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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 09:25

vent

 

 

Dimanche, 20 mars 2011, en lien avec l’association Plein Ecran, et dans le cadre du Printemps du Cinéma, le cinéma le Palace à Saumur diffusait deux films du cinéaste iranien Abbas Kiarostami : à 11h, Et le vent nous emportera (Bad ma ra khahad bord), de 1999, et à 20h Ten. L’après-midi, François Bégaudeau, parrain de Plein Ecran, proposait une analyse filmique du long métrage du matin.

Le vent nous emportera tire son titre d’un poème, emprunté à Forough Farrokhzad, une poétesse iranienne (1937-1967), et dont quelques vers sont prononcés par le personnage principal du film, interprété par  Behzad Dourani.

Le film raconte la venue d’un cinéaste (sans doute le double de Kiarostami), qui se dit ingénieur en télécommunication, dans un village isolé du Kurdistan, éclatant de soleil et pourtant appelé « la vallée noire ». On y découvre progressivement qu’il est là avec son équipe pour filmer un rite funéraire, et  notamment des pleureuses qui se griffent le visage. Il attend donc la mort d’une centenaire, qui ne se résigne pas à mourir. Au terme d’un lent parcours initiatique, guidé par un jeune garçon à l’étonnante maturité, Behzad, va peu à peu perdre sa superbe de citadin, secourir un blessé, s’ouvrir aux autres et à la beauté du monde. En dépit de la mort de la vieille femme, il repartira sans avoir filmé le rituel mortuaire.

La belle affiche du film, représentant l’immensité des blés blonds sous le soleil, est révélatrice de l’œuvre. Elle correspond au moment où Behrad tisse soudain des liens nouveaux avec le monde qui l’entoure, où il écoute le vieux médecin qui le transporte sur sa mobylette réciter des vers d’Omar Khayyam, où le vent souffle sur la mer des blés.

Pour clore ce Printemps des Poètes 2011, consacré à D’Infinis Paysages, voici ce poème que Behrad récite dans l’obscurité d’une cave à une jeune femme occupée à traire une vache. Si elle demeure invisible, (la technique du hors champ étant une des techniques favorites de Kiarostami), on entend ces vers magnifiques, emblématiques d’un film à la beauté irradiante et secrète.


Dans ma nuit, si brève, hélas 
Le vent a rendez-vous avec les feuilles. 
Ma nuit si brève est remplie de l'angoisse dévastatrice 
Écoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ? 
De ce bonheur, je me sens étranger. 
Au désespoir je suis accoutumée. 
Écoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ? 
Là, dans la nuit, quelque chose se passe 
La lune est rouge et angoissée. 
Et accrochée à ce toit 
Qui risque de s'effondrer à tout moment, 
Les nuages, comme une foule de pleureuses, 
Attendent l'accouchement de la pluie, 
Un instant, et puis rien. 
Derrière cette fenêtre, 
C'est la nuit qui tremble 
Et c'est la terre qui s'arrête de tourner. 
Derrière cette fenêtre, un inconnu s'inquiète pour moi et toi. 
Toi, toute verdoyante, 
Pose tes mains, ces souvenirs ardents, 
Sur mes mains amoureuses 
Et confie tes lèvres, repues de la chaleur de la vie, 
Aux caresses de mes lèvres amoureuses 
Le vent nous emportera ! 
Le vent nous emportera ! 

 

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 00:12

  -Lucia-KenHoward

  Lucia di Lammermoor (Natalie Dessay), Photo Ken Howard

 

 

Hier, samedi 19 mars 2011, au cinéma Le Palace de Saumur, le Met retransmettait en HD Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti (1797-1848), dans la reprise d’une mise en scène très sobre de Mary Zimmerman, sous la baguette de Patrick Summers.

L’argument, adapté par le librettiste italien Salvatore Cammarano, fut établi à partir de la traduction italienne de Gaetano Barbieri, qui reprend une partie de l’intrigue d’un roman historique de Walter Scott, La Fiancée de Lammermoor (The Bride of Lammermoor). Avec Une Légende de Montrose, il appartient aux Contes de mon hôte (1819).

L’intrigue se situe en Ecosse, sous le règne d’Anne Stuart. Le roman raconte la passion tragique d’Edgar, maître de Ravenswood, et de Lucy Ashton, fille de l’ennemi héréditaire de sa famille, Sir William Ashton, qui a profité de sa ruine pour s’approprier ses biens. Lady Ashton, son épouse, joue un rôle machiavélique, tandis que Caleb Balderstone, un vieux domestique des Ravenswood, apporte la note comique à cette intrigue très sombre.

Salvatore Cammarano a supprimé le personnage de Lady Ashton la mère et de William Ashton le père. Exit aussi le frère cadet, Harry, pour ne conserver que l’implacable frère aîné Enrico. Il transforme de plus l’épisode final qui voyait Edgar enseveli dans des sables mouvants, pour lui préférer le suicide d’Edgardo. Il a ainsi centré l’histoire sur la passion des deux amants et situé l’action dans l’Ecosse de la fin du XVI° siècle, au moment où les Ashton, ennemis jurés des Ravenswood, ont pris possession de leur château de Lammermoor. Mary Zimmerman, pour sa part,  a choisi l'époque du XIX° siècle pour son adaptation.

Le livret précisé en mai 1835, Donizetti achève son opéra dans la fièvre, le 6 juillet 1835. Alors que le Teatro di San Carlo de Naples est au bord du gouffre financier, les répétitions de Lucia di Lammermoor commencent avec des interruptions, dues aux exigences de la cantatrice la Persiani. La création de l’opéra a lieu le 26 septembre 1835 et c’est un triomphe. C’est à ce moment précis que Donizetti devient le chef de file incontesté de l’école lyrique italienne, la mort de Vincenzo Bellini venant de surcroît à point nommé pour asseoir sa renommée montante.

Voici l’argument de cette intrigue tragique, qui se clôt par la folie et par la mort.

Acte I.

Les jardins du château des Ashton.

Après une brève et sombre ouverture, Enrico Ashton (Ludovic Tézier, baryton) pleure sur le destin de sa famille auprès du chapelain Raimondo (Kwangchul Youn, basse). Pour sauver sa lignée du déshonneur, il a conçu l’idée d’un mariage (« Cruda, funesta smania ») pour sa sœur Lucia (Natalie Dessay, soprano) mais elle s’y refuse. Normanno, le veneur (ténor), lui apprend qu’elle aime en fait Edgardo de Ravenswood (Josph Calleja, ténor). Enrico jure de séparer les amants.

Près d’un puits dans le parc du château.

Lucia attend la venue d’Edgardo en compagnie de son amie Alisa (mezzo-soprano), qui lui enjoint de renoncer à son amant. Lucia lui raconte qu’elle a vu en rêve le spectre d’une jeune femme assassinée par son amant, un Ravenswood (« Regnava nel silenzio »). Son corps se trouverait dans le puits. Survient Edgardo. Avant son départ pour la France, il s’apprête à demander la main de Lucia à son frère Enrico. Sa maîtresse l’en dissuade et Edgardo lui remémore son serment de vengeance contre les Ashton qui ont tué son père. La scène s’achève sur l’échange des anneaux entre les deux amoureux (« Quando rapito in estasi »).

 

Lucia et edgardo Ruby Whashington

Lucia (Natalie Dessay) et Edgardo (Joseph Calleja), Photo Ruby Whashington

 

Acte II.

Les appartements d’Enrico.

Le temps a passé et Lucia n’a plus de nouvelles d’Edgardo, car Enrico a donné l’ordre d’intercepter ses lettres. Il destine désormais sa sœur à Arturo Bucklaw (ténor). Après l’arrivée de ce dernier et des invités, Lucia, défaite, entre. Elle se plaint à son frère de son manque d’humanité, lui rappelant qu’elle a fait serment à Edgardo d’être sienne. Après avoir pris connaissance d’une fausse lettre, censée prouver l’infidélité de l’héritier des Ravenswood, Lucia se laisse convaincre par le chapelain d’épouser Arturo, en mémoire de sa mère. Elle est déterminée à se donner la mort après le mariage.

 

LUCIA Dessay and Tezier

Lucia (Natalie Dessay) et Enrico (Ludovic Tézier), Photo Ruby Whashington

 

Une salle décorée pour accueillir Arturo.

Arturo Bucklaw est accueilli par le chœur des invités. Enrico le met en garde contre la réaction de sa sœur. Celle-ci signe malgré elle le contrat de mariage. Edgardo surgit. Prend place un sextuor décrivant les événements (selon Puccini, un des plus beaux et des plus dramatiques morceaux d’opéra jamais écrits). Enrico, Arturo, Edgardo sont prêts à dégainer quand Raimondo brandit le contrat de mariage. Edgardo reprend l’anneau de sa fiancée et quitte les lieux en la maudissant.

 

-lucia-popup Ruby Whashington The NY times

Le contrat de mariage

 

Acte III.

Une salle de la tour de Wolferag.

Enrico provoque Edgardo en duel, pour venger l’honneur de leurs familles.

Les salons de réception de l’acte II.

Alors que les invités festoient pour le mariage, Raimondo leur annonce que Lucia a tué son époux dans un accès de folie. Elle arrive, vêtue de sa robe de mariée tachée de sang. Dans la remarquable scène de la folie (« Il dolce suono »), elle se voit en rêve unie à Edgardo. Elle confond son frère Enrico avec son amant et implore son pardon. On l’emporte mourante.

Les tombes des Ravenswood.

Alors qu’il ignore tout du sort tragique de Lucia, Edgardo se prépare au duel avec Enrico. On lui apprend qu’elle se meurt en répétant inlassablement le prénom d’Edgardo. Quand le glas tinte, il comprend que Lucia est morte et il se donne la mort.

 

Le casting de ce superbe opéra, aux airs célèbres proches du bel canto, est des plus séduisants. Ludovic Tézier interprète Enrico, le méchant de la pièce, celui qui menace sa soeur et hurle sa haine de sa rocailleuse voix de basse. Son abondante chevelure ondulée, son profil en bec d’aigle, sa stature rigide, confèrent au défenseur de la lignée des Ashton une présence et une prestance impressionnantes.

Edgardo, l’amant dupé par le frère et qui se croit trahi par Lucia, est chanté par le ténor Joseph Calleja. Son jeu et son chant montent en puissance tout au long de l’opéra, pour trouver leur point d’orgue dans la scène où s’exhale sa souffrance, lorsqu’il apprend la mort de Lucia. Du haut de son imposante stature, à travers sa voix qui s’adoucit dans la ferveur et la douleur, il parvient à faire passer une émotion extraordinaire, et son regard est brillant de larmes contenues. L’aria de sa propre mort est un moment d’une intensité rare.

 

Lucia Edgardo dans le cimetière

Edgardo (Joseph Calleja), près des tombes des Ravenswood

 

Quant à Kwangchul Youn, qui interprète Raimondo le chapelain, observateur lucide des égarements de la passion, il est le pilier moral de l’intrigue. Il est celui qui convainc Lucia d’épouser Arturo, et qui parvient à convaincre le public grâce à sa riche et chaude voix de basse.

Mais c’est bien sûr Natalie Dessay, la prima donna sanglante, qui recueille tous les suffrages. Dans la coulisse, elle explique à Renée Flemming que, si elle préfère les œuvres plus légères, elle est parfaitement à l’aise dans ce rôle, dont elle rêva pendant une quinzaine d’années, et qu’elle n’a depuis 2001 cessé d’interpréter (2004 à Chicago, 2006 à l’Opéra Bastille dans une mise en scène d’Andrei Serban, dirigée par Evelino Pidô, 2007 et 2008 au Met). Il faut dire que, lors de la scène de la folie, dans sa robe nuptiale ensanglantée, elle est stupéfiante de maîtrise et d’expression dramatique. Ne dit-elle pas vouloir rechercher « l’état » plutôt que de le mimer ?

Son expérience déjà longue de la scène fait que, désormais, elle sait s’imposer une distance vis-à-vis du rôle, ce qui lui permet d’aller beaucoup plus loin dans l’état recherché. La maîtrise capitale de la voix, de la respiration, de la diction (« Pour moi il n’y a pas de grand chanteur sans grand diseur », explique-t-elle), lui donne toute latitude pour « improviser » et trouver à chaque fois le paroxysme du sentiment. Sa réflexion approfondie sur le jeu de l’acteur, ses lectures de Stanislavski et des théories classiques sur le théâtre, lui ont enseigné que la démarche sur scène de l’acteur est très proche de celle du chanteur. Etre en mouvement sur scène l’aide à oublier qu’elle chante : « Lorsque je fais autre chose », dit-elle, « je n’y pense pas et je peux me concentrer sur le jeu. » Mais chanter demeure une technique. « Je parlerais plutôt d’un tourbillon où, d’un côté, on est complètement dans le personnage et, de l’autre, on est à l’extérieur en train de se contrôler et de contrôler comment on chante […] il faut lier ce relâchement physique et cette gestion mentale de l’épreuve. »

Dans ce rôle, Natalie Dessay est toute de fragilité dans l’amour et de force terrifiante dans la folie. Dans cette scène emblématique du rôle, il faut la voir évoluer des plus doux arpèges  amoureux aux accents de la folie la plus convaincante. Lorsque les invités du mariage la regardent, le poignard à la main, descendre l’escalier dans sa robe tachée du sang d’Arturo, elle chante avec une intensité d’une clarté qui fait frémir. Qu’elle déchire son voile de mariée, qu’elle roule en bas des dernières marches, qu’elle danse avec Enrico confondu avec son amant, qu’elle revienne soudain à elle-même et demande le pardon des hommes, elle est bouleversante de justesse et d’une extraordinaire vérité tragique. La soprano colorature joue ici sa partition la  plus magistrale, transcendant sa virtuosité technique par une expression enflammée de l'élément dramatique.

 

 lucia-di-lammermoor

Lucia dans la scène de la folie (Photo AP)

 

Dans cette version qui soutient la tension de bout en bout, la mise en scène de Mary Zimmerman est à l’unisson d’un spectacle très homogène et très esthétique. La transposition opérée au XIX° siècle par Mary Zimmerman place l’œuvre dans une perspective romantiquement noire, qui est ici excellemment rendue.

La nature, les spectres, l’eau mortifère du puits, la lune maléfique, y ont une place de choix. Dans la scène 1 de l'acte I, les arbres noirs, les chasseurs et leurs torches, les magnifiques chiens griffons gris, créent une atmosphère crépusculaire, préfigurant la tonalité générale de l’ensemble de l’opéra. La scène près du puits entre Lucia et Alisa est de toute beauté, avec l’apparition du délicat spectre blafard de la femme assassinée par un Ravenswood, double prémonitoire de Lucia, et qui disparaît lentement dans le puits. Dans la dernière scène, l’atmosphère de gothique fantastique est rendue par les silhouettes des tombes de la famille Ravenswood, tandis que des témoins en noirs, portant des parapluies, semblent tout droit sortis d’un film de Murnau. De l’au-delà de la mort, Lucia réapparaît, dans la robe du spectre de l’acte I, et elle guide son amant dans son geste suicidaire. L’ensemble est dominé par une gigantesque lune blafarde, Hécate maléfique, gardienne des amours maudites, nées sur la lande hantée de Lammermoor.

Les couleurs de cette mise en scène, servie par les décors évocateurs de Daniel Ostling, sont à l’unisson de ce choix éminemment romantique. L’ensemble baigne dans des tonalités éteintes, nuances de gris, de parme, de beige, de noir. A cet égard, le sombre costume de Lucia, imaginé par la costumière Mara Blumenfeld, au premier acte, fait songer à un très beau tableau de Carolus Duran, figurant une amazone. Dans cette palette mélancolique, symboles éclatants de la passion de Lucia, intenses et vibrantes, deux couleurs surgissent. C’est d’abord le rouge de sa tenue, lors de la signature du contrat de mariage, puis celui du sang qui éclabousse sa robe nuptiale. C’est ensuite le blanc de cette même robe de mariée et de celle du spectre. Le choix de la couleur rouge en particulier, s’il connote bien évidemment la passion souveraine, est aussi révélateur d’un personnage féminin qui se rebelle contre les codes d’une société patriarcale inhumaine.

Et, s’il ne fallait retenir qu’une seule image de cet opéra, une des créations les plus fortes et les plus puissantes de la période romantique précédant Verdi, c’est que la mariée y était en rouge…

 

  lucia-di-lammermoore sur escalier

 

 

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucia_di_Lammermoor

Interview de Natalie Dessay par Etienne Billault pour Evène, Novembre 2006

Extrait de l’article « La genèse d’un chef-d’œuvre et ses trois créateurs, Jacques Gheusi, Lucia di Lammermoor », L’Avant-Scène Opéra

 

 

 

 

 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 08:53

  Redon Sita 1893

Sita, 1893, Odilon Redon

 

 

Où m’en vais-je ainsi

Quand je rêve

Et que je m’ensommeille

Enfin abandonnée

Aux mirages flottants

Qui courent sous mon front

Comme des fils de la Vierge

 

Quel est donc ce pays que je ne connais pas

Où je suis délivrée de mon corps pesant

De l’espace et du temps

De la griffe et du vent

Du sang et des grimaces

De l’homme qui s’en va

Et qui ne revient pas

 

Je crois redevenir

Cet éternel enfant

Qui riait vaguement

Dans les eaux maternelles

Et dont les mouvements

Harmonieux et dansés

Etaient un friselis sur un rond ventre blanc

 

Et je sais que c’est là

Dans l’œuf originel

La matrice amoureuse

Le mystérieux Graal

Que je retournerai

Y rêver pour jamais

Mon songe éternité

 

 

 

Pour Le Casse-Tête de la Semaine de Lajémy,

Thème : Rêve Party

 

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 14:57

 

Fritillaire P

Quatre fleurs de fritillaire "oeuf de pintade" (Jeudi 17 mars 2011)

 

 

 

Dans le petit chemin où courent les poneys

Vers la peupleraie haute aux arbres clairsemés

J’ai vu la fritillaire pintade bien nommée

Sommeillante dans l’herbe humide et piétinée

 

Etrange campanule à la robe en damier

Pointillisme blanchâtre mauve violacé

Nom d’un cornet à dés et d’un gallinacé

Humble fleur solitaire au destin menacé

 

Dans le petit chemin où courent les poneys

Dans un galop rapide une fuite endiablée

J’ai vu la fritillaire et sa tige dressée

Sur le vert-de-grisé sa clochette inclinée

 

Fragile fritillaire au charme très secret

Eclose au mois de mars et morte au mois de mai

Tu ornes les sentiers tel un rose collier

Mais ton parfum discret est bien empoisonné 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                    Poneys PLes poneys dans la peupleraie (Jeudi 17 mars 2011)

 

 

 

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 10:34

  pablo-picasso-mendiant-et-enfant

Mendiant et enfant, Pablo Picasso

 

 

 

Assis en tailleur

Devant les vitres

Brillantes et bruyantes

Du Monoprix qui crie

Sur sa couverture rapiécée

Effrangée et salie

Vieux bouddha oublié

Aux yeux demi-fermés

Il attend

 

Quoi ?

 

La piécette jetée

Dans la sébile en fer

Le kawa clairet

Dans la tasse en carton

Le jambon périmé

Laissé sur le marché

La pomme rongée blette

Tombée dans la poubelle

Le filet d’eau glacée

Dans la douche cassée

Du froid foyer d’accueil

 

Sous son front

Le brouillard du vide

Dans ses yeux

Le trou noir de l’indifférence

Dans sa bouche

Le goût amer de la solitude

Sur sa peau

Les crevasses du manque et de l’oubli

Dans ses membres

La lassitude des errances

 

Le temps passe

Et repasse

Les gens passent

Et repassent

 

Lui

Il attend

La fin

De sa nuit

 

 

 

Pour Papier Libre de Juliette,

Thème : Attente

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 09:28

  Orion guidé par cédalion poussin

Orion aveugle guidé par Cédalion et Diane dans le ciel, Nicolas Poussin

 

 

 

Orion mon beau chasseur

Que t’est-il advenu

Toi le grand massacreur

Dans les forêts feuillues

 

Orion mon doux veneur

Pourquoi t’ai-je perdu

Toi l’époux de Sidé

Le fils d’Euryalé

 

Orion mon rabatteur

Amant de Méropée

Désiré par l’Aurore

Pourquoi m’as-tu quittée

 

  orion-et-diane

Orion et Diane, Giorgio Ghisi

 

Orion mon fin pisteur

Toi le marcheur marin

Des flots bleus le gardien

Où t’en es-tu allé

 

Orion mon géant fou

Toi qui fus aveuglé

Guéri par le Soleil

Et ses rayons dorés

 

Moi qu’on dit vengeresse

N’ai-je pas accepté

Qu’au lancer du rond disque

Tu oses me défier

 

  Image d'orion dans le ciel

Image d'Orion dans le ciel

 

Orion mon victorieux

Des animaux sauvages

Le perfide scorpion

Piqua-t-il ton talon

 

Moi qui fus chasseresse

Ton amante rivale

T'aurais-je de mes flèches

Criblé et transpercé

 

Orion  mon sauvage

Jalousé d’Apollon

Aurais-je été dupée

Et t’aurais-je tué

 

 orion constellation

Constellation d'Orion

 

Orion mon bel amant

Ah que le cœur me fend

Dans la nuit hivernale

Redeviens mon féal

 

Orion mon fier Orion

Attache ta Ceinture

Lève ton Bouclier

Ceins ton grand Baudrier

 

Orion  mon compagnon

Dans le ciel infini

Sans fin nous chasserons

Dans les constellations

 

  Orion nébuleuse

La nébuleuse d'Orion

 

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Catiechris : planètes, infini, poussières d’étoiles…

 

 

 

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 19:23

Rossetti Venus Verticordia 1864-8

Vénus Vericordia, Huile sur toile, Rossetti, Art Gallery and Museum, Bournemourh

 

 

 

Elle tient la pomme dans sa main pour toi,

Dans son cœur pourtant elle irait presque la reprendre,

Elle a un air songeur, ses yeux en quête

De ce qu’ils peuvent voir dans ton esprit.

 

Peut-être : « Regarde, il est en paix », dit-elle ;

« Hélas ! La pomme pour ses lèvres : le trait

Qui suit sa brève douceur en son cœur,

L’errance perpétuelle de ses pas ! »

 

Un instant son regard est suspendu et timide ;

Mais si elle donne le fruit qui contient son charme,

Ces yeux s’enflammeront comme pour son garçon phrygien.

 

Puis sa gorge d’oiseau tendue prédit le malheur,

Et ses mers lointaines gémissent comme un unique coquillage,

Et son bosquet luit des feux de Troie embrasée par l’amour. »

 

On sait que Rossetti réalisa quatre versions de ce portrait (huile, aquarelle…), dont cette huile est la plus célèbre (1864-1868). Elle représente la déesse de l’Amour, Aphrodite chez les Grecs, et Vénus chez les Romains. Le titre, Vénus Verticordia, est une des nombreuses épiclèses de la déesse, connue sous les noms d’Anadyomène, Amathusie, Cypris, Cythérée, Erycine, ou encore Acidale. L’adjectif latin "verticordia" signifie « qui change les cœurs ».

Cette toile est représentative du syncrétisme exprimé par le peintre dans nombre de ses tableaux. Il associe clairement la tradition païenne aux racines chrétiennes. Vénus (sous les traits d’Alexa Wilding, un des modèles favoris du peintre) est en effet représentée nue, en buste, portant une pomme dans la main gauche et une flèche dans la main droite. Si le fruit évoque bien évidemment Eve et le péché originel, il évoque aussi le jugement de Pâris. Invité par Aphrodite, Athéna et Héra à remettre « la pomme de discorde » à la plus belle déesse de l’Olympe, le fils de Priam et d’Hécube choisit Aphrodite, qui lui permit d’enlever Hélène, la femme de Ménélas. On sait que cet amour fut à l’origine de la guerre de Troie. Par ailleurs, la flèche est l’attribut de Cupidon, dieu de l’Amour, fils de Mars et de Vénus, habile au maniement de l’arc dès son plus jeune âge. Les papillons jaunes, disposés dans l’orbe de l’auréole, sur la flèche et la pomme, symbolisent la métamorphose vers l’amour le plus pur mais, sans doute, aussi l’inconstance de la femme.

On raconte que la plupart des amis du peintre n’aimèrent pas le tableau, trouvant pour certains que la chevelure ressemblait à une vilaine perruque. Selon Waugh, le biographe de Rossetti, Valpy, un de ses principaux acheteurs, refusa de l’acheter à cause de la nudité du personnage.

Le tableau séduit particulièrement par le travail sur les roses et le chèvrefeuille, dans l’éclat rouge de leur floraison. Rossetti aurait dépensé des fortunes pour se procurer les fleurs, exigeant à chaque fois les plus épanouies.

Ruskin, quant à lui, fut choqué par la sensualité de la toile mais sa pudibonderie l’empêcha de la dénoncer précisément. Il préféra critiquer la vulgarité des fleurs. Mais, ainsi que le dit alors Graham Robertson dans une lettre à un ami : « S’il fallait écouter les ragots que l’on colporte sur les fleurs, le jardinage deviendrait tout simplement impossible ! »

Toujours est-il que les nuances de rouge et de rose de la bouche fermement ourlée, de l'aréole des seins et des doigts, les dégradés d'orange et de jaune de la pomme, de l'auréole et des papillons, l'éclatant blond vénitien de la chevelure, l'éclat laiteux de la peau, confèrent à cette Vénus émergeant d'une conque de fleurs une aura sensuelle, dont on ne s'étonnera pas qu'elle ait pu choquer les Anglais du siècle victorien.

 

  Dante Gabriel Rossetti Alexa Wilding 1866

   Portrait du modèle Alexa Wilding (1866), Rossetti

 

 

Sources :

http://www.theearthlyparadise.com

Dante Gabriel Rossetti, Ash Russel 

 

 

 

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 16:54

 

Hortus conclusus P

 

 

Indolents

Les papillons

Voltigent

Sur

 La sauge mauve

Les hortensias roses

La glycine parme

Silencieuse

Je descends

 Vers la porte secrète

Et bleue

 

  Hortus conclusus porte bleue P

 

 

 

 

Pour ma première participation à la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Deux photos du chemin qui mène à la cave sous le jardin.

Thème : Jardin secret.

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 23:28

  Black swan allo ciné

  Nina, le cygne noir (Natalie Portman) , Photo Allo-Ciné

 

Voilà un film dont le thème était prometteur et que j’avais très envie de voir. D’où vient pourtant que j’en suis sortie avec un sentiment de déception que j’aimerais essayer de formuler ?

Le film est une adaptation d’un livre de Andres Heinz, qui raconte la rivalité entre une comédienne et sa doublure à Broadway. Le script original était d’ailleurs intitulé La Doublure (The Understudy). Darren Aronofsky, le réalisateur, témoin de la formation éprouvante subie par sa sœur ballerine, a transposé l’intrigue  dans l’univers du City Ballet de New-York. Ce monde de la danse, peu évoqué au cinéma, était donc une des premières raisons de mon intérêt. D’autant plus que, partant du premier scénario, le scénariste Mark Heyman y a intégré l’intrigue du Lac des Cygnes de Tchaïkovski, ballet mythique qui n’a cessé de faire rêver. Il a aussi souhaité y mettre en relief le thème de la dualité, de « la peur de voir quelqu’un vous voler votre propre vie », un autre sujet d'intérêt.

On connaît la tragique histoire d’Odette, transformée en cygne blanc par le magicien von Rothbart, et dont s’éprend le prince Siegfried. Lors du bal organisé pour son anniversaire, le prince est abusé par la fille du sorcier, Odile, toute vêtue de noir, et sosie d’Odette. Il lui promet le mariage. La fin de la chorégraphie varie selon les différentes versions du ballet. Darren Aronofsky a choisi celle où la déclaration d’amour de Siegfried à Odile condamne Odette à demeurer un cygne à tout jamais : elle se suicide en se jetant dans les eaux du lac.

Cette tragique histoire est habilement renouvelée par le réalisateur, qui met ici en scène la tragique quête de réussite de Nina (Natalie Portman), une jeune ballerine trop sage, trop appliquée, qui veut tout maîtriser. Mais comme le dit le chorégraphe Thomas Leroy (Vincent Cassel) : « La maîtrise n’est pas la perfection. » Elle voit pourtant ses rêves se réaliser, lorsque le maître de ballet, après maints atermoiements, lui propose d’interpréter le rôle, emblématique pour toute danseuse étoile, de la reine des cygnes du célèbre ballet russe. A travers ce personnage fragile, Darren Aronofsky s’interroge sur le destin de tout artiste en quête de l'absolu de l'art. Il souligne ainsi cet aspect : « Nina recherche la perfection, mais la perfection ne peut exister que durant un bref instant, et comme tous les artistes, elle risque de se détruire elle-même en tentant de l’atteindre. Quand elle essaye de devenir le cygne noir, une chose sinistre et inquiétante se réveille en elle.»

 

black swan blanc

  Nina, le cygne blanc (Natalie Portman)

 

Cette face sombre de l’âme humaine qui se révèle chez Nina, cette interrogation sur l'identité profonde d'un être, voilà encore une dimension qui m'intéressait dans ce long métrage. Nina est demeurée une petite fille qui vit avec sa mère Erica (Barbara Hershey), parmi les ours en peluche et les boîtes à musique de l’enfance. Elle subit l’emprise castratrice de cette femme, désireuse d'accomplir en sa fille ses rêves de ballerine, jamais devenue étoile, mais qui la jalouse en même temps. Eternelle enfant, vêtue de gris pâle, de blanc, de rose, Nina se soumet à ses volontés et à sa protection étouffante. Erica, c’est un peu la mère de Norman Bates, dans Psychose de Hitchcock, film revu récemment sur Arte. Mais ici, qui est schizophrène de la mère ou de la fille ?

Très vite, en effet, l’on perçoit chez la jeune danseuse les signes inquiétants d’une personnalité qui se dégrade. Sous la pression du maître de ballet, qui veut faire naître en elle la sensualité inhérente au cygne noir, Nina se métamorphose insensiblement. C’est d’abord son corps qui révèle d’inquiétants stigmates : des griffures sanguinolentes dans le dos (Rosemary’s Baby n’est pas loin ! ), des ongles qui se fendillent et saignent spontanément, des orteils qui prennent une apparence palmée, une peau qui devient grumeleuse comme celle d’un volatile.

En parallèle de cette transformation morbide, le réalisateur s’attache à mettre en exergue les souffrances du travail quotidien de la danseuse : la torture des pieds dans les chaussons de pointe, la menace de l’entorse toujours crainte, le craquement des articulations, la maigreur qui creuse les traits. Le metteur en scène le précise lui-même : « L’histoire du catcheur (Mickey Rourke dans The Wresthler, un autre de ses films) ressemble à celle de la ballerine … [Ce sont] tous deux des artistes qui utilisent leur corps pour s’exprimer, qui redoutent de se blesser parce que ce corps est leur seul moyen d’expression. »  Quant à l'ancienne danseuse étoile Ghislaine Thesmar, elle confie : "... votre corps est un violon. Vous allez jusqu'à le torturer pour obtenir une arabesque." José Martinez, étoile atypique de l'Opéra, surenchérit ainsi : "Le corps parle au nom du danseur quand celui-ci ne parle pas. Et s'il ne parle pas, c'est parce qu'il est confronté à de nombreuses difficultés, la pression, la concurrence, la performance, la difficulté à dire qu'il ne peut pas, la peur de n'être pas à la hauteur..." Toutes choses que le film montre avec justesse.

La transformation psychique de Nina surtout se fait insidieusement. Car Nina a une rivale, Lilly (Mila Kunis), que Thomas Leroy a remarquée dans le corps de ballet, et dont il a vite jaugé la liberté sensuelle de la danse et la sexualité instinctive. Il attise la jalousie de Nina pour pousser celle-ci à donner le meilleur d’elle-même dans le rôle du cygne noir. Il la séduit et l’invite à découvrir son corps, jusque là verrouillé. En même temps, Lilly entame avec Nina une étrange relation , faite d’attirance et de répulsion, qui sera portée à son comble lorsque le chorégraphe choisira Lilly comme doublure de Nina. Darren Aronovski précise que « Mila Kunis joue Lilly comme une personne qui a tout ce dont rêve Nina ».

 black swan miroirs

  Nina : Qui suis-je ?

 

Mais tout ce que ressent Nina est-il la réalité ? Une part de la réussite du film tient sans doute au fait que le spectateur se trouve pris dans la subjectivité du personnage. Le regard du spectateur, ce sont les yeux de Nina. Dès le début du film, il est prisonnier des longs couloirs de métro, où Nina croise une jeune fille qui lui ressemble, des coulisses oppressantes du New-York City Ballet, où les autres danseuses la regardent avec envie, des méandres de son appartement, où s’affichent d’innombrables portraits de sa mère, et des miroirs sans fond des salles de répétition où elle se dédouble à l’infini.

Il faut reconnaître que Darren Aronofsky joue en maître des glaces, essentielles au travail des danseuses, et dans lesquelles Nina découvre sans cesse son reflet démultiplié. La mise en abyme de son personnage s’opère encore avec celui de sa mère, son double raté, et avec celui de Beth McIntyre (Winona Ryder méconnaissable), la danseuse étoile, au visage défiguré par la jalousie, à laquelle elle succède. Car le film est aussi une réflexion sur le vieillissement des artistes, et particulièrement des danseuses, quand leur âge les contraint à sortir de scène, "sur la pointe des pieds".

 

Black swan chorégraphe

Nina et Thomas Leroy, le chorégraphe (Vincent Cassel)

 

Caméra à l’épaule, au plus près des mouvements de Nina, dans un style heurté, violent et instable, le metteur en scène nous entraîne au cœur onirique de la course folle d’une danseuse hallucinée. « [Il] saisit de près [son] énergie, [sa] sueur, [sa] douleur et [son] talent. » Au rythme de la musique obsédante créée par le compositeur Clint Mansell, qui associe dans un subtil équilibre des couleurs sombres et inquiétantes à la partition de Tchaïkovski, Nina perd ses repères, Nina rejette sa mère, Nina découvre le plaisir du corps : de cygne blanc qu’elle était, Nina devient cygne noir.

Il faut reconnaître que la fin du film est magnifique, particulièrement dans le final dansé du Lac des cygnes. Peut-être est-ce dû à l’alchimie entre Natalie Portman et Benjamin Millepied (le Prince), tombés amoureux l’un de l’autre au cours du tournage. On y voit en effet Nina, sublimée par la danse, qui se métamorphose peu à peu en cygne noir, girant et tournoyant sous les projecteurs aveuglants de la scène. A l’acmé de son art, ayant accepté (et tué) la part d’ombre qui gît en elle-même, elle danse comme elle n’a jamais dansé et ne dansera jamais plus. Elle devient réellement Odette et son destin sera le sien.

Alors, me dira-t-on, pourquoi ce sentiment de déception ? Peut-être est-ce dû au fait que le metteur en scène a été trop prolixe. Qui trop embrasse mal étreint. Il a voulu faire un thriller psychologique mais les éléments « gore » (par exemple la scène finale dans la loge entre les deux danseuses) et les passages grand guignolesques (la scène d’amour entre Lilly et Thomas Leroy, transformé en sorcier à plumes) me semblent y être trop prégnants. Quant aux scènes de masturbation de Nina devant sa mère et de fantasmes entre Nina et Lilly, leur tonalité « trash » détonne vulgairement et, selon moi, n’ajoute rien à la compréhension de l’évolution du personnage. L’aspect manichéen de l’ensemble (le noir et le blanc, le rouge et le noir), l’insistance répétitive de certains symboles (le couteau, le sang qui dégoutte), le jeu parfois outrancier de Barbara Hershley, les roulades des yeux outrageusement charbonneux de Mila Kunis, alourdissent inutilement une intrigue, par ailleurs très bien structurée.

Analyse de la complexité de l’âme humaine, réflexion sur le danger mortifère de l’identification d’une artiste à un rôle, description d’un cas de dédoublement de la personnalité, Black Swan est un film qui ne laisse pas indifférent. Chant du cygne d’une danseuse au sommet de son art, on conviendra, en dépit de ces réticences, que ce n’est certes pas le chant du cygne du réalisateur Darren Aronovski.

 

 

Sources :

Site Allo-Ciné : Black Swan

"Tu danseras dans la douleur", Daniel Conrod, Télérama n°3187

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 17:12

  chapitre%208%20soir%20du%20deluge

Ombre et ténèbres au soir du déluge, Joseph Mallord William Turner, 1843, Tate Gallery

 

 

Le courage et la dignité du peuple japonais devant le cataclysme qui les frappe forcent l'admiration. J'ai écrit ces quelques mots en souvenir de ces milliers de victimes innocentes.

 

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Par un après-midi ensoleillé

Un pêcheur ravaudait ses filets

Au bar l’on buvait du saké

Et des enfants chantaient

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Tout en bas des falaises

Tout au creux de la baie

La mer s’est retirée

Sur le sable ridé

Les poissons ont sauté

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Le dieu Shintô s’est réveillé

La mer a bouillonné

La mer a moutonné

La vague violente

La vague scélérate

La vague au blanc méchant

A soudain déferlé

S’est soudain déroulée

 

Irrésistible houle

Coulée inexorable

Avancée terrifiante

Mouvement diluvien

Enroulement de Titan

Monstrueux tourbillon

Hideux rouleau noirâtre

Grondement dément

Sur le port japonais

 

Là-bas à Minami-Sanriku

La vague folle a reflué

Les sirènes ont cessé

Les bateaux ont sombré

Les maisons sont cassées

Les vies se sont noyées

Et les mouettes pleurent

Sur un tombeau de boue

 

Ici bientôt

Les cerisiers

Seront en fleurs

 

Là-bas

A Minami-Sanriku

Nul ne les verra plus

 

En souvenir des victimes du séisme et du tsunami du vendredi 11 mars 2011

 

 

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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