Un blog pour lire, pour écrire, pour découvrir et s'étonner. "La Vie a plus de talent que nous" disait Nabokov.
Par Catheau
On connaît le proverbe – un tantinet méchant – qui dit : « Dieu nous garde d’un et cetera et de notaire et d’un quiproquo d’apothicaire. » A l'occasion d'un mariage familial, celui d'un notaire et d'une pharmacienne, je me suis amusée à corriger ce jugement avec cette petite fable de ma composition. Elle s’intitule :
Le Notaire et la belle Apothicaire
Un digne Tabellion toussait dans une étude,
Remplie de paperasse et d’actes écornés ;
Le vent froid du Grand Nord, dessous ces latitudes,
Le rendait cacochyme avec la goutte au nez.
Il mit sa houppelande et son calot de laine,
Prit sa plume et sa canne, ses lunettes chaussa,
Et s’en fut derechef, pestant et hors d’haleine,
Dans une pharmacie soigner son coryza.
Derrière le comptoir et sous les porcelaines,
Décomptant ses pastilles et rangeant ses flacons,
Bien loin des prescriptions rêvait la Pharmacienne,
Les yeux dans le Grand Bleu, songeant aux cigalons.
Je ne sais comme fit mon grimaud de Notaire,
Il y a bien des tours dessous les ronds-de-cuir :
« Je vous emmènerai tout autour de la terre,
Vous soignerez mes maux, je vous ferai sourire ! »
La belle lui donna gouttes et arnica
Qui guérirent in petto son patient de Notaire.
Il déclara sa flamme en moult et cetera
Et ainsi captiva la brune Apothicaire.
Moralité
Il était dans le vrai l’ermite de Croisset,
Qui inventa Emma et puis Monsieur Homais,
Sous la montre à gousset et le gilet du Maître,
Bat, vif et éloquent, un doux cœur de Poète.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog