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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 08:52

4

Entre les murs dressés de l’ancienne maison

Epaisse forteresse

Les strates invisibles du silence

Reposent

Dans les interstices du temps

 

Prêter l’oreille

 

 Autrefois


Entendre
L’interruption orante

Sur les tomettes rouges et inégales

De l’abbé qui achève

Ses pater et ses ave

Au sein du presbytère
Deviner

Le mutisme des étoiles

Sur le vieux bassin de pierre

Quand se taisent

Le caquetage des poules

Et le cri des servantes

Dans le relais de poste

Lire

Aux replis secrets du parquet

De la maison commune

Les serments échangés

Des amants qui dansent

Au son des violons

 

Maintenant

Rêver 
A la tranquillité ailée

Des hirondelles au nid

Sous le grand porche rond

Humer
Le soupir aux senteurs de toison

Des moutons ne bêlant plus

Dans le pré au fond du jardin

Vibrer
Aux intermittences roucoulées

Deux longues une brève

De la tourterelle ivre

Au-dessus de la cheminée

Respirer
La pause odoriférante

Quand l’abeille gourmande

S’envole bourdonnante

Du rosier Pierre de Ronsard

Frissonner 
A l’arrêt soudain

De la chouette aveugle

Marcheuse sous le toit pointu

 

Toujours

Ecouter

Le sommeil des sons

L’accalmie des bruits

Ouïr 
L' âme aux aguets

Les instants en suspens

Habitants du silence



Mardi 23 mars 2010

Papierlibre.over-blog.net
Thème : Le silence 

 

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 08:48


Moi petite 2


katrina cyclone

Prénom aux vents rageants

Cyclones ouragans

Nuages tournoyants

De tous les cataclysmes

 

Katrina Catarina


au sud de catharina

Prénom mystérieux

Girant au fond des cieux

Minéraux des plus vieux

Filants astéroïdes

 

Katharina Katja Kathryn Catalina


katyusha 2   

Prénom de violence

Qui des roquettes lance

Arme de la démence

Des orgues de Staline

 

Katioucha


Catharina la mégère 


Prénom d’une mégère

Une femme en colère

Qu'un Petruchio de fer

A su apprivoiser

 

Catharina Catheau

 LES-HAUTS-DE-HURLEVENT--1939-.2

Prénom d’un beau roman

Des éternels amants

Errant dans Hurlevent

Une mère et sa fille

 

Catherine Earnshaw Cathy Linton


catherine crachat 


Prénom de cette fille
 

Star que l’on maquille

Celle dont les yeux brillent

Sous la lune d’argent

 

Catherine Crachat

 Catherine de Medicis


Prénom d’une Italienne

Qui de France fut reine

Chantant la noire antienne

De saint Barthélémy

 

Catherine de Médicis


catherineII russie 2 


Prénom d’une Allemande
Une âme de légende

Devenue la très grande

Tsarine de Russie

 

Catherine II de Russie


 catherine décapitée


Prénom ensanglanté

Sainte martyrisée

Reines décapitées

Aika la torture

 

Catherine d’Alexandrie

Catherine Howard

Catherine Parr


 catherine dessin


Toi femme qui fulgures

Au sein de la souillure

Que l’amour transfigure

Katharos la pure

 

Pour Les Mots de Tête de Brunô, n°25 

Votre prénom
1) Recherchez et publiez en tête de votre article
une photo de vous à l'âge de 1 an à 2 ans maxi.
2) Ecrivez un texte court autour de votre prénom.

Dimanche 21 mars 2001.

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 18:39


P1010266

Dans le carnet de poésie de ma grand-mère, j’ai découvert ce poème, écrit de sa main au crayon de bois, d’une élégante écriture remontant vers la droite. Les initiales de la signature  (celle du prénom de ma grand-mère, Yvonne, et celle du prénom de son mari, Edouard, suivies de l’initiale de leur patronyme) y apparaissent à l’encre bleue, au stylo plume.

Les pages de la fin du carnet étant quasiment collées, je n’avais jamais vu ce texte ! Il semble avoir été écrit sous le coup d’une inspiration soudaine,  après peut-être une promenade sur la digue éventée de Malo-les-Bains.
Ce sont trois quatrains de trois tétramètres (malgré un pentasyllabe à la deuxième strophe), ponctués par un trisyllabe ou trimètre, aux rimes suivies. Pour dire un spectacle qui lui était familier, ma grand-mère a su trouver un rythme qui convient bien aux sautes d’humeur de la Mer du Nord.

 

 

 

 

La Mer du Nord

 

Les flots méchants
Aux tons changeants

Comme l’opale

… Elle râle

 

Teinte en vermeil

Par le clair soleil

Qui l’enchante

… Elle chante

 

D’un bleu d’azur

Sous le ciel pur

Calme et sans lie

… Elle prie.

 

Y E D




 

Digue de Malo les bains






Pour le Jeudi en Poésie de Brunô.
  

Jeudi 18 mars 2010.

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 16:01

Ces quatre quintils, dans lesquels trois rimes alternent avec deux rimes, recopiés dans le carnet de poésie de ma grand-mère, sont datés du 05 mars 1915. Le 03 août 1914, l'Allemagne a déclaré la guerre à la France. Le 13 janvier 1915, contre l'avis du maréchal French et de Joffre, Churchill et le conseil de guerre ont décidé l'opération navale des Dardanelles, qui subira un cuisant échec le 18 mars 1915. En avril commencera l'offensive française à l'est sur la Meuse et la Moselle et les Allemands emploieront pour la première fois des gaz asphyxiants à Langemack, au nord d'Ypres, en Belgique.
Le poème n'est pas signé. Devant la date, on peut lire  l'abréviation du lieu de création, "Copp.". Je pense qu'il s'agit de Coppenaxfort, village du Nord où était située la propriété familiale de mon grand-père, alors sous les drapeaux.  Il échappera miraculeusement à la mort lors de la bataille de Verdun. Je crois me rappeler que lui-même m'a raconté que la balle qui aurait dû le tuer a ricoché sur le portefeuille qu'il portait sous son uniforme. 
Mon père était né en 1911 et j'imagine que ce texte a pu être écrit par mon grand-père à l'intention de son épouse, au cours d'une de ses permissions. On y perçoit la douleur de la séparation, la persistance dans la mémoire de l'image de la femme aimée, le souvenir des serments échangés, l'expression d'un amour véritable, "si tendre et si rêveur". Et j'aime que ce poème mélancolique, recopié aux débuts d'une guerre qui sera longue, s'achève sur le pronom personnel "Nous", écrit avec une majuscule.



P1000343P1000344-1





























J'écouterai toujours, même [quand le destin
M'aura trahi, vibrer le murmure [incertain
De ta voix dans mon coeur... Je [suivrai son sillage
Dans une silhouette imprécise [au lointain
Que mon rêve fera fera  sa plus [vibrante image.

Je chercherai tes yeux aux [braises du foyer
Qui brûleront ma chair bien [moins que ta caresse !
Je sentirai passer, comme un [parfum d'ivresse,
Dans l'air triste du soir que l'ombre va noyer,
Ton haleine de fleur, ton charme de déesse.

Et je retrouverai ton amour et ton coeur
Dans mon coeur désolé de sa longue souffrance.
Je redirai les mots d'immortelle espérance
Que tu savais trouver, exquise de ferveur,
Pour dire notre amour si tendre et si rêveur.

Et quand tu songeras, plus tard, à la folie
De nos espoirs déçus, de nos serments si doux
Tu ne sauras jamais dans ta mélancolie
Que je rêve de toi toujours, ô ma jolie !
Et que mon rêve encor, c'est notre rêve à Nous.

Copp. 5 Mars 1915







Coppenaxfort

Mardi 16 mars 2010

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 15:23

ile-maurice-009.JPGPointe aux Piments, Lundi 01 mars 2010.

1

Aimes-tu les jours d'or dénués de mystère,
Les rayons alourdis desséchant les rameaux,
Et sous un morne ciel que jamais rien n'altère
La campagne immobile en sa robe d'émaux ?

P1000900.JPGMariage indien, Jeudi 04 mars 2010.

Viens, la sombre varangue embaume et fera taire
Dans mon coeur anxieux la voix des anciens maux,
Viens, ta bouche est la source où je me désaltère
Et tes seins sont pour moi comme deux fruits gémeaux
.


P1010148Filao, Pointe aux Piments,
Dimanche 07 mars 2010.

Aimes-tu mieux la nuit ? Sous les filaos grêles,
Où l'ombre a fait tarir le chant des tourterelles,
Des rayons filtreraient sur nous comme des pleurs.

P1000870.JPGDécoration florale, Vendredi 05 mars 2010.

J'aime à t'entendre dire une vieille berceuse,
Et l'heure coulerait comme une eau paresseuse
Au parfum des prochains gérofliers en fleurs
.

2

P1000779.JPGFleur dans le jardin de la Maison Eurêka,
Jeudi 04 mars 2010.

De l'impassible ciel, toujours, toujours pareil,
Les brises, comme les oiseaux, sont envolées ;
Et d'inutiles fleurs, d'aucune aile frôlées,
Dorment dans l'air pesant leur lumineux sommeil.

ile-maurice-116.JPGLe bassin des lotus dans le jardin de Pamplemousses,
Mercredi 03 mars 2010.

Il faut avoir connu tes splendeurs désolées,
O monotone ciel, ô voûte de vermeil,
Et le spleen que déverse un éternel soleil,
Pour savoir tout le prix qu'ont les terres voilées.

P1010075.JPGVue des hauteurs de Chamarel,
Samedi 06 mars 2010.

Là-bas où les coteaux ont des formes de seins
Et se couvrent au soir de robes transparentes,
Des cygnes noirs et blancs nagent dans les bassins
.

maurice-suite-022.JPGLes sept terres de Chamarel,
Samedi 06 mars 2010.

Un ciel pâle s'y mire, et les vapeurs errantes,
Et les peupliers longs que septembre a rouillés ;
La nuit prochaine endort l'odeur des foins mouillés
.

 3

En vain brillent les eaux, pour qu'il s'y désaltère,
Moloch féroce boit les larmes des forêts.
L'île chaude sous lui fume comme un cratère,
Les oiseaux se sont tus dans les arbres retraits.

ile-maurice-345.JPGHauts de Chamarel, cascade,
Samedi 06 mars 2010.
 
Mais loin du ciel grisâtre et de la morne terre
Les murs gardent encor des repaires discrets
Où le sommeil pour l'homme évoque avec mystère
L'essaim silencieux des rêves aux doigts frais.

P1000945.JPGDanseuse indienne,
Jeudi 04 mars 2010.

Et déjà vient le soir parmi les aromates.
Arrachant sa chair brune à la fraîcheur des nattes,
Dans son voile éclatant, comme une longue fleur.

P1000948.JPGDanseuse indienne,
Jeudi 04 mars 2010.

Djalia s'est dressée et fait tinter ses bagues,
Tandis que les rayons du soleil qui se meurt
Allument une flamme à ses prunelles vagues.

Paul-Jean Toulet,
Vers inédits, III, Sonnets exotiques,
Ile Maurice, 1888.


Dimanche 14 mars 2010.

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 16:45

 

Paul-Jean-Toulet-2.jpg


Paul-Jean Toulet (1867-1920) est un poète méconnu que l’édition de ses Œuvres  complètes chez Robert Laffont, en juin 2009, va, on l’espère, contribuer à sortir de l’oubli. Son nom demeure essentiellement attaché à ses Contrerimes, recueil publié en 1921, peu après sa mort, et qui comporte aussi des Chansons (dont la célèbre « Dans Arles, où sont les Aliscams »), des Dixains et des Coples (pièces courtes de deux à quatre vers).

« En feuilletant les pages de ce livre de poèmes qui, dès sa publication, valut à Toulet une gloire entre toutes authentique, on s’aperçoit que les « contrerimes » proprement dites sont au nombre de soixante-dix. Il faut entendre par « contrerimes » des quatrains aux vers alternés de huit et six [syllabes], mais dont les rimes s’embrassent. » (Ph. C.)

Pierre-Olivier Walzer définit ainsi  ce procédé prosodique, au jeu de rimes assez rare :  « La contrerime est cette pièce formée le plus souvent de trois quatrains, construits d’après le schéma : 8-6-8-6 rimant a b b a, de sorte que le grand vers rime avec le petit, ce qui donne à la strophe un élan et une rapidité impossible à atteindre dans une strophe aux vers égaux. »
Michel Décaudin précise que c’est « un système d’une science exquise, avec ses deux octosyllabes et ses deux hexasyllabes alternés, rimant « à contre-longueur » [selon l’expression même de Paul-Jean Toulet] : en vingt-huit syllabes se superposent deux schémas légèrement décalés l’un par rapport à l’autre, l’ordre des vers étant a b a b et celui des rimes a b b a ; il en résulte une allégresse de la démarche qu’accentuent encore la brièveté des pièces, l’usage du rejet et celui de l’ellipse. »  Le trait marquant de la poésie de Toulet est ainsi sa concision, aucune pièce du recueil ne dépassant trente-six vers.

« Système d’une parfaite précision qui se fonde sur un principe d’indétermination, lui-même soigneusement contrôlé », ce rythme subtil fut employé notamment par Leconte de Lisle pour conférer aux poèmes une touche d’exotisme. Cette forme rigoureuse marque par ailleurs un retour à un certain classicisme, dans le souci de se préserver des élans passionnés du cœur, en masquant avec pudeur sa souffrance. »  L’hexasyllabe, fréquemment introduit par un relatif ou une préposition, vient comme l’écho étouffé d’une sensation ou d’un souvenir.

Les premières « contrerimes » de Paul-Jean Toulet paraissent en 1910 et lui valent alors d’être reconnu dès 1913 comme le chef de file des poètes dits « fantaisistes », tels Tristan Derême, Jean-Marc Bernard ou Francis Carco.

 

 

P1010166.JPG

Coucher de soleil sur la pointe aux Piments,
Dimanche 07 mars 2010.

Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver

Comme une rouge nue

Où déjà te dessinait nue

L’arôme de ta chair ;

 

Ni vous, dont l’image ancienne

Captive encor mon cœur,

Ile voilée, ombres en fleurs,

Nuit océanienne ;

 

Non plus ton parfum, violier*

Sous la main qui t’arrose,

Ne valent la brûlante rose

Que midi fait plier.

 

 

*Nom vulgaire des giroflées.

 

II

 

  ile-maurice-007.JPG

A la nuit tombante, Pointe aux Piments,
Lundi 1er mars 2010.
 

O mer, toi que je sens frémir

A travers la nuit creuse,

Comme le sein d’une amoureuse

Qui ne peut pas dormir ;

 

Le vent lourd frappe la falaise…

Quoi ! si le chant moqueur

D’une sirène est dans mon cœur-

O cœur, divin malaise.

 

Quoi, plus de larmes, ni d’avoir

Personne qui vous plaigne…

Tout bas, comme un flanc qui saigne,

Il s’est mis à pleuvoir.

 

IX


P1000495.JPGCasuarinas ou filaos, Pointe aux Piments,
Mardi 02 mars 2010.
 

Molle rive dont le dessin

Est d’un bras qui se plie,

Colline de brume embellie

Comme se voile un sein,

 

Filaos* au chantant ramage-

Que je meure et, demain,

Vous ne serez plus, si ma main

N’a fixé votre image.

 

*Synonyme de casuarina, arbre qui pousse

sur les côtes de l’île Maurice.

 

XLV

 

P1010161.JPGCoucher de soleil, Pointe aux Piments,
Dimanche 07 mars 2010.

Douce plage où naquit mon âme ;

Et toi, savane en fleurs

Que l’Océan trempe de pleurs

Et le soleil de flamme ;

 

Douce aux ramiers, douce aux amants,

Toi de qui la ramure

Nous charmait d’ombre, et de murmure,

Et de roucoulements ;

 

Où j’écoute frémir encore

Un aveu tendre et fier-

Tandis qu’au loin riait la mer

Sur le corail sonore.

 

XLVI




Samedi 13 mars 2010. 

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 11:15


île maurice 244
Dans une rue de Port Louis, Ile Maurice,
Jeudi 04 mars 2010.

Elle est noire, c'est vrai. Corail ni jameroses*
Ne rient dans sa figure, ou l'or non plus des blés.
Mais, les charbons sont noirs comme elle. Allume-les :
On dirait un buisson de roses.

* Fruit du jamerosier ou jambosier, petit arbre à grandes fleurs, originaire de l'Inde,  
dont les fruits sont de grosses baie rouges sentant la rose.
On les utilise comme fruits de table ou pour préparer des boissons rafraichissantes.

LXI

maurice suite 017
La terre aux sept couleurs de Chamarel, sous la pluis tropicale,
Samedi 06 mars 2010.

Des bords du canal noir où tu quittas ton linge,
Le noir tchocra* te guette avec des yeux luisants,
Floryse. Au loin blanchit la mer sur les brisants,
Parfois sur Chamarel** on voit passer un singe.

* On désigne de ce nom un domestique, un groom, à l'île Maurice et à la Réunion.
** Au sud-ouest de l'île Maurice, terre dite "aux sept couleurs",  de l'orange au violet
en passant par l'ocre.

LXIX

île maurice 022
Pointe aux Piments, la mer devant la fenêtre,
au matin du mardi 02 mars 2010.

Nous fumâmes toute la nuit. Puis un boy vint
Pour ouvrir la fenêtre. Une aurore embaumée
Entra, chassant la nuit, les rêves, la fumée.
- "Une encor, dit Scilla. Ca fera juste 20."

LXXXIII


Ces quatrains sont extraits de Coples, pièces courtes de deux à quatre vers,
qui appartiennent au recueil Contrerimes.


Samedi 13 mars 2010.

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 08:49


P1000769
Statuette dans la Maison Eurêka à Moka, Ile Maurice,
le jeudi 04 mars 2010.

Au pays du sucre et des mangues,
Les pâles dames créoles
S'éventent sous les varangues
Au pays du sucre et des mangues
Et zézaient de lentes paroles.

Dans les grands faureuils balançoires
En sombre bois des îles
Elles content de vaines histoires,
Dans les grands fauteuils balançoires
Qui bercent leurs têtes futiles.

Ainsi qu'une odeur de parterre
Lointaine et paresseuse,
Dans le coeur s'infiltre en mystère
Ainsi qu'une odeur de parterre
Leur grâce voluptueuse.

Vers inédits, Premiers vers II,
(Environ 1887)


Paul-Jean Toulet s'embarque à dix-huit ans pour l'île Maurice : trois années (1885-1887) de découvertes et de plaisirs. S'il n'a écrit que de rares strophes sur l'ancienne Isle de France,  elles recèlent cependant une "sorcellerie évocatoire", que n'aurait pas reniée Baudelaire.



P1000727
Madame de la Tour, la mère de Virginie
dans Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre.
Maison Eurêka à Moka,
jeudi 04 mars 2010.


Samedi 13 mars 2010.

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 19:29

                                                        île maurice 006-1

                                                              Nuit tombante, Pointe aux Piments, Ile Maurice,
                                                                                     Lundi 1er mars 2010.



             Jardin qu'un dieu sans doute a posé sur les eaux,
                  Maurice, où la mer chante, et dorment les oiseaux
.

                                                                                               XLIV, Coples.


Paul-Jean Toulet est né le 5 juin 1867 à Pau. Ses parents, qui habitaient l'île Maurice, rentrèrent en Béarn pour sa naissance. En décembre 1885, il s'embarque pour cette île "au parfum des prochains gérofliers en fleurs". Il y mena une vie sans soucis, s'adonnant au jeu, à la lecture et à sa passion des femmes. Il en reviendra avec le goût de la drogue : le gandia, sorte de chanvre séché, et l'opium.
Ce séjour le marqua définitivement et son oeuvre en conserve de nombreuses traces.



                                                        P1010165
                                                                    
                                                                Coucher de soleil, Pointe aux Piments, Ile Maurice,
                                                                                      Dimanche 7 mars 2010.

                        Douce plage où naquit mon âme ;
                                           Et toi, savane en fleurs
                                 Que l'Océan trempe de pleurs
                                           Et le soleil de flamme...
                                                                                      
                                                                                         Les Contrerimes


Samedi 13 mars 2010

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 23:00

P1010267

Dans le carnet de poésie de ma grand-mère où ses hôtes et amis ont écrit des poèmes, j'ai découvert  quatre quatrains de sa main, perdus au milieu de pages vierges. Ils sont rédigés comme un cri, au crayon de bois, et m'ont beaucoup émue. Ayant la chance d'avoir une fille et depuis peu une petite-fille, je mesure soudain la souffrance secrète de ma grand-mère qui s'est confiée à son carnet.
Voici ses vers, non datés, tels qu'ils se présentent sur la page, légèrement relevés vers la droite. J'en ai reproduit exactement la ponctuation.


Ses fins cheveux d'or sont bouclés
Ses beaux yeux d'un bleu de pervenche
Joues roses, longs cils recourbés.....
Sur son front si pur je me penche

Je voulais tant qu'elle soit "Lui"
Physique et moral tout ensemble
Avant d'être mon rêve a fini....
Je voulais qu'elle "Lui" ressemble!

Frais et joyeux, j'entends ses ris
Que ses frères l'auraient gâtée
Elle eût été vraiment la fée
La fée de notre vieux logis

Pourquoi n'es tu jamais venue
Toi, si désirée de mon coeur
Pourquoi n'es tu jamais venue
Compléter notre grand bonheur

Petite fille aimée que je n'ai jamais eue

                                                     Y. E. D.


Pour le Jeudi en Poésie de Brunô.
Jeudi 11 mars 2010.

P1000330

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