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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 07:00

    Vendredi 26 août 2011 ND de Pitié Locmaria 001

Pierre tombale de Pierre de Broërec, en pierre d'Anjou.  

Il mourut à Saumur  en 1340, "le jeudi avant la Saint-Martin d'hiver".

    La dalle, retrouvée dans la crypte de N-D de Pitié à Locmaria, était polychrome,

recouverte d'émaux disposés dans les interstices des gravures.

Pierre de Broërec y est représenté les mains jointes, l'épée et l'écu au côté.

Ses pieds reposent sur un lévrier et huit personnages l'entourent

dans l'attitude du recueillement et de la douleur.

    Le corps de Pierre de Broërec et la dalle furent rapportés à N-D de Pitié à Locmaria

par la volonté de son épouse Alix et de son frère Guillaume.

C'est une pièce maîtresse de l'art médiéval en Bretagne.   

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

Pierre de Broërec où sont vos pierreries

Capitaine d'Auray où sont vos armoiries

Sous votre pierre tombale vous avez disparu

Et les pleureuses pleurent un chevalier rompu

 

Pierre de Broërec vous étiez renommé

Vous aviez combattu les vieux ennemis anglais

La mort vous emporta la Saint-Martin d'hiver

Vous fûtes inhumé sous la pierre calcaire

 

Pierre de Broërec Alix vous aimait

Elle ne voulut point loin de vous demeurer

Son amour fidèle un jour vous ramena

En romane chapelle sise à Locmaria

 

Pierre de Broërec où donc est votre épée

Votre écu blasonné et votre lévrier

La mort vous a tout pris mais il reste de vous

La dalle tumulaire et Dieu vous a absous

 

A Notre-Dame de Pitié à Locmaria, près Ploemel,

Vendredi 26 août 2011

 

Vendredi 26 août 2011 ND de Pitié Locmaria 012

Notre-Dame de Pitié, ancienne chapelle de Templiers, à Locmaria. 

Triple vaisseau, elle disposait d'un choeur cathédrale qui a disparu.

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Week-end du Petit Patrimoine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 21:35

    la-piel-que-habito

   Vera, la créature (Elena Alaya) et le docteur Ledgard (Antonio Banderas)

 

Avec son dernier opus, présenté en mai à Cannes et sorti en salle récemment, le réalisateur espagnol de la movida signe un thriller diabolique, qui lui donne l'occasion de traiter ses thèmes de prédilection : filiation, transgression, pulsion sexuelle, passion criminelle, transsexualisme. Il innove cependant en proposant un film de genre, assez loin des drames provocateurs mais pleins d'émotion, dont il est coutumier.

Le scénario du film a été écrit en collaboration avec son frère Agustín Almodóvar, libre adaptation de l'œuvre de Thierry Jonquet, Mygale, publiée il y a quelques dix années. Les deux frères y reprennent le thème de Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818), dont Mary Shelley est l'auteur, et qui a fait florès depuis. Ce long métrage de deux heures surfe en même temps sur les grandes problématiques anxiogènes et éthiques que sont les greffes de peau et d'organes et les recherches génétiques.

Le docteur Robert Ledgard (Antonio Banderas) est un chirurgien de renom qui soigne des patientes dans sa clinique privée. Il est célèbre aussi par ses recherches sur la peau : il a en effet mis au point un nouvel épiderme, appelé Gal, du nom de sa première femme, grièvement brûlée dans un accident, et qui s'est suicidée par la suite. Dans cet établissement retiré où il opère, il a fait son cobaye humain d'une jeune patiente, Vera (Elena Alaya), qu'il surveille grâce à des écrans de contrôle. Il est aidé en cela par une inquiétante gouvernante, Marilia (Marisa Paredes), dont il ignore qu'elle est sa mère. Vera semble être tombée amoureuse du chirurgien jusqu'au moment où... Il semble difficile d'aller plus loin dans le récit sans déflorer une intrigue à rebondissements qui offre bien des surprises.

Pour interpréter ce médecin qui joue à l'apprenti-sorcier, Almodóvar a choisi un acteur qu'il connaît bien puisque c'est la sixième fois qu'il l'emploie. Après 22 ans d'absence en Espagne, Antonio Banderas, le « latin lover » endosse ici la personnalité de ce « personnage froid et distant, à la recherche de la perfection de manière très étrange », précise-t-il lui-même. Heureux de faire partie de nouveau de l'univers du réalisateur,l'acteur s'est laissé aller entre les mains de celui qu'il admire.

Almodóvar a souhaité lui donner un rôle bien différent de ceux de ses autres films. Il le voulait cruel et violent mais en même temps d'une beauté à la Cary Grant ou à la James Stewart. Il l'a dirigé fermement afin de donner une impression de distance et d'austérité. On doit reconnaître que c'est réussi et que, derrière ce médecin élégant et séduisant, on sent la menace que distille un regard ténébreux sous de lourdes paupières. Nouveau Victor Frankenstein à l'espagnole, le docteur Ledgard, exempt de tout sens moral et attaché à accomplir une vengeance dont on ne dira rien, tend à devenir un démiurge, au risque d'être dépassé par sa créature. « Il me fait penser à un fasciste », dit Antonio Banderas.

Pour donner la réplique à l'acteur, pour incarner la créature du médecin diabolique, le metteur en scène a choisi une jeune femme toute en fragilité, en finesse et en sensualité, l'actrice Elena Alaya, bien loin du monstrueux Boris Karloff. A la voir alanguie sur son lit, dans une position qui reprend celle de la Vénus du Titien dont la toile est accroché dans le corridor de l'escalier, il semble bien malaisé de résister à sa séduction. Dans son collant couleur chair, censé protéger sa peau, au sein de sa chambre close, il faut la voir pratiquer le yoga, écrire indéfiniment sur le mur les dates des jours de son emprisonnement (2006-2011) ou encore s'adonner à l'imitation des sculptures de Louise Bourgeois. On comprend alors que son Pygmalion ne pourra résister longtemps à son charme de Tanagra. Et, en ce qui la concerne, le syndrome de Stockholm dont elle est atteinte n'est sans doute qu'une des nombreux leurres du film.

On aurait aussi envie de citer Marisa Paredes, une des actrices-fétiches d'Almodóvar, dans un sombre rôle de gouvernante-âme damnée. Torturée dans son amour maternel, elle est celle qui s'écrie : « J'ai mis deux fils au monde et ils sont tous les deux fous. » Leur pays d'origine est le Brésil et cela, bien sûr, n'est pas innocent. Si le metteur en scène l'a choisi, outre le fait que la chirurgie esthétique y soit érigée en art, c'est aussi parce que, selon Almodóvar, « ce pays ne connaît pas le complexe de la culpabilité ».

L'autre fils encore mériterait une mention spéciale. Ce petit malfrat en fuite après un cambriolage s'appelle Zeca et il est joué par Roberto Alamo. Figure sexuelle d'une rare violence, il apparaît dans un costume de tigre, à l'appendice caudal particulièrement érectile, symbolisant une puissance mâle à laquelle nulle ne résiste. Avec lui, le spectateur assiste- comme le docteur Ledgard devant son écran- à un viol d'un rare sadisme.

D'ailleurs, l'atmosphère du film tient sans doute beaucoup à un sentiment très fort d'oppression et de claustration. Celle-ci est procurée par le jeu des acteurs, qui multiplient les « regards-caméras ». Dans cette perspective, le metteur en scène multiplie aussi les zooms, les gros plans, créant souvent une image dans l'image et une sensation de voyeurisme assez trouble.

Les cinéphiles aimeront les nombreuses allusions au très beau film de Georges Franju, Les yeux sans visage (1960), dans lequel irradiaient les yeux d'Edith Scob. Les parentés sont évidentes et reflètent l'amour d'Almodóvar pour le cinéma d'antan. Au départ, il avait même songé à faire un film muet en noir et blanc. Le masque que porte Vera est inspiré de celui de Christiane, la fille du docteur Genessier (Pierre Brasseur). Celui-ci cherche à guérir son visage défiguré en lui greffant la peau prélevée sur des jeunes femmes qu'il enlève avec l'aide de la gouvernante (Alida Valli), double de la Marilia d'Almodóvar. La scène où l'on voit Alida Valli en Deux-Chevaux, sur une route la nuit, fait songer à celle où le docteur Ledgard poursuit en voiture Vicente (Jan Cornet) à moto. De nombreux éléments du décor, la cave en briques, l'escalier, les toiles de maître du médecin fou, rappellent ceux du film de Franju.

Les sculptures de Louise Bourgeois, qui sont évoquées par un livre, par une émission télévisée et par les formes que sculpte Vera, isolée dans sa chambre, viennent subtilement en contrepoint étayer les thèmes de la procréation et de la naissance, communs au réalisateur espagnol et à la plasticienne française. Cette dernière n'affirme-t-elle pas : « La sculpture est le corps, mon corps est ma sculpture » ? Et qu'est le docteur Ledgard, sinon un Pygmalion fou ? Le motif du phallus est aussi très présent, tout comme celui de l'araignée, qui est au cœur de l'œuvre de Louise Bourgeois. Le chirurgien fomente sa vengeance, tout comme l'araignée tisse sa toile. Pensons aussi au titre du roman de Jonquet. Quant à l'assemblage des pans de peau qui créeront la nouvelle peau de Vera, il ressemble à s'y méprendre à une des sculptures de l'artiste, intitulée The Woven Child.

Est-ce à dire que le film m'ait totalement conquise ? Certes, la direction d'acteurs y est remarquable et cela n'est guère étonnant venant d'un cinéaste qui déclare : « Les acteurs sont la matière dont est fait le film […] Je suis devenu réalisateur pour diriger les acteurs. » Pourtant j'ai été déçue par la structure, faite de flash backs par trop démonstratifs, qui enlèvent une part du mystère, et par une fin abrupte. Contrairement aux précédents films d'Almodóvar qui m'avaient vraiment touchée, celui-ci m'a laissée de marbre et ne m'a guère émue. Cela tient sans doute au genre du film, le thriller fantastique, dont les ficelles trop rocambolesques, nuisent à la vraisemblance.

Histoire d'une vengeance magistralement orchestrée, film brillantissime dans sa mise en scène et l'interprétation de ses acteurs, jeu subtil sur les références cinématographiques et culturelles, La piel que habito m'apparaît surtout comme un magnifique exercice de style. Engluée dans la toile d'araignée, j'ai été fascinée mais je n'ai rien éprouvé.

 

    woven child

The Woven Child (Louise Bourgeois)

 

 

Sources :

Site Allo-Ciné

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 21:10

    défi 62 le tigre

 

C'était une vieille photo qui avait glissé d'entre les pages du Livre de la Jungle. Elle représentait deux jeunes prêtres bouddhistes avec un tigre. Je l'avais prise dans les années 70, du temps où, la tête pleine de Lanza del Vasto, j'étais partie vers l'Orient extrême, en quête de ce quelque chose qui n'a cessé de se dérober à moi.

D'un pan lointain de ma mémoire se leva une phrase : « Même la fumée dispersée ne reste pas sans traces. » Je me revis avec mes cheveux longs, ma chemise indienne orange, ma jupe en voile léger sur mes tongs poussiéreuses, arrivant dans le temple bouddhiste thaï où j'avais choisi de demeurer quelque temps. Très vite je fus attirée par un très jeune moine dont le compagnon était un tigre et qui déambulait parmi les pagodes sans inquiéter quiconque. Ce prêtre s'appelait Lamon, ce qui signifie Doux. C'est lui qui me raconta ce qui demeure pour moi ma première rencontre effective avec le phénomène de la transmigration des âmes, qui m'avait fascinée à la lecture des Chimères de Gérard de Nerval.

« Quand Chayan (Victoire éternelle) le maître de la bonzerie mourut, je me sentis plus orphelin que lors du trépas de mes parents de sang. J'étais si jeune quand il m'avaient quittés et il y avait bien longtemps que j'avais oublié leur visage.

Mais le vieux maître, c'était autre chose. J'avais aimé la souplesse qui marquait ses gestes économes et la ferme puissance qui émanait de lui. Ne me faisait-il pas penser à un grand chat ? J'avais écouté et suivi de toute mon âme les centaines de règles du code monastique que sa voix posée et rauque m'avait répétées. Son regard couleur d'ambre jaune m'avait brûlé jusqu'au cœur et m'avait guidé sur le Sentier aux huit Branches. Il m'avait initié et formé, il m'avait dispensé ses préceptes, il m'avait enseigné le Dhamma : je lui devais d'être sur la voie de la sagesse.

Avec abnégation je l'avais assisté seul pendant sa lente agonie qui avait duré des mois. Je me rappellerais toujours l'aspect cireux qu'avait pris son corps émacié et amaigri, qui ne pesait plus que le poids d'un enfant de huit ans. Accoutumé à l'ascèse et au jeûne, il avait résisté longtemps ; puis il avait fini par s'éteindre comme une lampe à huile qui n'est plus alimentée.

Auparavant, au cours de l'une des ultimes soirées où il avait encore l'usage de la parole, le vieillard m'avait fait don de ses biens les plus précieux. Il m'avait remis son thabeit, son bol à aumône, un petit récipient de terre à la forme parfaite, dont le glacis vert et vernissé brillait au soleil. Ses doigts déformés par l'arthrose avaient glissé entre mes mains tremblantes le thingan, la longue aiguille à coudre, qui lui avait servi tant de fois à rapiécer sa robe monastique aux couleurs de la terre. Et quand il avait placé avec une lenteur cérémonieuse son éventail en papier de riz sur son visage au sourire du Bouddha, j'avais compris qu'il se retirait du mouvement du monde.

Les derniers mots que mon vieux maître avait prononcés avaient été pour moi et je les avais conservés dans un repli de moi-même, tel un mantra sacré. « Ma vie a été longue et belle, m'avait-il dit dans un souffle, car je t'ai rencontré sur le chemin. Je n'ai cessé de rendre grâce à l'Eveillé qui t'a mené à moi et m'a accordé un fils en ta personne." Comme j'avais peine à retenir mes larmes, il avait ajouté : «  Sache que je serai toujours à tes côtés dès que j'entrerai dans les cycles du Samsara. Sois vigilant : du pays de l'ombre je te communiquerai un signe que tu reconnaîtras et tu sauras que je ne t'ai point abandonné. »

Après les cérémonies de sa sépulture, j'étais bientôt tombé dans un état de déréliction profonde. Notre communauté avait désigné un nouveau maître, mais quelque chose aux tréfonds de moi-même s'obstinait à ne pas le reconnaître. L'abstinence, le moulin à prières, la méditation, ne m'apportaient aucun réconfort, obsédé que j'étais à guetter un signe tangible de mon maître défunt. Cet entre-deux, ce malaise, se prolongèrent des mois qui m'apparurent des années, et je songeai à quitter la communauté des bonzes avec lesquels j'avais toujours vécu. Certes, je persévérai à suivre scrupuleusement les préceptes du Bouddha mais j'étais dans un vide qui ne m'emplissait pas.

Sur les conseils du nouveau maître du monastère, je me décidai à partir pour le pèlerinage au temple du Grand Bouddha Doré. Je revêtis le sangâti ou robe de la quête et quittai sans appréhension ni regrets mes frères tonsurés.

- Reviens quand tu auras trouvé la Paix, m'avait-dit le maître, mais j'étais décidé à ne pas revenir dans ce lieu que mon mentor avait déserté à jamais.

Je connus de longs mois de marche et d'errance, je rencontrai un malade, un vieillard et un ermite, je méditai sous des banyans, mais nulle illumination ne se faisait en moi. C'est de plus en plus las, de plus en plus absent à moi-même et au monde que j'atteignis un village aux lisières d'une jungle au vert inquiétant. Si, depuis des siècles, le Grand Bouddha Doré y était l'objet d'un culte remarquable, il était cependant en grand émoi à l'époque où j'y parvins.

En ces temps-là, les paysans y payaient en effet un sanglant tribut à un tigre qui les terrorisait par ses assauts nocturnes et mortifères. Sur leur demande insistante, je me mis à participer aux battues punitives, trouvant dans ces marches harassantes un moyen supplémentaire de faire taire mon corps et d'annihiler mes pensées noires. C'est ainsi que le matin chaud et humide où le fauve fut acculé dans le piège et où les épieux vengeurs l'achevèrent, j'étais étonnamment calme et serein. Et quelle ne fut pas notre surprise, en soulevant avec peine la bête morte, de découvrir sous elle un jeune tigreau en pleine santé, qui se mit à feuler doucement. La haine des villageois s'apprêtait à se déchaîner contre lui et nos bâtons allaient s'abattre.

Soudain, mon corps devint comme un ciel d'orage. L'animal sans défense venait de tourner la tête et son regard avait rencontré le mien. Sous ses délicates petites oreilles arrondies comme le fruit du ramboutan, le tigreau me regardait de ses yeux à l'iris doré, dont l'intensité me fit tressaillir. Je fus saisi dans tout mon être : c'était mon maître très aimé Chayan qui fixait ses pupilles sur moi. Je reconnus ce regard doux et ferme à la fois, celui qui m'avait tant de fois encouragé lors de mon noviciat dans la bonzerie.

Je sus que c'était là le signe et la révélation si ardemment attendus. D'une voix altérée par une émotion comme l'on n'en ressent qu'une fois dans son existence, j'intimai aux paysans l'ordre d'épargner l'animal sans défense. Je prononçai cette phrase que mon maître m'avait si souvent dite alors qu'il m'initiait aux mystères de la métempsycose : « Même la fumée dispersée ne reste pas sans traces ! C'est à mon maître Chayan que vous allez dispenser la mort pour la deuxième fois. » Je m'étonne encore de cette conviction que je leur transmis puisqu'ils obtempérèrent sans mot dire, en emportant en grand ahan la dépouille du fauve.

Dès lors, me confia le moine, le jeune tigre devint mon compagnon le plus fidèle- et en même temps il caressait avec douceur la fourrure aux fines rayures brunes qui se détachaient sur les océans blancs de la collerette et du pelage. Il me protège et je le protège et, vous le voyez, je suis revenu dans le monastère. Ce tigre est devenu l'esprit du lieu et tous s'accordent à reconnaître en lui une « grande âme ».

- Ainsi, Lamon, vous avez retrouvé la Paix ? ai-je alors demandé au jeune moine.

- J'ignore si j'ai retrouvé la Paix, me répondit-il. Ce que je sais, c'est que le poivrier ne produit jamais de roses, et l'étoile argentée du jardin parfumé ne se change pas en épine ou en chardon. »

 

 

 

 

Pour le Défi de la Semaine n°62 de la communauté des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Lilou Frédotte : « Tout le monde veut prendre sa place »,

Sur une photo représentant deux bonzes et un tigre.

 

 

 

 

 

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 08:16

 

renard charbonnier 2

      Renard charbonnier, Gravure ancienne, 1770

 

 

 

Aux lumières des phares

On a vu le renard

Le renard charbonnier

Ses pupilles-miroirs

Souple dans sa coulée

Il nous a regardés

Il était en maraude

En pleine baguenaude

Avec son ami-chat

 

Sous le ciel plein d'éclat

On a vu le renard

Le renard charbonnier

Dans sa pelisse noire

Loin de sa reposée

Avec grande arrogance

Il nous a regardés

 

Et puis il est passé

Ombre dans le silence

De cet instant d'été

 

 

Mi-juillet 2011

Début août 2011  

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 08:20

 

    melancholia 1

 

 

 

 

Qui ne se souvient de la célèbre gravure de Dürer, représentant un ange assis au milieu d'instruments de mesure symboliques du Temps, et intitulée Melancholia (1514) ? Il se pourrait bien cependant que certaines images du dernier film de Lars von Trier, qui porte le même nom, demeure aussi gravées dans les mémoires.

Le film débute en effet par un prologue (trop long et trop insistant diront certains), d'un onirisme fulgurant, qui préfigure la fin de la planète Terre. L'on y voit, en un superbe ralenti, les principaux personnages du film affronter leur apocalypse personnelle : Justine (Kirsten Dunst), telle l'Ophélie de Millais, flotte en robe de mariée sur l'eau d'un marécage, marche, les membres retenus par des liens qui l'empêchent d'avancer, ou encore vibre à l'électricité ambiante ; le cheval noir d'une des deux sœurs s'effondre dans la terre ; Justine, Claire (Charlotte Gainsbourg) sa sœur, et son fils se tiennent devant le château sur la pelouse du jardin, éclairés par la lueur mortifère de la lune et de la planète Melancholia qui menace la Terre. Résonne le Prélude du Crépuscule des Dieux de Richard Wagner, qui ponctuera tous les moments dramatiques du film. Ces images appartiennent sans doute aux rêves prémonitoires de Justine, qui pressent que la fin du monde est proche et qui apparaît comme une sorte de pythie.

Pourtant il ne s'agit point là d'un film-catastrophe, tel qu'on a coutume d'en voir. Les effets spéciaux (invasion d'insectes, pluie d'oiseaux ou grêlons, phénomènes électriques) demeurent discrets. Pour aborder ce thème des plus malaisés à traiter, le scandaleux Lars von Trier a préféré un huis-clos psychologique dans un château en Suède, parvenant ainsi à allier l'intime au cosmique, ce qui n'est pas son moindre mérite. Et le cinéaste, qui a la réputation d'être un sévère misogyne, nous offre de surcroît deux très beaux portraits de femmes.

Le film est en effet structuré en deux parties. La première est intitulée Justine, la seconde Claire, du prénom des deux sœurs qui sont les protagonistes de l'histoire. Chacune va vivre à sa manière l'approche de cette planète Melancholia (Antarès ?), de la constellation du Scorpion, qui était cachée par le soleil, et dont la trajectoire, le « transit », menace dorénavant la planète Terre.

Mais avant d'être un film millénariste, ce long métrage est surtout une réflexion sur la dépression. Justine, dont on célèbre le mariage avec Michaël (Alexander Skarsgård) au début de l'œuvre, dans la propriété de sa sœur et de son beau-frère John (Kiefer Sutherland), est atteinte de mélancolie profonde. Bien qu'elle s'efforce de faire bonne figure lors de la réception, Justine se trouve bientôt de nouveau envahie par ses vieux démons et la fête s'achève par la séparation des nouveaux époux et la fuite des invités.

Le début du film, qui n'a rien à envier à Festen de Thomas Vinterberg, propose une tentative d'explication à ce mal de vivre. Dexter, le père (John Hurt) n'est qu'un amuseur égoïste ; Gaby, la mère (Charlotte Rampling), est une terrifiante Folcoche ; sa sœur aînée Claire a des préoccupations qui lui sont étrangères ; John, le mari de Claire, ne parle que d'argent ; quant à Jack, le patron de Justine (Stellan Skarsgård), il voudrait que sa meilleure publiciste lui trouve un slogan même le soir de son mariage. Il n'y a que du fils de Claire et de John dont Justine se sente proche : un petit garçon qui a des antennes et qui, comme elle, pressent que la planète Melancholia représente une menace pour les hommes. Si le jeu de Kirsten Dunst, qui laisse affleurer son mal-être, est ici remarquable, cette première partie pourra cependant sembler longue, d'autant plus que certaines scènes apparaissent caricaturales.

Il me semble que le propos du film prenne toute sa mesure avec la seconde partie. Celle-ci donne à suivre Claire, dont l'angoisse ne cesse de grandir à mesure que la planète Melancholia, surveillée par son astronome de mari, se rapproche de la terre. Elle se dévoue à sa sœur qui a sombré dans la déréliction, elle la baigne avec amour, elle lui offre toute sa compassion. Lars von Trier nous propose ici une belle étude sur un sentiment assez peu étudié au cinéma : l'affection entre sœurs. Charlotte Gainsbourg y est superbe de retenue et d'émotion.  

Et c'est aussi le moment où les choses s'infléchissent et où celle qui semblait la plus fragile à cause de sa dépression, Justine, devient la plus forte devant la catastrophe qui se prépare. « Une force incroyable » s'empare d'elle, remarque Kristen Dunst. Elle apparaît alors comme une pessimiste lucide puisque, pour elle, de toute manière « la terre est mauvaise ». Kristen Dunst commente ainsi l'attitude de son personnage : « Elle rêve de naufrages et de mort soudaine […] Mais alors que le monde est sur le point de disparaître, la joie la reprend. » Celle que son petit neveu appelle tante Steelbreaker- une sorte de Mimi Brind'acier- s'efforcera de lui adoucir ses derniers instants et lui confectionnera une cabane magique, dernier rempart dérisoire- mais ô combien poétique- contre l'apocalypse annoncée.

Lars von Trier précise que le romantisme allemand est bien à l'origine de ce film qu'on serait tenté qualifier de « gothique ». Il dit avoir écrit son scénario, sous l'influence de l'atmosphère de la musique de Wagner et dans l'aura de Visconti. Il faut dire que l'esthétique du film est stupéfiante et qu'on demeure fasciné par la lumière noire, crépusculaire, qui baigne les extérieurs du château fantastique de Tjolöholm, dans lequel il a tourné pour la quatrième fois. Le cinéaste Thomas Vinterberg ne dit-il pas : « Comment faire un film après ça ? »

Il n'en demeure pas moins que Melancholia est d'un pessimisme exacerbé et qu'il est dénué de tout espoir. « La vie est une idée pernicieuse. La création a peut-être amusé Dieu, mais il n'a pas réfléchi aux choses » affirme le réalisateur. Il n'y a pas de vie ailleurs ou après, il n'y a que la peur de vivre et l'influence maléfique des planètes sur les hommes. De plus, Lars von Trier a su mettre en images cette grande peur ancestrale de la fin du monde, celle qui agite encore et toujours les doctrines millénaristes. Il propose aussi et surtout une réflexion sur la manière dont chacun doit affronter sa propre mort.

Certes, on peut ne pas être touché par une esthétique qui semblera figée et artificielle à certains, mais le film est d'une grande richesse symbolique. Ponctué par Brueghel (Les chasseurs dans la neige, en hommage à Tartovski) et Ophelia de John Everett Millais, le dernier opus de Lars von Trier revisite à sa manière la mélancolie européenne, de l'acédie monastique au spleen baudelairien, en passant par la théorie de la bile noire et l'influence de Saturne. Et avec ce film, où point l'émotion, la mélancolie apparaît ici comme une des plus belles clés de la création artistique.

 

Sources :

Interview par Julien Dokkhan, Site Allo-Ciné

 

 

 

   

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 08:35

    maison-vignes

    Loge de vigne (Photo Interloire)

 

 

 

J'ai bien souvent marché dans les vignes d'Anjou

 

Sous la craie autrefois y nageaient des baleines

Et les tout-premiers hommes y frappaient leurs silex

 

La vigne se vrillait les raisins mûrissaient

Le sulfate vert-bleu répandait son haleine

Sur les feuilles d'Eden

 

L'herbe folle dansait parmi les fils de fer

Au bout des rangs rigides les roses pointaient fières

 

J'entendais dans l'air bleu

Les cisailles méchantes étêter les rameaux

Et les pampres fertiles

 

La terre en son giron sommeillait la vendange

Comme une femme grosse

 

Tout en bas du coteau rêvait la Loire douce

A la mer lointaine

 

Moi j'allais rêvasser dans une loge de vigne

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Lilou Frédotte : les chemins de campagne  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 17:16

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        Notre-Dame des Fleurs et le chemin fleuri qui mène à la fontaine

                                    (Plouharnel, fin juillet 2011)

 

 

A Itron er bleu

Notre-Dame des fleurs à fruits

Dans son enclos herbeux

Près d'un chemin fleuri

Nous avons admiré

Un arbre de Jessé

Cinq rois en sont les fleurs

Jésus en est le fruit

 

 

A Notre-Dame des Fleurs, en Plouharnel

 

 

 

Arbre de Jessé, Plouharnel

     L'Arbre de Jessé, bas-relief en albâtre blanc (XV° siècle),

                  Chapelle N-D des Fleurs, Plouharnel,

                                (Photo Topic Topos)

 

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Week-End du Petit Patrimoine

 

 

 

 

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 09:39

    Sapho et ses compagnes

  Sapphô, Antoine-Christian Zacharie dit Tony Zacharie (1819-1899)  

(Photo Musées de Vienne)

 

 

 

 

 

Dans les terres de ma solitude

Les empreintes de mes pas ont disparu

Le son de ma voix a décru

 

Dans les forêts de ma solitude

Frappent les battements de mon cœur

Résonnent les échos lointains d'un bonheur

 

Dans les eaux de ma solitude

Flottent d'échevelés souvenirs

Surnagent de mélodieux sourires

 

Dans les allées de ma solitude

Surgissent des visages ignorés

Se murmurent des mots jamais prononcés

 

Dans les clairières de ma solitude

Refluent les longs malentendus

Se lève en moi un chant perdu

 

Dans les confins de ma solitude

Je me love aux tréfonds de moi-même

Pour que bruisse farouche un unique poème

 

 

 

 

Pour Papier libre de Juliette,

Thème : le goût de la solitude

 

 

 

 

 

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 18:11

 

    Août 2011 107

                Citrons dans un plat marocain (Mardi 09 août 2011)

                                    (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

 

Je ne connais rien de plus jaune qu'un beau citron bien mûr

Chauffé par le soleil sa vive éclaboussure

Je ne connais rien de plus frais qu'un cédrat pamplemousse

Détaché de l'arbuste aspiré sur le pouce

 

Et la vie se consume

Avec ce goût-là

Celui de la chaleur et puis de l'amertume

 

 

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre ombre et lumière,

Thème : Fruits et légumes

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 07:42

   

 

La gare de Lille-Flandres (Photo PSS-archi.eu)

 

 

A quoi tient le cours d'une vie ? Souvent à peu de choses, à un événement infime qui fait tout basculer, à une valise qui s'ouvre fortuitement sur un quai de gare...

On était deux ans après la fin de la guerre et le train bringuebalant et poussif venait de pénétrer sous la grande verrière blanchâtre de la gare de Lille. Elle avait posé avec précaution sur le haut marchepied ses longues jambes minces, chaussées de chaussette de laine blanches sous des sandales tressées à semelles compensées. Dans l'après-midi frisquet de novembre, elle s'était demandé en frissonnant dans sa vieille canadienne effrangée pourquoi elle avait accepté de revenir dans cette ville de brique, qu'elle avait quittée avec les siens dans une précipitation angoissée au moment de la Débâcle. N'avait-elle pas eu tort d'accepter l'invitation à ce mariage d'un cousin inconnu, dont sa grand-mère maternelle avait été l'instigatrice ? Elle était la petite-fille préférée de la vieille dame et celle-ci, qui avait une âme d'entremetteuse, espérait secrètement la marier. Elle savait qu'à cette cérémonie se retrouveraient nombre de jeunes hommes à la fleur de l'âge, qui avaient échappé à l'horreur de 1940.

Dans sa valise d'un beige sali en carton bouilli, à la vieille poignée de cuir crevassé, elle avait entassé des escarpins de velours noir que sa sœur lui avaient prêtés en maugréant, et une robe vert mousse avec un grand drapé, confectionnée par sa mère dans du tissu de rideau. Dans un petit écrin rouge aux armes de la ville de Florence, elle avait placé son gros bracelet d'argent arabe, celui qu'elle s'était acheté avec son premier salaire d'infirmière. A vingt-deux ans, elle avait obtenu son diplôme quelques mois auparavant, après avoir travaillé dur pour l'obtenir et contre la volonté de ses parents. Qu'est-ce que c'était que cette fille qui s'était mis dans la tête de vouloir travailler ?

Elle se sentait fatiguée par les longues nuits de garde à l'hôpital, dont elle avait dû prendre le rythme harassant. Bien qu'elle fût heureuse de retrouver sa grand-mère dans son bel hôtel particulier lillois, les vitraux colorés du grand hall d'entrée, les nénuphars de la pièce d'eau, elle appréhendait de devoir « être à son avantage » et de « faire bonne mine » aux invités de la réception du mariage.

Perdue dans la houle des voyageurs qui se hâtaient vers la sortie, elle éprouvait pourtant une douce euphorie à être ainsi portée par la marée humaine. Elle ne se rendit pas compte que sa vieille valise encaissait des coups en grand nombre. Elle n'entendit pas non plus le déclic signifiant que les fermetures au mécanisme usé lâchaient brutalement. Elle ne revint à la réalité que lorsque le contenu de sa valise fut étalé à ses pieds dans un désordre béant. Elle éprouva alors une curieuse sensation de gêne devant son intimité ainsi dévoilée au regard avide et indiscret des voyageurs. Rouge de confusion, dans une sorte de bourdonnement, elle entendit des rires et des lazzi fuser autour d'elle tandis que les gens s'éloignaient d'elle en plaisantant. Les jambes tremblantes, elle s'agenouilla pour tenter de ramasser ses effets, éparpillés sur le béton gris et repoussant. Décidément, il n'y avait qu'à elle qu'arrivaient de telles mésaventures.

Son petit vaporisateur rempli de Vétyver avait roulé à quelques mètres avec son tube de rouge à lèvres, près d'un chariot métallique. En levant les yeux pour se relever, c'est alors qu'elle l'aperçut. Il était debout dans le contre-jour et elle ne vit d'abord que deux mains aux doigts longs et élégants, qui lui tendaient son chandail de lainage gris et son peigne en écaille. Elle les prit avec maladresse et les fourra dans la valise. Elle se remit debout en hâte, redressa une mèche de ses cheveux en bandeau qui avait glissé sur son front, cligna des yeux dans le soleil, tira fortement sur sa jupe et sur sa canadienne pour avoir l'air présentable, et balbutia un merci à peine audible.

« Puis-je vous raccompagner quelque part ? » lui dit l'homme d'une voix grave, en empoignant la valise qu'elle avait refermée fébrilement. Elle était un peu perdue, debout à côté de cet homme inconnu, ne sachant que lui dire. « Mes grands-parents doivent m'attendre à la sortie », hasarda-t-elle, en le regardant de biais. C'est vrai qu'elle ne l'aurait jamais remarqué sans cet incident ridicule. Mais elle fut touchée par sa sollicitude, par les ronds de cuir de sa veste en tweed, par son regard timide et doux de myope, par une imperceptible claudication. Elle percevait bien qu'il la dévisageait de toute son âme et aurait voulu se soustraire à son regard brûlant. Sans mot dire ils remontèrent le quai qui était devenu quasiment désert, la tête remplie de pensées confuses. « Dieu, qu'elle est belle ! » songeait-il, « Qui est-elle ? ». « Me voilà flanqué d' un chevalier servant ! » se disait-elle. La vue de ses grands-parents, serrés l'un contre l'autre sous la grande horloge, la sortit de son embarras. « La muse du voyage a perdu ses bagages », leur dit-il en souriant, « Je la remets entre vos mains. » Il s'inclina cérémonieusement devant leur trio. Rêveuse, elle le regarda partir dans le soir tombant.

Elle ignorait encore que le lendemain, elle le reconnaîtrait dans une autre foule, celle du mariage, métamorphosé en danseur mondain dans une queue-de-pie noire. Elle danserait avec lui toute la soirée. Un an après, toujours en novembre, elle serait de retour sur ce quai de gare avec sa vieille valise, pour un voyage de près de cinquante ans.

 

 

Pour la communauté des Croqueurs de Mots,

Défi n°61, Thème proposé par Lénaïg : la valise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Des blancs ruisseaux de Chanaan

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