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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 16:51

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                        Sur la dune d'Erdeven (Mai 2011)

 

Que j'aime

Quand tu poses

Frémissant virtuose

Ta main sur l'encolure

Des chevaux aux pâtures

Et que tes doigts écrasent

Les plantes des chemins

Libérant leur parfum

En surprenante extase

Et quand tu reconnais

Les oiseaux dans les haies

L'insecte minuscule

Sur son vert pédoncule

Et lorsque de profil

Tranquille et immobile

Tu contemples la mer

Aux vagues éphémères

 

Toi seul as su me dire

Le chant de l'oiseau-lyre

Le cri de la nature

Le vent dans la voilure

Des buissons et des arbres

Veinés comme des marbres

Toi seul m'as raconté

La lente création

La vive pulsation

Des êtres inconnus

Sous mes yeux apparus

Toi seul m'as déchiffré

Des feuilles et de l'écume

Du poil et de la plume

Les frissonnants secrets

 

Dimanche 10 juillet 2011

 

 

 

 

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 16:33

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       Une jeune communiante se hâte vers l'église San Mateo

                        (Tarifa, dimanche 26 juin 2011)

 

   

Il est unique

Le moment où

Les arbres font de l'ombre

Sur le trottoir gris de soleil

A onze heures du matin

 

Il ne reviendra pas

L'instant où

Dans sa robe de tulle

Et ses chaussures blanches

Elle court vers l'église

De San Mateo

En tenant sa robe d'une main

 

Il est éphémère

Le temps où

Elle entrera dans la nef

Aux senteurs d'encens et de lys

Aux vibrations des chants profonds

 

Elle est rare

Cette minute intense

Où la jeune noire

Immaculée

Va vers cette rencontre

Qui n'a lieu

Qu'une fois

 

A Tarifa, non loin de l'église San Mateo

11 h du matin, dimanche 26 juin 2011

 

 

 

 

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:38

  Couchée Ernst

                  Le jardin de la France, Max Ernst (1962),

                                        Huile sur bois

 

 

 

A droite, le ciel, à gauche, la mer.

Et devant les yeux, l’herbe et ses fleurs.

Un nuage, c’est la route, suit son chemin vertical

Parallèlement à l’horizon de fil à plomb,

Parallèlement au cavalier.

Le cheval court vers sa chute imminente

Et cet autre monte interminablement.

Comme tout est simple et étrange,

Couchée sur le côté gauche,

Je me désintéresse du paysage

Et je ne pense qu’à des choses très vagues,

Très vagues et très heureuses,

Comme le regard las que l’on promène

Par ce bel après-midi d’été

A droite, à gauche,

De-ci, de-là,

Dans le délire de l’inutile.

 

Robert Desnos, Bagatelles, 1930-1932

 

 

Blog en pause

 

 

 

 

 

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 14:02

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  Sur le mur d'une petite place de Tarifa (dimanche 26 juin 2011)

 

 

 

Au détour d’une rue

Bordant une placette

C’est une étrange fresque

 

Deux éphèbes drapés

Aux gestes très secrets

De la pourpre et la mer

Aux confins du mystère

Des animaux couchés

Tels des sphinx de bronze

Enigmatique songe

Une coupe de sang

Un objet menaçant

Le Minotaure

Et Anubis

Maléfice

Sacrifice

 

Et la Mort

Un décor  ?

 

Sur une place de Tarifa,

Dimanche 26 juin 2011

 

 

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 10:17

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                   Plaque votive dédicacée à la déesse Isis,

          découverte dans les ruines romaines de Baelo Claudia,

                   Bolonia, Espagne (mardi 28 juin 2011)

 

 

 

Dans les ruines solaires

Tout au bord de la mer

J’ai vu le sanctuaire

De la déesse-mère

Des empreintes par terre

Dans le beau marbre clair

Soudain me rappelèrent

Qu’on fêtait ses mystères

Même en terre étrangère

 

Dans les ruines de Baelo Claudia,

à Bolonia, mardi 28 juin 2011

 

 

 

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 19:54

 

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                   Ancienne charrue dans une cour du castillo

                  de Vejer de la Frontera (Jeudi 30 juin 2011)

 

 

Au fond du frais passage où l’on respire l’ombre

Dans la cour où le blanc éclate dans sa chaux

Une ancienne charrue sortie de la pénombre

Crie l’aridité dure de la terre du campo

 

A Vejer de la Frontera, jeudi 30 juin 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 16:58

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    Le castillo et la ville haute de Vejer de la Frontera, Andalousie

                                       (Jeudi 30 juin 2011)

 

 

 

Sous le fier castillo

Que conquirent les Maures

Dans les ruelles hautes

Eperdues de blancheur

Les ombres s’abandonnent

Par les portes ouvertes

Sur les patios en fleur

Les bleus azulejos

Le soleil tombe à vif

Mes jambes titubant

Sur le pavé ancien

La chaleur de l’Espagne

Bouillonne dans mon sang

 

A Vejer de la Frontera, jeudi 30 juin 2011

 

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 14:33

 

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          Plage et Pointe de Punta Paloma, Tarifa (Juin 2011)

 

Un coq aura chanté

 

Le levante lèvera légèrement les feuilles d’eucalyptus

 

Les lauriers roses et blancs trembleront sous le vent

 

La fleur de l’hibiscus frémira son pistil

 

Les doigts verts du caroube bougeront doucement

 

J’entendrai les clarines des vaches aux cornes fines

 

Le hennissement fou d’un cheval andalou me fera frissonner

 

Les enfants tournoieront totons tourbillonnants sur le kikuyu vert

 

La mer au loin là-bas gonflera mille voiles enflées comme sarouals

 

Les côtes de l’Afrique flotteront sur la brume

 

Le vent fou soufflera l’été à Tarifa

 

 

Villa Vista Duna, Tarifa, Juin 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 07:00

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Harbour Bridge, Sydney (Novembre 2008)

 

 

 

 

 

C’était en novembre

Et c’était l’été

De l’autre côté

Au port de Sydney

 

C’était en novembre

Comme on était loin

Comme on était bien

Et je m’en souviens

 

C’était en novembre

Toi comme un mirage

Près du bastingage

Sur les blancs nuages

 

C’était en novembre

Tu me souriais

Et tu me disais

Combien tu m’aimais

 

C’était en novembre

Sur le pont de fer

Dans l’autre hémisphère

Mais c’était naguère

 

On est en novembre

Loin de cet été

Le pont a rouillé

Tu m’as oubliée

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Entre Ombre et Lumière,

Thème du 28 juin 2011 : du ponton au viaduc : les ponts

 

 

 

 

 

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 09:49

  Paul Sérusier 1864-1927, Solitude musée des beaux arts de

         Solitude, Paul Sérusier, Musée des Beaux-Arts de Rennes

 

 

Chasseresse ou dévote ou porteuse de dons

La solitude est verte en des landes hantées

Comme chansons du vent aux provinces chantées

Comme le souvenir lié à l’abandon.

 

                      La solitude est verte.

 

Verte comme verveine au parfum jardinier

Comme mousse crépue au bord de la fontaine

Et comme le poisson messager des sirènes,

Verte comme la science au front de l’écolier.

 

                       La solitude est verte.

 

Verte comme la pomme en sa simplicité,

Comme la grenouille, cœur glacé des vacances,

Verte comme tes yeux de désobéissance,

Verte comme l’exil où l’amour m’a jeté.

 

                        La solitude est verte.

 

Louise de Vilmorin, Rimes du cœur, in Poèmes

 

 

 

 

 

 

Blog entre parenthèses

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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