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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:58

Laughing-Kookaburra.jpg


Vendredi soir

Dans l'ombre ancienne et chaude des eucalyptus

A pas lents j'ai remonté la Knoll Forest Avenue

Et sous mes pieds les grosses feuilles des caoutchoutiers

Comme des chaussures bien cirées doucement glissaient

 
Samedi matin

Le ricanement sec du cookaburra nous a réveillés

Dernier jour à Sydney

Nous avons remonté l'allée ombragée du figuier

Regardé la glycine embrassée à la grille

Samedi midi

A Kingsford Smith nous avons passé la douane
Au milieu du monde entre une Indienne et un Chinois
Tandis qu'au loin remontant dans la foule
Tu disparais en tongs et short beige 

Samedi soir

Dans l'aéroport lumineux de Hong Kong

Derrière le trou noir des vitres

Nous avons remonté les escaliers aux rainures d'acier

Vers la porte 62 partant pour le Vieux Monde

 

Dimanche matin

Abandonnés dans la nuit sans fin du voyage

Au profond de la nuit au dessus des nuages

Entourés de Chinois dans un ventre de fer

Nous avons remonté le temps et rencontré l'hiver

 


Samedi 15 novembre 2008
Aéroport de Kingsford Smith

Australie

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:41

Papillon-bleu.jpg

Fleur frissonnante un papillon bleu volète

Plumeaux légers les cocotiers tremblent au vent

Racines enchevêtrées les lianes tordues se mêlent

Bruissement dans les eucalyptus les perruches se cachent

 

Sur le chemin aux feuilles à l'odeur d'humus

Arôme douceâtre du pandanus aimé du casoar

Indifférent et dédaigneux un mâle passe

Ses trois petits le suivant

 

Lundi 03 novembre 2008

Mission Beach

Australie

 

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:35


DSC_0028.JPG

 

Je courais pieds nus agile dans le bush

Et je suivais les traces du kangourou

Maintenant j'avance pieds nus sur le goudron brûlant

Qui ne mène nulle part

 

J'allais fier et droit dans le bush

Et ma peau noire luisait dans le soleil

Maintenant courbé je marche à pas lents

Dans des vêtements sales et trop grands pour moi

 

Je chassais avec mes flèches à venin

Tandis que ma femme préparait les gros vers blancs

Maintenant je paresse dans les vapeurs de l'alcool

Et je bats ma femme

 

Ma terre rouge n'avait pas de frontières

Mais je connaissais les trous dans la montagne

Où la roche est fraîche

Maintenant mon horizon c'est une barrière de bois

Au milieu des boîtes de conserve et des détritus

 

Je chantais la femme serpent qui se bat

Contre le serpent Liru

Maintenant je prie un homme blanc

Que je ne connais pas

 

Ma terre était rouge ma terre était mienne

Les hommes blancs sont venus

Les hommes blancs m'ont chassé

Maintenant mon cœur est tout noir

 

 

Le 24 octobre 2008

Alice's Spring

Australie

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:18

Les_Parques.jpg

Les Parques, Alfred Agache

Nona 

Le fil la Parque a étiré

Avec son foulard moiré

A bas bruit elle trame

Elle ourdit dans le secret

 

Elle tisse dans le silence

Elle manoeuvre le fuseau

Elle déroule la navette

Et dévide les écheveaux

 
Decima

 

Le fil la Parque a mesuré

A l'aune du Destin

Maille à maille point par point

Elle a rassemblé les brins

 

Sur son métier de bois

Pas de relâche pour ses doigts

Le peigne tasse et serre

Le tissu de lin au dessin amer

 

Fata n'est pas Pénélope

Et jamais fil ne se défait

Les écheveaux sont dévidés

Rien ne sera rembobiné

 
Morta

 

Le fil la Parque a coupé

Dans le drap froissé

L'enfant est cousu

Il est froid est nu

 

La Parque est passée
L'enfant a passé


Mars 2008

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 15:10


papillon-du-soir.jpg

Avecque son amie, musardant au soleil,

Une fille hyaline respire son café.

Collier doré et bagues font des reflets vermeils,

Toute de noir et blanc, elle a les cheveux thé.

 

Ses lèvres sont murmure, son pied va balançant ;

Immobile et rêveuse, elle suit lentement

La foule bigarrée, interlope et bruyante ;

Sa cigarette fume, et le roi Elvis chante.

 

Assise sous l'auvent au dessin blanc et vert,

Je devine des fraises au trop-plein de son verre.

Ses longs doigts délicats emprisonnent sa tasse,

Et, merveille, on surprend son reflet dans la glace !

 

Sous les oiseaux, la lyre, les profils sculptés

De trois belles arcades d'un balcon ouvragé,

Des chaises vert absinthe devisent avec des buis,

Et c'est pour cette belle une scène choisie.

 

Avec ses gestes lents, ses mouvements étirés

Et ses yeux invisibles sous ses lunettes noires,

Buveuse au Butterfly qui fleure bon l'été,

Elle me fait rêver au papillon du soir.

 

                           7 juin, place du Puits-Neuf, 15h10.

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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