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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 22:54

 Charles-Edward-Perugini-le-regard-en-arriere.jpg

Le regard en arrière, Charles Edward Perugini

 

 

En arrière de moi quand j’ai tourné la tête

J’ai vu la plage grise où je courais enfant

Sous mes pieds j’ai senti les vieux pavés glissants

Où seule je marchais le cœur à l’aveuglette

 

En arrière de moi sur un coteau doré

J’ai revu ces journées où le temps s’éternise

Quand votre vie hésite malhabile indécise

Au seuil d’une existence sans liens et sans passé

 

En arrière de moi ont jailli les visages

Des enfants lumineux de ma maternité

Sous la toise du mur le crayon des années

De ceux-là qui me sont mon plus doux apanage

 

En arrière de moi des millions de secondes

Eurydice figées que mon regard désarme

Habitées par l’amour les rires et les larmes

Un temps si minuscule en l’infini des mondes

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème : rétro

 


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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 22:02

 Vers rêvés couverture


Sous le voile safran de la robe des muses

Etincelles d’instants en mots cristallisées

Voici mes Vers rêvés

 

"Il y a toujours un rêve qui veille", écrit Louis Aragon dans Les yeux d'Elsa. C'est en pensant au fou d'Elsa, mais aussi à Nerval et à ses Vers dorés, que j'ai choisi ce titre pour ce recueil de soixante poèmes, publié chez Mon Petit Editeur.

link

 

 

 


 


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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 23:42

 

1112 ENCHANTED ISLAND nick heavican

      Prospéro (David Daniels) et Sycorax (Joyce DiDonato)

(Photo Nick Heavican, Metropolitan Opera)

«C’est dans La Tempête que Shakespeare affirme que « nous sommes faits de la même étoffe que les songes… » et, samedi  21 janvier 2012, la retransmission de The Enchanted Island au Met nous a réellement entraînés dans un rêve enchanté.

C’était pourtant une gageure que la réalisation de cet opéra-pasticcio, créé de toutes pièces à partir d’airs baroques, assemblés par William Christie et Jeremy Sams, ce dernier en étant le librettiste. Peter Gelb, le directeur général du Metropolitan Opera souhaitait en effet en élargir le répertoire avec des moyens séduisants, tout en présentant les joyaux du siècle baroque. Jeremy Sams et William Christie ont  répondu remarquablement à son attente. Le metteur en scène Phelim McDermott a orchestré le tout de main de maître. La création de l’opéra a eu lieu le 31 décembre 2011.

Pour réaliser cette œuvre, Jeremy Sams, a utilisé la technique du pastiche, très prisée aux XVII° et XVIII° siècles. Ce style musical raffiné consiste à utiliser la musique d’opéras existants, en lui associant un nouveau livret, de manière à créer une œuvre nouvelle. Pour ce faire il a écouté nombre de musiques créées entre 1650 et 1750, dont La Tempête ou l’île enchantée de Dryden et Purcell et la quarantaine d’opéras de Haendel. Il a eu la révélation des cantates italiennes de ce dernier et a redécouvert ses chefs-d’œuvre de jeunesse. Il a été sensible au lyrisme douloureux de Vivaldi dont il a utilisé neuf arias. Il est redevable à Rameau pour le ballet onirique de l’acte II et s’est servi des cantates françaises de Leclair, remplies de sorcières.

Le livret a été rédigé en anglais, avec des rimes autant que possible, afin que l’ensemble soit accessible au plus grand nombre. Le librettiste est d’ailleurs très reconnaissant envers Plácido Domingo d’avoir accepté l’invitation de Peter Gelb de chanter au Met. « C’est comme ça que le rôle de Neptune est né. Et il m’a bien servi pour l’histoire », précise Jeremy Sams.

the enchanted i sland-décor

Le décor de la mer imaginé par Julian Crouch

William Christie, le maître du baroque, a pour sa part sélectionné arias, cantates, airs d’opéras et passages orchestraux de Haendel, Vivaldi, Rameau, Ferrandini, Campra ou encore Jean-Marie Leclair, qu’il assemblés. Les mélomanes auront reconnu par exemple « Endless pleasure, endless love », extrait de Sémélé de Haendel, l’ouverture d’Alcina  et « Un pensiero nemico di pace » de la cantate Il Trionfo del Tempo a del Disinganno du même, ou bien encore « Ah ch’infelice sempre » de la cantate Cessate, Omai Cessate de Vivaldi. Le célèbre chef d’orchestre a aussi travaillé de manière particulièrement efficace avec les membres les plus jeunes de l’orchestre.

Quant à l’intrigue du livret en deux actes, elle est librement inspirée de La Tempête de Shakespeare. Dans le rôle-titre, on retrouve Prospero (David Daniels, contre-ténor), le duc de Milan, exilé depuis seize ans avec sa fille Miranda (Lisette Oropesa, soprano) sur une île lointaine par son frère Antonio. Dans sa bibliothèque (située à jardin), il s’adonne à la magie. Il est l’objet de la vindicte de la magicienne Sycorax (Joyce DiDonato, mezzo-soprano), dont l’antre dans la forêt est situé à cour. Alors qu’elle n’est que citée dans La Tempête, elle est ici un personnage essentiel, sorte de double inversé de Prospéro. Ce dernier l’a aimée autrefois puis il lui a ravi son île. Il lui a de plus enlevé son génie des airs, Ariel le bien nommé (Danielle de Niese, soprano colorature) et a fait de son fils Caliban (Luca Pisaroni, baryton-basse) son esclave.

Devinant qu’un navire transportant le roi de Naples et son fils le prince Ferdinand (Antony Roth Constanzo, contre-ténor) navigue aux abords de l’île, Prospero charge Ariel (en échange de sa liberté) de provoquer son naufrage car il destine le prince à sa fille Miranda. Caliban ayant surpris ce projet en avertit sa mère Sycorax. Elle lui commande alors de substituer au sang de dragon, particulièrement efficace pour les philtres, le sang d’un lézard. Toute la suite des événements va découler de ce geste fatal.

Comme dans Le Songe d’une nuit d’été, pièce à laquelle sont empruntés aussi de nombreux éléments, on retrouve le thème du philtre magique qui trompe les deux couples d’amants Helena (Layla Claire, soprano) et Démétrius (Paul Appleby, ténor) et Hermia (Elizabeth DeShong, mezzo-soprano) et Lysandre (Elliot Madore, baryton). Et tout comme Titania se réveillant amoureuse d’un homme à tête d’âne, Helena ouvrira les yeux sur le monstrueux Caliban dont elle tombera amoureuse. Il en va de même pour Miranda qui aimera successivement Lysandre et Démétrius. La forêt magique dans laquelle vont se dessiller les yeux des amoureux est inspirée directement du Songe.

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Ariel (Danielle de Niese) et Neptune (Placido Domingo)

(Photo Metropolita Opera)

Grâce à l’intervention du dieu marin Neptune (Plácido Domingo, ténor) qui retrouve Ferdinand et lui permet de débarquer sur l’île, Miranda et le prince vont enfin se rencontrer et s’aimer. Quant à Prospero, sur la demande instante du dieu, il se repentira de ses fautes auprès de Sycorax qui lui accorde son pardon, tandis qu’elle redevient maîtresse de l’île.

Julian Crouch le décorateur a particulièrement bien restitué cette atmosphère de féerie et de surnaturel, propres aux deux pièces de Shakespeare. S’y mêlent harmonieusement le monde mythologique représenté par Neptune, celui des airs symbolisé par Ariel, l’univers des forces obscures de Sycorax, la magie de la métamorphose, notamment dans la danse des grotesques du cauchemar de Caliban. On admirera le magnifique décor végétal de la forêt, qui se transforme au gré des scènes en lieu idyllique et fleuri où se découvrent les amants ou en bois obscurs et inquiétants où s’enchevêtrent les branches.

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Décor de la tempête réalisé par Julian Crouch

On sera sensible à l’emploi des moyens techniques classiques, tels les vagues de la tempête découpées à l’ancienne et les paysages peints, associés à des ressources techniques des plus sophistiquées, telles ces magnifiques images vidéos qui se transforment. C’est tout le merveilleux d’un opéra qui donne à voir la terre et le système des planètes, conférant ainsi à l’histoire une profondeur insoupçonnée.

L’atmosphère baroque, si friande en deus ex machina, est particulièrement bien rendue lors de l’apparition sur son coquillage géant de Neptune en dieu marin brandissant son trident. On voit alors s’élever vers les cintres quatre sirènes nageant au-dessus de lui, tandis que les visages de nombreuses Néréides émergent d’entre les tentacules d’un poulpe.

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Caliban (Luca Pisaroni)

(Photo Metropolitan Opera)

Kevin Pollard a réalisé de superbes costumes pour les personnages, dont celui de Caliban, des plus remarquables. Comme il le reconnaît lui-même, c’est une véritable performance pour Luca Pisaroni de chanter revêtu de cette fausse carapace, de ces poils animaux, de ce carcan qui lui enserre le cou. Quant à Sycorax, sa longue chevelure torsadée, ses plumes d’oiseaux, son ample costume aux formes de racines noueuses, en font un être hybride, en lien avec cette nature profonde sur laquelle elle règne. Quant au somptueux costume doré d’Ariel à la fin de l’acte II, il ne peut que faire penser à celui de Louis XIV dans Atys.

the enchanted island le rêve

La danse des grotesques de l'acte II

(Photo Metropolitan Opera)

Tout comme dans Satyagraha, les masques créés par Julian Crouch sont particulièrement impressionnants. Ce sont eux qui, dans une danse grotesque, viennent animer le rêve de puissance de Caliban, lequel se clôt sur la gueule béante des Enfers, sur laquelle plane l’ombre de Jérôme Bosch.

Suivant en cela la tradition des opéras baroques, le rôle-titre a été confié à un contre-ténor. Ce dernier ne pouvait être que le grand David Daniels, dont la prestation est tout en élégance et en puissance. J’ai particulièrement aimé, à la fin de l’acte I,  l’aria où il se désespère d’avoir créé le chaos sur l’île.

1112 enchantedisland)costume Ariel final smc julian crouch

Le costume d'Ariel

Il faut savoir que les rôles de cet opéra-pasticcio ont été conçus spécialement pour les chanteurs, qui ont donc eu à en créer toute l’interprétation, puisqu'il n'existait aucun précédent. Pour ce faire, Danielle de Niese dans le rôle d’Ariel, a songé à Puck, à Tinkerbelle, et elle est éblouissante de virtuosité, de vivacité, de pugnacité, de séduction aussi, dans le rôle de ce génie des airs aspirant à la liberté.

Joyce DiDonato et Luca Pisaroni, mère et fils dans l’opéra, ont dit le plaisir qu’ils ont éprouvé à chanter ensemble. Ils nous ont d’ailleurs donné un des plus beaux passages de l’opéra, quand Sycorax essaie de consoler Caliban, qu’Héléna a soudain abandonné. Ne lui explique-t-elle pas que les cœurs peuvent être rompus et que c’est une loi fatale de l’amour ?

Quant à Plácido Domingo, il dit avec humour avoir dû attendre ce cent trente-sixième rôle pour interpréter un dieu ! Comme à l’accoutumée, il est impérial ; à soixante-dix ans, sa voix n’a rien perdu de sa puissance.

Avec cette œuvre où s’entrecroisent les thèmes éternels de l’amour, du pouvoir et du pardon, c’est ainsi tout le Gotha du baroque qui a contribué à faire de ce qui n’aurait pu être qu’une « curiosité » un spectacle total et féerique, non dénué de profondeur.

 

Sources :

Le site du Metropolitan Opera

http://www.metoperafamily.org/metopera/enchanted-island-jeremy-sams.aspx

The Enchanted Island, Wikipédia

 

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 15:22

 

 Autoportrait.JPG

Sous le porche (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

Une ombre passe entre les hauts murs.

Sur le vieux miroir incliné, on devine une silhouette au front haut, comme celui des femmes sur les tableaux hollandais.

On me dit qu’elle porte un prénom de vierge martyrisée et de reine décapitée.

Au-dessus du porche au doux arrondi où, fidèles, reviennent les hirondelles, parmi les livres en désordre, elle lit et elle écrit.

Elle met ses pas dans d’autres pas, elle cueille la rose au rosier Pierre de Ronsard, elle frémit au roucoulement ininterrompu des tourterelles.

Les hauts cyprès lui rappellent les ruines ocrées de l’Italie ; les palmiers lui disent la Méditerranée d’où Il est venu.

L’écho affaibli des voix aimées lui parvient à travers les murs de tuffeau.

La lenteur est entrée en elle.

Au coeur d'elle-même, elle a trouvé sa demeure.

 

Ecrivez votre autoportrait dans un lieu qui vous ressemble, comme si l’on vous découvrait de l’extérieur ou comme si l’on vous rencontrait pour la première fois.

 

 


 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 16:13

 les rustre scenes et cines .fr

Margarita (Maryse Lefevbre), Felice (Florence Desalme),

Lucietta (Nayéli Forest), Marina (Sylvie Garbasi)

(Photo P. Leïva)

 

Les femmes doivent-elles être domptées comme des animaux sauvages ? C’est ce que laisserait à penser la mise en scène des Rustres de Carlo Goldoni, proposée par la  compagnie des Déménageurs Associés. Cette œuvre, considérée souvent comme le chef d’œuvre du dramaturge italien, et jouée vendredi 20 janvier 2012, salle Beaurepaire à Saumur, par une troupe pleine d’entrain, aborde le sujet de la domination masculine. On sait que, malgré les avancées du féminisme, il est, hélas, toujours d’actualité.

Cette comédie, écrite en dialecte vénitien, fut représentée pour la première fois en 1760. L’action se situe à Venise, pendant le carnaval. Le vieux Lunardo (Laurent Makles) a accordé en mariage sa fille Lucietta (Nayéli Forest) à Filipetto (Manu Dubois), le fils de son ami Maurizio (Philippe Escudié). Une des clauses de leur accord stipule que les deux jeunes gens ne se verront pas avant la cérémonie. Margarita (Maryse Lefevbre), épouse de Lunardo et belle-mère de Lucietta et Marina (Sylvie Garbasi), belle-sœur de Maurizio, à l’instigation de Félice (Florence Desalme), femme de Canciano (Philippe Calmon), ami des deux pères, organisent une rencontre entre les deux promis. Avec la connivence du comte Riccardo (Bruno Dubois), Filipetto, masqué et travesti en fille, s’introduit chez Lunardo, le soir où ce dernier a convié ses amis Maurizio, Canciano et Simone (Franck Douaglin), un autre « rustre », pour fêter le mariage convenu. Quand la supercherie est dévoilée, les deux pères veulent renoncer à leur projet. Au cours d’un vibrant plaidoyer en faveur de la condition féminine, Félicie les ramènera à la raison amoureuse et le mariage sera célébré.

A la demande du metteur en scène Jean-Louis Crinon, Maryse Lefebvre a réalisé l’adaptation de cette comédie de mœurs.  Elle y a travaillé dans le but de « faire oublier l’adaptation », en rendant celle-ci la plus moderne possible. Elle a donc cherché à « retrouver en français la vivacité d’une langue très imagée, très colorée, sans alourdir ». Le résultat est une langue « sans modernisme flagrant », fluide  et des plus crédibles. Elle a joué aussi sur le comique de répétition, avec des expressions reprises notamment par Lunardo et Margarita. Ainsi, cette dernière est affectée d’un tic langagier qui lui fait répéter un « Figurez-vous ! », que la comédienne souligne par un geste du doigt au-dessus de sa lèvre supérieure, et dont se gausse Lucietta.

les-rustres- photo théâtre le nickel

Lucietta (Nayéli Forest) et Margarita (Maryse Lefevbre)

(Photo Théâtre Le Nickel))

Le spectacle s’ouvre sur une scène éclairée par une lanterne de verre coloré, surplombant une cage aux fauves, sorte de filet, avec deux sas, l’un à cour et l’autre à jardin. Dispositif ingénieux pour représenter l’intérieur domestique des deux rustres, et autour duquel les masques du carnaval dansent et font de la musique. A l’intérieur de cet espace de cirque, les barbons affrontent leurs femmes et leur fille, essayant de les dresser, ainsi que le signifient les petits tabourets de différente hauteur, semblables à ceux sur lesquels sautent les fauves lors des numéros de dressage. Dans ce lieu confiné, on marche avec des patins, qui connotent une atmosphère domestique, conservatrice et patriarcale. Une jolie idée vraiment  que ce dispositif symbolisant l’enfermement des femmes, des rets qui  tomberont brutalement lorsque Félicie prendra avec éloquence le parti de ses congénères.

les rustres scenesetcines.fr P. Leïva rouge

Simone (Franck Douaglin), Felice (Florence Desalme),

Canciano (Philippe Calmon), Lunardo (Laurent Makles)

(Photo P. Leïva)

De temps à autre, une barque vénitienne jaune et bleue sur roulettes, poussée ou tirée à grand ahan par un gondolier, conduira les personnages d’une maison à l’autre. Côté jardin, des portants pour les vêtements que revêtent les comédiens selon leur rôle. C’est là aussi que, sur un banc, se tiennent les masques du carnaval, quand ils ne dansent pas autour de la cage. Tous les changements se font à vue, dans un esprit proche de celui de la commedia dell’arte.

les rustres scenesetcines.fr

Simone (Franck Douaglin), Marina (Sylvie Garbasi), Filipetto (Manu Dubois)

(Photo P. Leïva)

Les costumes ont été réalisés par Olga Papp dans des couleurs vives et acidulées, chaque famille possédant la sienne : bleu turquoise pour celle de Lunardo, orange pour celle de Simone, framboise pour celle de Canciano. La coiffe des femmes est surmontée de boules de couleurs qui font penser au bonnet des petits polichinelles pour enfants. Les hommes portent chapeaux turcs avec pompon et babouches, les costumes s’inspirant de la tradition méditerranéenne ou de celle des Balkans. Le jaune et l’orangé renvoient aussi à la couleur des fauves, de même que le costume de Simone qui est zébré comme le pelage d’un tigre.

L’ensemble contribue à créer une atmosphère moyen-orientale, aux lisières de l’Italie et de la Turquie. Celle-ci est rehaussée par la variété des instruments de musique ; du carillon à la mandoline en passant par les flûtes, le tuba, la guitare ou l’accordéon, ils créent un univers ludique et poétique, tout en ponctuant l’action. Les lumières de Patrick Flores servent superbement les allées et venues des masque musiciens, conférant à l’ensemble cette atmosphère de carnaval si particulière.

Goldoni a ici fait la part belle aux femmes et les comédiennes s’en donnent à cœur joie ! Marina et Felice ont le verbe haut et leur éloquence, jamais prise en défaut, en fait des porte-parole convaincants de la condition féminine. C’est avec un aplomb jamais démenti qu’elle cloue le bec aux hommes. Margarita, seconde épouse de Lunardo, regrette bien de s’être mariée avec un barbon tel que son mari et rejoint sa belle-fille Lucietta dans la lutte pour la liberté. Quant aux rustres, aux ours, complices dans l’art d’asservir leur épouse, prompts à interdire et à morigéner, ils manifestent bien peu de combativité quand la gent féminine leur tient tête.

les rustres scenesetcine.fr P. Leïva

Lucietta (Nayéli Forest), Lunardo (Laurent Makles), Margarita (Maryse Lefevbre)

(Photo P. Leïva)

L’intérêt de la pièce du maître italien (220 pièces en moins de 20 ans !) réside bien sûr dans ce tableau des rapports homme-femme à une époque où la société patriarcale est encore la règle. A mi-chemin entre Molière et Marivaux, Goldoni garde le dynamisme de la commedia dell’arte et le jeu des masques, en les associant à une comédie d’intrigue et en recherchant un certain réalisme dans les comportements des personnages. On sait que son réalisme sera considéré comme dangereux par Carlo Gozzi qui l’accusait d’être un auteur de « trivialités et bestialités poétiques ». Il sera encore critiqué par les tenants du théâtre baroque. C’est ainsi que fatigué et ulcéré par ces attaques, le dramaturge partira à Paris pour y soutenir la Comédie-Italienne, alors en mauvaise posture. Aveugle et indigent, il mourra à Paris le 06 février 1793.

A l’encontre du théâtre de Molière, qu’il considérait comme son maître, Goldoni n’est jamais pessimiste et il a foi en l’homme. En lutte contre l’intolérance, les abus de pouvoir, la domination masculine, il se situe déjà dans l’esprit des Lumières. Cet observateur amusé des travers de son époque séduit de plus en plus nombre de troupes. Et la mise en scène particulièrement pertinente de Jean-Louis Crinon nous rappelle que les femmes tout autant que les hommes ont le droit de participer au carnaval de la vie.

 les rustres scenesetcine.fr P.Leïva

Le salut final de la troupe des Déménageurs Associés

(Photo P. Leïva)

Sources : 

Dossier sur la pièce par Les Déménageurs Associés

 

 



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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 18:30

 

Fenêtre 2

Fenêtres sur le tuffeau blanc 

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

 

J’aurais voulu connaître

Celles qui se penchaient

A ma haute fenêtre

Les femmes du passé

Qui contemplaient la lune

Sur les ardoises noires

Et tristes à la brune

Griffaient d’un doigt barbare

Le tendre tuffeau blanc

 


Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème : à la fenêtre

 

 

 


 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 09:28

  P1090832

 Voiliers dans le port de plaisance d'Etel, lundi 16 janvier 2012

(Photo ex-libris.over-blog.com, Effet film infra-rouge)

 

Dans l'après-midi froid oublieux de l'été

Voiliers à l'amarrage

Frémissant vaguement aux oiseaux argentés

Rêvent à de blancs sillages

 

Le clapotis les berce aux pontons de bois gris

Et leurs flancs se caressent

Somnolant au soleil aux senteurs du cambouis

La brise et la paresse

 

Et dans l'ombre de l'eau en façon de miroir

Nostalgique et brouillé

A leurs grands mâts noyés aux vergues illusoires

Leur âme est enchaînée

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème proposé par Patricia : reflets de bateaux sur l'eau  

 

 

 

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 14:53

  mascaret-ste-barbe.jpg

 Surfeur à Sainte-Barbe, Morbihan,

(Photo photos-sessions.fr)

 

 

Je voudrais que la vague australienne et bleue

Déroulant son plancton sous tes pieds de surfeur

Rebrousse son chemin en un long mascaret

Et s'en aille mourir aux rivages bretons

M'apportant ton image élevée dans le vent

 

Ondoyante et légère sereine et maternelle

Elle serait cette eau qui déposa Moïse

Près de la Pharaonne

 

 

Pour l'anniversaire de mon fils, si loin aux antipodes,

Dimanche 15 janvier 2012  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 12:27

  Un coeur simple 5

 Mathilde Aubain (Marina Foïs), Félicité (Sandrine Bonnaire), Clémence et Paul

Pour son premier long métrage, la réalisatrice Marion Lainé n'a pas choisi la facilité en adaptant en 2007 le conte emblématique de Flaubert, Un cœur simple, écrit en 1877. Le film, que j'avais vu quand il était sorti en salle il y a quatre ans, m'avait laissé un beau souvenir. Il était diffusé mercredi 11 janvier 2012 sur Arte et le revoir m'a donné l'occasion de conforter mon opinion première dont je dirai ici quelques mots.

Beaucoup de persévérance a été nécessaire à la réalisatrice pour mener à bien ce film. En effet, la productrice, Béatrice Caufman, qui avait œuvré afin que le projet existe, est décédée quatre mois avant le tournage (Le film lui est dédié : « A la mémoire de Béatrice. ») Il a alors fallu trouver un autre producteur. Quant au tournage en Normandie à l'été 2007, prévu sur neuf semaines, il a été rendu très difficile par huit semaines de pluie. Marion Lainé a donc été contrainte de repenser toutes les séquences en extérieur.

Tout le monde a lu Un cœur simple, cette admirable nouvelle qui raconte l'histoire de Félicité (Sandrine Bonnaire), la servante au grand cœur de Madame Aubain (Marina Foïs), laquelle voit peu à peu disparaître les différents êtres qu'elle aime et meurt sous le regard de Loulou (ici Scarlet'), son perroquet empaillé, ultime objet de son amour. Avec ce personnage inoubliable, c'est tout l'art de Flaubert qui est condensé, dans une oscillation tenue toute entre ironie et compassion. L'écrivain ne disait-il pas : « Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant moi-même » ?

Marion Lainé explique que c'est en classe de 3ème qu'elle a éprouvé un coup de foudre pour l'ermite de Croisset en lisant Madame Bovary. « Je me sens portée par l'œuvre générale de Flaubert qui m'inspire et à laquelle je fais référence. Sa correspondance aussi m'a été d'une aide précieuse. J'adore sa violence, sa sensualité, sa trivialité.» Quant à Un cœur simple, l'œuvre faisait écho à ses origines paysannes et le film lui a donné l'occasion de parler des siens, de leur rapport au corps, à la mort. « L'adaptation est également imprégnée de mes souvenirs, de mes obsessions personnelles », précise-t-elle. Elle y a vu aussi bien sûr une histoire intemporelle, susceptible de toucher tout un chacun.

On sait combien il est difficile d'adapter au cinéma une œuvre littéraire, car la fidélité, cela n'existe pas. « Adapter, c'est traduire avec intelligence » et c'est ce que fait Marion Lainé lorsqu'elle affiche sa volonté de s'affranchir du conte : « Si j'avais voulu être fidèle, j'aurais choisi une ligne directrice austère, une comédienne au visage ingrat ; Liébard et Frédéric (Patrick Pineau) n'existeraient pas, Madame Aubain resterait en arrière-plan. »

On saura gré à la réalisatrice d'avoir choisi une perspective résolument moderne en orientant son film sur la relation entre la maîtresse et la servante. Celle-ci lui a permis d'évoquer le désir féminin et la frustration de la femme dans un XIX° siècle corseté. Chacune à sa manière incarne cet enfermement : Madame Aubain, une bourgeoise veuve trop jeune, refuse de s'abandonner aux ardeurs qui la poussent dans les bras du professeur de violoncelle, un personnage créé de toutes pièces par la réalisatrice (On notera qu'il se prénomme Frédéric comme le héros de L'Education sentimentale) ; Félicité demeure à jamais marquée par l'abandon de Théodore (Pascal Elbé), alors qu'elle était encore toute jeune fille.

A cet égard, le rapport de classe entre la maîtresse et la servante est particulièrement bien exprimé quand Madame Aubain se plaint de l'absence de sa fille partie en pension. A Félicité qui compatit, elle rétorque, indifférente : « Vous ne savez pas ce que c'est, vous : rien ne vous manque ! » A un autre moment, méprisante, elle soupire en parlant de sa servante : « La pauvre, elle ne sait jamais rien ! »

Par ailleurs, après la mort de Clémence (Virginie dans le conte), la réalisatrice développe l'évolution affective de Mathilde Aubain, imaginant même une possible attirance de la maîtresse pour la servante. Cela est dit d'une manière subtile au cours de la scène où Félicité et Madame Aubain se recueillent sur la tombe de Clémence. Pierre Murat, critique à Télérama, a dit son admiration pour le beau « châle tchékhovien », qui enveloppe les deux femmes pour ne faire d'elles qu'une seule silhouette.  

Un coeur simple 1

La réussite de cette adaptation tient sans doute beaucoup au choix des comédiennes, toutes deux remarquables. Marina Foïs, qui nous a habitués à des rôles comiques, est ici dans un contre-emploi dans lequel elle donne toute sa mesure. Sur son visage hautain et fermé se lisent les préjugés et les frustrations d'une femme, barricadée dans son milieu bourgeois, et d'une mère, à la froideur insensible, qui ne s'autorise aucune caresse à l'égard de ses enfants Paul et Clémence.

Un coeur simple 4

Sandrine Bonnaire, quant à elle, si elle a été très vite touchée par l'histoire et intéressée par l'évolution de la relation entre les deux femmes, a exprimé des réticences quand Marion Lainé l'a sollicitée. Elle était en proie à des sentiments mitigés : « Je déteste la campagne, je ne me voyais pas tuer le cochon ou plumer une poule et j'ai peur des vaches ! (On imagine alors son angoisse lors de la scène avec le taureau, quand Félicité le met en fuite pour sauver Madame Aubain et ses enfants!) En même temps, j'étais attirée par la force qui habite cette femme, sa volonté à aimer la vie, malgré tout. Je me reconnaissais dans son optimisme sans faille : continuer à se battre et à avancer quoi qu'il arrive, ce pourrait être ma devise. »

Après hésitations et réécritures du scénario, la comédienne a fini par accepter, allant jusqu'à « s'abîmer physiquement », comme dans Sans toit ni loi. Le personnage de Félicité lui a en outre rappelé Sabine, sa sœur autiste, à laquelle elle a elle-même consacré un film très émouvant (Elle s'appelle Sabine). Félicité ne sait ni lire ni écrire et elle a bien du mal à exprimer ses sentiments les plus profonds. On le voit dans la scène sur la plage où Madame Aubain la réprimande parce qu'elle l'a surprise en train de jouer comme une enfant avec Clémence : devant sa maîtresse médusée, elle se mord la main avec violence. La comédienne souligne ainsi cette parenté entre son personnage et sa sœur Sabine, que l'autisme enferme en elle-même : « Cette forme d'innocence, de vraie naïveté, sa façon de s'exprimer avec son corps parce qu'elle n'a pas les mots. Et ce geste de se mordre la main, sa seule manière de dire sa colère, sa rage de ne pas pouvoir répliquer, de devoir se taire et d'accepter ce que les autres ont décidé pour elle. » On retrouve cette impuissance à s'exprimer quand Félicité renverse la mappemonde ou frappe sans fin le linge avec son battoir jusqu'à la nuit, après avoir appris la mort de son neveu Victor.

On sent que Marion Lainé a été fascinée par le personnage de Félicité. Elle a souhaité « montrer le côté animal d'une femme du peuple qui se construit uniquement à travers le dévouement. » Elle admire « cette soi-disant idiote [qui] s'avérera une voyante en nous donnant une leçon d'humanité ». Elle la considère comme « l'anti-Bovary par excellence » et constate que « son héroïsme gît dans sa simplicité ». Elle avait d'ailleurs songé à modifier le titre de Flaubert et avait pensé à Simple cœur ou à Félicité. Olivier Pélisson souligne cet aspect en évoquant chez elle « l'incandescence du don de soi et de l'amour pur ».

La personnalité irradiante de Sandrine Bonnaire traduit à merveille ce mouvement permanent de la servante vers les autres. On la voit jouer comme une petite fille avec Clémence sur le tapis devant la cheminée ou sur la plage ; elle lui coiffe doucement ses longs cheveux ; elle sauve Madame Aubain et ses enfants des fureurs d'un taureau, ce qui lui occasionnera une boiterie jusqu'à la fin de sa vie ; elle monte l'escalier en portant les deux enfants dans ses bras, alors qu'elle-même souffre ; chaque dimanche, elle prépare la meilleure nourriture pour Victor, son neveu très choyé ; enfin c'est elle qui fait avec une grande délicatesse la toilette funèbre de Clémence.

J'ai beaucoup aimé aussi les scènes où Félicité chante à la petite fille Aux marches du palais, chanson qui revient comme un leitmotiv au cours du film, et lui confère une tonalité particulièrement touchante. La scène où Félicité à genoux, songeuse au bord de l'eau, laisse couler l'eau fuyante entre ses mains, exprime de manière intense cette succession d'amours qui ne cessent de faire défaut à la servante.

Un coeur simple 3

Son besoin éperdu d'amour trouve son point d'orgue dans sa passion irraisonnée pour le perroquet Scarlet' (Loulou) que Madame Aubain lui abandonne dans un accès de fausse générosité. Pour jouer le rôle du volatile, Marion Lainé a choisi un Eclectus pour son magnifique plumage qui « varie du rouge au grenat, du violet au bleu marine ; c'était une trahison car celui de Flaubert est jaune et vert », ajoute-t-elle en souriant. Bien que cette race de perroquet s'apprivoise très difficilement, elle précise que les scènes entre Félicité et Loulou ont été « des moments de grâce ».

Marion Lainé a particulièrement insisté sur le thème léger de l'oiseau. Au début du film, dans la forêt où court Félicité après son abandon par Théodore, on entend des cris d'oiseaux. Quand Clémence s'inscrit au catéchisme, le curé est en train de raconter aux enfants l'histoire de François d'Assise. Sur la falaise, au cours d'une promenade, Clémence et Félicité croisent une petite fille portant des oiseaux morts.

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Jeune fille aux mouettes, Gustave Courbet

Le film proposait plusieurs gageures. L'une était de transformer les dix pages du conte en un film d'une heure quarante-cinq. Pour l'autre, il fallait réduire à vingt années les cinquante années du conte ; « il fallait donc toujours aller à l'essentiel », remarque Marion Lainé. On peut dire qu'elle y a réussi en rendant sensible le passage du temps sur le visage des deux femmes, sans que cela soit jamais caricatural.

En cinéaste, Marion Lainé joue aussi beaucoup de l'ellipse. Si elle le fait de manière pertinente au moment de la mort de Madame Aubain quand on voit tinter les pendeloques du lustre sous les pas des déménageurs et qu'on découvre Félicité nettoyant pour une dernière fois le sol de la maison, cela est moins convaincant au début, lorsqu'elle narre l'aventure amoureuse avec Théodore. En effet, on a un peu de mal alors à croire à la jeunesse de Félicité.

On appréciera en revanche le traitement du son lorsque Félicité devient sourde après la mort de son perroquet. Celle qui s'habille en rosière n'entend plus du monde que des bruits étouffés et la scène est particulièrement réussie. Madame Aubain prononce des paroles mais Félicité ne les entend quasiment plus. J'ai le souvenir que, lorsque j'avais vu le film au cinéma, au cours de la discussion qui avait suivi, un spectateur mal-voyant avait dit avoir saisi de multiples bruits et notamment celui du glissement imperceptible des portes.

Par ailleurs, la mort de Félicité, tout de blanc vêtue, qui perçoit les voix des communiantes passant dans la rue et voit pour la dernière fois son perroquet se transformer en Saint-Esprit, me semble traduire avec une grande justesse la fin de la nouvelle de Flaubert.

Dans ce film on pourra encore admirer le passage des saisons et notamment la très belle scène où Félicité croit qu'il neige et où Madame Aubain lui dit qu'il s'agit des pétales des pommiers en fleurs.

L'attention portée aux couleurs m'a séduite. J'en prendrai pour seul exemple la merveilleuse robe d'un rouge éteint que porte Félicité, remplacée par une robe éternellement noire après la mort de Clémence et de Victor. Marion Lainé a sans doute été influencée par des tableaux romantiques et impressionnistes. Lorsque Madame Aubain, à sa fenêtre, regarde Félicité jouer avec Victor, on songe à la Femme à la fenêtre de Caspar Friedrich. De même, quand les femmes croisent une petite fille qui porte des oiseaux morts, on ne peut s'empêcher de penser à la Jeune fille aux mouettes de Courbet. Quant à l'ombre de Monet, elle plane sur les promenades au bord de la falaise et dans les champs.

Femme à la fenêtre Caspar David Friedrich 1822 Nationalga

Femme à sa fenêtre, Karl-Caspar Friedrich

Certes, les puristes s'étonneront que Virginie et Loulou aient été débaptisés. Ils se demanderont pourquoi on passe sous silence le mariage de Paul et regretteront que n'apparaisse pas le personnage du vieillard grabataire dont s'occupe Félicité dans le conte. Ces suppressions ne nuisent en rien, me semble-t-il, à la perspective de ce beau film, qui ne dénature jamais Félicité, « cinquante années de servitude », laquelle demeure sous la caméra de Marion Lainé cet admirable personnage de servante christique, immortalisé par Flaubert.  

 

 

Sources et photos  :

Allo-Ciné

A lire aussi : Le perroquet de Flaubert, Julian Barnes

 

 

 

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 21:17

  lelong-nature-morte-avec-rouet-et-oiseau-en-cage

 Nature morte avec globe et oiseau, Lelong

 

 

La fenêtre est ouverte

A l'oiseau musagète

Il volète et se pose

Sur la beauté des choses

Sa douce aile frissonne

De peur qu'on l'emprisonne

 

Dans un rai de soleil

A la couleur d'abeille

Danseur sur un fil

C'est un instant fragile

Celui où il musarde

Sautille et se hasarde

Et mélodieusement

Fait se lever son chant

 

Chanteur sur le qui-vive

A la marche furtive

Pour l'oiseau en alerte

Laissez la porte ouverte

 

Pour Papier Libre de Juliette,

Thème : ouvres portes et fenêtres

 

 

la-fenetre-ouvert-friedrich.jpg

 La fenêtre ouverte, Karl-Caspar Friedrich

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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