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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 10:15

 charles-le-goffic-lannion buste jean Boucher

Buste de Charles Le Goffic à Lannion par Jean Boucher

 

 

Marguerite Philippe (Marc’harit Phulup) est une chanteuse et une conteuse bretonne de la fin du XIX° siècle. Voici comment la décrit F-M Luzel dans ses Gwerziou (*) Breiz-Izel, en 1874 : « Pèlerine par procuration de son état, elle parcourt constamment la Basse-Bretagne en tous sens, pour se rendre (toujours à pied) aux places dévotes les plus en renom. Partout où elle passe, elle écoute, elle s’enquiert et me rapporte fidèlement toutes les chansons, tous les récits divers, toutes les pratiques superstitieuses et les coutumes qu’elle peut recueillir ou observer dans ses voyages. Sa mémoire est prodigieuse, et je n’exagère rien en portant à deux cents environ le nombre de chants de toutes sortes et à cent cinquante le nombre des contes merveilleux et autres qu’elle connaît. Elle demeure au village de Pont-ann-C’hlan, en Pluzunet. »

Grâce aux soins de Mme Mosher, un tombeau lui fut érigé en 1910 dans le cimetière de sa localité. Et c’est Charles Le Goffic qui a composé ce sonnet pour l’inauguration du monument. La conteuse y apparaît telle une ruche poétique, grâce à qui se transmet la mémoire du peuple celte.

 

 

Marc’harit Phulup

 

A Mme Mosher

 

Elle était la légende en marche vers l’Histoire.

Tous nos vieux saint la connaissaient : Guévroc, Ildut,

Maudez, Efflam, par qui le fourbe est confondu,

Pas un dont elle n’ait révéré l’oratoire.

 

Un gwerz, là-bas, traînait aux flancs du Ménez-Du,

Dolent comme l’appel d’une âme en Purgatoire,

Et le vivant rouleau de sa souple mémoire

Enregistrait le gwerz aussitôt qu’entendu.

 

En elle, comme au fond d’une ruche sonore,

S’élaborait le miel d’un sublime folklore :

Mythes et chants s’élevaient d’elle par essaims.

 

O Marc’harit, témoin suprême du vieil âge,

Avec toi s’est couché sous l’if au noir feuillage

Tout un peuple de dieux, de héros et de saints.

 

En Bretagne, A Eugène de Ribier

 

* Dans la musique bretonne, la gwerz (mot breton (pluriel gwerzioù) signifiant ballade, complainte) est un chant racontant une histoire, de l'anecdote jusqu'à l'épopée historique ou mythologique. Les gwerzioù illustrent des histoires tristes ou tragiques (Source : Wikipedia.org/wiki/Gwerz

 

  Charles Le Goffic dessiné par Osterlind le 10 septembre 19

Charles Le Goffic dessiné par Osterlind en 1907 (Collection particulière)

 

 

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Jeudi 16 juin 2011

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 13:23

  Epouvantail

 

Je suis l’exclu le réprouvé

Vêtu de loques et de guenilles

Le rejeté le mal-aimé

Que le vent mord et déshabille

 

Je suis celui qui épouvante

Les doux oiseaux de la jeunesse

Une silhouette effrayante

Toute en rancœur et en tristesse

 

Sous mon rembourrage de paille

Mon vieil habit de croque-mort

Un cœur bat dans mon poitrail

Et sanglote malgré le sort

 

Ami qui passez près de moi

Ne vous fiez point à ma mine

Et à mes membres qui tournoient

C’est mon âme qu’on assassine

 

 

Texte écrit à l'intention de Suzâme, pour l'épouvantail de l'association C'est si bio, à Nanterre.

 

 http://suzame-ecriture.over-blog.com/article-monologue-de-l-epouvantail-76485075.html

http://www.jardinons-ensemble.org/spip.php?article725

 

 

 

 

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 15:13

indo mauricienne 2

Indo-Mauricienne à Port-Louis (Fin février 2010)

 

 

Le morne au loin là-bas dessine sa rondeur

Et le soleil accable les fins filaos verts

 

Il est midi à Port-Louis

 

Sous la guérite en tôle

La créole en sari

Au visage sévère

A posé son bouquet

Et entre ses deux jambes

Son paquet a glissé

De ses grands yeux pensifs

Perdus vers autrefois

Elle regarde au loin

Très loin vers l’intérieur

 

Les singes à Grand Bassin

Disputant les oranges

Les coupeuses en chapeau

Sabrant la canne à sucre

Son grand-père Tamoul

Qui traversa la mer

Jusqu’en Ile de France

Et elle entend les cris

Des esclaves marrons

Qui sautaient des falaises

Pour échapper aux chiens

 

Il est midi à Port-Louis

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Entre Ombre et Lumière,

Thème proposé par Erato :

Le regard

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 22:08

  Lys orange

Les lys sur le mur

(Photo ex-libris.over-blog.com, Dimanche 12 juin 2011)

 

 

Au tournant de la rue

Dressés sur le mur blanc

Elancés et vibrants

Flottaient les lys orange

Flammes de Pentecôte

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 17:24

  st andré des marins 1

Chapelle Saint-André-des-Marins, à Loon-Page (59)

(Photo ex-libris.over-blog.com, Vendredi 03 juin 2011)

 

 

Quand on arrive à Saint-André-des-Marins, là-bas vers l’embarcadère des ferries, au port de Loon-Page, on voit les griffes des grues et des portiques de manutention sur le ciel gris, on sent le vent et on devine la mer à cinq cents mètres.

 

st andré des marins 2

Les portiques de manutention à Loon-Plage

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

En contrebas de la route, dans un arc de cercle formé par des plantations desséchées par le vent, la chapelle que rêva le père André Delepoulle s’offre à la vue dans la simplicité bleue de ses trois containers made in China. C’est en effet l’ancien vicaire épiscopal qui est à l’origine de cette halte spirituelle, édifiée à l’attention des marins en escale. Et c’est en son honneur qu’elle porte son prénom.

Dans ce no man’s land, tout à côté du Seamen’s Club, dont les membres font la navette entre les quais et la chapelle, Saint-André-des-Marins dresse les 12 mètres de son clocher bleu, vissé verticalement sur un socle en béton, qui surplombent les deux autres containers. Le choix de ce matériau s’est imposé à l’architecte, Jérôme Soissons : le container n’est-il pas ce moyen si propre à établir le lien entre la terre et la mer ?

 

St André des marins

  L'autel de Saint-André-des-Marins

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

Son fils Raphaël a conçu le mobilier de la chapelle dans du bois de marine récupéré dans le port. Sur les murs crépis d’un jaune pâle, au-dessus de l’autel, une tenture bleutée est brodées des symboles des grandes religions, manifestant ainsi la dimension œcuménique du lieu. Quant au puits de lumière du clocher, il éclaire une mappemonde multicolore.

 

St André des marins puits de lumière

  Le puits de lumière du clocher de Saint-André-des-Marins

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

Née du désir d’un marin philippin qui souhaitait une escale spirituelle, réalisée grâce à l’opiniâtreté du père Delepoulle et à l’action des bénévoles qui récoltèrent plus de 60 000 euros pour son édification, cette chapelle, inaugurée en septembre 2010, est un lieu unique. Chaque samedi, le père Manu Langrand y célèbre un office où se retrouvent routiers polonais en partance pour l’Angleterre et marins de tous horizons.

 

St Andre des marins carte

La mappemonde sous le clocher à Saint-André-des-Marins

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

Et dans ce lieu, livré au vent de mer, où souffle l’Esprit, j’ai pensé à ce très beau poème d’Andrée Vivien :

 

Chapelle de marins

 

Voici le soir… Voici l’orage aux cris amers,
Et la foule s’assemble au fond de la chapelle
Où l’on cherche Marie et n’espère qu’en Elle.

 

O vaisseau qui se noie en l’abîme des mers,
O Dieu ! je cherche en vain l’ombre de la chapelle,


Voici le soir… Voici l’orage aux cris amers.

Et dans mon cœur sévit la tempête des mers !


O Dieu ! je cherche en vain l’ombre de la chapelle.
Marie ! – O lys très blanc, qui règnes sur la mer !

 

 

 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 07:00


suzanne-lenglen.jpg 

Suzanne Lenglen     

 

 

 

Sur les bords bleus du ciel

Là-bas près de la mer

Sur l'arène rouge et battue

D'une ville portuaire

Une femme au  geste vif

A relancé la balle

Une ellipse de clarté

Elevée vers le ciel pâle

 

Entre les nues et la terre

Le globe parfait est le lien

Et la joueuse déploie

En des gestes très certains

De beaux signes éphémères 

D'envolée et d'envergure

Gravant dans notre mémoire

Le souvenir d'une épure

 

Célérité et patience

Enthousiasme et élégance

Qualités d'un ancien jeu

Qui se joue comme une danse

La femme en son mouvement

Suit des yeux le soleil jaune

La vie est comme un terrain

Que l'on mesure à son aune

  

En un lieu géométrique

Ainsi vous m'apparaissez

Danseuse extraordinaire

Telle que toujours vous êtes

Et vous fûtes aux jours passés

Et le Temps se désespère

Il n'aura jamais de prise

Dessus vous ma svelte mère

Que la balle immortalise


 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots, Nounedeb propose le thème de la balle (Juin et Roland-Garros obligent !). C'est ainsi que je publie de nouveau ce poème, écrit en août 1995, à l'occasion des 70 ans de ma mère. Grande joueuse de tennis devant l'Eternel, elle ne cessa de fouler la terre battue qu'à l'âge de 84 ans. Ce texte lui rend hommage.


 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 07:25

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L'Eveil de l'humanité ou Le Soldat blessé (1875-1876), Auguste Rodin ,

place Rodin, rue Adrien Hébrard, Paris XVI°

(Dimanche 05 juin 2011) 

 

 

   

Humain

Trop humain

Dans la ville

Inhumaine

 

Seul

Fragile

Exposé

Abandonné

Délaissé

Vulnérable

Et nu

 

Il attend

Désespérément

Que tombe

Du ciel

Vide

 

La fiente

Gris-blanc

Du pigeon

Porte-bonheur 

  

Nous sommes tous

Cet homme-là

 

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Entre Ombre et Lumière,

Thème proposé par Françoise/ Soizig :

Gris-Gris, porte-bonheur et superstitions

 

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 07:00

 

orchidee 3 

 

En ce mardi 31 mai, le thème de la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière, est consacré à l'orchidée. Aussi publié-je de nouveau un texte que j'avais écrit en mai 2009.

 

A qui me demande d'où me vient ma passion pour les orchidées, j'aime à dire ce conte que me raconta un vieux moine bouddhiste au cours de mon premier voyage en Indochine.

C'était dans les temps immémoriaux, quand les dieux avaient commencé à descendre du Ciel et à devenir des hommes. La boîte de Pandore avait été ouverte et la cupidité, le mensonge, le meurtre et la violence brute s'étaient répandues dans les cœurs et les corps de ces demi-dieux. La Pangée commençait à se disloquer et les combats étaient acharnés entre les Princes qui se disputaient les continents à la dérive.

Dans un pays lointain, là où le Soleil se lève, vivaient deux Princes, du nom de Anh Dung et Anh Hào. Frères et jumeaux, aux yeux amandins, aux cheveux noirs comme l'encre des calligraphes, au teint de sable et de limon, ils aimaient en silence, d'un amour ardent et depuis toujours, la Princesse d'un royaume voisin. Longue et mince comme la liane du banian, Kiêu Diêm, c'était son nom, contemplait amoureusement de ses yeux verts aux couleurs de rizière les deux frères qui, pour elle, ne formaient qu'un seul amant.

Son père, le Roi Chân Ly, ordonna un combat singulier pour départager les frères rivaux. Si leur amour fraternel était profond, il n'avait cependant pas de commune mesure avec l'abîme de folie et de passion qu'ils éprouvaient pour Kiêu Diêm. En Princes de sang qu'ils étaient, ils acceptèrent le duel qui eut lieu auprès du Lac de l'Epée restituée.

Sous les yeux d'une noblesse avide de violence, sous le regard d'oiseau perdu de Kiêu Diêm qui jamais ne distingua les deux frères qu'elle chérissait d'un amour unique, la lutte fut sans merci.

Anh Dung et Anh Hào pratiquaient avec maestria l'art du . Ils cognèrent avec violence leurs bâtons longs, entrechoquèrent rageusement la lame brillante de leurs sabres, esquivèrent avec agilité la pointe effilée de leurs épées, s'arrondirent comme des serpents sous leurs fléaux et affrontèrent leurs lances pointues comme des dagues. L'issue du combat ne se dessinait pas quand, soudain, d'un geste imprévisible, Anh Hào sortit vivement d'une de ses bottes cuissardes ses Song Dao ou couteaux-papillons. D'un ample mouvement, il les lança sur les testicules de son frère jumeau qui furent tranchés net. Anh Dung s'évanouit dans la fontaine de son sang viril.

Epouvanté par l'horreur de son geste, sans un regard pour la femme qu'il aimait et à qui il renonçait sans retour, le vainqueur enfourcha son cheval Ngua Noi et disparut dans les forêts d'acajou et de teck. Jamais on ne le revit.

Quand Anh Dung le vaincu revint de son évanouissement, il ne reconnut pas le lieu où il reposait. Il se trouvait allongé au milieu d'un champ de fleurs multicolores qu'il n'avait jamais vues. Longilignes et racées, groupées en épis ou en grappes, exhalant un parfum subtil, elles dressaient avec élégance leurs pétales aux infinies couleurs, posés comme des oiseaux à l'extrémité de leurs longues tiges. Au-dessus de celui qui avait perdu son alter ego, se penchait le visage apaisé de Kiêu Diêm qui lui souriait comme sourit le Bouddha.

- Suis-je dans le Paradis de Jade ? demanda-t-il en caressant la main de son amie.

- Non, répondit la jeune fille, en lui offrant le Plateau des Cinq Fruits ; tu es dans le Jardin des Orchidées, les «fleurs de l'homme supérieur». De tes parties viriles, tombées en terre fertile, a surgi ce champ de fleurs innombrables qui vont ensemencer l'univers. Et chaque jour qui passera, j'en ferai des bouquets pour toi.


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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 07:00

  croix de chemin

  Croix de chemin à Rou (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

 

Lorsque je monte la petite rue où se situe ma maison, j’arrive à la lisière du village. Au carrefour, il y a cette fine croix de chemin, à la ciselure délicate, érigée sur son socle de pierre. Je ne sais quel fut son rôle exact. Fut-elle placée là pour exorciser la peur du carrefour, lieu de tous les dangers ? Est-ce une croix censée indiquer la limite du village ? Serait-ce une croix qui jalonnait le chemin des morts quand le convoi funéraire emmenait le défunt vers sa dernière demeure ?

Toujours est-il que, quand je passe devant elle à bicyclette, je pense à cette chanson de Louis Amade, chantée par Damia et Edith Piaf :

 

Mon Dieu qu’il y en a des croix sur cette terre

Croix de bois croix de fer, humbles croix familières

Petites croix d’argent pendues sur les poitrines

Vieilles croix des couvents perdus parmi les ruines

 

Et moi pauvre de moi j’ai ma croix dans la tête

Immense croix de plomb vaste comme l’amour

J’y accroche le vent j’y retiens la tempête

J’y prolonge le soir et j’y cache le jour

 

Et moi pauvre de moi j’ai ma croix dans la tête

Un mot y est gravé qui ressemble à souffrir

Mais ce mot familier que mes lèvres répètent

Et si lourd à porter que j’en pense mourir

 

Mon Dieu qu’il y en a sur les routes profondes

De silencieuses croix qui veillent sur le monde

Hautes croix du pardon dressées vers les potences

Croix de la déraison ou de la délivrance

 

Et moi pauvre de moi j’ai ma croix dans la tête

Immense croix de plomb vaste comme l’amour

J’y accroche le vent j’y retiens la tempête

J’y prolonge le soir et j’y cache le jour

 

Mais moi pauvre de moi j’ai ma croix dans la tête

Un mot y est gravé qui ressemble à souffrir

Mais ce mot familier que mes lèvres répètent

Et si lourd à porter que j’en pense mourir

 

 

Pour le Week-end du Petit Patrimoine de Hauteclaire.

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 14:15

 

l'attente delvaux

L'attente, Delvaux

 

 

 

Les pas


Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu'ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !... tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

 

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l'apaiser,
A l'habitant de mes pensées
La nourriture d'un baiser,

 

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d'être et de n'être pas,
Car j'ai vécu de vous attendre,

Et mon coeur n'était que vos pas.

 


                                                               Paul Valéry,

                                                     Poésies, Charmes

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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