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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 16:17

  De Vilmorin Louise dans le salon bleu

 Louise de Vilmorin dans le célèbre salon bleu de Verrières-le-Buisson

   

 

Une lettre d'amour ? Oui, doux Seigneur

Mais à qui donc l'écrirai-je ?

Tous mes bouquets de bonheur

Sont poussières sous les neiges.

 

Neige, neige qui n'est pas de beau temps,

Beau temps qui n'est pas d'ivresse,

Neige de mes passe-temps

Et chevelure en détresse.

 

Ma main ne brode plus de mots d'amour

Doux Seigneur. L'âge m'emporte.

A tel revers nul secours,

Lettre d'amour : lettre morte.

 

Le sable du sablier, Louise de Vilmorin  

in Poèmes, Poésie/ Gallimard 

 

Dans Le sable du sablier, un volume marqué par les thèmes du temps et de la finitude, Louise de Vilmorin revient avec mélancolie sur ce que fut sa vie. Elle y évoque les hommes, leur mensonge, la passion de l'amour qui fit son malheur : « L'amour en sa rigueur me tue... »

Dans plusieurs poèmes, « celle qui voudrait dormir » appelle à l'aide le doux Seigneur, souhaitant ardemment qu'il l'emmène se reposer « loin de tout ce qui [la] délaisse/ Et loin de ce qu' [elle a] osé ».

Dans le poème ci-dessus, composé de trois quatrains, elle associe un décasyllabe à trois heptamètres. Curieux poème, dans lequel cette grande dame frivole et profonde, dont la devise était "Au secours", prend Dieu à témoin de la fin inexorable de ses amours terrestres : désormais, elle n'écrira plus de lettres d'amour.

 

 

 

 

Pour les Jeudis en Poésie des Croqueurs de Mots :

Thème : lire et écrire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:58

  Juillet 2011 171

 

 La croix à bubons du calvaire de Guilmiliau (1533-1580)

  (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

Suis Catherine la Perdue

Aux plins folle et assidue

Belle à damner mes cavaliers

Quand je dansais des jours entiers

 

Suis Catherine la Perdue

J'étais pourtant une ingénue

N'aimant rien tant que les gavottes

Et quand les pieds tapent et pivotent

 

Suis Catherine la Perdue

De la malice dépourvue

Férue de rythmes entraînants

Quand la bombarde va sonnant

 

Suis Catherine la Perdue

Une perverse prétendue

Amante des jabadaos

Quand les danseurs sautent très haut

 

Suis Catherine la Perdue

De gris granite revêtue

A Guilmiliau je fus sculptée

Par tous les saints abandonnée

 

Suis Catherine la Perdue

Satan m'a prise et m'a perdue

Aux enfers il m'a emmenée

L'éternité j'y danserai

 

Au calvaire de Guilmiliau, jeudi 14 juillet 2011

 

 

  katel-jpg

 La légende de Katell Golett, entraînée aux Enfers par des démons,

représentée sur le calvaire de Guilmiliau

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Week-end du Petit Patrimoine

 

 

 

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 20:45

 Bouvard et Pécuchet

Jean Lespert et Michel Miramont, dans Vous n'aurez pas Bouvard et Pécuchet,

dans la mise en scène de Silvio Pacitto

 

 

Toute sa vie Flaubert lutta contre la « bêtise au front de taureau ». Dès les années 1850, il songe à mettre en œuvre une vaste raillerie sur la vanité de ses contemporains et il écrit alors à son ami Louis Bouilhet, en septembre 1855 : « Je sens contre la bêtise de mon époque des flots de haine qui m’étouffent […] j’en veux faire une pâte dont je barbouillerai le XIX° siècle… » 

On sait combien cette « analyse de la bêtise » occupa et obséda Flaubert qui y consacra de nombreuses années. On dit même qu’il aurait lu mille cinq cents livres pour se documenter. Il chercha en effet à raconter « l’histoire de la faiblesse de l’intelligence humaine […] avec un fil dans la main : ce fil est la grande ironie d’un merveilleux penseur qui constate sans cesse, en tout, l’éternelle et universelle bêtise ».

Bouvard et Pécuchet, roman- ou plutôt conte philosophique- parut en 1880, chez Alphonse Lemerre. La mort de l’auteur empêchera la parution du second volume de cette « encyclopédie critique en farce » : « J’ai peur que la terminaison de l’homme n’arrive avant celle du livre », avait-il écrit à des amis. Point d’orgue de son entreprise de démystification, cette œuvre ambitieuse et inachevée a été mise en scène par Silvio Pacitto,  d’après une libre adaptation d’Eric Herbette. Elle était jouée à Saumur, salle Beaurepaire, jeudi 14 octobre 2011, sous le titre de Vous n’aurez pas Bouvard et Pécuchet.

Bouvard et Pécuchet, ces deux amis, copistes de métier, sont ainsi les héros (ou déjà les anti-héros) de cette Encyclopédie de la bêtise humaine, sous-titre que l’ermite de Croisset souhaitait donner à cet écrit. Poussés par un désir de savoir, ils s’installent pour leur retraite dans le Calvados, près de Caen, et se lancent dans une quête effrénée des multiples domaines de la connaissance. De l’étude de la science à celle de l’éducation (ils accueilleront deux enfants), en passant par celles de l’agriculture et de la philosophie, ils sortiront exténués par la vanité et l’absence de maîtrise de leurs recherches. Ils renonceront à comprendre la complexité du monde et retourneront à leur ancien métier de copiste. Ils se contenteront alors de consigner une parole toute faite, composée de citations et de résumés : parole que Flaubert devait renfermer dans le Dictionnaire des idées reçues.

De cette œuvre, apparemment sévère voire ingrate, Silvio Pacitto a su faire un spectacle vivant, où l’on peut retrouver sans difficultés l’esprit satirique de Flaubert. Vêtus comme de bons bourgeois du XIX° siècle de redingotes de velours et de pantalons gris ou rayé, arborant gilets de satin, cravates de soie et montre de gousset, coiffés de gibus noirs, Jean Lespert et Michel Miramont campent avec verve et gourmandise ces deux personnages grotesques. Ils parviennent même parfois à les rendre touchants dans leur soif prométhéenne de savoir.

Le décorateur Ma Fu Liang a ainsi voulu symboliser sobrement celle-ci par une sorte de grande armoire à tiroirs, cabinet de curiosités ou ersatz de lutrin de copiste, d’où ils tirent livres et accessoires. Deux praticables en forme de cube complètent ce décor, dépouillé à l’extrême. Car, d’une certaine manière, l’accumulation des savoirs ne conduit qu’au vide et leur triste expérience les ramènera à une pensée figée qu’ils continueront à recopier à l’infini. On les voit d’ailleurs, vers la fin de la pièce, prononcer chacun à leur tour des phrases qu’ils ne comprennent pas et qui les laissent désemparés.

Une des trouvailles de cette adaptation, c’est d’avoir instauré un dialogue entre les deux personnages et leur créateur, ce qui permet de rendre accessible et lisible la démarche de Flaubert. Le metteur en scène montre les deux « bonshommes » au moment de la mort de leur créateur, alors qu’ils s’interrogent avec angoisse sur l’inachèvement de l’œuvre. Grâce à une utilisation habile de la poursuite, qui les met en lumière lorsqu’ils s’adressent à leur démiurge, on les voit prendre à parti Flaubert. Choix du metteur en scène d’autant plus judicieux que, à la lecture du roman, l’on ne sait pas « si Bouvard et Pécuchet sont des imbéciles dont Flaubert se moque ou s’ils sont ses porte-parole ».

Rejouant leur propre histoire, il s’interrogent sur leur rencontre fortuite à Paris, les recherches que le maître du réalisme leur a fait entreprendre ; ils se demandent où tout cela va les mener, et surtout ils perçoivent que l’écrivain fait d’eux des parangons de bêtise. C’est ainsi que dans une ultime révolte et une belle dénégation, ils s’adressent au maître et lui lancent dans un mouvement commun : « Vous n’aurez pas Bouvard et Pécuchet ! »

Eric Herbette insiste d’ailleurs sur l’« immense tendresse » qu’il éprouve pour ceux que leur auteur qualifiait de « cloportes ». Il les rend désarmants et humains, voire pathétiques, dans cette quête idéale qu’ils sont incapables de maîtriser. Après tout, ce qui leur manque, c’est la méthode et ce livre pourrait aussi porter comme sous-titre : « Du défaut de méthode dans l’étude des connaissances humaines » (Lettre de Flaubert à Madame Tennant, 16 décembre 1879). Personnifiant l’humanité, ils sont « toujours de bonne foi, toujours ardents », selon Guy de Maupassant.

Dans un article du Gaulois du 6 avril 1881, il les décrivait même comme « deux Sisyphes modernes et bourgeois qui tentent sans cesse l’escalade de cette montagne de la science, en poussant devant eux cette pierre de la compréhension qui sans cesse roule et retombe ». Une aventure nihiliste en quelque sorte, l’accumulation des  sciences n’étant pas la Science et n’aboutissant qu’à la sottise, la contradiction, la prétention. Le récit est construit sur un schéma qui débouche sur du vide : documentation, expérimentation, échec.

D’une certaine manière, avec ces deux anti-héros, Flaubert continue sa destruction du héros romanesque, entreprise avec Emma Bovary et Frédéric Moreau. En créant ces deux médiocres, il rend la médiocrité unique et ouvre la voie à l’absurde moderne, ce que cette mise en scène nous aura donné à voir avec clarté, me semble-t-il.

 

Sources :

"Bouvard et Pécuchet, vus par Maupassant", Article du Gaulois du 06 avril 1881

Programme du spectacle : Saumur présente Vous n’aurez pas Bouvard et Pécuchet

Article « Flaubert », Dictionnaire des Littératures de Langue Française, de Beaumarchais, Couty, Rey, éditions Bordas

 

 

 

 

 

 

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 09:28

 

  Romy Schneider dans La Passante du Sans-Souci, de Jacques Rouffio

 

 

C’est un vieux conte de Bohême :

Sur un violon, à minuit,

Dans la lune un tsigane blême

Joue en faisant si peu de bruit,

 

Que cette musique très tendre,

Parmi le silence des bois,

Jusqu’ici ne s’est fait entendre

Qu’aux amoureux baissant la voix.

 

Mon amour, l’heure est opportune ;

La lune argente le bois noir ;

Viens écouter si dans la lune

Le violon chante ce soir !

 

L’Illusion : Chants de l’Amour et de la Mort, Henry Cazalis

 

Henry Cazalis est le nom en écriture du docteur Jean Lahor (1840-1909). Etudiant en droit puis en médecine, féru de littératures orientales, grand voyageur, épris de rencontres cosmopolites, il eut une vie riche d’expériences multiples que l’on retrouve dans son œuvre. Paul Bourget évoque à propos de sa poésie " un charme composite, inquiétant et pénétrant, comme celui des tableaux de Burne-Jones et de la musique tzigane, des romans de Tolstoï et des lieds de Heine ".

Dans les Quatrains d’Al-Ghazali, il fait un usage original du quatrain. Il sait en effet que celui-ci, " comme le sonnet, peut être une forme assez complète pour pleinement contenir toute une émotion, toute une vision… " Il me semble que c’est cela que l’on retrouve- en mineur- dans cette suite douce de trois quatrains.

 

Pour illustrer ce thème musical du violon, je vous propose cette scène bouleversante de La Passante-du Sans-Souci. Scène difficile à l'extrême pour Romy Schneider, puisque le petit garçon qui joue du violon ne pouvait manquer de lui rappeler son fils David, mort peu de temps avant.

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Vert de Grisaille : musique

 

 

 

 

 

 

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 09:08

Angioini 

 

Le tuffeau est tout blanc

Les voûtes sont immenses

Et les neuf s’avancent

Vêtus de noir et rouge

Etincelles qui naissent

Etincelles qui bougent

En demi-cercle rassemblées


Angioini 2

En moi se lève un chant

Profond et continu

Troublant et inconnu

Ebranlement tremblé


Angioini les femmes

A siconda donne le ton

Et soudain cela enfle

Et voilà u bassu

Avec ses rondeurs

Devenue sa compagne

A terza la plus haute

Ornera la chanson

La main est sur l’oreille

Les corps sont frôlement

Les yeux frémissement

Les neuf à l’unisson

De leur balancement


Angioini 3 hommes

Et je ferme les yeux

Et je vois les villages

D’une Corse archaïque

Burinée de soleil

Un petit berger seul

Qui chante pour ses chèvres

Un amoureux farouche

En sa sirinata

Pour l’aimée aux yeux noirs

Une mère inclinée

Fredonnant sa nanna

A l’enfant qui s’endort

Une église rustique

Aux murs chaulés de blanc

Où s’élève puissant

Un vieux Tantum ergo


Angioini Nadine Rossello

  Nadine Rossello, maître de choeur des Angioini,  

à l'accordéon

 

 

Et quand remontera

Dans la nef immobile

Vibrante et solitaire

La silhouette noire

De la chanteuse belle

A la voix sensuelle

Aux modelés ardents

Sourdra soudain en moi

Le mystère enivrant

Caresse du sacré

 

Concert des Angioini (Les Angevins en italien),

à Notre-Dame de Nantilly, à Saumur,

dimanche 16 octobre 2011

 

 

Photo, ex-libris.over-blog.com

 

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 11:11

 -Grenouille-dhiver-photo-copie


Le court-métrage n’est pas un genre facile et il semble que chez les cinéastes, il y ait un « complexe du court ». Pourtant, grâce à l’amitié et à l’opportunité de certaines rencontres, des courageux s’y attellent. C’est le cas du réalisateur Slony Sow qui présentait vendredi 16 octobre en avant-première, au cinéma Le Palace à Saumur, son court-métrage intitulé Grenouille d’hiver, produit par la société de production saumuroise, Nompareille. Il faut dire que le casting en est alléchant puisque Gérard Depardieu en est l’acteur principal, avec l’actrice japonaise Eriko Takeda comme unique partenaire.

L’histoire en est toute simple : sur son domaine viticole (Tigné en Anjou), Benjamin (Gérard Depardieu) vient de perdre sa femme (Sabine Lenoël). Désespéré, il songe à se suicider. Une jeune Japonaise, Miko (Eriko Takeda), venue à la propriété pour une dégustation de vins, l’en dissuadera et le ramènera vers la vie.

Ce film de 17 minutes 44 affronte avec délicatesse la douleur de la perte. Et c’est bien là la difficulté du genre. En si peu de temps, et comme dans une nouvelle en littérature, comment trouver un rythme, un ton, une atmosphère ? Ce genre « montre peu mais démontre beaucoup », a-t-on coutume de dire. Grâce au jeu sans artifice de Gérard Depardieu, le film y réussit puisqu’on a presque l’impression d’un avant et d’un après, pour un récit censé ne durer que vingt-quatre heures.

Au cours de la discussion qui a suivi la projection, Slony Sow a expliqué l’extraordinaire capacité de Depardieu à entrer dans un personnage, sans réelle préparation intérieure. Alors qu’il vient de plaisanter, quand on dit « Moteur ! », il est immédiatement dans le jeu, et toujours avec justesse. Le réalisateur a rappelé avec humour que le tournage de la mort de Cyrano de Bergerac (une scène d’une émotion intense) est pour les techniciens du film un souvenir de rire insensé, au point qu’il a fallu vider le plateau de tous ceux qui n’y étaient pas indispensables, tant les rires fusaient entre les prises.

Une spectatrice a fait remarquer l’intérêt d’un court-métrage qui s’attarde sur cette réalité de la mort, si souvent occultée dans nos sociétés occidentales. La petite grenouille, symbole de vie pour les Japonais, et offerte à la morte par la jeune visiteuse, la délicatesse avec laquelle celle-ci fait la toilette mortuaire de la défunte, sont des éléments qui donnent à regarder la réalité en face, mais cela est narré avec pudeur.

On notera aussi le travail sur la lumière, notamment celle qui provient de la chambre où repose la défunte. C’est une lumière blonde et rose, que le réalisateur dit avoir voulue un peu irréelle comme dans les contes. Il y a aussi la lumière d’hiver qui coule par les fenêtres de la cuisine, tandis que Benjamin et Miko prennent un repas ensemble. Elle opère un contraste très fort avec l’obscurité de la cave, dans laquelle le viticulteur retrouve son  fusil de chasse et s’abandonne un temps à la tentation d’en finir.

Quant à la grenouille d’hiver, que l’on aperçoit transie dans les vignes à la fin du film, il n’a pas été facile de dénicher l’actrice capable de jouer ce rôle ! Slony Sow a expliqué avec drôlerie qu’il l’a cherchée longtemps à travers la France, pour finir par la trouver non loin de Tigné, à Montreuil-Bellay.

Eriko Takeda, jeune actrice japonaise arrivée il y a quatre ans en France, avoue quant à elle l’extraordinaire aventure qu’a été pour elle ce tournage avec Gérard Depardieu. Même dans ses rêves les plus fous, elle n’aurait jamais osé l’imaginer ! Et Jean Maurice Belayche, le producteur du film, lui-même ami du comédien, a insisté sur les liens d’amitié qui lui ont permis de réaliser ce court-métrage. Il a salué encore le maître de chai de Tigné, qui lui a été d’une grande aide.

Gérard Depardieu a en effet tout de suite accepté de tourner ce scénario, qui parlait de mort et de renaissance, et qui lui donnait l’occasion d’être entre ses murs et au milieu de ses vignes, puisque le court-métrage a été tourné au château de Tigné. C’était aussi pour lui l’occasion de revenir en Anjou, là où repose son grand copain, Jean Carmet. Et Slony Sow de faire remarquer que, dans le film, Gérard Depardieu, a refait spontanément un geste précis qu’il avait accompli au moment de la disparition de Jean Carmet.

Ce court-métrage avait été sélectionné à Cannes 2011 et projeté sur l’Ecran de la Plage. Il avait été présenté en avant-avant-première le 24 septembre 2011 au théâtre de verdure du château de Saumur, il sera diffusé sur France 2 le dimanche 23 octobre 2011 dans la série Histoires courtes. L’occasion pour les téléspectateurs de découvrir toute la légitimité du court-métrage, un genre que n’ont méprisé ni Godard ni Scorcese, et  qui est tout, sauf  un film au rabais.

 

Sources :

www.ecrannoir.fr « Faire un court-métrage »

festivalcourtmétrage.wordpress.com

 


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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 18:45

La valse chaloupée 1906

 La Valse chaloupée (1906), Kees Van Dongen


Chiquita sentait la vanille

Et, quand parfois je la pinçais,

Elle disait tout bas : - Assez !

Mé prénez-vous por ouné fille ?

 

Je la croyais et la laissais.

Alors elle éclatait de rire

Ou, se remettant à danser

Comme ne l’eût pas fait la pire

Des gitanes, elle pressait

Son corps au mien et m’embrassait.

 

C’est dans la dernière partie de La Bohème et mon Cœur de Francis Carco, intitulée « Petite suite sentimentale », que l’on trouve cette suite de dix vers en octosyllabes, construite sur trois rimes. Dans la préface du recueil, Francis Carco évoque  ses « belles années disparues ».

Il se rappelle ses amis, « ce groupe de très jeunes gens de province, désœuvrés, collaborant aux publications d’avant-garde et n’aimant que la poésie ». Il se décrit «  avec cette cravate noire en forme de plastron, cette longue mèche de cheveux, ce regard trop sincère » et « comme un enfant qui […] n’avait d’amour que pour Clara d’Ellébeuse, Pomme d’Anis, et la provinciale Aloïda… »

Dans ce bref poème, j’aime la manière vive dont il brosse la silhouette d’une de ces filles, aux amours faciles ;  le souvenir de sa danse brille en lui comme une étincelle.

 

Pour les Jeudis en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème : badinages libres,

Proposé par Vert de Grisaille

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 12:37

 Esméralda et sa chèvre

Esméralda et sa chèvre Djalil

 

Qui ne se souvient d’Esméralda, la gitane à la chèvre, créée par Victor Hugo ? Depuis plus d’un siècle, l’héroïne de Notre-Dame de Paris (1831) ne cesse de hanter les imaginations. Le romancier fera mourir sur le gibet l’Andalouse, la belle qui chante et danse au milieu de la Cour des Miracles, la femme qui épouse par compassion le poète Pierre Gringoire, la beauté que convoite l’archidiacre de Notre-Dame, Claude Frollo, l’amante qui aime d’amour vrai le beau capitaine des archers, Phoebus de Châteaupers, au nom de soleil.

Elle reprendra vie très vite sur la musique de Cesare Pugni, dans un ballet en cinq tableaux de Jules Perrot, La Esméralda, créé au Her Majesty’s Theatre de Londres, le 9 mars 1844. Fanny Essler et Fanny Cerrito créeront le ballet en Russie. Pour le livret, Perrot s’inspirera de l’adaptation, un poème en quatre actes, que Victor Hugo avait faite de son roman pour l’opéra de Louise Bertin, Esméralda (1836). Les principaux interprètes en étaient alors Carlotta Grisi, Jules Perrot et Arthur Saint-Léon.

La chorégraphie fut maintes fois revue, notamment par Perrot lui-même ,en résidence au Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg. Ensuite, c'est Cesare Pugni qui revoit sa partition, le 2 janvier 1849. En 1872, Petipa intègre un nouveau pas de dix sur une musique de Juli Gerber puis, en 1886, introduit un nouveau pas de deux pour Claudia Cucchi qui devient le Pas Cucchi. En 1899, c'est un nouveau pas de deux sur une musique de Ricardo Drigo et un pas de deux au tambourin, appelé Pas de Deux d'Esméralda, qui sont ajoutés pour Mathilde Ksechessinkaya. En 1931, Agrippina Vaganova révise la chorégraphie en intégrant un nouveau pas d'action pour Galina Oulanova et Vaktang Chabukianin sur une musique de Ricardo Drigo (J'y reviendrai plus bas).

D’autres adaptations suivront, dont on a certes perdu la mémoire : celles de Alexandre Dargomyškij, Fabio Campana, Goring Thomas, Poniatowski, Fry, Manuel Giró…

La fin du ballet est moins tragique que dans le roman : en effet, au moment où Esméralda va mourir sous les yeux d'Olivier Le Daim, l’exécuteur des basses oeuvres de Louis XI, et devant Frollo et tous ses amis de la Cour des Miracles, Phoebus réapparaît et la sauve in extremis, tandis que Quasimodo poignarde l’archidiacre.

C’est ce ballet, avec les solistes et le corps de ballet du Théâtre Académique d’Etat Bolchoï, qui était retransmis en live, dimanche 09 octobre 2011 à 17 heures, et que j’ai vu au cinéma Le Palace, à Saumur, en HD. Succédant à la chorégraphie originale de Marius Petipa, la nouvelle version chorégraphique est celle de Yuri Burlaka et de Vassily Medvedev (2009), dans l’esprit conservé de Petipa. La direction musicale est assurée par Pavel Klinichev. Les décors sont de Alyona Pikalova, les costumes de Yelena Zaytseva. L’ensemble est éclairé par Damir Ismagilov.

C’est la danseuse étoile, Maria Alexandrova, qui tient le rôle d’Esméralda. Si elle est longiligne et gracieuse, il m’a semblé qu’elle était un peu en retrait au début du ballet et qu’elle gagnait en intensité au fur et à mesure que se déroule l’action. Sur un air de violon, qui nous rappelle que Pugni fut un virtuose de cet instrument, elle exprime admirablement la passion de son amour pour Phoebus dans le superbe pas de deux du début du dernier acte.


Esméralda dernier acte

La Esméralda, acte III, Bolchoï 2009

(Photo Marc Haegeman)

 

Son jeu et sa danse atteignent une grande force émotionnelle dans la dernière scène quand, les cheveux dénoués, vêtue d’un gris mélancolique et léger, sur le point de monter au gibet, elle tournoie au milieu des badauds. Tournoiement symbolisé par cette écharpe grise, brodée de fleurs de lys scintillantes, que Phoebus lui a offerte, et qui est un des motifs essentiels du ballet.

En ce qui concerne les rôles de caractère, Claude Frollo (Alexei Loparevich) est particulièrement impressionnant. Avec un visage cireux, drapé dans son froc noir, arborant une croix qu’il ne cesse de blasphémer par ses actions, il apparaît tel un grand inquisiteur, menaçant et impitoyable. Igor Tsvirko, dans le rôle de Quasimodo, ne démérite pas, avec sa démarche alourdie par une jambe disproportionnée et son faciès boursouflé. Son arrivée en Roi des Fous au dernier acte, sous le costume du pape, est très réussie. Quant au doux poète  Gringoire (Denis Savin), on admirera la précision de sa technique, claire et nette.


esmeralda le roi des fous 2009

Quasimodo en Roi des Fous, acte III, La Esméralda, Bolchoï 2009

(Photo Marc Haegeman)

 

L’acte deux de ce ballet est célèbre par plusieurs passages, devenus des morceaux d’anthologie. Il prend place lors du bal donné en l’honneur des fiançailles de Phoebus (Rouslan Skvortsov) et de la jeune Fleur-de-Lys (Ekaterina Krysanova), dans la maison Gondelaurier.


esmeralda-bolchoi le bal des fiançailles

Le bal des fiançailles de Fleur-de-Lys et de Phoebus, acte II, La Esméralda, Bolchoï 2011

 

Il y a d’abord la pièce très populaire du pas de deux, avec la fameuse Variation Tambourin. Esméralda (Maria Alexandrova), y danse en costume de gitane, blanc, vert et rouge, avec des sequins d’or en coiffure et en collier, accompagnée d’autres ballerines vêtues comme elle : une merveille de vélocité et de grâce.


 natalia-osipova-esméralda 2

La Variation Tambourin avec Natalia Ossipova, acte II,  (2008 ?)


On peut y applaudir aussi le Pas de Deux de Diane (Anastasia Stashkevich) et Actéon (Vyacheslav Lopatin). Dans la version de Petipa, le Pas de Diane était un pas de caractère, pour les personnages mythologiques de Diane, la déesse de la chasse, Endymion le chasseur, un Satyre et huit nymphes. Le Pas de Diane était alors un  classique pas de trois, pour les trois solistes et les huit nymphes, avec une entrée, un grand adagio, une danse pour les huit nymphes et le Satyre, les variations de Diane et Endymion et une coda grande.

En 1931, la grande Agrippina Vaganova ressuscite le Pas de Diane. Pour des raisons inconnues, le personnage d’Endymion est alors changé en celui d’Actéon, et le pas de trois devient le Pas de deux de Diane et Actéon, tandis que le nombre des nymphes passe de huit à douze. Toujours est-il que les deux solistes du Bolchoï nous ont offert dimanche un somptueux pas de deux (sans les nymphes). Venus de derrière une tapisserie de haute lice, la danseuse, vêtue de rouge, un petit arc à la main, et le danseur, à la belle musculature, habillé à la grecque, ont dansé avec une fougue intense et une élévation pleine d’élan les amours sauvages de Diane et de son amant. On sait que ce dernier sera métamorphosé en cerf et dévoré par les chiens de la déesse, pour avoir eu l’audace de la regarder.


esmeralda diane et actéon 2009

Le Pas de Deux de Diane et Actéon, La Esméralda, acte II, Bolchoï 2009

(Photo Marc Haegeman)

 

Tout au long de ce spectacle, l’attention ne faiblit pas. D’emblée, l’on est séduit par les scènes de pantomime de l’acte I, colorées, vives et enjouées. La beauté et la diversité des costumes, style troubadour, que l’on doit à Yelena Zaitseva, sont un enchantement pour l’œil. Certes, les décors sentent un peu le carton-pâte mais conviennent tout à fait à l’atmosphère romantique et « gothique » de ce ballet.


esméralda 2009 premier acte pantomime

La pantomime du premier acte, La Esméralda, Bolchoï 2009

(Photo Marc Haegeman)

 

On saura enfin gré au ballet du Bolchoï d’accepter ainsi le principe de la retransmission cinématographique. Celle-ci est extrêmement exigeante et met à nu les éventuelles lacunes et failles de la technique des danseurs. Pas de deux, pas de corbeille, pas de castagnettes, pas de bourrés, fouettés, portés, rien n’échappe à son regard scrutateur. Avec le spectacle de dimanche, on a pu ainsi découvrir au plus près la technique impeccable des danseurs du Bolchoï, alliée à ce respect de la tradition dont on ne saurait se plaindre.

Mais, pour moi qui ne suis pas une spécialiste du ballet, j'ai surtout aimé retrouver la Esméralda, celle qui « dansait, […] tournait, […] tourbillonnait sur un vieux tapis de Perse..."


esméralda carlotta grisi et jules perrot

 La Esméralda avec Jules Perrot (Gringoire)

et Carlotta Grisi (Esméralda), Paris, 1836



 Esmeralda -Fanny Cerrito -London -1844

      Esméralda (Fanny Cerrito), Londres, 1844

 

 

Sources :

www.danser-en-france.com

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Esmeralda 

Article "Le pas de deux de Diane et Actéon" 

 

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 08:56

Fenetre-a-Vejer-de-la-Frontera-Espagne.JPG 

Fenêtre à Vejer de la Frontera, Andalousie

(Photo ex-libris.over-blog.com Juin 2011)

 

 

 

Pour la femme voilée

Muette emprisonnée

Pour la femme au foulard

Dans son tissu mouroir

Pour la femme au haïk

Reléguée archaïque

Pour la femme au hijab

La désignée coupable

Pour la femme en burka

Derrière son judas

Pour la femme au nikab

Sous le joug panarabe

 

Je rêve au jour vivant

A ce temps transparent

Quand tomberont enfin

Les murailles d’airain

Quand libre à sa fenêtre

On la verra renaître

On entendra son rire

Les mots de son désir

Cette ombre à l’agonie

Derrière la jalousie

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Entre Ombre et Lumière,

Thème : les fenêtres

 

 

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 16:51

 Une selaine enchantée photo des artistes

Les artistes d'Une Semaine enchantée (Photo Saumur-Kiosque)


Du 10 au 18 septembre 2011, la troisième édition d’Une Semaine enchantée, s’est tenue à l’abbaye d’Asnières, sur la commune de Cizay-la-Madeleine. Cette exposition des œuvres de quatorze artistes résidant en Saumurois a permis à ceux-ci de raconter l’abbaye, son histoire, son environnement, à travers des formes d’expression variées.

Le visiteur était accueilli aux abords de l’abbaye par des personnages géants,  issus des livres de son enfance, créés par l’illustrateur Olivier Supiot. Le sculpteur Daniel Collette, pour sa part, a écouté le chant des Sirènes en démultipliant leurs fines silhouettes à l’intérieur et à l’extérieur du lieu.

Asnières autel

Autour du pigeonnier désaffecté, la plasticienne Mathilde Grolleau a déposé ses pigeons en céramique, raku et tissu léger, tandis qu'Anne Le Vilain, plasticienne elle aussi, recréait une spirale légère vers les hauteurs de la fuye.

Asnières pigeons

Avec Sophie Puls et Sophie Touret, sculpteur-plasticienne et illustratrice, le visiteur pénétrait dans la sacristie et dans l’histoire de l’abbaye, réinventée par leurs soins. Le photographe Jean-Baptiste Rabouan s’est interrogé sur les fins dernières avec un tapis photographique à même les dalles, quand l’infographiste Sandrine Rabouan proposait dès l’entrée une mosaïque composée de calvaires démultiplié à l’infini. La peinture y a aussi trouvé sa place avec le Christ crucifié de Max Le Baleur  et ses stations du Chemin de croix ; Hervé Girardin a fait quant à lui réfléchir sur la vanité de la création tandis que le peintre-graphiste Dem Chamanie nous a conté les heurs et malheurs de l’abbaye à travers un film d’animation.

Asnières fuye

En ce qui me concerne, deux créations ont particulièrement retenu mon attention. Ainsi, j’ai beaucoup aimé les deux immenses retables, conçus par le peintre-illustrateur Nicolas Jolivot, racontant l’histoire mythique de Tristan et Yseut. Finesses du trait, souci du détail, unité de couleurs, ont contribué à créer deux panneaux d’une inspiration médiévale particulièrement réussie. Installés de part et d’autre du maître-autel, ces triptyques nous ont rappelé l’importance capitale de cette œuvre, qui a influencé pour longtemps la conception de l’amour dans tout l’Occident.

Enfin, l’illustratrice Myriam Nion m’a une fois de plus émerveillée par la finesse et l’imagination subtile de son travail. Elle a (re)créé quatre jeux du Moyen Age, figurant des lieux et des personnages emblématiques de l’abbaye d’Asnières : le jeu du Pèlerin, de l'Herboriste, le jeu du Renard et des Poules, de l'Oie. Ces jeux, qui lui ont demandé soixante-dix heures de travail, ont été réalisés à l’encre de Chine sur papier. Des versions colorées et cirées permettent d’y jouer plus aisémément.

Myriam Nion leu du pèlerin

Un des exemplaires m’a fascinée : celui où l’artiste s’inspire du labyrinthe médiéval, que l’on appelait aussi Chemin de Jérusalem. Il s’agit d’un parcours initiatique dont on disait qu’il était réservé aux pèlerins dans l’impossibilité de faire réellement le pèlerinage dans la Ville sainte. Ce cheminement, que l’on retrouve sur le dallage de nombre d’églises, était fait généralement à genoux dans le but d’atteindre le centre du labyrinthe, appelé « Saut de la Joie ». Le plus connu de ces parcours de prière et de méditation est celui de la cathédrale de Chartres, dont un des autres noms est la « Lieu » : l’on pouvait l’accomplir en une heure, temps nécessaire pour parcourir une lieue.

Miriam Nion présentait encore un jeu de l’Oie, un passe-temps pour enfants, qui est tout sauf anodin. En effet, avec ses embûches, ses pénalités, ses retours en arrière, ce jeu est rien moins qu’un moyen pour faire l’apprentissage de la vie.

Myriam Nion Jeu

Chaque artiste a donc investi ce magnifique endroit avec sa propre sensibilité. Il faut dire que le lieu est superbe. Située entre Saumur et Doué-la-Fontaine, implantée au creux du vallon du ruisseau de la Gravelle, cette abbaye fut fondée par Bernard d’Abbeville, un contemporain de Robert d’Arbrissel, le fondateur de Fontevraud.

Semaine enchantée gisant

De la première église du début du XIIe siècle ne subsiste plus que le mur nord de la nef, construit en moellons et percé de petites fenêtres. A l’intérieur, le croisillon sud du transept et sa chapelle absidiole, dédiée à saint Etienne, en forme de demi-lune, sont les éléments les plus anciens. Dans le chœur rectangulaire de la nef de la seconde moitié du XIIe, on peut admirer un voûtement typique de l’art gothique angevin. Il est constitué de huit voûtes portées par deux colonnes en calcaire gréseux de huit mètres de hauteur, d’où s’élancent les fines nervures de la grande voûte centrale et des quatre voûtes bombée latérales.

Asnières voûtes

Les clés de voûtes polychromes présentent un décor sculpté et peint du XIIIe siècle qui représente des scènes bibliques. Devant le maître-autel, on remarque une rosace en carrelage vernissé, tout à fait exceptionnelle.

Des fouilles de 1903 ont permis de mettre à jour les tombes des donateurs, Giraut II Berlay et son épouse Adèle. Les vitraux, provenant de l’atelier Chappée du Mans, ont été posés entre 1902 et 1950.

Asnières vitraux

Et, pendant une semaine, dans ce lieu empreint d’une haute spiritualité, quatorze artistes nous ont donné à rêver en renouant avec un passé fait de mythes et de légendes.

Photos : ex-libris.over-blog.com, Dimanche 10 septembre 2011 

Sources :

http://www.cg49.fr

Abbaye d’Asnières et son association

 

 

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Des blancs ruisseaux de Chanaan

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