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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 11:43

  Giorgione La Tempête

  La Tempête, 1510, Giorgio da Castelfranco, dit Le Giorgione

 

 

 

Je suis

A Venise à L’Académie

Devant

La Tempête du Giorgione

 

Sur des cieux d’un bleu de cobalt

Tel un serpent brille un éclair

La ville blême s’illumine

Un oiseau rit sur un toit gris

 Des feuilles dansent au firmament

Des arbres verts vibrent au vent

Un pont de bois regarde l’eau

Des ruines crient leur solitude 

 

giorgione temp détail 

 

Indifférent en blanc et rouge

Tel un ange mélancolique

Au déhanché très appuyé

Un damoiseau tient un bâton

Nudité ronde en son drapé

Le sein offert à un enfant

Pensivement la femme allaite

Assise les jambes entrouvertes

Sous la pudeur nue d'un arbuste

 

giorgione la tempete det 600  

 

La bohémienne et le soldat

Sont-ce des hommes ou bien des dieux

Est-ce Jésus et ses parents

Adam et Eve désunis

Par le nourrisson du futur

 

 soldat 2

 

Aura étrange et inquiétante

Trouble passion d’un paysage

Suspension au seuil du mystère

Rébus sans mots d’un peintre mort

Dans la trentaine de la peste

 

  ruine

 

Et moi

Je voudrais m’ensommeiller là

Dans ce lieu vert et utopique

En l'intime des éléments

Etre la femme et son enfant

Que l’homme enfin regarderait

De son œil d’amant lumineux

Sous le plombé du ciel d’orage

 

arbre 

 

 

Pour La Petite Fabrique d’Ecriture

Thème proposé par Azacamopol :

Se fondre dans le décor

 

 

 

 

 

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commentaires

J

Magnifique poésie à la richesses d'images qu'apporte les mots, s'ajoute la richesse du tableau !

Merci ce moment privilégié
Amicalement
Juliette


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C


J'aime le mystère du Giorgione, à qui, paraît-il, ne sont attribués sûrement que quatre tableaux. Votre visite me permet de découvrir sur votre blog une autre jongleuse de mots.



Q

Avec les images, c'est magnifique !

J'aime beaucoup ton texte qui met en valeur le tableau et répond parfaitement à la consigne.

Merci infiniment, Catheau.


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C


Merci, Quichottine. Un roman a été inspiré par ce tableau à Juan Manuel de Prada.



L

"Je suis à Venise" et soudain, j'aurais murmuré les ruelles et canaux de la ville, les errances sans fin, les ponts, les creux et les recoins. Puis, au fil de vos mots, le souffle s'est tu... "Je
suis à Venise" ? Vous êtes en poésie ! Merci pour ce poème-là. Anne


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C


Un "petit" tableau, réfractaire à toutes les tentatives critiques, et dont on voudrait préserver le mystère. Merci pour ce commentaire d'une amoureuse de Venise.



C

La femme qui allaite m'a l'air bien triste ! . Bien beau poéme merçi Catherine et bonne réunion ...


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Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

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Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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