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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 21:45

 

Après Vers rêvés (2012), Clair bestiaire (2014), Mais l'ancolie... (2015), mon quatrième recueil de poèmes, intitulé Vert jardin, vient de paraître chez Mon Petit Editeur.

Le titre vient en écho à "Green" de Verlaine, dont le premier vers est placé en exergue à l'ouvrage : "Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches..."

Jouant sur l'homophonie, ce titre qui dit l'aimantation vers mon jardin secret, lui confère sa couleur et sa vertu poétique. Il accompagne aussi la poésie simple d'un regard impressionniste qui ne cesse de s'émerveiller devant une nature toujours vive et renaissante au fil des saisons.

Si vous souhaitez vous procurer ce recueil, merci de suivre ce lien :

 https://www.monpetitediteur.com/vert-jardin.html/

 

 

 

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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 19:59

Champ de chanvre (Photo ex-libris.over-blog.com, le 4 octobre 2017)

 

Mercredi

Au soleil matinal

Entre les chanvres jaunis

Les potagers verts

L’orangé des potirons et des potimarrons

Le rouge des dahlias d’octobre

Des silhouettes se profilent

Sur la terre brune et labourée

Hommes venus de la lointaine Afrique

Ombres penchées un grand sac à la main

Exilés qui ramassent

Leurs parents délaissés

Leur terre abandonnée

Leurs espoirs saccagés

Parmi les vieux plastiques

Et les résidus noirs

Des melons de l’été

 

Près du Coudray-Macouard,

mercredi 4 octobre 2017

 

 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 09:55

 

Sur le cours Saleya, Nice (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

Sous les toiles rayées

du vieux cours Saleya

au milieu des senteurs de jasmin

et des cris

dans les couleurs vivantes

des savons et des miels

des légumes brillants

des fleurs en éventail

deux tout petites vieilles

silhouettes pareilles

aux cheveux au carré

d’un blanc immaculé

bancales et cassées

accrochées l’une à l’autre

s’en vont faire leur marché

se tenant par la main

jumelles de destin

 

Sur le cours Saleya, Nice, samedi 8 avril 2017

 

 

Sur le cours Saleya, Nice (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

 

 

 

 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 09:32

Goélands dans le cimetière du Vieux-Château, Menton (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

Au-dessus de la mer bleutée

Et sous le ciel immaculé

Parmi colonnes et cyprès

Marbres et médaillons brisés

Parmi les tombes basculées

Sépultures abandonnées

Bustes et mausolées versés

Draperies et grilles rouillées

D’un enclos marin dévasté

Où dorment pour l’éternité

Des princes russes émigrés

Un amiral ostracisé

Des protestants des Irlandais

Tuberculeux et suicidés

Célébrités vite oubliées

 

Dans leur indifférence ailée

Leur nonchalance dandinée

S’en vont errant deux goélands

 

ViVants

 

Au cimetière du Vieux-Château, Menton, mercredi 5 avril 2017

 

 

Goélands au cimetière du Vieux-Château, Menton (Photos ex-libris.over-blog.com)

Voir mes deux autres poèmes sur les cimetières :

http://ex-libris.over-blog.com/search/au%20waverley%20cemetery/

http://ex-libris.over-blog.com/article-dans-un-cimetiere-allemand-88393427.html

 

 

 

 

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 16:39
Résurrection.

 

 

Dans le blanc du matin

J’ai vu la porte ouverte

Comme d’un baldaquin

La tombe était couverte

Il n’y avait plus rien

La salle était déserte

Et cette toile offerte

Vierge tel un vélin

Ce n’était pas la perte

C’était la vie enfin

 

Sur la photo de l’installation d’Ali Salem pour Art et Chapelles,

Eglise Saint-Pierre d'Artannes, le 17 juillet 2011

 

Photo ex-libris.over-blog.com

 

 

 

 

 

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 16:05
Le Printemps des Poètes 2016 à la MJC de Saumur, vendredi 18 mars.

 

Vendredi  18 mars 2016, le groupe de poésie auquel  j’appartiens célébrait pour la quatrième fois Le Printemps des Poètes. Il était accueilli pour la deuxième fois à la MJC de Saumur, dans une atmosphère intime et chaleureuse. Une petite trentaine d’amateurs s’étaient ainsi donné rendez-vous pour écouter l’âme des poètes du Grand vingtième, thème de l’année 2016. Un prétexte aussi pour fêter Cent ans de poésie et les cinquante ans de la célèbre collection Poésie/Gallimard.

Difficile donc de faire une sélection dans ce siècle si riche en voix diverses et magnifiques et ce sont nos coups de cœur qui ont présidé au choix des différents textes. Nous les avons tout simplement présentés dans l’ordre chronologique et n’ayant bien sûr aucune prétention à être exhaustifs, nous n’avons nullement cherché à équilibrer nos choix. C’est ainsi que, accompagnés harmonieusement au luth par un ami musicien, nous avons dit six textes de Louis Aragon (mais à tout seigneur tout honneur !), trois de Supervielle, deux de Marie Noël, trois de René-Guy Cadou. Quant au centenaire Georges-Emmanuel Clancier (103 ans !), il a été mis à l’honneur avec trois textes. Nous avons aussi évoqué des voix de la francophonie avec deux textes de Léopold Sédar Senghor et cinq poèmes de poètes du Maghreb. Nous avons sans vergogne abordé le XXI° siècle avec des poètes comme François Cheng, Alain Duault, Antoine Emaz et Yves Leclair, notre poète saumurois, qui a reçu le prestigieux prix Alain Bosquet en 2014. Enfin la parole a été donnée à trois auteurs de notre groupe, puisque nous somme trois à écrire de la poésie, Dany, François et moi-même.

Pour ceux qui souhaiteraient retrouver ces textes, j’évoquerai ici brièvement les choix de chacun. Françoise a débuté la soirée avec le célébrissime « Pont Mirabeau » d’Apollinaire que le poète traversait lorsqu’il allait rejoindre Marie Laurencin. En bonne place au début du recueil d’Alcools (1913), entre « Zone » et « La Chanson du mal-aimé », il dit admirablement, avec une simplicité extrême, la disparition de l’amour alliée à la fuite du temps. Ensuite venait « La rose et le réséda » d’Aragon, extrait de La Diane française (1943-1944). Paru d’abord en 1943, le poème sera plus tard diffusé clandestinement par tracts anonymes puis, en décembre 1944, Aragon le publiera au sein du recueil de poésie La Diane française. La symbolique des deux couleurs exprime un appel à l'unité dans la Résistance, par-delà les clivages politiques et religieux. La guerre était encore présente avec « Barbara », extrait de Paroles (1946) de Jacques Prévert.  Le poète s'y adresse à une femme inconnue, aperçue dans la rue et dont il ne connaît que le prénom, Barbara. Cette inconnue symbolise toutes les victimes civiles de la guerre et le poème touche justement par son oralité et cette interpellation directe. Plus près de nous, construit sur l’anaphore « Ce qu’il nous faut », le poème de Michel Butor, « La teinture de Marrakech », (in Sous l’écorce vive, Poésie au jour le jour, 2008-2009), nous a exhortés à la justice, la paix, la poésie. Avec « On pourrait mettre de la musique » (in Peau, 2008), de l’Angevin d’adoption, Antoine Emaz, le « retourneur de mots », c’est une écriture du quotidien et de l’attente que Françoise nous a donné à entendre.

Dany avait, pour sa part, choisi des poèmes de femmes. Gérard d’Houville, d’abord (alias Marie de Hérédia et Marie de Régnier de son nom d’épouse) avec l’évocation des « plus tristes amours du monde », scintillant des noms magiques des grandes amoureuses : Sapho, Didon, Yseult la blonde, Armide, Hélène, Héro et Cléopâtre (in Les Poésies, 1931). Louise de Vilmorin, la dame de Verrières-les-Buissons, était présente avec « Passionnément », extrait de L’Alphabet des aveux (1954). Celle qui fut une grande amoureuse et le dernier amour de Malraux y décline avec subtilité le vocabulaire de la passion. Venaient ensuite deux poèmes de Marie Noël, extraits des Chants d’arrière-saison (1961). Marie Noël est cette poétesse dont les textes sont transfigurés par « la méditation spirituelle, l’expression de sa foi et sa difficulté à croire ». « Crépuscule » traduit bien ce « chant de l’âme » qui lui est si particulier, tandis que « Ronde », à la tonalité plus légère et plus fantaisiste, exprime la diversité de l’écriture de cette célibataire éternelle, que l’on surnomma la « fauvette d’Auxerre ».

Véronique avait jeté son dévolu sur Jules Supervielle, poète d’un autre temps, né dans un Uruguay lointain. « Ma chambre » et « Vivre encore », extraits de Gravitations (1925), témoignent de son inquiétude métaphysique et de sa capacité à métamorphoser le réel. Avec « Figures » (in Oublieuse mémoire, 1949), c’est le mystère de la disparition des êtres chers qui est évoqué à travers les figures d’un jeu de cartes. Puis Véronique avait choisi de donner la parole aux poètes algériens. « Le café » (in Pour ne plus rêver, 1965), de Rachid Boujedrah, témoigne de la vitalité pleine d’humour de ce poète d’outre-Méditerranée tandis que « A la source des étoiles » (in A chacun son métier, 1966), d’Ahmed Azeggah, incite le poète à un total don de soi afin de pouvoir s’abreuver à la source vive de la poésie. Quant au sibyllin « Naissant dans l’ombre bleu » (in L’enfance au cœur, 1986), de Habib Tengour, il est poésie pure. Cet aperçu de la poésie algérienne s’achevait avec « Terre rêvée » (in Pensées, neige et mimosas, 1994), une rêverie sur un monde délivré de la peur et rendu à l’amour. Véronique a clos sa participation avec un extrait de D’infiniment de pluie et d’aube (2015), d’un de nos diseurs, François Folscheid. Un petit texte d’une grande densité qui est une invitation, à travers le froid et le silence, à emprunter « des chemins de transparence ».

Edith s’était pour sa part orientée vers des textes prônant un certain art poétique. Elle a donc fait entendre la voix de René Char avec « Commune présence » (1935-1936), qui dit la nécessité et la difficulté pour le poète de dire « la vie inexprimable », au risque de la mort. Edith avait aussi choisi un texte d’Aragon, « Ce que dit Elsa » (in Cantique à Elsa, 1942), petit bréviaire de ce que doit être un poème d’amour. « Lard poétique » (in Les Mots, Cahier 5, Poèmes), d’André Frédérique, nous a proposé une poésie qui est tout sauf classique, composée de « vers amis », de « Vers fondant comme neige / Veloux comme vieux vin de pays. » Toujours dans cette veine fantaisiste, Edith a fait résonner les mots de René-Guy Cadou dans « Art poétique » (in Le diable et son train, 1947-1948). Il y compare le poète à un accidenté de la route : de sa solitude habitée naîtra la poésie. Dans une autre tonalité, plus lyrique celle-ci, René-Guy Cadou encore propose sa conception de la poésie dans le poème du même nom (in Les sept péchés capitaux, 1949). Il s’y décrit tâtonnant, dans une longue quête de sa « forme préférée », murmurant « Le long du mur en pierre de l’éternité ». Alternativement, nous avons dit alors de brèves phrases, toujours de René-Guy Cadou, extraites de Usage interne (in Poésie la vie entière, 1951). Inutilité, élan, témoignage, sensibilité, tels sont certains des aspects de la poésie évoqués dans ces textes. Enfin, Edith avait tenu à dire un autre texte de François Folscheid, extrait aussi de Infiniment de pluie et d’aube. Il y décrit le bleu, « Le bleu derrière le bleu pour atteindre ce qui est avant que d’être », ce qui pourrait être une définition lumineuse de la poésie.

La cinquième voix féminine était la mienne. J’ai commencé avec le petit poème de Paul-Jean Toulet « En Arles où sont les Alyscamps », extrait des Contrerimes (1921), chef-d’œuvre de la poésie fantaisiste et bréviaire du désenchantement. N’y est-il pas dit qu’il faut prendre garde « à la douceur des choses » ? J’avais choisi ensuite un poème de Cocteau, extrait de Plain-Chant (1923), « Je n’aime pas dormir ». Un texte que j’aime particulièrement et dont mon père possédait une copie toujours avec lui dans son portefeuille. On sait que le Prince des Poètes l'écrivit sous l'influence de Raymond Radiguet, qui devait mourir le 12 décembre 1923. Anna de Noailles est une poétesse trop méconnue au lyrisme passionné, celui « des joies subites, des désirs qui brûlent, de l'infini dans la limite... » ainsi que le disait l’abbé Mugnier. D’elle, j’ai dit « Douleur » (in Les Eblouissements, 1928), où elle exhale son mal de vivre, exacerbé par le foisonnement de la nature. Comme les autres, j’avais accordé ma préférence à Aragon avec « Il n’aurait fallu », un texte qui m’accompagne depuis toujours (in Le Roman inachevé, 1956) et qui dit comment la présence amoureuse peut sauver de la mort. « Toute une nuit j’ai cru » appartient aussi au Roman inachevé et évoque la crainte du poète de voir disparaître celle qu’il aime. Avec « Assieds-toi, mon âme » (in Le Pêcheur d’eau, 1995), de Guy Goffette, j’ai souhaité évoquer cette écriture du quotidien qui a la transparence de l’eau, mais d’où sourd la blessure intime. Avec « Ave » (in Très haut amour, 2002) de Catherine Pozzi, qui fut la maîtresse de Valéry, on a pu entendre ces accents fulgurants quasi mystiques, proches de ceux de Louise Labé. On a écouté encore la voix d’Alain Duault, le critique musical, avec un extrait de Ce qui reste après l’oubli. Une hache pour la mer gelée, III, 2010. Dans une disposition en carré très particulière, il évoque « le mystérieux frémissement des choses », le passage inéluctable du temps et la pérennité de la beauté. Le bref poème de Dany Lecènes (2013), une de nos diseuses, a souligné la difficulté à exprimer la profondeur de l’amour à travers une très belle métaphore associant le mouvement du drap que l’on replie à la lumière du soleil qui le traverse. Enfin, après avoir rappelé la portée philosophique de certains poèmes d’Yves Leclair, avec « Corps céleste », écrit sur un galet rose ramassé à Camaret-sur-Mer, (in Cours s’il pleut, 2014), j’ai terminé avec « Pas à pas » de François Cheng, extrait de son dernier opus, La vraie gloire est ici (2015). Une voix sans autre exemple qui allie la sagesse orientale à la tradition occidentale.

Les trois voix masculines étaient celles de Claude, Pierre et François. Claude a commencé avec « Tout n’est peut-être pas perdu » (in Le Sang des autres, 1919), de René Arcos, qui fut le compagnon de route de Romain Rolland. Un texte qui affirme que l’espoir demeure vivant si, au sein de la tourmente, un seul demeure fidèle à soi-même. Aragon était de nouveau présent avec le joli poème « Cé », construit sur cette même sonorité à la rime. Extraite des Yeux d’Elsa (1942), écrite dans une tonalité courtoise, la série de distiques rappelle la débâcle de 1940 dans l’amertume de la défaite. Puis Claude a dit le célèbre poème "A mon frère blanc", attribué à Léopold Sédar Senghor, sans certitude aucune de sa paternité. Un texte qui joue sur les couleurs afin de désarmer tous les racismes. Accompagné par Florent à la guitare, Claude a chanté « Heureux celui qui meurt d’aimer » (in Le fou d’Elsa, 1963), sublime déclaration d’amour à Elsa, que l’adaptation musicale de Marc Ogeret ou de Jean Ferrat contribua à populariser. Il a fait ensuite entendre la voix du poète marocain, Abdellatif Laâbi, ce grand humaniste, soucieux du combat pour plus de justice et de liberté. Dans « Il est temps de se taire », (in Fragments d’une genèse oubliée, 1998), le poète appelle chacun à « quitter la maison des illusions » afin de « s’apprêter au voyage ». Avec un extrait de Vrouz (2012) de Valérie Rouzeau, grande traductrice de Silvia Plath ou Ted Hughes et parolière pour Indochine, nous avons découvert une voix contemporaine originale et teintée d’humour. Claude et Véronique ont alors uni leurs voix pour dire un de mes textes, « Cette année-ci » (2015), dans lequel j’évoque les heurs et malheurs de l’année 2015, tout en essayant de garder l’espoir en l’homme.

Pierre, pour sa part, a dit par cœur la majorité des poèmes qu’il avait choisis. Se sont ainsi succédé « Le condamné à mort » de Jean Genet publié en 1942 ; un texte écrit après la condamnation de Maurice Pilorge à la peine capitale, en 1939, et qu’Hélène Martin a magnifiquement chanté. Il a célébré la négritude avec le poème de Léopold Sédar Senghor, « Femme nue femme noire » (in Chants d’ombre, 1945) : une ode à l’amour, à la femme, à la terre africaine. Il a fait la part belle à l’humour noir de Boris Vian avec « Quand j’aurai du vent dans mon crâne », écrit dans les années 50 et publié après sa mort dans Je voudrais pas crever (1952). Avec « La chanson de Margaret » de Pierre Mac Orlan et V. Marceau pour la musique (1957), il nous a montré combien, pour cet auteur, la chanson « n'est pas [que] son violon d'Ingres, [mais que] c'est l'une des voix naturelles de sa vie créatrice ».

François, notre poète, nous a proposé plusieurs textes de Georges-Emmanuel Clancier, jeune écrivain de 103 ans, qui vient de publier ses mémoires, Le temps d’apprendre à vivre, titre emprunté à Aragon, toujours lui ! En duo avec Véronique, il a dit « Duel » (in Le paysan céleste, 1943), superbe dialogue entre l’homme et la femme, expression d’une poésie conçue comme « un éveil perpétuel ». « Un escalier fantôme » et « Quand fredonne en mon sang » (in Contre-Chants, 2001), révèlent un poète « à l’écoute du temps qui passe » et en qui chemine la mort. « Tard dans la vie » de Pierre Reverdy (in La liberté des mers, 1960) nous a fait approcher l’écriture limpide et mystérieuse d’un des grands inspirateurs du surréalisme tandis que « Il n’y a aucun lieu » de Jean Tardieu (in Formeries. L’accent grave et l’accent aigu. Poèmes, 1976-1983) propose un exercice virtuose de dénégation, atteignant ainsi à une forme d’écriture du vide. Puis François nous a fait écouter les époux Cadou. D’abord René-Guy avec « Celui qui entre par hasard » (in Hélène ou le Règne végétal, 1981), éloge conjoint de l’arbre et du poète, et ensuite Hélène, sa grande inspiratrice, avec « Les draps sont blancs » (in L’innominée, 1983). On y découvre l’écriture discrète et pudique de celle qui souhaitait se « faire la lingère des mots » et qui souhaita « s’immerger dans le silence » afin de maîtriser son lyrisme, disait-elle. Ce qu’exprime admirablement  « Lorsque tu vois un cavalier » (in Si nous allions vers les plages, 2003). François a enfin dit un extrait de la prose poétique de Gabrielle Althen que découvrit René Char : « C’était déjà le temps où tu étais blessée à l’être » (in Présomption de l’éclat, 2012). « Etre au monde quand peu s’y trouvent », voici ce que disait d’elle l’auteur de Fureur et mystère.

Avant de conclure, nous avons dit alternativement des extraits de Noireclaire (2015) de Christian Bobin. Dans ce dernier opus, le poète porte une attention « aux petites lumières des êtres et des choses » qu’il magnifie dans une écriture de la simplicité. C’est enfin avec la chanson de Trénet, « L’âme des poètes », que s’est achevée notre contribution au Printemps des Poètes 2016. Et avant de partager en toute convivialité les bulles saumuroises offertes par la MJC, nous avons écouté une de nos auditrices nous dire un poème de sa composition consacré à l’animal chanté par de nombreux poètes, le chat.

 

La majorité des poèmes cités sont présents sur la toile.

Les oeuvres de Dany Lecènes chez Edilivre :

Le complot Pétronille

Lachryméné

Au clair de la lune

Irène en fa mineur

La joie n'a pas de poids 

Une pinte de vent

Ici-haut

Le recueil de poèmes de François Folscheid :

D'infiniment de pluie et d'aube, Le Petit Pavé, 2015

Mes recueils de poèmes chez Mon Petit Editeur :

Vers rêvés, 2012

Clair Bestiaire, 2014

Mais l'ancolie..., 2015

 

 

Le Printemps des Poètes 2016 à la MJC de Saumur, vendredi 18 mars.
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 11:28

DESSIN-COCTEAU-1954-.jpg

Dessin de Cocteau, 1954, paru dans le numéro 1 de la revue Arcadie

 

 

On a bâillonné

la bouche

mais le dessin criait

encore

On a brûlé le dessin

mais il s’est reformé

dans les flammes

On a éteint le feu

mais le reflet du dessin

flottait dans l’eau

On a asséché l’eau

mais le dessin  

dansait dans l’air

On a étouffé l’air

mais le dessin s’était imprimé

dans l’esprit

et le cœur

 

Au lendemain du 7 janvier 2015

 

 

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 17:51

 P1270457.JPG

      Le ciel au-dessus de Port Bara (Quiberon)

(Photo ex-libris.over-blog.com, Pentecôte 2014)

 

En contrepoint du vacarme de la mer

roulant ses algues et ses sables

j’entends le cri de l’alouette

dans son espace bleu

Tout comme le poète de la petite Jeanne de France

sous le fracas de Vimy

au beau milieu de la mitraille

s’arrêtait pour l’écouter chanter

moi aussi je m’arrête

et je n’entends plus qu’elle

en son chant cristallin

 

Sur la plage de la Roche Sèche,

lundi 7 juillet 2014, vers 15 h.

 

 

 

 


 

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 06:59

Lune-rousse.JPG

 La lune rousse vue de ma fenêtre

(Photo ex-libris.over-blog.com, jeudi 15 mai 2014)

 

Parfaite dans son orbe

Au blond vénitien

Impériale en sa robe

Dans le ciel saturnien

La lune rousse froide

Distillant ses gelées

Brûle les palissades

Aux herbes pantelées

 

Jeudi 15 mai 2014, vers 22h


Lune-rousse-2.JPG

La lune rousse au-dessus du bûcher de Rou

(Photo ex-libris.over-blog.com, jeudi 15 mai 2014)

 

 

Lien vers un autre de mes poèmes sur la lune : link    


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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 17:51

 

 P1250819.JPG

 

Sous les cabines rondes du gris téléphérique

Gronde la ville du Merlion le monstre maritime

Les jeux de construction des containers du port

Sous les grêles chevaux des grues


P1250791.JPG

 

Sentosa et ses jeux factices et éphémères

Les buildings de verre scintillants diamants

Le long lacis des routes aux voitures de fer

Et les hauts arbres verts


P1250797.JPG

 

Les cabines sans fin vont et viennent en silence

Vers le Mont Faber

La mer et puis le ciel se colorent de mauve

L’air moite et pesant vous fait une prison


P1250795.JPG

Les nuages sont gros des pluies de la mousson

Qui crépite soudain dans la nuit suspendue

 

Singapour, lundi 14  avril 2014,

vers 18 h 30, dans le téléphérique du Mont Faber


P1250813.JPG

 

 

Crédit Photos : ex-libris.over-blog.com, lundi 14 avril 2014

 

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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