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Par Catheau
Qui n'a pas gardé dans un petit creux de sa mémoire le souvenir enchanté d'une fable du « bonhomme La Fontaine » qu'il est toujours capable de réciter malgré le poids des années ?
Car la fable, genre pourtant très ancien, n'a pas pris une ride. Empruntée à des sources gréco-latines (Esope, VIe avant J.C. ; Phèdre, Ier après J.C.), et des sources orientales (le Pañchatañtra indien écrit en sanscrit et diffusé en langue arabe), renouvelée au Moyen Age avec les isopets de Marie de France et le Roman de Renart, présente dans les œuvres de Rabelais et de Marot, la fable connaît son apothéose avec La Fontaine. Après lui, les autres écrivains, tel Florian au XVIIIe, ne feront plus que l'imiter. L' « ample comédie à cent actes divers », chère à Taine, restera un modèle inégalé.
Ainsi, comme l'écrivait La Fontaine dans la Préface aux Fables, « ces fables sont un tableau où chacun de nous se trouve dépeint. Ce qu'elles nous représentent confirme les personnes d'âge avancé dans la connaissance que l'usage leur a donnée, et apprend aux enfants ce qu'il faut qu'ils sachent. »
Petit récit en vers ou en prose, destiné à illustrer un précepte ou une vérité morale, soulignés par une maxime générale, la fable est selon Sainte-Beuve « un genre naturel, une forme d'invention inhérente à l'esprit de l'homme ».
Et Rousseau a eu beau dire dans L'Emile que les Fables de La Fontaine ne sont pas faites pour les enfants, le spectacle récent de Fabrice Luchini prouve le contraire, même si l'approche en a changé. Un journaliste n'a-t-il pas écrit à cette occasion : « Il y a longtemps que les fables n'existent plus pour leur moralité. N'importe quel gamin vous le dira : le plaisir, c'est l'histoire, et peu importe la leçon ! »
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