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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 07:00

 Flou moi halo

 

 

 

Cette petite fille

On me dit que c’est moi

 

Celle qu’on aperçoit

Sur la photo tremblée

Sur le cliché voilé

Dans un fauteuil de cuir

Dans la blancheur du souvenir

 

On lui a mis un chapeau de grand

Une écharpe à carreaux noir et blanc

De ces deux-là je me souviens

Bien

Mon grand-père les porta

Autrefois

 

Mais le bouquet mallarméen

Dans le vieux pot d’étain

Et la table légère

Aux jambes spiralaires

Les livres reliés

Au fait qui les lisait ?

 

Que sont-ils devenus ?

Ont-ils été perdus

Avec la lumière

Radieuse et éphémère

Fusant de la terrasse

Avec la mer en face ?

 

Avec la petite fille 

Ronde comme une coquille?

 

Il paraît que c’est moi

Je ne la connais pas

Je ne m’en souviens plus

 

Et pourtant elle fut

 

Mais mon passé s’englue

Au décor décousu

Aux lointains ingénus

  

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème : flou

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

A

Les photos de l'enfance ne sont pas toujours faciles à regarder, comme tu le dis, un dédoublement se produit, car l'adulte décrypte avec acuité la petite fille dans sa vie familiale. Les objets
sont parfois plus précis dans la mémoire. Un beau poème sur ton enfance. Amitiés


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C


Un dédoublement, une schizophrénie, très douce cependant. A bientôt, Alice.



H

Bonsoir Catheau,
cette petite fille à la fois lointaine et si proche. Le souvenir de ce décor et des objets qui y paraissent restera dans cette photo et dans les coeurs.
Merci Catheau, pour ce flou de l'image et de la mémoire.


Répondre
C


Comme vous le dites, Hauteclaire, elle est lointaine et proche et j'ai beaucoup de tendresse pour elle. Amitiés et merci pour l'esprit de votre communauté.



A

Très joli poème plein de tendresse qui nous interpelle .Le flou du souvenir ... C'est très beau . Bonne soirée


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C


Je crois, en effet, que nous nous interrogeons tous sur notre enfance. Merci, Andrée, de votre visite.



A

Ce texte me remémore ce que disait André Hardellet d'une photo de classe le montrant là, si sage à son pupitre, alors qu'en réalité il était ailleurs, à courir la campagne.


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C


Etre là et ailleurs à faire l'école buissonnière. Merci, Adamante, pour ce souvenir.



V

Comme tu traduis bien et beau ... l'idée qu'on se fait de cette photo dont on nous dit que c'est nous, cette enfant inconnue qui sourit à la machine, dans ce décor inconnu plus encore, ses odeurs,
son passé, ses témoins, c'est tant de nostalgie pour moi ...


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C


Que renferme une photo ? Jamais ce qu'elle donne à voir... Amicalement.  



V

Bonjour Catheau,
Le flou du souvenir de ce poème donne un beau rendu à la photo.
Amicalement,
Valdy


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C


Merci, Valdy. C'est une photo qui me touche particulièrement et inexplicablement.



A

Les flous de la mémoire et ceux de mes mots, ce soir, la clarté des vôtres et de ces instants qui resteront ancrés. Bien amicalement. Anne


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C


Une tentative pour dire cet étonnement devant celle que l'on nous dit avoir été.



F

tu sais je suis comme toi, des photos me laissent perplexes et on m dit c'est bien toi ! la vie est ainsi faite, les souvenbirs ensoçnt autrement


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C


Une curieuse impression existentielle de dédoublement. Amitiés.



C

c'est très très beau. Et ton texte et la jolie petite fille ronde et blonde!
bonne soirée Catheau ;-)


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C


Je ne sais pourquoi, j'ai une tendresse particulière pour cette photo. Merci, Cri, de votre passage.



E

TRès belle photo, très beau poème pour cette petite fille que tu fus ... Bises


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C


Et comme j'aimerais l'être encore ! Amicalement.



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