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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 00:20

Nicolas-Le-Floch.jpg

 

Ce soir, vendredi 30 octobre, sur France 2, on pouvait à bon droit se laisser tenter par les aventures d’un commissaire de police au Châtelet en 1771,  sous le règne de Louis Le Bien-Aimé, du nom de Nicolas Le Floch. Le personnage est né sous la plume d’un écrivain-diplomate à Sofia dans les années 80, Jean-François Parot, et ses enquêtes éditées chez Jean-Claude Lattès sont devenues des succès de librairie.

Hugues Pagan, auteur lui aussi de romans policiers, s’en est vu confier l’adaptation. Il a souhaité « éviter le mélange film historique et kung-fu et conserver une langue littéraire », qui est un des atouts majeurs de la série. Imparfait du subjonctif, nombreuses tournures négatives, lexique de termes oubliés, confèrent au téléfilm une saveur particulière, les comédiens ayant été contraints de beaucoup répéter afin de « bien s’imprégner de la musique de la langue ». Jérôme Robart, qui interprète Nicolas Le Floch, reconnaît lui-même que les nouveaux épisodes sont meilleurs que les deux premiers (venue d’un nouveau réalisateur), et que les dialogues servent bien la langue baroque de Parot.

Quant à Carlo Verini, le chef opérateur, il affirme que la réalisation s’oriente vers une plus grande vérité historique. La gageure pour lui a été de trouver une lumière qui corresponde à celle d’un Paris éclairé à la bougie. Il travaille ainsi une pellicule qui n’est pas numérique, mais qui permet de créer des nuances, de rendre le noir plus sombre, de souligner les détails, de travailler le contraste des couleurs. L’ensemble, sur ce point précis, témoigne d’une réussite certaine.

Dans un Paris allié avec la Prusse contre l’Angleterre, tandis que la du Barry est sur le point d’être victime de libelles infamants, le jeune commissaire, qui enquête pour Monsieur de Sartine, préfère la preuve à la question. Dans l’épisode précédent, il pénétrait au cœur d’une famille de boutiquiers de la rue Royale hantée par le Malin. Le dernier épisode fait de lui la victime d’une machination. Il rencontrera à Londres Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais alors qu’il n’est encore qu’un espion et le mystérieux chevalier d’Eon, hélas interprété ici de manière caricaturale. Claire Nebout, dans Beaumarchais l’insolent avait été plus convaincante !

Si l’on aime les films de cape et d’épée, on peut regarder avec plaisir ce divertissement qui ne fait pas honte au genre, tout en appréciant la profession de foi de Nicolas Le Floch : « Je ne saurais rien tolérer qui fût contraire à la loi. »

Vendredi 30 octobre 2009.

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commentaires

S

Très bon, très bon, ce Nicolas Le Floch. Non content de bien parler le français, il est pugnace dans ses enquêtes et fort distrayant. Une vraie réussite, cette série !


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