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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 08:21


"Non! jamais je n’ai vu de mortel, homme ou femme, à toi pareil ; et devant toi, je me sens plein de révérence. Je n’ai rien vu de tel qu’à Délos, autrefois, près l’autel d’Apollon, le tronc droit d’un jeune palmier : car je fus là aussi, tout un peuple m’accompagnait sur cette route où je devais trouver tant de soucis... Comme alors, devant lui, je demeurai longtemps dans la stupeur, car jamais un tel fût n’était monté de terre, de même, femme, je t’admire avec stupeur, je crains infiniment de toucher tes genoux." Homère, Odyssée, Chant VI, 117-169, Traduction par Philippe Jaccottet, 1982.

Ô mes palmiers de Chine

Dans la verdure d’avril

Avec vos grappes noires

Vos floraisons tressées

Vos stipes chevelus

Ulysse revenu

Des Enfers souterrains

Pourrait vous désirer

Ressusciter en vous

Les fantômes aimés

De sa Nausicaa

 

Rou, le 30 avril 2021

 

 

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 17:26

Cette année, le Printemps des Poètes devait avoir lieu  du 13 au 29 mars 2021 en célébrant le Désir. Avec les Poédiseurs nous avions préparé deux lectures poétiques qui devaient avoir lieu les 13 et 27 mars. Hélas, la pandémie en a décidé autrement et ces rencontres ne pourront se tenir. En guise de consolation, j'ai écrit ce petit texte sur le Désir.

 

Oserai-je le dire

Ce dur désir sans rides

 

Ces ires indicibles

Mouvement invincible

Au creux des interstices

Au gré des précipices

Soudain il se fait jour

Souvent  il devient lourd

Il faut que je le porte

Avant que je sois morte

Quel donc ce secret

Serrant comme un lacet

Une flèche pointue

A la blessure têtue

Un sursaut implacable

Un appel insatiable

Un vif coup de ciseaux

Ou un lent lamento

Il me suit et m’assiège

Comme au collet d’un piège

 

Oserai-je le dire

Cette ombre ce vampire

C’est la marche en avant

De mon être vivant

 

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 11:02

Dans l'église Sainte-Croix de Marson (Photo ex-libris.over-blog.com)

C’était vers le midi

Au temps d’Epiphanie

L’église solitaire

Ouverte à la lumière

Le prie-Dieu en velours

Dans le rouge du jour

Le lutrin immobile

Attendant l’Evangile

Sur l’autel en tuffeau

Des fleurs en chapiteau

Dans l’ombre des branchages

Glissant sur son visage

La blanche Vierge-mère

Que le soleil éclaire

Tient dans ses bras l’Enfant

En offrande à l’orant

Qui prie seul à genoux

Sous les tiges du houx

C'était vers le midi

Au temps d'Epiphanie

J’ai vu l’Amour sans âge

Dans l’ombre des branchages

Dans l’église de Marson, mercredi 20 janvier 2020

 

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 08:24

Persistance de la mémoire ou Les Montres molles (1931), Salvador Dali

 

Dans l’étuve des jours

Et la touffeur du temps

Ruisselante mémoire

 

La fraîcheur d'autrefois

Dans la vie frémissante

L’eau claire des matins

Sans le sel bleu des larmes

Le souffle de torrent

Du vent des amitiés

La caresse mouillée

De l’averse amoureuse

La vague verte et vive

Des visages vivants

La lampée frémissante

Des beaux étés perdus

La froidure de glacier

Du glaçon des douleurs

Le passage dans l’ombre

Hors des passions brûlantes

Le saisissement froid

Sur le marbre du cœur

 

Dans la moiteur des ans

Humer l’air frais des rires

Envolés au néant

Rouvrir une fenêtre

Au courant d’air des mots

Qui désaltéreront

Ma détresse assoiffée

 

Mercredi 12 août 2020

 

 

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 09:42

Banquise, 11 décembre 2018 (Photo AFP, Kate Ramseyer)

Une autre surprise de mon journal d'autrefois... Tout cela est bien loin !

 

Beau comme un péché de jeunesse

Dur paysage d’hiver

Où les arbres sont des chandeliers

Mouettes et mains mêlées

Aux canaux qui se gercent

Cris jetés dans le blanc

Bruits se feutrant à la vitre de l’air

Hiver sur la mer

Hiver en mon cœur

 

 

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 17:15

Sphinx du parc de Bagatelle (photo ex-libris.over-blog.com)

C'est avec surprise et étonnement que j'ai retrouvé ce poème dans de vieux papiers. J'avais dû l'écrire du temps de mes dix-sept ans et il témoigne d'une mélancolie adolescente...

 

J’aime un sphinx

Il dort au fond de moi

Ainsi que l’algue au creux des mers

Oh je voudrais tel un nomade  errant

Faire reposer ma tête en son cou ensablé

Et dormir sans fin en son ombre pensive

Le vent me durcirait la pluie me rongerait

Les sables alentour m’y enseveliraient

Je deviendrais semblable à cette fleur d’énigme

Je serais le collier de ce cou de pierraille

Et je mettrais le baume aux multiples entailles

Car il y a la lèpre et puis les éléments

Les averses de feu et puis celles du sang

Mais il serait aussi le lierre de ma métamorphose

La caresse invisible qui naît avec le temps

Et le sphinx hiératique serait mon bel amant

 

Sphinx du parc de Bagatelle (Photo ex-libris.over-blog.com)

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 09:51

 L'arbre dans la fenêtre

s'offre à moi le matin

Il est toujours le même

mais il est différent

selon les ciels changeants

Il me dit comment être

si le temps est chagrin

si les nuages blêmes

alourdissent mon cœur

si la branche en couleur

dessine et teint de vif

le jour intempestif

Il est ma vigie noire

mon phare et mon perchoir

avec des vagues d'ailes

et son ballon de gui

renouvelle le temps

et quand le jour commence

et quand le jour finit

 

Tu seras mon arbre

disait Apollon à Daphné

et moi je le redis

à mon haut fût fidèle

 

 

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 13:36

Sur les bords du Thouet,

près d'Argenton-l'Eglise,

au lieudit Pernanges,

de belles libellules,

volettent,

sautillent,

bondissent

et cabriolent,

tels des papillons

merveilleux

et bleus.

Légers,

insaisissables,

impondérables,

impalpables,

transparents

de lumière,

évanescents,

immatériels,

petites âmes

dansantes

entre le ciel

et l'eau

 

 

 

 

 

Photos ex-libris.over-blog.com, le 19 juin 2018

 

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 22:39

 

Dans un cimetière  (Photo ex-libris.over-blog.com, le 30 octobre 2017)

 

Entre les tombes

Entre les morts

Le rosier refleurit

Un bouquet de couleurs

Une gerbe en plein cœur

Parmi le tuffeau blanc

Et le marbre brillant

Entre les tombes

Entre les morts

Le rosier rejaillit

L’espace d’un matin

Au creux de ses pétales

De sa peau automnale

Voilà qu'ici repose

L’éternité enclose

 

 

 

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 20:48

Photo IStock, Getty Images

 

Mondes flottants

 

Où s’en va ton visage au fil faux des années,

Divagation, mirage et métamorphose,

Entrevu un matin dessous la vitre close

De ce train en partance d’une gare embrumée ?

 

Où a fui ton image à jamais déchirée,

Toujours recomposée, fugace, insaisissable,

Ton ovale d’opale, fondu et impalpable,

Ton sourire éphémère, fugitif et moiré ?

 

Perdu, je cherche en vain ton reflet transitoire,

L’amande de tes yeux, leur couleur illusoire,

Si vite évanouis au miroir du mensonge

 

Que jamais ne pourrai, sculpteur du souvenir,

Remodeler tes traits sans cesse en devenir.

Fantôme et illusion, je n’ai aimé qu’un songe.

 

J'ai écrit ce sonnet pour le concours de poésie organisé par Veduta et Télérama à l'occasion de la 14 ème édition de la Biennale de Lyon.  "Mondes flottants" est le thème de l’exposition d’art contemporain de cette année.

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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