Un blog pour lire, pour écrire, pour découvrir et s'étonner. "La Vie a plus de talent que nous" disait Nabokov.
Par Catheau
Toutes les nations du monde sont assises sur de petits pliants de fer rouillé et de toile ternie. Que viennent-elles chercher devant ce rocher aux formes femelles? Le retour dans le sein maternel? Un soleil qui ne brille plus qu'à cette aurore australienne? Un néo-panthéisme? La nostalgie d'un animisme perdu?
Une Indienne baîlle, un Anglais parle fort, un dingo, la queue basse, traverse la route.
Uluru, c'est une histoire de luttes et de batailles entre deux serpents, Woma, venue de l'Est, et Liru, vaincu, repartant vers le Sud. Les anfractuosités, les sources, les amoncellements de rocs, les dessins sur la roche racontent cet affrontement qui précède la création du peuple aborigène.
Dans les fentes, dans les failles, des peintures rupestres révèlent les artistes: empreintes de pattes d'oiseaux, échidnés, paniers de cueillette.
Le rocher rouge érodé par le vent et la pluie, c'est l'histoire du dreamtime: la patte d'émeu, le cerveau, les trois coeurs.
Et voici, toujours debout, le figuier, le prunier, qui nourrissaient le peuple Anangu.
Tout est forme et tout est symbole.
Vendredi 24 octobre 2008, Ayer's Rock, Australie
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