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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 18:11

 

    Août 2011 107

                Citrons dans un plat marocain (Mardi 09 août 2011)

                                    (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

 

Je ne connais rien de plus jaune qu'un beau citron bien mûr

Chauffé par le soleil sa vive éclaboussure

Je ne connais rien de plus frais qu'un cédrat pamplemousse

Détaché de l'arbuste aspiré sur le pouce

 

Et la vie se consume

Avec ce goût-là

Celui de la chaleur et puis de l'amertume

 

 

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre ombre et lumière,

Thème : Fruits et légumes

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 07:42

   

 

La gare de Lille-Flandres (Photo PSS-archi.eu)

 

 

A quoi tient le cours d'une vie ? Souvent à peu de choses, à un événement infime qui fait tout basculer, à une valise qui s'ouvre fortuitement sur un quai de gare...

On était deux ans après la fin de la guerre et le train bringuebalant et poussif venait de pénétrer sous la grande verrière blanchâtre de la gare de Lille. Elle avait posé avec précaution sur le haut marchepied ses longues jambes minces, chaussées de chaussette de laine blanches sous des sandales tressées à semelles compensées. Dans l'après-midi frisquet de novembre, elle s'était demandé en frissonnant dans sa vieille canadienne effrangée pourquoi elle avait accepté de revenir dans cette ville de brique, qu'elle avait quittée avec les siens dans une précipitation angoissée au moment de la Débâcle. N'avait-elle pas eu tort d'accepter l'invitation à ce mariage d'un cousin inconnu, dont sa grand-mère maternelle avait été l'instigatrice ? Elle était la petite-fille préférée de la vieille dame et celle-ci, qui avait une âme d'entremetteuse, espérait secrètement la marier. Elle savait qu'à cette cérémonie se retrouveraient nombre de jeunes hommes à la fleur de l'âge, qui avaient échappé à l'horreur de 1940.

Dans sa valise d'un beige sali en carton bouilli, à la vieille poignée de cuir crevassé, elle avait entassé des escarpins de velours noir que sa sœur lui avaient prêtés en maugréant, et une robe vert mousse avec un grand drapé, confectionnée par sa mère dans du tissu de rideau. Dans un petit écrin rouge aux armes de la ville de Florence, elle avait placé son gros bracelet d'argent arabe, celui qu'elle s'était acheté avec son premier salaire d'infirmière. A vingt-deux ans, elle avait obtenu son diplôme quelques mois auparavant, après avoir travaillé dur pour l'obtenir et contre la volonté de ses parents. Qu'est-ce que c'était que cette fille qui s'était mis dans la tête de vouloir travailler ?

Elle se sentait fatiguée par les longues nuits de garde à l'hôpital, dont elle avait dû prendre le rythme harassant. Bien qu'elle fût heureuse de retrouver sa grand-mère dans son bel hôtel particulier lillois, les vitraux colorés du grand hall d'entrée, les nénuphars de la pièce d'eau, elle appréhendait de devoir « être à son avantage » et de « faire bonne mine » aux invités de la réception du mariage.

Perdue dans la houle des voyageurs qui se hâtaient vers la sortie, elle éprouvait pourtant une douce euphorie à être ainsi portée par la marée humaine. Elle ne se rendit pas compte que sa vieille valise encaissait des coups en grand nombre. Elle n'entendit pas non plus le déclic signifiant que les fermetures au mécanisme usé lâchaient brutalement. Elle ne revint à la réalité que lorsque le contenu de sa valise fut étalé à ses pieds dans un désordre béant. Elle éprouva alors une curieuse sensation de gêne devant son intimité ainsi dévoilée au regard avide et indiscret des voyageurs. Rouge de confusion, dans une sorte de bourdonnement, elle entendit des rires et des lazzi fuser autour d'elle tandis que les gens s'éloignaient d'elle en plaisantant. Les jambes tremblantes, elle s'agenouilla pour tenter de ramasser ses effets, éparpillés sur le béton gris et repoussant. Décidément, il n'y avait qu'à elle qu'arrivaient de telles mésaventures.

Son petit vaporisateur rempli de Vétyver avait roulé à quelques mètres avec son tube de rouge à lèvres, près d'un chariot métallique. En levant les yeux pour se relever, c'est alors qu'elle l'aperçut. Il était debout dans le contre-jour et elle ne vit d'abord que deux mains aux doigts longs et élégants, qui lui tendaient son chandail de lainage gris et son peigne en écaille. Elle les prit avec maladresse et les fourra dans la valise. Elle se remit debout en hâte, redressa une mèche de ses cheveux en bandeau qui avait glissé sur son front, cligna des yeux dans le soleil, tira fortement sur sa jupe et sur sa canadienne pour avoir l'air présentable, et balbutia un merci à peine audible.

« Puis-je vous raccompagner quelque part ? » lui dit l'homme d'une voix grave, en empoignant la valise qu'elle avait refermée fébrilement. Elle était un peu perdue, debout à côté de cet homme inconnu, ne sachant que lui dire. « Mes grands-parents doivent m'attendre à la sortie », hasarda-t-elle, en le regardant de biais. C'est vrai qu'elle ne l'aurait jamais remarqué sans cet incident ridicule. Mais elle fut touchée par sa sollicitude, par les ronds de cuir de sa veste en tweed, par son regard timide et doux de myope, par une imperceptible claudication. Elle percevait bien qu'il la dévisageait de toute son âme et aurait voulu se soustraire à son regard brûlant. Sans mot dire ils remontèrent le quai qui était devenu quasiment désert, la tête remplie de pensées confuses. « Dieu, qu'elle est belle ! » songeait-il, « Qui est-elle ? ». « Me voilà flanqué d' un chevalier servant ! » se disait-elle. La vue de ses grands-parents, serrés l'un contre l'autre sous la grande horloge, la sortit de son embarras. « La muse du voyage a perdu ses bagages », leur dit-il en souriant, « Je la remets entre vos mains. » Il s'inclina cérémonieusement devant leur trio. Rêveuse, elle le regarda partir dans le soir tombant.

Elle ignorait encore que le lendemain, elle le reconnaîtrait dans une autre foule, celle du mariage, métamorphosé en danseur mondain dans une queue-de-pie noire. Elle danserait avec lui toute la soirée. Un an après, toujours en novembre, elle serait de retour sur ce quai de gare avec sa vieille valise, pour un voyage de près de cinquante ans.

 

 

Pour la communauté des Croqueurs de Mots,

Défi n°61, Thème proposé par Lénaïg : la valise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 14:01

 

   

 

Sur la falaise ou l'attente du retour des pêcheurs, Georges-Philibert-Charles Maronier (1865-1933)

 

 

 

Au bout de la jetée qui marche dans la mer

Sirène échevelée dressée comme un amer

La femme du pêcheur dans son vieux sarrau noir

A le cœur en haillons des rêves illusoires

 

Sa frêle silhouette tendue vers l'horizon

Elle attend que le vent froid du septentrion

Ramène entre ses bras le mari et le père

Parti en de lents mois pour la pêche hauturière

 

Elle ne sait quand viendra cet instant du retour

Où la coque chargée par les filets trop lourds

Echappée au typhon au naufrage aux tempêtes

Entrera dans le port au piqué des mouettes

 

Elle chiffonnera son mouchoir de baptiste

Un instant seulement oubliera d'être triste

De sa maison sans homme sa peine et ses alarmes

L'écume et le crachin feront comme des larmes

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 15:16

 

   

  Sérénité, Paul Delvaux, 1944

 

 

J'irai dans ce pays que je ne connais pas

Par-delà le lointain

Dans des palais perdus mon cœur y rougeoira

Pour toujours bohémien

 

Rêveuse j'errerai parmi des inconnus

Aux mots mystérieux

Mon oreille bruira au flux et au reflux

De sons mélodieux

 

Des marchands ambulants avec des perroquets

Aux plumes musiciennes

M'offriront des douceurs au parfum de bleuet

Je boirai aux fontaines

 

Les femmes y seront chastes aux blancheurs de vestales

Sous de hautains portiques

Elles auront des regards d'aurore boréale

Des larmes prophétiques

 

Les hommes hiératiques dresseront leur stature

Marmoréens kouros

Ignorants de l'amour et de ses forfaitures

De ses paroles fausses

 

J'irai dans ce pays j'y serai l'étrangère

Au regard oriflamme

Loin des miens loin de moi de ma native terre

Tout me sera dictame

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Lénaïg : le dépaysement

 

 

 

 

 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 18:27

 

 

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             Masque africain d'origine inconnue (Mardi 02 août 2011)

 

 

Elle dort et repose sur la candeur du sable.

Koumba Tam dort. Une palme verte voile la fièvre des cheveux, cuivre le front courbe.

Les paupières closes, coupe double et sources scellées.

Ce fin croissant, cette lèvre plus noire et lourde à peine – ou le sourire de la femme complice?

Les patènes des joues, le dessin du menton chantent l’accord muet.

Visage de masque fermé à l’éphémère, sans yeux sans matière.

Tête de bronze parfaite et sa patine de temps.

Que ne souillent fards ni rougeur ni rides, ni traces de larmes ni de baisers

O visage tel que Dieu t’a créé avant la mémoire même des âges.

Visage de l’aube du monde, ne t’ouvre pas comme un col tendre pour émouvoir ma chair.

Je t’adore, ô Beauté, de mon œil monocorde!

 

A Pablo Picasso,

Léopold Sédar Senghor, Chants d'ombre  

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre ombre et lumière,  

Thème proposé par Fryou : les objets d'art africain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 17:19

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             Mise au Tombeau de Jacques Lespaignol (1699-1702),

              crypte de l'ossuaire de Saint-Thégonnec (14 juillet 2011)

 

 

 

 

Dans la demi-pénombre

De la crypte de l'ossuaire

Tragique

Les dorés éclatants

Les doux drapés

Ne viendront pas à bout

De l'hermétisme des visages

Du silence des larmes

De la dure roideur de la Mort

 

     

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,  Petit Patrimoine du Week-end  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 11:04

 

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                    Soleil couchant sur la barre d'Etel

       (Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 30 juillet 2011)

 

 

Au-delà de la dune

Au-delà de la plage

Au-delà de la mer

Le soleil en suspens

Comme une bille de bilboquet

Le soleil est parfait

Comme le rond de Giotto

 

Au-delà de la dune

Au-delà de la plage

Au-delà de la mer  

Dans le crépuscule du silence

Le soleil va sombrer

Au péril de la mer

Dans le fossé mystérieux du monde

Au-delà de moi-même

 

Coucher de soleil sur la barre d'Etel,

Samedi 30 juillet 2011, vers 22 h

 

 

 

 

 

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 17:55

 

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Marylin Monroe dans Sept ans de réflexion de Billy Wilder (1955)

 

 

 

Fragile Marylin

Aux jambes longilignes

Jamais on n'oubliera

Ce cliché entrechat

Où tu joues la surprise

D'une façon exquise

Et où un courant d'air

Devenu légendaire

Fripon et effronté

Léger et indiscret

Lève ta robe blanche

Pour que tu te déhanches

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Commios : déluré

 

 

 

 

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 13:29

 

 

Du 25 juin au 15 août 2011, l'association Art et Chapelles, avec le concours de Patrimoine Religieux en Saumurois, propose un circuit artistique de 44 kilomètres dans sept chapelles de la région de Saumur. On en connaît le principe : il s'agit pour l'artiste de s'imprégner de l'atmosphère du lieu et d'y créer une œuvre qui le reflète ou, à tout le moins, en distille un écho.

La balade commence à Marson dans l'église Sainte-Croix (XII°- XV°- XVII° siècles) dont l'ancien vocable était celui de sainte Catherine. Inspiré par les statues du XVI° siècle à l'effigie de saint Sébastien et de sainte Catherine d'Alexandrie, le peintre Louis Harel a réalisé trois polyptiques en peinture à l'huile, rappelant le martyre du patron des archers et de la patronne des jeunes filles et des philosophes. Les triangles, censés suggérer les flèches dont fut victime le premier, répondent aux chevrons de la superbe charpente en carène renversée qui surplombe la nef. Si le trait de pinceau très appuyé rattache le peintre à l'expressionnisme, la vivacité des couleurs le rapproche de l'abstraction lyrique. L'ensemble témoigne d'une grande puissance d'expression.

 

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  Saint Sébastien dans l'église Sainte-Croix de Marson

(Dimanche 17 juillet 2011)

 

A quelques kilomètres de là, le vidéaste Thierry Froger a investi Saint-Pierre de Meigné-sous-Doué, dont l'existence est attestée depuis le X° siècle. Si l'extérieur, très remanié au XIX° siècle, retient moins l'attention, il n'en est pas de même pour l'intérieur. Outre le beau bénitier de Claude Cordier dont le pied est orné de petits enfants nus, tels des putti, et la chaire avec les quatre évangélistes, on notera de curieuses représentations de saint Pierre et saint Paul, portant les attributs des papes du XVIII° siècle. L'artiste présente ici une « lessive » de cinq images, représentant chacune une femme qui indéfiniment lave un linge. Au-dessous, une série de bassines en plastique de couleurs vives, inspirées par le vitrail qui surplombe le porche, présentent des papiers chiffonnés, sur lesquels sont reproduits au tampon des visages féminins appartenant à des tableaux célèbres. Avec cette « installation », intitulée Les Suaires, et en interrogeant « images et corps à travers leur capacité d'apparition et de disparition », Thierry Froger invite à méditer sur le thème de la purification. Une création énigmatique et intrigante.

 

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  Les Suaires de Thierry Froger à Saint-Pierre de Meigné-sous-Doué

 

En pénétrant dans l'église Saint-Laurent de Forges, on sera surpris par une organisation de l'espace très théâtralisée. Un très beau confessionnal, une chaire remarquablement sculptée, sous une voûte en plâtre à cintres surbaissés, précèdent un chœur voûté sur croix d'ogives gothiques, orné d'un décor bleu et doré peint au XVIII° siècle, et d'un retable. On retiendra une très belle table de communion en tuffeau, unique sans doute en Anjou. Le ciel étoilé du décor peint a donné l'occasion à la licière Laurence Marie de créer son propre firmament sous la voûte de plâtre blanc. « Finalement, j'occupe le plafond comme une réponse à celui du chœur » avoue-t-elle. Au bleu et au doré du XVIII° siècle elle oppose son ciel, fait de morceaux de vivant tulle blanc et de boutons dorés. Ce faisant, se crée une scansion, un rythme de l'espace dans le lieu saint.

 

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     Le ciel de Laurence Marie à Saint-Laurent de Forges

 

Dans l'église Saint-Hilaire de Montfort, aux étonnants contreforts arrondis en colonnes- uniques pour un édifice religieux- on admirera un retable typique de la Contre-Réforme. On y remarquera dans le haut à gauche un portrait en médaillon de Charles Borromée, grande figure de cette période troublée, peint par Philippe de Champaigne. Dans cet endroit, très théâtral lui aussi, le sculpteur Franck Loret a accroché au plafond de la nef, du porche au chœur, dans le sens de la longueur, une sculpture en papier mâché, qui représente une sorte de long maillage. L'ombre de l'ensemble est portée sur les murs latéraux, donnant ainsi de l'ampleur à cette création. Selon l'artiste, ces « fragments intérieurs » représentent la trace de tous ceux qui sont venus dans cette église. Les différentes parties du maillage, liées entre elles par de fins brins de métal, signifient le lien qui les unit à jamais. Une œuvre aérienne et discrète à la belle symbolique.

 

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La sculpture en papier mâché de Franck Loret à Saint-Hilaire de Montfort

 

Cet après-midi-là, mon périple de découverte s'est achevé dans l'église Saint-Pierre d'Artannes. Je n'aurai pas vu l'œuvre du sculpteur Anne Martinuzzi-Compaint à Saint-Pierre de Dampierre-sur-Loire, ni celle du peintre Judith Wolfe à Saint-Pierre de Parnay.

Mais pour moi le point d'orgue de ce circuit en art aura été les toiles du peintre Ali Salem. Dans cette petite chapelle du XII° siècle, superbement restaurée depuis peu, l'artiste d'origine algérienne a travaillé pendant six mois sur le thème de la Crucifixion. Il propose ainsi à l'admiration du visiteur une petite quinzaine de toiles, rectangulaires dans la nef et triangulaires dans le chœur, « lancinance et répétition » étant au cœur de son œuvre. Dans ces peintures aux vives couleurs, la silhouette du Christ torturé se dessine avec force. Le thème est repris encore avec sept toiles, placées sur le mur sud, évoquant le martyre des moines de Tibihirine. Au-dessous, des tessons de faïence, des lampes à huile, du sable, font allusion aux cimetières maghrébins et aux marabouts.

 

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Mais le plus surprenant peut-être, c'est ce grand drapé blanc qui s'élève en croix victorieuse jusqu'au sommet de la nef, émergeant d'un parallélépipède de verre en forme de tombeau, rempli de tissus de couleur. La résurrection du Christ, fondement de la foi des chrétiens, se donne à lire ici dans tout son élan libérateur. Choix artistique d'autant plus étonnant pour un artiste d'origine musulmane : en effet si l'islam reconnaît en Jésus un prophète, il ne croit pas à la Résurrection, Toujours est-il que cette œuvre lumineuse est le vivant témoignage du regard d'un artiste ouvert et tolérant, qui interroges les signes, et qui a su exalter avec une belle puissance le mystère d'une foi qui n'est sans doute pas la sienne. Et par les temps qui courent, il me semble que c'est une démarche assez rare pour qu'elle mérite d'être signalée.

 

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  Une des Crucifixions du peintre Ali Salem

   

Sources :

Le livret d'accompagnement Art et Chapelles, Imprimerie Norbert Plot, 06/2011

http://artetchapelles.free.fr

http://artetchapelles.canalblog.com

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 07:00

 

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                  Publicité pour le parfum Bellodgia de Caron

                               dans L'Illustration du 24 mai 1930

 

 

 

 

Quand tu seras partie

Quand tout sera fini

Quand tu seras perdue

Quand je serai rompu

Quand j'aurai oublié

Ton nom notre passé

Les traits de ton visage

L'amour et ses ravages

Me restera de toi

Qui fut ma joie ma croix

Ce fin parfum d'œillet

Au charme suranné

La vivante fragrance

Souffle de ta présence

Courant dessus ma peau

En troublant glissando

 

 

Pour la communauté  de Hauteclaire, Entre ombre et lumière,

Thème proposé par Denise : Affiches anciennes

 

 

 

 

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Des blancs ruisseaux de Chanaan

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