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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 21:14

Berthe Morisot étendue (1873), Edouard Manet

 

« Au musée Marmottan »

 

C’est un matin d’octobre

au musée Marmottan

une Parisienne

tout en frange et en boucles

serpente dans les toiles

et un homme soudain

la prenant par la main

la mène à un portrait

de Berthe Morisot

qui fut peint par Manet

surprise elle regarde

c’est elle qu’elle voit

 comme dans un miroir

 elle se dit c’est Moi

la belle ténébreuse

avec ses yeux verdâtres

que le peintre fit noirs

en « l’élément Goya »

d’une brune Olympia

 

Le 05novembre 2022

 

Ce petit poème m’a été inspiré par une rencontre en peinture, que m’a racontée une amie, et qui est arrivée récemment à sa fille.

 

 

 

 

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1 septembre 2022 4 01 /09 /septembre /2022 08:46

 

Dans le vase en calice
J'ai mis sans artifice
Des althéas des sauges
Et un duo de roses
Des fleurs de buddleia
Et de longues salvias
Et j'y vois exaltés
Les adieux de l'été
Le 31 août 2022
 
 
 
 
 
 

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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 11:25

C’est une de mes petites toiles, signée d’un peintre russe, et achetée sur le marché d’Erdeven, il y a quelques années : « Sur les bords de la mer Noire », quand la vie y était douce, et sans l’ombre menaçante des bateaux militaires à l’horizon. Et j’ai pensé à ce poème de Maryna Uzun, dans Souviens-toi de ton Odessa et autres poèmes :

« Odessa comme une île »

Odessa,

Comme une île,

Commença

Par les mouettes,

Odessa,

Des piazzas,

Une silhouette,

Elle vous file

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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 15:08

 

Chaque année je les attends

mes nénuphars mes nymphéas

et je songe à Monet

qui un jour découvrit

les fééries de son étang

pour ne plus s'en déprendre

 

 

Nymphéas roses, 1897-1899

Nymphéas, vers 1914

 

 

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13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 17:42

La Madeleine aux deux flammes, Georges de la Tour

 

Dans les années profondes

Où ma vie s’est lovée

Les journées surabondent

Dans un temps chaviré

 

Dans les années d’enfance

Je rêvais follement

Futur en fulgurance

Amours infiniment

 

Dans les années fertiles

Où j’avançais choisie

La vie était idylle

Au goût de l’ambroisie

 

Dans les années lointaines

Où mon cœur a battu

Les visages essaiment

Et les voix se sont tues

 

Et dans l’année nouvelle

Incertaine empesée

J’aspire à l’étincelle

Qui saura m’embraser

 

Pour 2022 qui commence,

le 13 janvier 2022

 

 

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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 14:04

La Pythie de Delphes, John Collier, 1892, Musée d'Australie Méridionale, Adélaïde

 

Lorsque l'année s'achève, point la mélancolie ;

Le temps se fait fardeau et se creusent les rides ;

On revit ce qui fut et tout ce qui a fui,

Aux tréfonds de soi-même il se fait un grand vide.

 

Lorsque l'année commence, on renaît d'espérance ;

Tout ce qu'on n'a pas fait, c'est sûr on le fera !

On attend les demains avec impatience,

Le monde s'offre à nous tel un bel opéra.

 

On dansera ému sur une valse à Vienne,

On marchera fier au pas de Radetzky,

Et l'on s'embrassera sous les feux d'artifice.

 

On sera ignorant de l'éternelle antienne,

Celle du désespoir et des temps assombris,

Mais comme on aimerait être la Pythonisse !

 

Le 2 janvier 2021

 

Bonne année à tous mes lecteurs, fidèles ou éphémères !

 

 

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 14:08

Ground Zero (cnn.com)

En ce 11 septembre 2020, voilà dix-neuf ans qu'ont eu lieu les attentats terribles du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. C'est pourquoi je publie de nouveau le poème que j'avais écrit en 2011 et intitulé "Le coeur à Ground Zero". Il a trouvé sa place dans mon recueil de poèmes, Mais l'ancolie...

Où le verre et l’acier

S’élevaient babéliens

Dans le ciel des affaires

Là où ce fut la fournaise

Et l’enfer

Là où trois mille vies

Se sont embrasées

Ont été asphyxiées

Ont été consumées

Ont été calcinées 

Ont été sacrifiées

Sont parties en fumée

Sont devenues poussière

Dans le crématoire américain

A ciel ouvert

C’est désormais le creux

Rectangulaire

Celui de la douleur

Où pleurent

Les eaux du souvenir

Et où celui qui reste

Avec un papier calque

Vient retrouver

Vient caresser

Vient réécrire

Le nom

De celle qu’il aima

Sur la margelle grise

Le cœur à Ground Zero

Au lendemain du 11 septembre 2011

 

 

 

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 14:18

C’est un printemps de confinement

Mais le jardin ne le sait pas

Tous les ans c’est pour lui la même renaissance

Entre ses murs de tuffeau blanc

Et son chêne verdi envahissant le ciel

Dans ce jardin reclus je marche chaque jour

Tel le prisonnier dans sa cour enfermé

Ignorant du futur  qui ne sait si un jour

Il reverra l’été

 

Mes pas continués ont formé un sentier

Sur le gazon touffu aux herbes écrasées

Des moucherons folâtres

En vibrants bataillons une escorte me font

 

Des lézards affairés en  petits crocodiles

Sous mes pieds fatigués en flèche se défilent

 

Un grossier bourdon bleu violemment me frôle

De son corps velouté de matou en goguette

 

Sur le  buisson de photinia aux fleurs en chou-fleur

Les carabes brillants sont des bijoux glacés

Dans l’ombre des palmiers croissent des grappes jaunes

Et mille raisins noirs

Ils forment un duo dans cette solitude

Puisque l’un est un mâle et l’autre une femelle

 

Les fruits du magnolia ont chu

Pommes de pin noircies accoucheuses de graines

Et l’on attend la fleur dans sa blancheur musquée

Qui s’enorgueillira en calice dressé

Emergeant de leur conque

Les roses en leur pâleur  se déplient se déploient

Fragile transparence prête à se déchirer

Sous le laurier en feuille aux promesses d’étoile

Sur les losanges verts du treillis régulier

Le jasmin rosâtre tente en vain l'escalade

Jusqu’aux ardoises grises offertes à la brise

Dans le petit chemin bordé de noisetiers

Tout blanc du seringa lilial

Ombragé par les fleurs de l’odorant lilas

Je respire en vertige les senteurs fleuries

Et les larmes perdues de la glycine mauve

Par-delà le mur beige aux chiffres à l’envers

Distraction du maçon

Je devine curieuse la voix de ma voisine

Enfermée dans son âge et ses infirmités

Qui parle à ses enfants en un bruit de sourdine

Parfois un bêlement dans le champ d’à côté

Me fait me souvenir du doux agneau pascal

Et le grincement vif d’une scie électrique

Se veut annonciateur des bûches de l’hiver

Dans ce jardin de cloître où recluse je rêve

L’hirondelle émigrée a retrouvé son nid

Ses folles arabesques vers le soir s’envolent

M’entraînant avec elle en une valse folle

 

Dans ce temps suspendu  où je suis comme un moine

Le jardin me console de l’immobilité

La cloche de l’église bat ma tempe pensive

La tourterelle grise sur le toit me fait signe

Les aboiements d’un chien m’aspirent au dehors

 

Au jardin des reclus

La vie se continue

 

Photos : ex-libris.over-blog.com

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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 15:42

Hirondelle sous mon porche de tuffeau, Photo ex-libris.over-blog.com

 

Au-dessus du bassin

de pierre rectangulaire

les libellules bleues

batifolent légères

les vibrants papillons

folâtrent ingénus

les grenouilles vert pomme

sautillantes font ploc

indolents les poissons

en rouge bavent et bâillent

sous le ballet dément

le bal en noir et blanc

des arondelles folles

enivrées de ciel bleu

et gobeuses d’insectes

qui montent et redescendent

avec de grands jetés

de vives arabesques

des piqués formidables

des fuites éperdues

vers le porche en tuffeau

le triangle des nids

où pépient leurs petits

 

Le jardin déserté

fini sera l’été

Un autre poème : http://ex-libris.over-blog.com/article-villanelle-pour-l-hirondelle-70806240.html

 

 

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 17:42

La chute de la flèche de Notre-Dame, Crédit photos LCI

 

Elle a péri dans les flammes

La forêt de Notre-Dame ;

Sur le parvis endeuillé

Gisent des charbons brûlés.

 

Les gargouilles et les stryges

Soudain crient et puis se figent,

Quand la flèche en fou fracas

Sur la nef tombe et s’abat

Philippe Villeneuve et le coq de la flèche, Crédit photos Capture d'écran Jacques Chanut

Elle a chu la fine épine,

Dentelle qui tout domine,

Mais le coq de son sommet

Continuera de chanter.

 

Dans la galerie biblique,

Les rois tremblent et sont stoïques,

Le vent enfle le brasier,

Dévorant les toits plombés.

 

Les fières tours s’arc-boutent,

Elles résisteront toutes,

Protégeant le grand bourdon,

Sa musique en carillon.

 

Quand le feu enfin s’achève,

Un grand silence se lève,

Et Paris bouleversé

Sait que sa Dame est sauvée.

 

Après des siècles de règne,

Il ne se peut que s’éteigne

Le fanal du grand vaisseau

Qui vainquit tous les assauts.

La Croix après l'incendie, Geoffroy Van der Hassel, AFP

Quand on ouvrira la porte,

Parmi les eaux qui sanglotent,

Dans la nef à ciel ouvert,

Surgit la Croix de lumière.

 

Lundi de Semaine sainte,

Journée tragique et défunte,

Notre-Dame, corps vivant,

Comme le Christ souffrant,

 

Aura vécu son martyre,

Mais sans jamais s’avilir,

Aura souffert sa Passion

Vers une Résurrection.

 

Le Vendredi saint 2019

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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