Un blog pour lire, pour écrire, pour découvrir et s'étonner. "La Vie a plus de talent que nous" disait Nabokov.
Par Catheau
La Nativité, Giotto, Fresque de la chapelle Scravogni, Padoue
[...] Et aucune femme n'a eu de la sorte son Dieu pour elle seule, un Dieu tout petit qu'on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu'on peut toucher et qui rit. Et c'est dans un de ces moments-là que je peindrais Marie si j'étais peintre (Jean-Paul Sartre, Bariona, Jeu de Noël).
J'ai découvert ce texte dans un livre intitulé Visages de Marie présentés par Jean Vanier. Ce dernier y propose des tableaux et des textes à la louange de la Vierge. J'ai été surprise de découvrir que ces lignes sont de Jean-Paul Sartre qui faisait profession d'athéisme. C'est à la demande du père jésuite Paul Feller, interné avec lui au stalag 12 en Allemagne, que le philosophe existentialiste l'écrivit pour le Noël 1940. Bariona ou le Jeu de la Douleur et de l'Espoir met en scène des villageois de Bethléem qui souffrent du joug romain. Devant leur misère, leur chef Bariona s'efforce de les dissuader de mettre des enfants au monde. Alors que le Mages s'approchent pour honorer Jésus à la crèche, Bariona tente d'atteindre l'Enfant avant eux dans l'intention de le tuer. Arrivé trop tard, il tombe à genoux comme les autres.
Dans le camp de Trêves, ce soir de Noël si particulier, Paul Feller jouera le rôle de Bariona et Jean-Paul Sartre celui de Balthazar...
Joyeux Noël à tous mes lecteurs !
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