ? ». « Me voilà flanqué d' un chevalier servant ! » se disait-elle. La vue de ses grands-parents, serrés l'un contre l'autre sous la grande horloge, la sortit de son embarras. « La muse du voyage a perdu ses bagages », leur dit-il en souriant, « Je la remets entre vos mains. » Il s'inclina cérémonieusement devant leur trio. Rêveuse, elle le regarda partir dans le soir tombant.

Elle ignorait encore que le lendemain, elle le reconnaîtrait dans une autre foule, celle du mariage, métamorphosé en danseur mondain dans une queue-de-pie noire. Elle danserait avec lui toute la soirée. Un an après, toujours en novembre, elle serait de retour sur ce quai de gare avec sa vieille valise, pour un voyage de près de cinquante ans.

 

 

Pour la communauté des Croqueurs de Mots,

Défi n°61, Thème proposé par Lénaïg : la valise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 14:01

 

   

 

Sur la falaise ou l'attente du retour des pêcheurs, Georges-Philibert-Charles Maronier (1865-1933)

 

 

 

Au bout de la jetée qui marche dans la mer

Sirène échevelée dressée comme un amer

La femme du pêcheur dans son vieux sarrau noir

A le cœur en haillons des rêves illusoires

 

Sa frêle silhouette tendue vers l'horizon

Elle attend que le vent froid du septentrion

Ramène entre ses bras le mari et le père

Parti en de lents mois pour la pêche hauturière

 

Elle ne sait quand viendra cet instant du retour

Où la coque chargée par les filets trop lourds

Echappée au typhon au naufrage aux tempêtes

Entrera dans le port au piqué des mouettes

 

Elle chiffonnera son mouchoir de baptiste

Un instant seulement oubliera d'être triste

De sa maison sans homme sa peine et ses alarmes

L'écume et le crachin feront comme des larmes

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 15:16

 

   

  Sérénité, Paul Delvaux, 1944

 

 

J'irai dans ce pays que je ne connais pas

Par-delà le lointain

Dans des palais perdus mon cœur y rougeoira

Pour toujours bohémien

 

Rêveuse j'errerai parmi des inconnus

Aux mots mystérieux

Mon oreille bruira au flux et au reflux

De sons mélodieux

 

Des marchands ambulants avec des perroquets

Aux plumes musiciennes

M'offriront des douceurs au parfum de bleuet

Je boirai aux fontaines

 

Les femmes y seront chastes aux blancheurs de vestales

Sous de hautains portiques

Elles auront des regards d'aurore boréale

Des larmes prophétiques

 

Les hommes hiératiques dresseront leur stature

Marmoréens kouros

Ignorants de l'amour et de ses forfaitures

De ses paroles fausses

 

J'irai dans ce pays j'y serai l'étrangère

Au regard oriflamme

Loin des miens loin de moi de ma native terre

Tout me sera dictame

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Lénaïg : le dépaysement

 

 

 

 

 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 18:27

 

 

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             Masque africain d'origine inconnue (Mardi 02 août 2011)

 

 

Elle dort et repose sur la candeur du sable.

Koumba Tam dort. Une palme verte voile la fièvre des cheveux, cuivre le front courbe.

Les paupières closes, coupe double et sources scellées.

Ce fin croissant, cette lèvre plus noire et lourde à peine – ou le sourire de la femme complice?

Les patènes des joues, le dessin du menton chantent l’accord muet.

Visage de masque fermé à l’éphémère, sans yeux sans matière.

Tête de bronze parfaite et sa patine de temps.

Que ne souillent fards ni rougeur ni rides, ni traces de larmes ni de baisers

O visage tel que Dieu t’a créé avant la mémoire même des âges.

Visage de l’aube du monde, ne t’ouvre pas comme un col tendre pour émouvoir ma chair.

Je t’adore, ô Beauté, de mon œil monocorde!

 

A Pablo Picasso,

Léopold Sédar Senghor, Chants d'ombre  

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre ombre et lumière,  

Thème proposé par Fryou : les objets d'art africain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 17:19

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             Mise au Tombeau de Jacques Lespaignol (1699-1702),

              crypte de l'ossuaire de Saint-Thégonnec (14 juillet 2011)

 

 

 

 

Dans la demi-pénombre

De la crypte de l'ossuaire

Tragique

Les dorés éclatants

Les doux drapés

Ne viendront pas à bout

De l'hermétisme des visages

Du silence des larmes

De la dure roideur de la Mort

 

     

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,  Petit Patrimoine du Week-end  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 11:04

 

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                    Soleil couchant sur la barre d'Etel

       (Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 30 juillet 2011)

 

 

Au-delà de la dune

Au-delà de la plage

Au-delà de la mer

Le soleil en suspens

Comme une bille de bilboquet

Le soleil est parfait

Comme le rond de Giotto

 

Au-delà de la dune

Au-delà de la plage

Au-delà de la mer  

Dans le crépuscule du silence

Le soleil va sombrer

Au péril de la mer

Dans le fossé mystérieux du monde

Au-delà de moi-même

 

Coucher de soleil sur la barre d'Etel,

Samedi 30 juillet 2011, vers 22 h

 

 

 

 

 

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 17:55

 

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Marylin Monroe dans Sept ans de réflexion de Billy Wilder (1955)

 

 

 

Fragile Marylin

Aux jambes longilignes

Jamais on n'oubliera

Ce cliché entrechat

Où tu joues la surprise

D'une façon exquise

Et où un courant d'air

Devenu légendaire

Fripon et effronté

Léger et indiscret

Lève ta robe blanche

Pour que tu te déhanches

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Commios : déluré

 

 

 

 

 

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Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

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Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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