Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 07:00

  croix de chemin

  Croix de chemin à Rou (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

 

Lorsque je monte la petite rue où se situe ma maison, j’arrive à la lisière du village. Au carrefour, il y a cette fine croix de chemin, à la ciselure délicate, érigée sur son socle de pierre. Je ne sais quel fut son rôle exact. Fut-elle placée là pour exorciser la peur du carrefour, lieu de tous les dangers ? Est-ce une croix censée indiquer la limite du village ? Serait-ce une croix qui jalonnait le chemin des morts quand le convoi funéraire emmenait le défunt vers sa dernière demeure ?

Toujours est-il que, quand je passe devant elle à bicyclette, je pense à cette chanson de Louis Amade, chantée par Damia et Edith Piaf :

 

Mon Dieu qu’il y en a des croix sur cette terre

Croix de bois croix de fer, humbles croix familières

Petites croix d’argent pendues sur les poitrines

Vieilles croix des couvents perdus parmi les ruines

 

Et moi pauvre de moi j’ai ma croix dans la tête

Immense croix de plomb vaste comme l’amour

J’y accroche le vent j’y retiens la tempête

J’y prolonge le soir et j’y cache le jour

 

Et moi pauvre de moi j’ai ma croix dans la tête

Un mot y est gravé qui ressemble à souffrir

Mais ce mot familier que mes lèvres répètent

Et si lourd à porter que j’en pense mourir

 

Mon Dieu qu’il y en a sur les routes profondes

De silencieuses croix qui veillent sur le monde

Hautes croix du pardon dressées vers les potences

Croix de la déraison ou de la délivrance

 

Et moi pauvre de moi j’ai ma croix dans la tête

Immense croix de plomb vaste comme l’amour

J’y accroche le vent j’y retiens la tempête

J’y prolonge le soir et j’y cache le jour

 

Mais moi pauvre de moi j’ai ma croix dans la tête

Un mot y est gravé qui ressemble à souffrir

Mais ce mot familier que mes lèvres répètent

Et si lourd à porter que j’en pense mourir

 

 

Pour le Week-end du Petit Patrimoine de Hauteclaire.

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

D

Les croix de mon enfance qui balisaient les chemins et les routes, on entendait dire : à la croix vous tourner, ou bien c'est juste après la croix
Disparues pour la plupart avec les remenbrements, les nouvelles routes, la disparition des cultures


Répondre
C


Merci, Dominique, pour cette évocation d'une géographie disparue. Amicalement.



T

Je crois que l'évènement qui a poussé les hommes à l'ériger là n'est guère important ; la croix symbolise la confiance, alors, tu peux la regarder et remplir ton coeur de paix. Bien à toi Catheau,
Tibicine


Répondre
C


La confiance et le don total de soi. Merci, Tibicine, de votre passage.



H

Une croix fine comme de la dentelle, magnifique ouvrage d'art.
Je ne connais pas cette chanson, il me semble, et c'est une belle découverte.
Merci à vous Catheau pour cela.


Répondre
C


Merci, Hauteclaire, d'avoir été sensible à l'association de la photo et de la chanson. Amitiés.



A

Une croix toute fine, toute ciselée, toute en délicatesse, délicatesse de l'amour. "Il n'est pas de plus grand amour..." et l'ombre de la croix disparaît. Beau dimanche, Catheau et merci pour cette
croix-là.


Répondre
C


Merci, Anne : après la Croix, il y a effectivement Pâques. Amicalement.



S

Bonjour,

Si j'habite en Ile-de-France, je suis heureuse de retrouver au croisement des routes étroites de nos campagnes françaises "un calvaire". Cette désignation me vient de l'enfance lorsque j'allais en
vacances retrouver consins et cousines mais aussi avec exaltation, les prés, les forêts, les rivières... C'est devenu un souvenir de ma religion liée aux prières devant Jésus crucifié. Aujourd'hui
je ne passe pas mon chemin sans le regarder. Je parle au singulier pour "le calvaire" mais lorsque je vagabonde à bicyclette, je sais bien que les croix de ma rencontres sont toujours différentes,
magnifiquement uniques dans leur représentation d'un personnage connu que je rattrape à chaque fois que je le vois des confins de mes oubliettes. Merci de cette belle photo et ton texte clair comme
un piège d'eau, puits de nos souvenirs...A bientôt. Suzâme


Répondre
C


L'infini des visages de la croix. Merci, Suzâme, de votre beau commentaire.



V

Bonsoir Catheau,
Merci pour ce texte poignant et magnifique.
Valdy


Répondre
C


Merci, Valdy, de l'avoir aimé. Amicalement.



E

et chacun porte la sienne ,à sa manière!


Répondre
C


Mais peut-être que "Celui qui fait les croix fait aussi les épaules". Merci, Eva, de votre commentaire.



P

je me tourne toujours vers ces croix qui jalonnent nos routes où nos villages
très belle chanson, je ne connaissais pas
très belle journée


Répondre
C


Autant de haltes sur nos routes. Merci, Pasteline, d'avoir regardé celle-ci.



E

Merci pour ce texte. Je ne connaissais pas cette chanson là... Merci beaucoup. Bises


Répondre
C


Des chansons de l'après-guerre qui nous touchent. Amicalement.



M

C'est vrai quelle est belle cette croix et merci de nous rappeller cette chanson !
Bon W.E.
Monelle


Répondre
C


Avec du retard, merci, Monelle, de votre visite. Chantée par Damia, cette chanson m'émeut particulièrement.



Présentation

  • : Ex-libris
  • : Un blog pour lire, pour écrire, pour découvrir et s'étonner. "La Vie a plus de talent que nous" disait Nabokov.
  • Contact

ex-libris

 ex-libris

 

Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

Recherche