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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 16:47

  sphère jardin des délices bosch panneau central

Le Jardin des Délices (v. 1480 ou 1503-1504),

Détail du panneau central du tryptique, Hieronymus Bosch,

Musée du Prado

 

Dans le jardin délicieux aux suaves couleurs

Parmi les fruits géants les bêtes monstrueuses

Un homme et une femme revêtus de blancheur

Sont assis tous les deux dans la sphère harmonieuse

 

Ils sont là innocents les amoureux mythiques

Dans la matrice ronde fragiles embryons

Dans la douceur tiède sereins et impudiques

Ignorants de la Faute et de la Damnation

 

Et ils ne savent pas les amants archaïques

Que sur le palmier vert est tordu le Serpent

Qui les fera sortir de leur œuf idyllique

Et les enlacera jusqu’à la fin des temps

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème : Sphères

 

 

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 18:05

  Corbeaux

  Les corbeaux dans le noyer devant ma fenêtre

 

 

Dans le vert du noyer ce sont les noirs corbeaux

Nichant en colonies dedans leur corbeautière

Aux plumes métalliques aux appels sépulcraux

Messagers de la mort augures légendaires

 

Dans le vert du noyer ce sont les puissants freux

Voletant en grand nombre et leur croaillement

Les oiseaux de la nuit lourds et mystérieux

Chargés du mauvais sort depuis la nuit des temps

 

Dans le vert du noyer ce sont les grands choucas

A la robe bleuâtre qui aiment la parade

S’abattant sur les branches avec un grand fracas

Terrifiant le feuillage en vives escouades

 

Dans le vert du noyer ce sont les mal-aimés

De ce monde ignorant qui pourtant apportèrent

Sur l’ordre du Seigneur le pain pour subsister

A l’ermite Isaïe quand il fut au désert

 

 

 

 

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 15:50

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Saint-Sulpice de Rou, la façade au sud

 

Après l’église Sainte-Croix de Marson, et en ce lundi de Pâques, je voudrais vous faire découvrir l’église Saint-Sulpice de Rou, sa petite sœur. Rou et Marson ne sont-elles pas jumelées depuis bien longtemps ?

La petite église de Rou, le bourg cité comme étant le plus ancien (Ecclesia de Ruu, Liv. N, ch. 57 et or.), est nommée dès le Xe siècle. Elle présente encore de beaux vestiges de la construction du XIe siècle.

De plan rectangulaire, légèrement brisé par l’inclinaison symbolique du chevet, elle offre une nef unique, dont les murs en petit appareil sont éclairés vers le nord-est de trois petites fenêtres romanes en plein cintre, datées du XIe siècle. Le portail et toute la façade sont du XIIIe siècle, ainsi que le chœur et le clocher. Le pignon nord-ouest se prolonge d’un couronnement percé de deux baies, dont une avec justement le clocher. A l’intérieur, on pouvait admirer quatre statues de bois du XVe siècle. Le grand autel porte la date de sa construction : 1751. A l’entrée du chœur se trouve la tombe, servant de marche, du curé Samson, mort le 3 avril 1663. Hercules de Launay, seigneur de Rou, qui épousa Suzanne Leroux de la Tour de Ménives, le 26 juin 1661, fut inhumé dans cette église, le 29 octobre 1702.

Le lundi de Pâques de l’année 1921, un 28 mars, Mgr Joseph Rumeau, évêque d’Angers, en grand arroi, vint baptiser les deux nouvelles cloches ; elles avaient été en partie financées par les propriétaires du château de Marson, M. et Mme Fricotelle. Elles avaient été fondues par MM. Bollée, d’Orléans, en 1920.

s’appelait Marie-France. Elle remplaçait dans le campanile une vieille sœur nommée Marcelline et fondue par Mabilleau, à Saumur, en 1833. Quant à Mi, elle se prénommait Marie-Madelon.

 

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Saint-Sulpice de Rou, avant restauration

 

La Semaine Religieuse de l'année 1921 a rapporté la cérémonie du baptême des cloches. En voici les premières lignes : « Peut-être, cher lecteur, ne savez-vous pas où se trouve Rou-Marson. Alors regardez sur la carte : à moitié chemin environ entre Saumur et Doué, vous trouverez Rou d’abord et ensuite Marson ; de là vient Rou-Marson. C’est une petite paroisse du Saumurois, humble comme la violette, qui ordinairement ne fait pas parler d’elle ; mais le lundi de Pâques, il n’en fut pas de même. De Saumur, de Saint-Florent, des Ulmes, de Distré, de Verrie, on s’y rendait en foule. « Vous allez sans doute à Rou, au baptême des cloches, se disaient les bonnes femmes. – Oui, et vous aussi. – Mais oui. –Eh bien, alors nous ferons route ensemble… »

L’église Saint-Sulpice a été restaurée récemment grâce au lancement d’une souscription et à la Fondation du Patrimoine ; mais, en ce lundi de Pâques 2011, les cloches n’ont pas sonné à Rou. Où sont les Pâques fleuries et carillonnées de notre enfance ?

 

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Saint-Sulpice, vue du Chemin des Marais

 

Sources :

 Les Carnets du Patrimoine, Les Guides Massin

Le Bulletin Paroissial de Rou-Marson, n° 8, août 1917, n°10, octobre 1917, n°12, décembre 1917, n°53, mai 1921

 


 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 18:12

 

Busnel assis

 

Jeudi 21 avril 2011, à La Grande Librairie, François Busnel s’interrogeait sur l’autobiographie.  Comment écrire sur soi ?  Comment écrire sur sa famille ?  Qu’en est-il des dommages collatéraux ? Pourquoi l’écriture est-elle toujours plus forte que la raison ?  

Pour tenter de répondre à cette question, il avait rassemblé quatre écrivains : Annie Ernaux (L’autre fille), Lionel Duroy (Colères),  Philippe Grimbert (Un garçon singulier), Antoine Audouard (Le rendez-vous de Saïgon).

D’emblée deux exemples sont venus poser la question de l’intérêt de l’autobiographie. Lionel Duroy a raconté comment un chauffeur de taxi lui avait dit, pendant une course, qu’il ne voyait pas qui pouvait être intéressé par l’histoire d’un narrateur né dans une famille de onze enfants, alors que lui-même est né dans une famille qui en comporte neuf. Lionel Duroy s’était reconnu  là avec son roman Le Chagrin. A cela Annie Ernaux répondait qu’une de ses lectrices lui avait dit qu’elle l’enviait de posséder les mots pour raconter sa propre vie. « J’aime lire des vies », lui avait-elle dit. Et Annie Ernaux d'affirmer que cela fait du bien à pas mal de gens de lire un auteur qui sait écouter l’enfant qu’il a été.

 

Philippe grimbert

Philippe Grimbert

 

Dans Un enfant singulier, Philippe Grimbert, écrivain et psychanalyste, met en scène un narrateur, Louis, dans les années 70. Répondant à une petite annonce, il part en Normandie, à Orville, afin de s’occuper d’un adolescent singulier, un enfant autiste. La rencontre entre Louis, le garçon à part et sa mère sera cataclysmique. En effet, cette dernière se voit dans l’obligation de faire le choix entre son œuvre (elle écrit des romans érotiques) et son fils. Dans cette relation d’amour destructrice, qui, de la mère ou du fils, a détruit l’autre ?

C’est la forme romanesque qui s’est imposée à l’écrivain pour évoquer l’histoire de sa vie, qu’il tient ainsi à distance. Selon lui, le roman est le mieux à même pour raconter ce qu’on a vécu, tout souvenir étant par ailleurs reconstruction du passé. Dans cet ouvrage, Philippe Grimbert montre aussi la poésie de cette rencontre entre un narrateur, conditionné par une blessure mal refermée, et cet enfant pas comme les autres. La relation avec ce dernier est l’occasion d’un questionnement sur lui-même et elle le mènera aux portes de ce qu’il ne voulait pas voir.

L’auteur reconnaît qu’il a projeté beaucoup de lui-même dans le personnage de Louis. Il a éprouvé la nécessité de ce livre dont il a ressenti les incroyables exigences.

 

  annie ernaux

  Annie Ernaux

 

Pour Annie Ernaux, l’écriture de soi est essentiellement une recherche de la vérité, de ce qui nous construit, mais cela ne passe pas par la fiction. Avec L'autre fille, ce bref récit de soixante-dix pages, elle réfute l’idée que celui-ci expliquerait l’ensemble de son œuvre et qu’il en serait comme une clé explicative. Elle est opposée par ailleurs à toute lecture psychanalytique de ses oeuvres, ne laissant à personne le droit de lui inventer ses propres fantasmes.

Dans ce petit livre, elle raconte comment, à l’âge de dix ans, elle apprit fortuitement la mort d’une sœur ignorée, disparue à six ans de la diphtérie, "comme une petite sainte". « Elle était plus gentille que celle-là », dit la mère. Depuis, Annie Ernaux n’a pas oublié ce qui est devenu « comme une flamme à l’intérieur de soi ».

Elle a voulu élucider les effets de cette annonce en elle, et comprendre cette comparaison terrible. Et si elle n’en parla jamais à sa mère, c’est qu’elle était dans l’incapacité de le faire. On ne lui en avait pas parlé pour ne pas l’attrister  et elle avait reçu l’interdit en même temps que le récit. En parler à ses parents, n’aurait-ce pas réveillé leur douleur ?

Comment comprendre cela ? Elle dit à sa sœur : « Je n’écris pas parce que tu es morte ;  tu es morte pour que j’écrive. » C’est le choix de la vie. Annie Ernaux s’est inventé  l’idée qu’elle devait écrire parce qu’elle avait elle-même été sauvée (et sa sœur non) du tétanos. Elle s’est donc demandé ce qu’elle allait faire de « ça », pourquoi elle avait été épargnée, pourquoi elle. Et, à vingt ans, elle a décidé qu’elle écrirait.

Elle déclare que c’est la plus belle chose qu’elle puisse faire, écrire comme Virginia Woolf ou Simone de Beauvoir. Selon elle, « on peut mourir après avoir écrit un livre ». C’est bien cela qu’elle pense pendant le temps de l’écriture, même si, après, c’est moins vrai. Ainsi, elle a désespéré de jamais pouvoir terminer Les Années, pensant qu’elle n’y arriverait pas, car elle avait des soucis de santé.

L’autre fille est en fait une commande de son éditeur, qui venait de créer une nouvelle collection, Les Affranchis. « Ecrivez la lettre que vous n’avez jamais osé écrire », un peu dans la perspective de la Lettre au père de Kafka. Bien que détestant le genre épistolaire, elle a décidé d’écrire à cette sœur disparue. Cela a donc été la rencontre d’un désir et d’une forme. Annie Ernaux reconnaît pourtant n’être pas très satisfaite de l’emploi du « tu », ce pronom personnel instaurant une intimité qu’elle n’a jamais eue avec sa sœur.

Qu’est-ce qu’écrire se demande-t-elle. Comment trouver les mots ? L’enfant ne serait-il  pas à l’origine de l’écriture ? Enfant, elle-même se pensait le double d’une héroïne. Souvent, au moment du réveil, elle imaginait qu’elle était Scarlett O’Hara.

 

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Lionel Duroy

 

Avec son dernier opus, Colères, Lionel Duroy admet qu’il bouscule un interdit terrible. Car, si on écrit fréquemment sur ses parents, il est rare qu’on écrive sur son enfant. Déjà, ses œuvres précédente, Priez pour nous et Le chagrin, avaient provoqué un cataclysme familial, entraînant une brouille avec ses frères et sœurs, le divorce d’avec sa femme et des réactions violentes de son fils. En effet, ce dernier avait brûlé le manuscrit que son père lui avait envoyé pour qu’il le lise, puis il avait disparu de sa vie, lui laissant son passif, ses dettes. Alors, jusqu’où un écrivain peut-il utiliser des scènes vécues pour en faire de la littérature ?

Lionel Duroy confesse que l’écriture est pour lui une exploration de l’intime et que, par elle, il cherche sa voie de salut. Plus il écrit, plus il provoque de catastrophes, mais il se doit d’écrire sur ce qui est injuste, même s’il y a un prix très lourd à payer pour dire l’intime.

En captant son histoire familiale, il écrit pour dire comment on invente sa vie, tout en ne réinventant pas. Il s’efforce de comprendre au long d’un siècle ce qu’est une vie, dont les origines sont à trouver dans la Grande Guerre. Il lui suffit alors de tirer les fils.

Mais Lionel Duroy confesse que l’écriture fragilise. Il est immensément difficile de comprendre sa vie, c’est un travail quotidien, dans les ténèbres. Il faut « aller à l’os », ainsi que le dit François Busnel,  pour toucher l’intime. L’écrivain n’a pas échappé à la dépression, quand ses frères et sœurs (il appartient à une fratrie de onze enfants) lui ont tourné le dos.

Ecrire est une tâche noble, un moyen de résister à la mort. Il faut écrire pour riposter. Et même si cela occasionne la rupture avec un enfant, il faut continuer et écrire en toutes circonstances.

Si ce livre a fait trembler Lionel Duroy, il espère qu’un jour, son fils lui donnera la réplique. Et bien loin de se poser en victime, l’écrivain écrit simplement sur ce qui arrive. Il est satisfait d’avoir écrit ce livre, extrêmement tendu, en trois mois et dix jours. Le sujet lui a dicté une écriture particulière et il est la preuve que, même dans les pires catastrophes, même quand on chancelle, on peut continuer à écrire. Son œuvre est celle d’un artisan, qui se met à sa table de travail tous les matins.

A ne pas dire les choses, on meurt. Ce que fait Lionel Duroy est en quelque sorte une réponse à Rilke qu’il admire et à Annie Ernaux, qui est pour lui un modèle en littérature. Plutôt que de tourner en rond, c’est plutôt de creuser un sillon dont il s’agit. Inlassablement il revient sur des choses écrites il y a vingt-cinq ans, car le regard sur la vie change au fil des années. Et il faut du temps pour enfin être entendu.

 

antoine audouard

Antoine Audouard

 

Pour Antoine Audouard enfin, Le rendez-vous de Saïgon est une rencontre, à la fin de sa vie,  avec Yvan Audouard, « un père qui transmettait peu ».  C’est en quelque sorte une Lettre au père, qu’il qualifie d’ « écrivain mineur ». Il avoue que son père a toujours eu le regret de ne pas s’être pris au sérieux plus tôt. N’affirmait-il pas non sans ironie : « J’ai une admiration infinie pour l’œuvre que je n’ai pas écrite » ? Antoine Audouard a composé cet ouvrage dans un état de chagrin, avec l’envie de faire vivre un fantôme qui lui manquait affreusement.

C’est après un voyage au Viêt-Nam, où avait vécu son grand-père, officier dans l’armée coloniale, qu’il y emmènera son père (il y était né « par inadvertance »). Puis, après avoir écrit un roman, Antoine Audouard  demeurera auprès de son père malade. Pendant trois mois, il sera à ses côtés jusqu’à la fin, dans un expérience de vie extraordinaire, mais sans intention d’écriture au départ.

Dans ce livre, il raconte sa relation avec ce père dont il fut l’éditeur, et dont, lors d’un salon, il avait dit : « Je suis le père du lauréat ».  Hier soir, il a fait d’ailleurs un autre lapsus en disant : « On devient parents de ses enfants », au lieu de « parents de ses parents ». La preuve, sans doute, que cet ouvrage touche au plus profond  de la relation entre un fils et son père.

Ainsi, jeudi dernier, sans détours et sans fioritures, quatre écrivains nous ont dit que l'écriture de soi est toujours une écriture de la douleur.

 

 

 

 

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 15:13

  Miroir delvaux 2

Femme au miroir, Paul Delvaux.

 

 

Au miroir du silence

Factice transparence

Fallacieuse présence

Je me suis contemplée

Je me suis reflétée

Je me suis égarée

 

Etang de vains mirages

Une eau un marécage

Où j’ai cherché en vain

Le sens et le chemin

 

J’ai voulu déchiffrer

Les signes les secrets

Au tain divinatoire

Y lire mon histoire

 

Persévérant Narcisse

J’ai frôlé les abysses

Et naïve Psyché

Je fus illusionnée

 

Dans son tain imprécis

Mon âme inassouvie

Mon image inversée

Toujours il m’a dupée

 

J’aurais dû l’ignorer

J’aurais dû le cacher

Cet insolent miroir

Muet comme un grimoire

 

Et quand je m’en irai

Là-bas vers je ne sais

De moi ne restera

Qu’un visage en éclats

Une effigie défaite

Dans un miroir en miettes

 

Vendredi 22 avril 2011,

Pour le Casse-Tête de la Semaine de Lajémy,

Thème : le miroir

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 07:00

  La Sphinge 1906 Gustav-Adolph Mossa

                  La Sphinge (1906), Gustav-Adolph Mossa 

 

Notre pensée intime est  un vaste royaume

Dont le drame profond se déroule tout bas.

Toute chair emprisonne un ignoré fantôme,

Toute âme est un secret qui ne se livre pas.

 

Et c’est en vain, ô front ! que tu cherches l’épaule,

Refuge en qui pleurer, aimer ou confesser ;

L’être vers l’être va comme l’aimant au pôle,

Mais l’obstacle aussitôt vient entre eux se dresser.

 

Car au fond de nous tous, ennemie et maîtresse,

La sphinge s’accroupit sur son dur piédestal,

Et tout épanchement de cœur, toute caresse,

Soudain se pétrifie à son aspect fatal.

 

Sa présence toujours aux nôtres se mélange,

Sa croupe désunit les corps à corps humains ;

Au fond de tous les yeux vit son regard étrange,

Ses griffes sont parmi les serrements de mains.

 

Et lorsque nous voulons regarder en nous-même

Pour nous y consoler et nous y reposer,

La sphinge est là, tranquille en sa froideur suprême,

L’énigme aux dents prête à nous la proposer. 

 

                                                               Occident 

 

 

L’énigme du Sphinx n’a cessé de fasciner les philosophes, les poètes et les peintres. Expression du mystère que représente l’Homme pour lui-même et pour autrui, le Sphinx demeure cet être fabuleux qui gît en nous.

Epouse du savant orientaliste J.-C. Mardrus, traducteur des Mille et une nuits, Lucie Delarue-Mardrus (1880-1945) est l’auteur de plus d’une cinquantaine d’œuvres romanesques et poétiques. Personnage passionné, souffrant, sulfureux, elle demeure d’ailleurs une poétesse assez mystérieuse.

Ce poème est extrait d’Occident, une de ses premières œuvres. Dans cette suite de cinq quatrains de forme très classique, elle tente d’approcher la réalité de notre condition. Las ! Miroir de nous-mêmes, la sphinge, être monstrueux, demeure à jamais impénétrable.

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème : le mystère,

proposé par M'annette 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 13:06

 

Glycine rou 4

 

En ce mois d'avril printanier, dans mon village, c'est la floraison efflorescente des glycines en chapelet. A cette occasion, et pour célébrer leur beauté, je publie de nouveau un poème, que j'avais écrit il y a maintenant deux ans.

 

  Glycine Rou 2

   

Sur le mur de tuffeau

La glycine a jailli 

 

 

Glycine rou P 

   

En flamboyant taillis

Odorant incendie

Luxuriance sucrée

Aux senteurs vanillées

Sur les branches pleurantes

En grappes cascadantes

Dans les profonds feuillages

Orageux pallissage

Une poussée sauvage

En irradiances fauves

Violettes et mauve

 

 

  glycine rou 5 

 

Sur le mur de tuffeau

La glycine a flétri

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 07:41

  Dallage P

 

 

 

C’est un dallage rouge

Avec des joints qui bougent

Des tomettes carrées

Que le temps a rongées

 

Si je l’interrogeais

Dieu sait ce qu’il dirait

De tous ses habitants

Morts il y a longtemps

 

Il voudrait raconter

Quand le très vieil abbé

Allait s’agenouillant

Recueilli et priant

 

Il se rappelle bien

La femme au petit chien

Assise à son meneau

Derrière les vitraux

 

Et il frissonnait d’aise

Quand sa robe de braise

Caressait doucement

Sa peau froide en glissant

 

Il dit et il chuchote

Les souliers et les bottes

Qui laissaient sur sa joue

De la pluie de la boue

 

Il aimerait pourtant

Que revienne le temps

Des anciens villageois

Des beaux bals d'autrefois 

 

Sous les talons pointus

Les galoches têtues

Son vieux cœur rougeoyant

Tremblait infiniment

 

C’est un dallage rouge

Avec des joints qui bougent

Sur sa tomette usée

Moi j’aime bien marcher

 

 

 

Pour la communauté Entre Ombre et Lumière,

Thème proposé par Parisianne :

 Sous nos pas

 

 

 

 

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 07:53

  héron sur l'étang P

Héron au-dessus de l'étang de pêche de Rou (Samedi 16 avril 2011)

 

 

 

Des berges de l’étang

Dans un grand mouvement

Dans un grand bruissement

J’ai vu des pattes grêles

J’ai vu de vives ailes

Un bec comme une lame

Un volant oriflamme

Le vol lent et grisé

D’un beau héron cendré

 

 

  héron 3 P

  Héron dans le ciel, au-dessus de l'étang de pêche (Samedi 16 avril 2011)

 

 

 

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 07:00

 

   EDOUAR~1

  Jeune femme cousant à la fenêtre, Edouard Vuillard 

 

Ô  Vous les délaissée, Ô Vous les dédaignées

Celles qu’au grand jamais on n’aura regardées

Silencieuses et douces à la nuque penchée

Qu’aucune main virile n’aura su caresser

 

Qui n’auront pas connu le frisson amoureux

Ni les ardents émois des serments des aveux

Ni l’incendie du cœur quand le corps est en feu

Et que l’on est au bord d’un monde prodigieux

 

Oh Vous à la fenêtre tout au long de vos jours

Dans votre robe grise et vos tristes atours

Piquant et repiquant  un ouvrage au tambour

Attendant sans espoir l’amant le troubadour

 

J’ai souhaité qu’un soir dans le soleil couchant

Quand tout sera fini qu’il ne sera plus temps

Un rayon lumineux illumine un instant

Le dé d’or à vos doigts mélancoliquement

 

 

Pour Les Croqueurs de Mots,

Défi n°53 : les dés sont jetés,

Thème proposé par M’annette

 

 

 

 

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