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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:38

  Couchée Ernst

                  Le jardin de la France, Max Ernst (1962),

                                        Huile sur bois

 

 

 

A droite, le ciel, à gauche, la mer.

Et devant les yeux, l’herbe et ses fleurs.

Un nuage, c’est la route, suit son chemin vertical

Parallèlement à l’horizon de fil à plomb,

Parallèlement au cavalier.

Le cheval court vers sa chute imminente

Et cet autre monte interminablement.

Comme tout est simple et étrange,

Couchée sur le côté gauche,

Je me désintéresse du paysage

Et je ne pense qu’à des choses très vagues,

Très vagues et très heureuses,

Comme le regard las que l’on promène

Par ce bel après-midi d’été

A droite, à gauche,

De-ci, de-là,

Dans le délire de l’inutile.

 

Robert Desnos, Bagatelles, 1930-1932

 

 

Blog en pause

 

 

 

 

 

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 14:02

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  Sur le mur d'une petite place de Tarifa (dimanche 26 juin 2011)

 

 

 

Au détour d’une rue

Bordant une placette

C’est une étrange fresque

 

Deux éphèbes drapés

Aux gestes très secrets

De la pourpre et la mer

Aux confins du mystère

Des animaux couchés

Tels des sphinx de bronze

Enigmatique songe

Une coupe de sang

Un objet menaçant

Le Minotaure

Et Anubis

Maléfice

Sacrifice

 

Et la Mort

Un décor  ?

 

Sur une place de Tarifa,

Dimanche 26 juin 2011

 

 

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 10:17

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                   Plaque votive dédicacée à la déesse Isis,

          découverte dans les ruines romaines de Baelo Claudia,

                   Bolonia, Espagne (mardi 28 juin 2011)

 

 

 

Dans les ruines solaires

Tout au bord de la mer

J’ai vu le sanctuaire

De la déesse-mère

Des empreintes par terre

Dans le beau marbre clair

Soudain me rappelèrent

Qu’on fêtait ses mystères

Même en terre étrangère

 

Dans les ruines de Baelo Claudia,

à Bolonia, mardi 28 juin 2011

 

 

 

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 19:54

 

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                   Ancienne charrue dans une cour du castillo

                  de Vejer de la Frontera (Jeudi 30 juin 2011)

 

 

Au fond du frais passage où l’on respire l’ombre

Dans la cour où le blanc éclate dans sa chaux

Une ancienne charrue sortie de la pénombre

Crie l’aridité dure de la terre du campo

 

A Vejer de la Frontera, jeudi 30 juin 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 16:58

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    Le castillo et la ville haute de Vejer de la Frontera, Andalousie

                                       (Jeudi 30 juin 2011)

 

 

 

Sous le fier castillo

Que conquirent les Maures

Dans les ruelles hautes

Eperdues de blancheur

Les ombres s’abandonnent

Par les portes ouvertes

Sur les patios en fleur

Les bleus azulejos

Le soleil tombe à vif

Mes jambes titubant

Sur le pavé ancien

La chaleur de l’Espagne

Bouillonne dans mon sang

 

A Vejer de la Frontera, jeudi 30 juin 2011

 

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 14:33

 

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          Plage et Pointe de Punta Paloma, Tarifa (Juin 2011)

 

Un coq aura chanté

 

Le levante lèvera légèrement les feuilles d’eucalyptus

 

Les lauriers roses et blancs trembleront sous le vent

 

La fleur de l’hibiscus frémira son pistil

 

Les doigts verts du caroube bougeront doucement

 

J’entendrai les clarines des vaches aux cornes fines

 

Le hennissement fou d’un cheval andalou me fera frissonner

 

Les enfants tournoieront totons tourbillonnants sur le kikuyu vert

 

La mer au loin là-bas gonflera mille voiles enflées comme sarouals

 

Les côtes de l’Afrique flotteront sur la brume

 

Le vent fou soufflera l’été à Tarifa

 

 

Villa Vista Duna, Tarifa, Juin 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 07:00

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Harbour Bridge, Sydney (Novembre 2008)

 

 

 

 

 

C’était en novembre

Et c’était l’été

De l’autre côté

Au port de Sydney

 

C’était en novembre

Comme on était loin

Comme on était bien

Et je m’en souviens

 

C’était en novembre

Toi comme un mirage

Près du bastingage

Sur les blancs nuages

 

C’était en novembre

Tu me souriais

Et tu me disais

Combien tu m’aimais

 

C’était en novembre

Sur le pont de fer

Dans l’autre hémisphère

Mais c’était naguère

 

On est en novembre

Loin de cet été

Le pont a rouillé

Tu m’as oubliée

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Entre Ombre et Lumière,

Thème du 28 juin 2011 : du ponton au viaduc : les ponts

 

 

 

 

 

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 09:49

  Paul Sérusier 1864-1927, Solitude musée des beaux arts de

         Solitude, Paul Sérusier, Musée des Beaux-Arts de Rennes

 

 

Chasseresse ou dévote ou porteuse de dons

La solitude est verte en des landes hantées

Comme chansons du vent aux provinces chantées

Comme le souvenir lié à l’abandon.

 

                      La solitude est verte.

 

Verte comme verveine au parfum jardinier

Comme mousse crépue au bord de la fontaine

Et comme le poisson messager des sirènes,

Verte comme la science au front de l’écolier.

 

                       La solitude est verte.

 

Verte comme la pomme en sa simplicité,

Comme la grenouille, cœur glacé des vacances,

Verte comme tes yeux de désobéissance,

Verte comme l’exil où l’amour m’a jeté.

 

                        La solitude est verte.

 

Louise de Vilmorin, Rimes du cœur, in Poèmes

 

 

 

 

 

 

Blog entre parenthèses

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 17:42

 

                            Lederle     

                                                 Feux de la Saint-Jean en Bretagne, Fritz Lederle (1901-1975)

                                                                                   (Photo arcadja.com)

 

 

                                  I 

 

Terre de la nuance et des métamorphoses !

Quel voile délicat s’est posé sur les choses

Et donne au ciel ce ton mourant des fleurs de lin ?

Est-ce à Saint-Gille, au Huelgoat, à Goudelin ?

Le paysage, avec sa lande et son église,

Dans l’air ambré du soir se spiritualise

Et, vaporeux, atténué comme un pastel,

Semble flotter vraiment aux confins du réel.

Aucun souffle n’émeut cet impalpable tulle.

Et, cependant qu’à pas feutrés le crépuscule

Descend le chemin creux qui mène vers l’étang,

Le silence avec lui glisse, plane et s’étend.

 

                                 II

 

Est-ce à Gurunhuel, à Botmeur, à Crozon ?

Du soleil qui chavire au ras de l’horizon,

Tel un brick torpillé dont la membrure éclate,

L’adieu s’exhale en jets de soufre et d’écarlate.

Puis tout s’éteint et tout s’apaise par degrés.

Un fin croissant de lune argente les Arrhés

Et découpe en plein ciel leurs graves silhouettes,

Qui rêvent dans le soir au bord des eaux muettes.

Et c’est comme une attente et c’est comme un secret.

Les couples se sont tus sur la route : on dirait,

A l’obscure langueur qui soudain les pénètre,

Que quelque chose d’infiniment doux va naître.

 

                                  III

 

On ne voit plus l’église, on ne voit plus la lande.

Est-ce à Trédrez, à Guéradur, à L’Ile Grande ?

Un sel subtil se mêle à l’âcre odeur du foin ?

Maintenant c’est la nuit, la molle nuit de juin,

Blonde comme un verger, tiède comme une alcôve.

Vers l’ouest traîne un dernier lambeau de clarté mauve…

Hosanna ! Car voici que sur les monts d’argent

Pétillent, flambent, les bûchers de la Saint-Jean.

Leurs feux jusqu’à Roscoff étoilent la campagne

Et, priant ou chantant autour d’eux, la Bretagne

Sent, en ce premier soir du solstice d’été,

S’épanouir la fleur de sa mysticité.

 

Charles le Goffic, En Bretagne

 

En cette veille de la Saint-Jean, j’aime à lire ces vers dans lesquels Charles Le Goffic conte à sa manière les soirs de Saint-Jean  sur sa terre bretonne. Dans cette suite de trois strophes de douze  vers en alexandrins, il décrit ce passage imperceptible et doux du soir à la nuit, que viennent éclairer les feux de la Saint-Jean. A l’aide d’images délicates, de touches sensuelles, il évoque la tiédeur et le silence de cette soirée si particulière. Et, à la lueur des feux qui célèbrent le solstice d’été, il rend hommage à l’âme profondément mystique des Bretons.

 

Jeudi 23 juin 2011, Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par M’annette : conte, raconte

 

 

 

 

 

 

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 13:45

 

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                Deux fleurs de buddleia sur le mur de tuffeau

                             (Mercredi 22 juin 2011)

 

 

Cornes d'abondance

Sur les arbres à papillons

Eté généreux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Un blog pour lire, pour écrire, pour découvrir et s'étonner. "La Vie a plus de talent que nous" disait Nabokov.
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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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