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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 14:04

La Pythie de Delphes, John Collier, 1892, Musée d'Australie Méridionale, Adélaïde

 

Lorsque l'année s'achève, point la mélancolie ;

Le temps se fait fardeau et se creusent les rides ;

On revit ce qui fut et tout ce qui a fui,

Aux tréfonds de soi-même il se fait un grand vide.

 

Lorsque l'année commence, on renaît d'espérance ;

Tout ce qu'on n'a pas fait, c'est sûr on le fera !

On attend les demains avec impatience,

Le monde s'offre à nous tel un bel opéra.

 

On dansera ému sur une valse à Vienne,

On marchera fier au pas de Radetzky,

Et l'on s'embrassera sous les feux d'artifice.

 

On sera ignorant de l'éternelle antienne,

Celle du désespoir et des temps assombris,

Mais comme on aimerait être la Pythonisse !

 

Le 2 janvier 2021

 

Bonne année à tous mes lecteurs, fidèles ou éphémères !

 

 

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 14:08

Ground Zero (cnn.com)

En ce 11 septembre 2020, voilà dix-neuf ans qu'ont eu lieu les attentats terribles du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. C'est pourquoi je publie de nouveau le poème que j'avais écrit en 2011 et intitulé "Le coeur à Ground Zero". Il a trouvé sa place dans mon recueil de poèmes, Mais l'ancolie...

Où le verre et l’acier

S’élevaient babéliens

Dans le ciel des affaires

Là où ce fut la fournaise

Et l’enfer

Là où trois mille vies

Se sont embrasées

Ont été asphyxiées

Ont été consumées

Ont été calcinées 

Ont été sacrifiées

Sont parties en fumée

Sont devenues poussière

Dans le crématoire américain

A ciel ouvert

C’est désormais le creux

Rectangulaire

Celui de la douleur

Où pleurent

Les eaux du souvenir

Et où celui qui reste

Avec un papier calque

Vient retrouver

Vient caresser

Vient réécrire

Le nom

De celle qu’il aima

Sur la margelle grise

Le cœur à Ground Zero

Au lendemain du 11 septembre 2011

 

 

 

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 14:18

C’est un printemps de confinement

Mais le jardin ne le sait pas

Tous les ans c’est pour lui la même renaissance

Entre ses murs de tuffeau blanc

Et son chêne verdi envahissant le ciel

Dans ce jardin reclus je marche chaque jour

Tel le prisonnier dans sa cour enfermé

Ignorant du futur  qui ne sait si un jour

Il reverra l’été

 

Mes pas continués ont formé un sentier

Sur le gazon touffu aux herbes écrasées

Des moucherons folâtres

En vibrants bataillons une escorte me font

 

Des lézards affairés en  petits crocodiles

Sous mes pieds fatigués en flèche se défilent

 

Un grossier bourdon bleu violemment me frôle

De son corps velouté de matou en goguette

 

Sur le  buisson de photinia aux fleurs en chou-fleur

Les carabes brillants sont des bijoux glacés

Dans l’ombre des palmiers croissent des grappes jaunes

Et mille raisins noirs

Ils forment un duo dans cette solitude

Puisque l’un est un mâle et l’autre une femelle

 

Les fruits du magnolia ont chu

Pommes de pin noircies accoucheuses de graines

Et l’on attend la fleur dans sa blancheur musquée

Qui s’enorgueillira en calice dressé

Emergeant de leur conque

Les roses en leur pâleur  se déplient se déploient

Fragile transparence prête à se déchirer

Sous le laurier en feuille aux promesses d’étoile

Sur les losanges verts du treillis régulier

Le jasmin rosâtre tente en vain l'escalade

Jusqu’aux ardoises grises offertes à la brise

Dans le petit chemin bordé de noisetiers

Tout blanc du seringa lilial

Ombragé par les fleurs de l’odorant lilas

Je respire en vertige les senteurs fleuries

Et les larmes perdues de la glycine mauve

Par-delà le mur beige aux chiffres à l’envers

Distraction du maçon

Je devine curieuse la voix de ma voisine

Enfermée dans son âge et ses infirmités

Qui parle à ses enfants en un bruit de sourdine

Parfois un bêlement dans le champ d’à côté

Me fait me souvenir du doux agneau pascal

Et le grincement vif d’une scie électrique

Se veut annonciateur des bûches de l’hiver

Dans ce jardin de cloître où recluse je rêve

L’hirondelle émigrée a retrouvé son nid

Ses folles arabesques vers le soir s’envolent

M’entraînant avec elle en une valse folle

 

Dans ce temps suspendu  où je suis comme un moine

Le jardin me console de l’immobilité

La cloche de l’église bat ma tempe pensive

La tourterelle grise sur le toit me fait signe

Les aboiements d’un chien m’aspirent au dehors

 

Au jardin des reclus

La vie se continue

 

Photos : ex-libris.over-blog.com

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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 15:42

Hirondelle sous mon porche de tuffeau, Photo ex-libris.over-blog.com

 

Au-dessus du bassin

de pierre rectangulaire

les libellules bleues

batifolent légères

les vibrants papillons

folâtrent ingénus

les grenouilles vert pomme

sautillantes font ploc

indolents les poissons

en rouge bavent et bâillent

sous le ballet dément

le bal en noir et blanc

des arondelles folles

enivrées de ciel bleu

et gobeuses d’insectes

qui montent et redescendent

avec de grands jetés

de vives arabesques

des piqués formidables

des fuites éperdues

vers le porche en tuffeau

le triangle des nids

où pépient leurs petits

 

Le jardin déserté

fini sera l’été

Un autre poème : http://ex-libris.over-blog.com/article-villanelle-pour-l-hirondelle-70806240.html

 

 

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 17:42

La chute de la flèche de Notre-Dame, Crédit photos LCI

 

Elle a péri dans les flammes

La forêt de Notre-Dame ;

Sur le parvis endeuillé

Gisent des charbons brûlés.

 

Les gargouilles et les stryges

Soudain crient et puis se figent,

Quand la flèche en fou fracas

Sur la nef tombe et s’abat

Philippe Villeneuve et le coq de la flèche, Crédit photos Capture d'écran Jacques Chanut

Elle a chu la fine épine,

Dentelle qui tout domine,

Mais le coq de son sommet

Continuera de chanter.

 

Dans la galerie biblique,

Les rois tremblent et sont stoïques,

Le vent enfle le brasier,

Dévorant les toits plombés.

 

Les fières tours s’arc-boutent,

Elles résisteront toutes,

Protégeant le grand bourdon,

Sa musique en carillon.

 

Quand le feu enfin s’achève,

Un grand silence se lève,

Et Paris bouleversé

Sait que sa Dame est sauvée.

 

Après des siècles de règne,

Il ne se peut que s’éteigne

Le fanal du grand vaisseau

Qui vainquit tous les assauts.

La Croix après l'incendie, Geoffroy Van der Hassel, AFP

Quand on ouvrira la porte,

Parmi les eaux qui sanglotent,

Dans la nef à ciel ouvert,

Surgit la Croix de lumière.

 

Lundi de Semaine sainte,

Journée tragique et défunte,

Notre-Dame, corps vivant,

Comme le Christ souffrant,

 

Aura vécu son martyre,

Mais sans jamais s’avilir,

Aura souffert sa Passion

Vers une Résurrection.

 

Le Vendredi saint 2019

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1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 14:52

 

 

Belle année 2019 à tous mes lecteurs ! 

Que ce poème soit une invitation à vivre chaque instant avec intensité et à en découvrir la beauté ainsi que nous y invite François Cheng :

"Chaque expérience de la beauté, si brève dans le temps, tout en transcendant le temps, nous restitue chaque fois la fraîcheur du matin du monde." (Cinq méditations sur la beauté)

 

 

Je la vois la couseuse

Assise à ma fenêtre

La brodeuse impassible

La tisseuse impavide

Qui ourle et qui déroule

Le tapis des années

Qui file et qui dévide

Les milliards de secondes

Les minutes myriades

Et l’infini des heures

De sa main implacable

Aux doigts inéluctables

 

Et du temps que j’écris

 Tout s’est déjà enfui

Mais au-dedans de moi

Comment garder la trace

De la durée qui passe

Et m’enserre au passé

 

 

En cette année nouvelle

Il faut qu’en moi demeurent

Les matins d’incendie

Quand le soleil levant

Signe des ombres roses

Sur les murs blancs de chaux

 

Et qu’en mes yeux perdure

Le rouge des poissons

Bullant dans le bassin

Parmi les nénuphars

Ou le chat blanc et roux

Déambulant au mur

Ou le gros pigeon gris

Au collier bleu et vert

Au pas de sénateur

Sur le gravier de Loire

 

 

Et que toujours résonnent

La cloche claire du portail

Et les abois des chiens

Dans la nuit solitaire

La déchirure aiguë

Du violon de Renaud Capuçon

Et les vers d’Aragon

 

 

Oh ! ne pas oublier

La senteur de l’hamamélis

Dans mon salon d’hiver

Et le parfum subtil

De mes roses anciennes

 

Pour jamais éprouver

La douceur de la peau

De mes petits-enfants,

Leurs regards émouvants

Leurs gestes pleins d’élan

Les grâces infinies

 De mes petites-filles

Et les promesses belles

De mes deux petits-fils

 

Quelle que soit cette année

Il faudra que j’en vive

Sa dureté de caillou

Sa beauté étrangère

 

 

Au fil du sablier

Au cœur battant des jours

Au clair d’une rencontre

Au feuilleté des pages

Surgira bien un mot

Règnera un sourire

Luira une étincelle

Pour dilater le temps

Et le faire éternel

 

Le 1er janvier 2019

 

Photos : ex-libris.over-blog.com 

 

 

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 16:47
Givre dans les cyprès (Photo ex-libris.over-blog.com)

Givre dans les cyprès (Photo ex-libris.over-blog.com)

Givre

 

Sous son linceul silencieux

Tramé de givres et de blanc

Deux mille seize se meut

Vers un oubli agonisant

 

Sous son linceul silencieux

Cousu de givre déperlant

Et de dessins précieux

L’année s’enfuit à pas très lents

 

Sous son linceul silencieux

Ourlé de givre grelottant

Et mille fils soyeux

Le temps hésitera longtemps

 

Sous son linceul silencieux

Cousu de givre frissonnant

L’année des mois vertigineux

Meurt esseulée sous le ciel blanc

 

Samedi 31 décembre 2016

 

En cette ultime journée de l'année 2016, tout en givre, blanc et froidure, je souhaite à mes lecteurs, à mes visiteurs, une nouvelle année, en pureté et en beauté.

 

 

L'arbre sous mes fenêtres (Photo ex-libris.over-blog.com)

L'arbre sous mes fenêtres (Photo ex-libris.over-blog.com)

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 17:47
A la calanque de Magaud (Toulon), dimanche 17 juillet 2016 (Photo ex-libris.over-blog.com)

A la calanque de Magaud (Toulon), dimanche 17 juillet 2016 (Photo ex-libris.over-blog.com)

Le soir tombait

Tout doucement

Diane planait

Au firmament

Le ciel mourait

En rose et blanc

La mer rêvait

Immensément

Les pins dansaient

Obscurément

On contemplait

Infiniment

 

A l’anse de Magaud,

dimanche 17 juillet 2016

 

 

 

 

 

Le soir tombait...
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 17:02
Cauchemar.

 

Sous un ciel blafard

Pas une gabare

C'était vers le soir

La Loire était noire

Tel un cauchemar

De pauvre clochard

 

Sur les quais de Loire,

dimanche 10 avril 2016 vers 19 h

 

 

Photos ex-libris.over-blog.com, dimanche 10 avril 2016

 

 

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 11:36
Le tilleul sous ma fenêtre (Photo ex-libris.over-blog;com, le 12 mars 2016)

Le tilleul sous ma fenêtre (Photo ex-libris.over-blog;com, le 12 mars 2016)

 

 

Derrière ma fenêtre

En vigie bucolique

Le grand tilleul déploie

Ses ramifications de bois

Ses alvéoles vertes

Ses bronchioles moussues

Ses cavités spongieuses

 

Et sa trachée d’écorce

Véhicule la sève

Inspiration de vie

Dans le sang chlorophylle

Tout le ciel s’emplit

Du souffle végétal

 

Etre cet arbre vif

Exalté par la pluie

Traversé de soleils

Respirant les oiseaux

Moineaux et tourterelles

Au cri des hirondelles

 

 

 

 

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  • : Un blog pour lire, pour écrire, pour découvrir et s'étonner. "La Vie a plus de talent que nous" disait Nabokov.
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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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