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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 07:25

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L'Eveil de l'humanité ou Le Soldat blessé (1875-1876), Auguste Rodin ,

place Rodin, rue Adrien Hébrard, Paris XVI°

(Dimanche 05 juin 2011) 

 

 

   

Humain

Trop humain

Dans la ville

Inhumaine

 

Seul

Fragile

Exposé

Abandonné

Délaissé

Vulnérable

Et nu

 

Il attend

Désespérément

Que tombe

Du ciel

Vide

 

La fiente

Gris-blanc

Du pigeon

Porte-bonheur 

  

Nous sommes tous

Cet homme-là

 

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Entre Ombre et Lumière,

Thème proposé par Françoise/ Soizig :

Gris-Gris, porte-bonheur et superstitions

 

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 07:00

  paon-symbole de prospérité peinture-chinoise

 

 

Ô vous oiseaux d’Héra à la queue ocellée

Par les cents yeux d’Argus Celui qui voyait tout

Dédaigneux nonchalants lents et mystérieux

Bleus tueurs de serpents dont le venin irrigue

Votre roue-univers votre ciel étoilé

 

Sur un papier de riz je vous dessinerai

En de doux amoureux dessous l’Arbre de Vie

Et je vous offrirai à l’amie que j’attends

En signe de beauté et de prospérité

Tel un souhait d’amour et d’immortalité

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Entre Ombre et Lumière,

Thème : la prospérité

 

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 16:59

  instant félin

               Le chat dans le mur (Dimanche 22 mai 2011)

 

 

Les branches tremblent sous le vent

L’ombre des hirondelles fuse sur l’herbe verte

Un gros bourdon obscur assiège le laurier

Des vagues de lavande émerge un bleu secret

La tourterelle égrène les secondes à trois temps

Et le chat du voisin somnolent bienheureux

Gardien à sa fenêtre d’un noir mystérieux

Se tient au bord du temps tel un sphinx rustique

 

 

 

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 06:21

  L'oeil Yeux clos REdon

Les yeux clos, Odilon Redon

 

 

Où s’en vont nos regards

Dans les plis du sommeil

Sous les paupières closes

Les cils abandonnés

Par quelle étoile morte

Se voient-ils aveuglés

Dans le vide abyssal

Aux cheveux de dormeuses

Qui est ce peintre obscur

Dont le pinceau génial

Dessine les couleurs

D’un temps immémorial

Où rêvent des sirènes

Dans des flots de feuillages

Que sont ces éclairs d’or

Zébrant leur cécité

Rougeoyants d’incendie

Aux vieux volcans éteints

Où s’en vont nos  regards

Traversant les miroirs

Des trous noirs de la nuit

Ombres dévisagées

Aux yeux exorbités

Tournés vers l’intérieur

Prisonniers enfermés

Dans les liens de Morphée

 

Ils s’ouvrent nos regards

Pupilles dessillées

Aux tremblants arcs-en ciel

Sur des cieux jamais vus

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots, 

Thème proposé par Tricôtine : les yeux, le regard 

 

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 07:00

 

inquiétante étrangeté chien

 

 

 

Tout là-bas en haut du mur

Une forme est appuyée

Mystérieuse figure

Qui inquiète mes pensées

 

Dessous les vertes ramures

Bien debout les bras croisés

Une noire créature

Me regarde sans ciller

 

Quand d’elle je m’approchai

Je découvris sa stature

Et je fus désabusée

Par l'erreur et l'imposture

  

La forme que mes yeux crurent

Etre une femme aux aguets

N’est point de cette nature

C’est un chien je n’en puis mais

 

Je me perds en conjectures

Où est la réalité

De rien je ne suis plus sûre

Inquiétante étrangeté

  

 

 

C’est pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière, que j’ai proposé ce thème de l’inquiétante étrangeté. Commentant Freud qui est à l’origine de ce concept en 1912, Martine Menès le définit ainsi : « C’est quand l’intime surgit comme étranger, autre absolu, au point d’en être effrayant. »

 

 

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 07:00

  Le pressoir P

                                     Vieux pressoir à Rou 

 

 

Par le volet

Battant

De la grange

Abandonnée

Le soleil

Blanchit

La pierre

 

Mais 

 

Sous les solives

Brunies

Tout esseulé

Le vieux pressoir

Broie du noir

 

 

 

Le pressoir 2 P

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Week-end du Petit Patrimoine

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 08:13

  Robe de soie

       Maggie Cheung (Mme Chan) et Tony Leung (M. Chow),

dans le In the Mood for Love (2000), de Wong-Kar-Wai

 

 

Dans ta robe en satin je te vis un matin

Dansante arachnéenne insecte damassé

Ta longue silhouette aux reflet diaprés

Pétrifia mon regard et scella mon destin

 

Dans ta robe flammée ressuscitaient des mondes

Des mystères moirés des vagues chatoyantes

Des légendes filées des bagues opalescentes

Tes mouvements faisaient de sensuelles ondes

 

Dans ta robe ocellée soyeuse de reflets

Dormaient des temps anciens des princesses chinoises

Des mandarins figés dans des brocarts turquoise

De longues caravanes aux luxueux secrets

 

Dans ta robe de faille s’agitaient des bannières

Aux motifs  rehaussés de lys et de dragons

Des rois s’agenouillaient aux coffres très profonds

Le tissu fabuleux vibrait dans la lumière

 

Dans ta robe brillante aux yeux de vers luisants

Vivaient des arcs-en-ciel tremblant d’iridescence

Et des magnanarelles aux doigts pleins de patience

Le cocon du bombyx y croissait lentement

 

Dans ta robe ottomane éclair de nuances

Sanglotaient les canuts révoltés sans chemise

Tissant chasubles d’or pour les grands de l’Eglise

Taffetas et shantung irisés de souffrance

 

Dans ta robe organdi ton corps se mouvait

Tes gestes dessinaient des courbes lumineuses

La minute arrêtée claire et voluptueuse

Au miroir de soie que ton âme habitait

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Jeanne Fa-Do-Si :

Les vêtements

 

 

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 13:07

  Oeufs nid P

 

 

Vers le trou de la grange

Le rouge-queue passe

Et repasse

Dans l’anfractuosité de tuf

Près des rondes ammonites

Le rouge-queue a fait son nid

 

De beaux œufs blancs

Et translucides

Dans la douceur des mousses

Et des plumes

Attendant d’être éclos

A la tiédeur du mai

 

 

  Oeufs P

 

 

Hélas

Fouine belette ou chat

Le prédateur méchant

S’en est venu

Il a renversé le nid

Il a cassé les coquilles

Il a gobé les œufs

 

Et je n’entendrai pas

Pépier à l’envi

Et je ne verrai pas

S’envoler dans le ciel

Les petits rouges-queue

Morts avant d’être nés

 

 

Oeufs cassés P

 

 

 

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 16:47

  sphère jardin des délices bosch panneau central

Le Jardin des Délices (v. 1480 ou 1503-1504),

Détail du panneau central du tryptique, Hieronymus Bosch,

Musée du Prado

 

Dans le jardin délicieux aux suaves couleurs

Parmi les fruits géants les bêtes monstrueuses

Un homme et une femme revêtus de blancheur

Sont assis tous les deux dans la sphère harmonieuse

 

Ils sont là innocents les amoureux mythiques

Dans la matrice ronde fragiles embryons

Dans la douceur tiède sereins et impudiques

Ignorants de la Faute et de la Damnation

 

Et ils ne savent pas les amants archaïques

Que sur le palmier vert est tordu le Serpent

Qui les fera sortir de leur œuf idyllique

Et les enlacera jusqu’à la fin des temps

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème : Sphères

 

 

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 18:05

  Corbeaux

  Les corbeaux dans le noyer devant ma fenêtre

 

 

Dans le vert du noyer ce sont les noirs corbeaux

Nichant en colonies dedans leur corbeautière

Aux plumes métalliques aux appels sépulcraux

Messagers de la mort augures légendaires

 

Dans le vert du noyer ce sont les puissants freux

Voletant en grand nombre et leur croaillement

Les oiseaux de la nuit lourds et mystérieux

Chargés du mauvais sort depuis la nuit des temps

 

Dans le vert du noyer ce sont les grands choucas

A la robe bleuâtre qui aiment la parade

S’abattant sur les branches avec un grand fracas

Terrifiant le feuillage en vives escouades

 

Dans le vert du noyer ce sont les mal-aimés

De ce monde ignorant qui pourtant apportèrent

Sur l’ordre du Seigneur le pain pour subsister

A l’ermite Isaïe quand il fut au désert

 

 

 

 

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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