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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 10:35

  Heurtoir à Tarifa

Une porte et ses deux heurtoirs à Tarifa (Andalousie),

Photo ex-libris.over-blog.com (Juin 2011)

 

 

 

 

Un jour

 

Elle frappera à ma porte

Avec l’anneau de fer du heurtoir

 

Quand ?

 

Je l’ignore

 

Les coups seront violents

Impatients

Répétés

 

Ou bien

 

Doux

Légers

Et presque imperceptibles

 

Mais je les entendrai

 

Alanguie sur mon lit

Je lirai les vers

De mon cher Apollinaire

 

 

Ou bien

 

Je serai dans la cuisine ombreuse

A confectionner une pâte brisée

Dont j’ai le secret

 

Ou encore

 

A rêver dans le jardin

Jardinière qui taille

Les lavandes odoriférantes

 

Le soleil flottera

Derrière la soie des rideaux jaunes

La tourterelle ivre

Roucoulera dans la cheminée

Le petit chien trottinant des voisins

Impatient aboiera

 

Je percevrai ses pas

Sur la pointe des pieds

Sur les tomettes rongées

 

Ou

 

Le gravier blond de la Loire

 

Je la devinerai

Penchée sur mon épaule

Et tournant la tête à demi

Je la reconnaîtrai

 

Avec ses cheveux longs et fins

Son regard vert absinthe

Son grain de beauté entre les deux seins

 

Qui ?

 

Celle qui chemine en moi

 

Ma sœur de lait amer

Dans ses langes anciens

Ma copine d'école

Dans son vieux sarrau gris

Ma jumelle au long cours

Dans sa robe de Nessus

Mon ombre trop fidèle

Dans son long fourreau noir

 

Ma mort

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème : heurtoirs de portes

 

 

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Published by Catheau - dans Poèmes
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commentaires

Anne Le Sonneur 25/09/2011 20:13


Je voulais à peine dire, tout juste murmurer et je n'y parviens pas. Il est des textes qu'il faut savoir accueillir dans le silence. Bien amicalement. Anne


Catheau 26/09/2011 15:40



Merci, Anne. Peut-être l'accueillerais-je aussi dans le silence.



valdy 22/09/2011 14:27


Bonjour Catheau,
C'est une belle poésie où la douceur de vivre est si présente, avec juste les mots interrogatifs petits - mais qui comptent- avec au final, le décompte ...
Valdy


Catheau 22/09/2011 22:34



L'avers et le revers de l'existence, l'une donnant du prix à l'autre. Merci, Valdy, pour votre lecture précise.



Hauteclaire 22/09/2011 14:21


Elle frappera pour nous tous, et puisse-t-elle être aussi douce que tes mots le disent.
merci Catheau pour cette porte et cet aperçu d'un monde futur...
Bises


Catheau 22/09/2011 22:29



"Que philosopher, c'est apprendre à mourir", disait Montaigne. On s'y essaie parfois.



Elo 21/09/2011 11:40


Ce poème est vraiment magnifique... J'ai été happée ! Bises


Catheau 22/09/2011 22:20



Merci, Elo, vous dont je retrouve avec plaisir les commentaires.



chris rotel 21/09/2011 07:43


les questions récurrentes genre que se cache-t-il derrière la porte? quelle surprise? quel passage?


Catheau 21/09/2011 10:33



Récurrentes comme : "Changerais-je de femme ou de voiture ?" J'aurais aimé mettre un commentaire au-dessous de votre dernier texte : cela m'est toujours impossible !



fransua 20/09/2011 22:00


en voilà un discours qui frappe à 2 mains pour se faire entendre


Catheau 21/09/2011 10:28



Pas trop violemment, Fransua, je l'espère. Votre heurtoir, angélique sur une porte blanche, était plus délicat !



Dan 20/09/2011 19:13


Une visite qui aurait peut être la courtoisie de s'annoncer pour ne pas surprendre à l'improviste sans que l'on ait eu le temps de la recevoir dignement.
Ravi de vous retrouver et de reprendre ces lectures qui m'ont manquées. Amicalement Dan


Catheau 20/09/2011 21:36



Bon retour sur la toile, Dan. Vous avez de la chance de pouvoir apposer des commentaires ; pour moi, c'est impossible et je désespère !



Jeanne Fadosi 20/09/2011 18:39


Voilà une ombre dont on voudrait qu'elle prenne toute la place le plus tard possible. belle évocation d'une ombre plus ou moins dense mais j'y vois peu de lumière !


Catheau 20/09/2011 21:41



Quand la lumière diminue, c'est peut-être là qu'elle est la plus belle. Merci, Jeanne, de votre ressenti.



Veronica 20/09/2011 17:52


Comme vos mots me touchent ...
Profonds, graves et légers à la fois, sûrs et imaginés, comme si non appréhendés mais acceptés, ces chemins qui inéluctablement nous conduisent vers elle ... qui frappera à notre porte, qui sonnera
entre nos seins de femmes, de mères de soeurs ...


Catheau 20/09/2011 19:04



Mes mots pourraient être ceux de toute femme. Merci, Veronica, de les faire résonner en vous.



Monelle 20/09/2011 16:34


Beaucoup de lumière avant que l'ombre noire n'agite le pommeau de la porte !
Monelle


Catheau 20/09/2011 19:02



La lumière n'existerait pas sans l'ombre. Merci, Monelle, d'avoir frappé à ma porte.



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