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Un blog pour lire, pour écrire, pour découvrir et s'étonner. "La Vie a plus de talent que nous" disait Nabokov.

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Sur la page encore blanche...

                                                           
                          

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                                                                                       Mimi, 24 décembre 1910.

Sur la page encore blanche où mes vers vont éclore

Qu’un souvenir parfois ranime votre cœur

De votre vie aussi la page est blanche encore

Je voudrais la remplir d’un seul mot :

Le bonheur !…

C’est le vœu le plus ardent

Que forme pour toi, ma chère Yvonne, ta vieille amie

 

                  J. Diraud

                           E de M

 

             Fresnes le 17 Décembre 1910

 

Voilà ce qu’a écrit sur le carnet de poésie de ma grand-mère une de ses relations, très chère sans doute, puisqu’elle mentionne qu’elle est une « vieille amie ».

Sous la signature de cette dernière, J. Diraud, on peut lire deux initiales, écrites en petits caractères : E de M. Que signifient-elles ? Ce sont peut-être celles de son patronyme de jeune fille ; ou bien les initiales d’une autre personne qui les accompagnait. Une femme ?  Un homme ? Mystère d’une rencontre, un 17 décembre 1910, à Fresnes.

Je pense que Fresnes est ici Fresnes-sur-Escaut, ma grand-mère vivant alors dans le Nord. Je l’imagine avec son amie au cours d’une excursion.

Les mains dans leurs manchons de fourrure (on est en décembre), elles marchent avec élégance. On aperçoit leurs pieds fins, sanglés dans de hautes bottines, sous leurs longues jupes qui soulèvent les petits cailloux du sentier du Cavalier, le long des berges de l’Escaut. Des cormorans et des mouettes les accompagnent de leurs criaillements piailleurs, dans le froid vif. Elles ont admiré le Christ de Pitié, ornement de  l’église Saint-Martin, et qui date du XVII°siècle. Tout à l’heure, elles déambuleront dans le parc du château de Gédéon Desandrouin, le fondateur des verreries qui firent la renommée de la petite ville.

Et c’est peut-être à côté du temple de l’Amour, édifié pour le parc du château par Chalgrin, qui en construisit un aussi pour le Petit Trianon de Versailles, que l’amie de ma grand-mère lui a écrit ces quelques vers, reflet de son amitié tendre.

Quant au charmant dessin à la plume et à la peinture à l'eau de deux petites filles dansant une ronde, il a été réalisé par Mimi, une autre amie sans doute, sept jours après cette promenade.  
                                                                               

 

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Pour le Jeudi en Poésie de Brunô.

Jeudi 18 février 2010.

 


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A
<br /> A partir de souvenirs, objets, recherches, c'est une grande joie d'écrire et imaginer avec minutie la vie de sa famille.<br /> J'entre dans les pages du carnet et la promenade des deux amies avec le sentiment d'être dans un monde de délicatesse et c'est très réussi !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Que ta grand mère doit ètre heureuse ,de revivre ainsi sous la plume de sa petite fille...des moments imaginés "magiques"!!!!<br /> <br /> <br />
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H
<br /> On peut tout imaginer.<br /> Beaucoup de classe à cette époque.<br /> belle poésie en ces lignes.<br /> <br /> <br />
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