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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 18:08

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Une femme sur la zone dévastée de Minami-Sanriku

(Photo Associated Press)

Le 11 mars 2011, sur la côte Pacifique de Tohoku au Japon, à 14h 46 heure locale, suite à un séisme de magnitude 9, déferlait une vague monstrueuse qui tuait 18000 personnes le jour même. S'ensuivait une catastrophe nucléaire avec la destruction de la centrale de Fukushima. A l'occasion de ce triste anniversaire, je publie de nouveau le poème que j'avais écrit alors.

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Par un après-midi ensoleillé

Un pêcheur ravaudait ses filets

Au bar l’on buvait du saké

Et des enfants chantaient

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Tout en bas des falaises

Tout au creux de la baie

La mer s’est retirée

Sur le sable ridé

Les poissons ont sauté

 

Là-bas à Minami-Sanriku

Le dieu Shintô s’est réveillé

La mer a bouillonné

La mer a moutonné

La vague violente

La vague scélérate

La vague au blanc méchant

A soudain déferlé

S’est soudain déroulée

 

Irrésistible houle

Coulée inexorable

Avancée terrifiante

Mouvement diluvien

Enroulement de Titan

Monstrueux tourbillon

Hideux rouleau noirâtre

Grondement dément

Sur le port japonais

 

Là-bas à Minami-Sanriku

La vague folle a reflué

L’eau de la mort a reculé

Les sirènes ont cessé

Les bateaux ont sombré

Les maisons sont cassées

Les vies se sont noyées

Et les mouettes pleurent

Sur un tombeau de boue

 

Ici bientôt

Les cerisiers

Seront en fleurs

 

Là-bas

A Minami-Sanriku

Nul ne les verra plus

 

En souvenir des victimes du séisme du vendredi 11 mars 2011

 

 

 


 

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commentaires

M
Un poème très dépouillé et délicat pour un anniversaire dont le souvenir glace le sang!
Répondre
C


Une cicatrice qui ne s'efface pas, en effet.



N
Toujours aussi émue...
Répondre
C


Merci pour cela. Amitiés.



M
Une tragédie si monumentale qu'elle dépasse les mots
et pourtant
Les vôtres réussissent ce tour de force de nous la faire toucher du doigt. Une sobriété pleine de force. C'est très émouvant
pauvre peuple mais pauvre Monde également car la souffrance continue, la mort n'a dit son dernier mot hélas
Merci Catheau
Répondre
C


Evoquer  sans peser, c'est en effet un exercice délicat. Merci, Martine, de votre appréciation.



C
Merci pour ce texte mémoriel. J'avais également réédité le mien sur le même sujet. Il est frappant que nous soyons parties toutes deux du même balancement,"ici"/ "Là-Bas". Vous avez parlé
d'"unanimisme" dans votre commentaire, je voulais simplement vous préciser que pour moi c'est tout de même encore autre chose, que c'est vraiment une situation vécue, puisque mon fils vit au Japon,
"là-bas", et que je pense "ici" à lui.
Répondre
C


Merci, Carole, d'apporter cette précision qui, bien évidemment, modifie le regard et le sentiment !



M
Il est important de penser à eux, les disparus, leur famille , leurs voisins ou amis, ceux qui sont rescapés mais qui doivent tant souffrir, à cette terre dévastée, polluée, morte...
C'est un beau texte pour dire que l'on n'oublie pas même si c'était si loin et pourtant tout peut arriver n'importe où...
Répondre
C


Merci de votre commentaire empreint d'empathie. Quand le cataclysme naturel se double d'une carastrophe nucléaire, l'humanité devient vulnérable.



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