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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 17:24

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Samedi  04 octobre 2014, c’était la rentrée théâtrale à Saumur, au théâtre Beaurepaire. Le président de la Communauté d’Agglomération, Guy Bertin, a annoncé la réouverture du théâtre de Saumur, déjà bien retardée, pour le 02 décembre. La présence des nombreux visiteurs en ce lieu lors des Journées du Patrimoine témoigne de l’intérêt des Saumurois pour ce bel édifice et son joli théâtre à l’italienne. Rodolphe Mirande, vice-président de la Communauté d’Agglomération pour la Culture et la Communication, a pour sa part insisté sur la volonté d’une culture ouverte à tous, qui soit invitation à la curiosité de chacun.

 

Après avoir écouté un texte de Silvio Pacitto, le directeur artistique de la saison théâtrale, évoquant les difficultés et les joies de son métier, la diffusion des bandes-annonces nous a mis l’eau à la bouche avec la diversité des spectacles à venir : la danse avec Pietragalla et Derouault ou les Ballets russes,  le théâtre avec Les Jumeaux vénitiens ou le duo Bohringer père et fille, les marionnettes avec la Compagnie Emilie Valentin et le Quatuor Debussy, la chanson contemporaine avec Juliette ou Lhomé, les spectacles de Mômes en Folie, l’opéra avec Barbe-Bleue de Jacques Offenbach, les musiques d’ailleurs avec Bratsch et sans nul doute les points d’orgue avec le Ballet Antonio Gadès et les concerts de  La Folle Journée en région.

 

Ensuite, c’est le spectacle, Les Franglaises, joué par la compagnie Les Tistics, qui a lancé la saison. Cette troupe de dix artistes, chanteurs, comédiens, danseurs et musiciens polyvalents, a entraîné le public dans un rythme effréné et endiablé. Le principe de leur spectacle se fonde sur la traduction littérale des grands tubes anglophones qui confère à ces chansons, que tout le monde a fredonnées, une nouvelle vie complètement loufoque et décalée. La traduction automatique (telle que Google la pratique) fait ainsi de ces chansons mythiques des « cadavres exquis » à la manière des surréalistes.

 

Emmenée par un meneur déjanté à l’humour ravageur, Yoni Dahan, la troupe revisite à sa manière burlesque et folle ces airs que tous, de 7 à 77 ans, peuvent reconnaître.  La traduction mot à mot met en lumière la pauvreté et l’inanité de ces textes pourtant si musicaux auxquels les Tistics donnent une nouvelle vie. Chaque chanson devient en effet prétexte à une véritable saynète permettant à chacun de faire valoir son talent propre.

 

Si les Garçons de la Plage (les Beach Boys) affirment : « Je reste au bar. De ville en ville, je garde l’esprit tranquille. Je fais du très bon pain  », Michel-fils-de-Jacques (Michael Jackson) hurle : « Tu es le un ! » et les Scarabées (les Beatles) n’en finissent pas de nous dire « bonjour » et « au revoir ». Franck et Nancy Sinatra nous offrent un duo amoureux à désespérer de l’amour même quand les Gens du Village (Village People) nous invitent en une folle sarabande à devenir recrue dans la Marine. Peggy Lee (« Fever »), pour sa part, entre en transe à travers trois chanteuses fiévreuses et hystériques, tandis que les Filles de la Météo (les Weather Girls) s’émerveillent quand  « l’humidité augmente, [que] le thermomètre explose et [qu’] il pleut des hommes ».  « Hôtel Californie » par les Aigles (les Eagles) devient un lieu inquiétant en proie aux fantômes et « A man after midnight » d’Abba se transforme en western échevelé. En dépit du refus du meneur de donner la parole aux Filles Epicées (les Spice Girls), celles-ci réussiront à faire entendre leur voix et à faire ce qu’elles veulent : « Et je veux, je veux… » Enfin, c’est un troisième rappel avec « Sois ma meuf, sois ma meuf ! » (« Are you gonna be my girl ? » de Jet) qui clôturera ce spectacle totalement déjanté qui associe humour, hommage et absurde en un savant dosage.

 

Les dix artistes présents sur scène composent une troupe homogène qui pratique une forme de création collective.  Ils sont issus d’ateliers d’impros et du théâtre de rue, ce dont témoignent leur vivacité, leur réactivité et leur manière d’entrer en contact avec le public. Ils revendiquent un « art scènement textuel » en donnant libre cours à leur inventivité et à leur fantaisie. Le tout dans une chorégraphie impeccable qui ne laisse pas de place à l’à peu près. De la pépinière Théâtre à Bobino, leur prochaine étape, en passant par la Suisse et la Belgique, les Tistics explorent avec bonne humeur et grande vitalité un répertoire familier. Grâce à eux, désormais, « on connaît la chanson ! »

 

 

 

Sources :

 

Châteauvallon Musique. Les Franglaises par les Tistics, PDF

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Catheau - dans Spectacles
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commentaires

Martine 09/10/2014 06:49

Le théâtre de rues est une formidable école et un énorme réservoir de talents.
Merci Catheau
;)

Catheau 09/10/2014 16:12



C'est tout à fait exact et cette expérience donne la "pêche" !



Carole 08/10/2014 01:17

Merci de nous faire partager une fois de plus la vie culturelle si étonnamment riche de Saumur.
Je me demande si je ne vais pas finir par faire le voyage !

Catheau 09/10/2014 15:47



Si vous faites le voyage, je serais ravie d'être votre guide !



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