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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 08:09

 Dali christophe colomb

  The Ship, 1942, Salvador Dali

 

Il en avait rêvé de ces contrées lointaines

Il les voulait trouver pour l’honneur de sa reine

 

Il les avait armés ses féminins vaisseaux

Et ils avaient vogué des journées sur les eaux

 

Il avait entendu la vigie crier Terre

Après des mois de vagues de bonace et d’éclairs

 

  1492-christophe-colomb-06-g

Cristophe Colomb de Ridley Scott

 

Il avait mis le pied plein de fièvre et d’orgueil

Sur un sol inconnu au-delà des écueils

 

Il avait accosté à la Guanahami

Et écouté pensif des perroquets les cris

 

Il avait abordé la terre de Cuba

Et il avait goûté aux feuilles de tabac

 

 1492 christophe colomb 1492 the conquest of paradise 1991

Christophe Colomb de Ridley Scott

 

Il avait rencontré des êtres pacifiques

Au visage doré à la candeur biblique

 

Il avait tant aimé d’Hispaniola les bords

Et s’était enivré aux lueurs de l’or

 

De la Mer Océane devenu amiral

Des Indes vice-roi gouverneur général

 

ColombTerre 

 

Il avait rembarqué pour trois autres voyages

Le Vénézuela d’infinis paysages

 

Dans les senteurs d’épices les cris la violence

Il avait succombé au désir de puissance

 

Enchaîné mis aux fers dedans sa caravelle

Il avait dû quitter les bleutés archipels

 

Il n’avait jamais su que c’est un nouveau monde

Qu’il avait inventé lui Christophe Colomb

  

salvador-dali cristophe colomb 

La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, 1958-1959, Salvador Dali

 

 

 

Pour le Casse-Tête de la Semaine de Lajémy

Lundi 15 mai 2010

 

 

 

 

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 14:24

 

dali l'ascension du christ 1958

  L'Ascension du Christ, 1958, Huile sur toile (115x 123)

 

 

Dans l’iconographie, les peintre ont coutume de représenter l’Ascension du Christ à la verticale.  C’est le cas de Giotto, de Mantegna ou de Garofalo, pour n’évoquer que les toiles les plus célèbres.

Or, en 1958, Salvador Dali peint la montée du Fils de Dieu plus comme une lévitation que comme une ascension. L’huile sur toile (115x 123), qui appartient à la collection Pérez Simón de Mexico, fait actuellement partie d’une exposition, intitulée Du Greco à Dali, Les grands maîtres espagnols, qui se tient du 12 mars au 1er août 2010, au Musée Jacquemart-André.

Cette toile prend place au terme de la période surréaliste du maître espagnol, que l’on peut situer à la fin des années 40. Très fortement empreinte de mysticisme (elle inaugure la « période mystique nucléaire » qui débute en 1951), l’œuvre témoigne de la foi catholique de son auteur et en appelle à la grande tradition religieuse espagnole.

La série de peintures de cette époque présente le Christ qui éclaire un monde d’obscurité, tout en donnant l’illusion des trois dimensions.

Selon le peintre lui-même, ce tableau lui aurait été inspiré par « un rêve cosmique », qu’il fit en 1950, soit huit ans avant l’exécution de la toile. Dans ce rêve, dont il dit avoir perçu les couleurs vives, il a vu l’atome qu’il a situé en arrière-plan, et auquel il a donné la structure de l’intérieur d’un tournesol. Il aurait compris plus tard que ce noyau est la représentation de l’esprit unificateur du Christ.

Il s’explique ainsi : « Premièrement, en 1950, j’ai eu un « rêve cosmique » dans lequel je vis en couleur cette image qui, dans mon rêve, représentait le « nucleus de l’atome ». Ce nucleus prit par la suite un sens métaphysique, je le considère « l’unité de l’univers », le Christ ! Deuxièmement, grâce aux indications du père Bruno, carme, je vis le Christ dessiné par saint Jean de la Croix, je résolus géométriquement un triangle et un cercle, qui « esthétiquement » résument toutes mes expériences antérieures et inscrivis mon Christ dans ce triangle. »

Dali place le spectateur du tableau sous le corps du Christ. De la plante des pieds aux bras étendus, qui rappellent la Crucifixion, on discerne un triangle qui enserre le raccourci parfait du corps (On pense ici aussi au tableau de Mantegna, La mise au tombeau ou Le Christ mort). Dali a employé la même géométrie pour son Christ de saint Jean de la Croix (1951) et son Lapis-lazuli corpusculaire de l’Assomption. Comme il est dit plus haut, cette forme lui fut inspirée par un dessin du grand mystique espagnol Jean de la Croix, dans lequel le Christ est représenté comme s’il était vu d’en haut.

Par ailleurs, le corps est placé au centre d’un cercle transparent survolé par la colombe de l’Esprit-Saint, symbolisant le retour du Christ vers le Père. Quant aux doigts recroquevillés du crucifié, ils  enserrent la totalité de l’univers, qu’il rassemble par sa mort et sa résurrection.

Le visage du Christ est invisible, comme dans nombre de peintures. Légèrement inférieur, le noyau atomique, constitué de petites boules, donne l’illusion de deux disques qui vont se superposer. Une ligne d’horizon très basse fait apparaître un paysage maritime, sans doute Port Lligat, où Dali vit avec Gala. Au sommet du tableau, la Vierge, sous les traits de son épouse et muse, pleure la Passion de son fils, telle une Vierge flamande.

Témoignage de l’ébranlement sismique que fut pour lui l’explosion atomique du 6 août 1945, écho de sa vénération pour Marie sous les traits de la femme aimée, ce tableau crée un extraordinaire jeu de trompe-l’œil et de profondeur, révélant le mysticisme du peintre et sa fascination pour les découvertes de l’atome. « Dans un état de prophétisme », Dali va alors comprendre que les moyens picturaux ont vu leur apogée à la Renaissance et il va s’attacher à « prouver par [son] œuvre l’unité de l’univers en montrant la spiritualité de toute substance ».

 

Sources :

Dali, Gille Néret, Le Monde, dans 1 Le Musée du Monde, 2005, Série 2, p. 74-83.

http://perso.p-poirot.mageos.com/salvadordali.htm

http://www.culturespaces-minisite.com.greco-dali.parcours/02-4.html

http://peinture.suite101.fr/article.cfm/du-greco-a-dali

 

Jeudi 13 mai 2010

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 18:28

 

Macbett

 

Jeudi 06 mai 2010, la compagnie Les Dramaticules jouaient à Saumur la farce tragique de Ionesco, Macbett. L’occasion de revenir sur les enjeux de cette pièce, qui fut créée en 1972, dans une mise en scène de Jacques Mauclair, au Théâtre de l’Alliance française. Geneviève Fontanel et Brigitte Fossey y interprétaient les rôles féminins.

La pièce est intéressante à plus d’un titre. D’abord, elle est la seule pièce où Ionesco entreprend un exercice de réécriture méthodique d’une pièce de Shakespeare, en l’occurrence Macbeth. L’ayant lue et relue, il croyait ne pouvoir rien en faire et il avait jeté ses notes. C’est alors qu’il a écrit sa version en vingt-cinq jours. Il l’a précisé lui-même : la pièce « parodie Shakespeare et introduit des éléments comiques ». Cependant, comme l’a montré Gérard Genette, le dramaturge français ne se moque pas de la tragédie anglaise, mais s’applique surtout à en radicaliser le pessimisme : « Macbett est un Macbeth (encore plus) excessif, un Macbeth hyperbolique, un hyper-Macbeth. » (Palimpsestes). Ionesco avait insisté sur cet aspect dans ses Notes et Contre-notes : « Revenir à l’insoutenable. Pousser tout au paroxysme, là où sont les sources du tragique. Faire un théâtre de violence : violemment comique, violemment dramatique. Le théâtre est dans l’exagération extrême des sentiments, exagération qui disloque la plate réalité quotidienne. Dislocation aussi, désarticulation du langage. »

De plus, si l’horizon de la pièce de Shakespeare demeure présent dans l’esprit du spectateur, ce dernier apprécie les libertés que Ionesco prend avec le texte d’origine, la parodie créant un climat de connivence. Il en reprend certes le thème, mais avec une distribution resserrée. En effet, Duncan, noble et généreux roi d’Ecosse chez le dramaturge anglais, devient chez Ionesco un archiduc sanguinaire qui exécute en une nuit cent-trente-sept mille ennemis vaincus. Macbett et Banco, avatars de Macbeth et Banquo, sont les deux généraux auxquels Duncan doit sa victoire sur Glamiss et Candor, doubles de Glamis et Cawdor. Macbett, à l’instigation de Lady Duncan, assassinera son roi pour s’emparer de la couronne, tout en laissant échapper Donalbain et Macol (Malcom chez Shakespeare). L'assassinat par ce dernier du tyran Macbett inaugurera un nouveau règne de violences, Ionesco noircissant ainsi le dénouement shakespearien.

Ainsi, il fait l’économie des personnages incarnant le bien, que sont Macduff et Fléance. Il amplifie le rôle de Duncan en soulignant sa lâcheté et sa corruption, il développe le couple de Judas formé par Glamiss et Candor, il fait se confondre Lady Duncan et sa suivante avec les deux sorcières, qualifiées de « vieilles jumelles ». Quant à Lady Macbeth, elle est remplacée par une Lady Duncan qui n’est plus guidée que par l’adultère.

Par ailleurs, le Macbett d’Ionesco est proche d’Ubu roi d’Alfred Jarry. « Mon Macbett, entre Shakespeare et Jarry, est assez proche d’Ubu roi », écrivait-il. N’y retrouve-t-on pas en effet le juron fameux, cher au Père Ubu, prononcé ici par Macbett, alors qu’il aperçoit la forêt qui avance et que Macol le tue « d’un coup d’épée dans le dos » ? Il s’agit bien encore de pièces qui mettent toutes deux en scène la perversion du pouvoir et l’enchaînement inéluctable de la violence sur le mode du « comique macabre d’un clown anglais ou d’une danse de morts ».

La compagnie des Dramaticules est dirigée par Jérémie Le Louët. Il oriente sa recherche théâtrale sur la musicalité de l’acteur, le décalage et les variations de cadence, le tempo, la dynamique, le phrasé. Lors de l’été 2006, la compagnie a joué ce Macbett au Théâtre du Balcon, dans le cadre du Festival d’Avignon. Au printemps 2008, la pièce avait été représentée cent fois. La troupe s’est emparée avec fièvre de ce « Macbeth cauchemardé par Ionesco ». Dans un décor fait de praticables rouges, où dominent sur un abat-jour les insignes du pouvoir, les sept comédiens, censés jouer trente-trois rôles, ne ménagent pas leur peine et proposent une interprétation convaincante de la pièce.

Le jeune metteur en scène explique ainsi son travail : « La mise en scène soumet aux acteurs plusieurs problématiques. Comment être dans l’extrémité des sentiments en évitant l’écueil de la parodie ? Comment rendre compte du grotesque et du sublime sans glisser vers le burlesque et la caricature ? Comment contourner le jeu psychologique et la sensiblerie sans être dans un jeu distancié ? »

Les comédiens répondent à ces questions difficiles en jouant le texte allegro, « à toute allure ». Scandés par la musique d’Ivan le Terrible de Prokofiev, les tirades ressassées, les dialogues répétés sont murmurés, proférés, assénés, hurlés, parfois avec une intensité excessive qui n'était peut-être pas nécessaire. Il n’en demeure pas moins que l’enthousiasme des acteurs est tempéré par un travail sur les déplacements et la gestuelle extrêmement précis, concourant à créer une interprétation claire et lisible de la pièce.

Si l’on peut regretter une obscurité trop prégnante sur scène à certains moments, on reconnaîtra que cette jeune troupe se fait l’écho, haut et fort, de la phrase de la scène 5 de l’acte V de Macbeth : « C’est la fable, racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne veut rien dire. »

 

Sources :

http://sites.google.com/site/dramaticules/macbett2

http://www.arcadi.fr/artistesetoeuvres/texte.php?id=276

http://www.erudit.org/revue/etudlitt/2007/v38/n2-3/016344ar.html (Article de Véronique Lochert : « Macbeth/ Macbett : répétition tragique et répétition comique, de Shakespeare à Ionesco. »

 

Mardi 11 mai 2010

 

 

 

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 13:15

 

melancolie bosch 1 saint antoine

  Saint Antoine au désert ou la Mélancolie, Jérôme Bosch

 

Ascètes au désert

Vieux savants à leur table

Femmes abandonnées

 

 G de La tour, Madeleine à la veilleuse

Madeleine à la veilleuse, Georges de La Tour

 

Sur la main lasse et vaine

Le visage appuyé

 

 BOL PhilosopheEnMeditation ferdinand 1640

Le philosophe en méditation, Ferdinand Bol

 

Votre regard se perd

Au Temps qui vous accable

Au puits des vanités

 

  Corot-M-élancolie vers 1850

La Mélancolie, Camille Corot

 

Ô l’insondable peine

Des beaux désenchantés

 

melancolie edvard munch 1894-95

Mélancolie, Edvard Munch

 

 

 

Pour le Casse-Tête de la Semaine de Lajémy : Humeur

Maecredi 05 mai 2010

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 13:37

 

Manet Bouquet de violettes 1872 peint en 1872 pour berthe m

  Bouquet de violettes, Manet,

peint en 1872 pour Berthe Morisot

 

J’ai souvent imaginé ma grand-mère, tendant à son hôte, en un geste gracieux, son joli carnet de cuir, tout en le priant d’y écrire « une pensée ». Une pensée, ce mot qui définit une violette aux fleurs veloutées et nuancées, associe, dans ce sens, la notion de souvenir à celle d’un trait incisif et bien frappé. Ce terme possède le charme désuet du temps révolu où la conversation était un art, charme que distillent quatre textes rédigés par des invités dans le Carnet de poésie de ma grand-mère. Je les restitue avec la ponctuation d'origine.

Ainsi, le 16 janvier 1919, un certain Daniel, dont je peine à déchiffrer le patronyme, lui a écrit ce premier poème sans titre :

 

Le livre est sur la table, et mon esprit rebelle

A l’effort ordonné se dérobe et poursuit

La chimère du rêve et les espoirs fortuits

Vers les sommets lointains où l’âme se révèle.

 

En vain je le ramène et ma plume l’attend ;

Il m’échappe sans cesse et d’un bond se délivre

… Mais je revois la main qui m’a tendu le livre,

Le sourire amical et jeune m’invitant.

 

J’entends comme un écho la voix qui m’appela

Et me pria d’écrire une pensée à peine,

Et soudain mon esprit s’assagit et s’enrène ( ?)

… « Un mot », avez-vous dit. J’obéis : le voilà.

 

Gravelines 16 janvier 1919

 

Daniel Zirest-Lauraity ( ?)

 

 

P1000352

 

Un dénommé Bill, quant à lui, a souligné son embarras devant la demande de ma grand-mère, en lui répondant par une pirouette, qui n’est pas datée, mais qui est, ma foi, fort bien tournée :

 

?

 

Perplexité

 

Sur ce livre, chère Yvonne

Tu veux que je griffonne !…

Mais c’est dur à mon âge

De remplir un page

De grandes phrases sublimes,

Ou de pensées intimes.

Je ne peux pourtant pas

Parler sur les repas

Et le prix d’un canard !

Ni sur Jacques ou Bernard ?

Ni sur la crise des bonnes ?

Tu sourirais. Yvonne……

C’est pourquoi je préfère

Avec un geste austère

Refermer le volume

Et poser là ma plume.

 

Bill

 

P1000360 

 

Le dimanche 14 décembre 1924, c'est René Benjamin (1885-1948) que rencontre ma grand-mère. Cet écrivain et journaliste obtint le prix Goncourt en 1915 pour Gaspard. Partisan de L'Action française, il a écrit des ouvrages biographiques sur Maurice Barrès et Charles Maurras.  Il obtempère au souhait de ma grand-mère en évoquant avec à-propos la réponse d'une interlocutrice de Courteline :

 

Une pensée, Madame? Eh oui! je voudrais bien en avoir une ! Mais je suis un peu comme cette femme que connaissait Courteline, et qui lui disait :

- Penser ? Oh! Dame, moi, je ne pense presque jamais, et quand je pense.... je ne pense à rien ! .

 

René Benjamin

 

Dimanche 14 décembre 1924

 

 P1000367

 

 René Benjamin par André Villeboeuf 1930

René Benjamin, par André Villeboeuf, 1930

 

Enfin, un quatrième texte est signé de Béatrice Dussane. Née Dussan, la sociétaire du Français avait ajouté un e à son patronyme pour imiter Réjane. C’est vraisemblablement à l’occasion d’une représentation théâtrale que ma grand-mère rencontra celle qui édictait la règle qui, selon elle, contiendrait tout le théâtre : « La pensée avant le geste et le geste avant la parole. » Au moment où elle rencontre ma grand-mère, elle est âgée de trente-et-un ans. Les cinq lignes qu’elle écrit évoquent dans leur brièveté cet art du mot et de la répartie :

 

Et moi je ne pense pas, je passe ! Avec une rapidité qui me désole !

Je ne pense pas, je m’attriste et je m’excuse

 

B Dussane

 

 

P1000368

 

 

Batrice Dussane dans L'Amour veille

  Béatrice Dussane dans L'Amour veille par Nadar

 

 

 

 

Mardi 04 mai 2010

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 14:22

 

Bassine 2

La bassine de cuivre après la pluie, Dimanche 02 mai 2010

 

                             

J’entends la pluie tomber sur les hautes fenêtres

L’eau du bassin se ride en cercles clapotants

Les hirondelles au nid aux petits s’enchevêtrent

La gouttière s’écoule en filets incessants

 

Les arbres du jardin en dégradés de vert

Dessinent leurs rondeurs sur le ciel gris d’orage

Les bourgeons se referment surpris à découvert

Et l’eau sur les pavés glisse en vagabondage

 

Je n’entends plus la pluie tomber sur les carreaux

La lumière a crié sur le tuf aveuglant

D’une seconde à l’autre ont fui les grandes eaux

Et le cuivre irradie au soleil ruisselant

 

 

 

 

Dimanche 02 mai 2010, 15h

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 08:44

 

vermeer- clio détail de l'art d ela peinture

Clio, la muse de l'Histoire,

Détail de L'Art de la Peinture

Vermeer de Delft

 

Entre les pages du Carnet de poésie de ma grand-mère ne dorment pas que des poèmes. C’est ainsi que le 19 mars 1922, Louis Madelin, « le dernier représentant d’une Histoire à l’ancienne », selon le thésard Johan Ranger, lui a écrit une définition de cette discipline, rameau des sciences humaines  :

« Ce serait une bien vaine science que l’Histoire si elle se contentait des renseignements, alors qu’elle reste la science de la vie en prodiguant les enseignements. »

Belle profession de foi pour ce grand historien qui consacra son existence et ses recherches  à faire revivre la Révolution, le Consulat et le Premier Empire.

  

P1000358

 

Originaire de Neufchâteau dans les Vosges, où il naît le 8 mai 1871, il est le fils d’un procureur de la République. Après ses études chez des religieux et à la faculté de Nancy, il est reçu à l’Ecole Normale Supérieure puis à l’Ecole des Chartes. Il suit parallèlement les cours de l’Ecole des Hautes Etudes, obtient son agrégation d’Histoire, passe un doctorat ès Lettres et devient membre de l’Ecole de Rome.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il sert dans l’infanterie, avant de travailler au Grand Quartier Général où il effectue des études sur la situation militaire. Démobilisé, il reprend sa carrière d’historien et écrit de très nombreux ouvrages d’érudition.

Il devient ainsi le biographe de Fouché, œuvre saluée par Stefan Zweig, un de ses pairs en biographie : « Pour la première fois, les traits de Fouché sont présentés sous leur véritable aspect dans la monumentale biographie de Louis Madelin. ». Jean Tulard renchérit en disant que « Fouché a trouvé en Louis Madelin un avocat de talent, dont le livre restera comme l’un des classiques de l’école historique française. » L’historien écrit aussi sur Talleyrand, dont il brosse le portrait en une phrase lapidaire : « Froid et hautain, il décourageait la familiarité, l’ayant en horreur. »

Mais c’est L’Histoire du Consulat et de l’Empire (1937-1953) qui est son œuvre majeure. Publiée en quatorze gros volumes, cette somme à laquelle il se consacra tout entier, fut rédigée sur de simples cahier d’écolier. Daniel Rondeau évoque « ce tête-à-tête, plusieurs décennies durant, entre l’historien et ce Napoléon Bonaparte qu’il suit pas à pas », de l’Egypte à la Malmaison. Madelin  a l’art de la formule et le petit Corse prend vie sous sa plume : n’est-il pas le « mangeur d’histoire » et le « compagnon de Prométhée » ?

L’Histoire du Consulat et de l’Empire fut avant la guerre un énorme succès de librairie et relégua dans l’ombre l’ouvrage du même titre de Thiers. Selon François Busnel, c’est « un monument », une « somme définitive ». Il considère qu’avec ce livre, l’Empereur revit avec ses multiples facettes et que « tout est là », conté de plus « comme un magistral roman d’aventures ». En 2003, ce grand livre d’Histoire a été réédité en quatre volumes aux Editions Robert Laffont.

Ainsi que le soulignait Emile Henriot, pour Louis Madelin, l’Histoire est  bien la « présence vibrante et passionnelle » de tous les « héros, criminels, monstres, vainqueurs, fondateurs de codes et d’institutions, moteurs d’énergie, agents d’utiles et de bienfaisantes réformes ». L’historien, qui fut encore  député des Vosges (1924-1928) et porta l’habit vert jusqu’à sa mort en 1956, sut faire entrer ses lecteurs « dans le mouvement d’une époque ».

La présence de ces quelques lignes de la main d’un historien entre les pages du Carnet de poésie de ma grand-mère ne me surprend pas. L’amour ne l’avait-il pas initiée à la science de Clio, grâce à mon grand-père, lui-même auteur d’une thèse pour le doctorat ès-sciences politiques et économiques, intitulée Les Principes de l’annexion dans les traités de 1815?

 

Madelin Louis

  Louis Madelin

 

Sources:

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/print.asp?param=553

http://www.lexpress.fr/informations/histoire-du-consulat-et-de-l-empire-par-louis-ma...

http://www.amazon.fr/Histoire-Consulat-lEmpire-coffret-volumes/dp/2221913310

http://www.nouveau-monde.net/livre/?GCOI=

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Madelin

 

Dimanche 02 mai 2010

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 13:51

 

P1010543

  Le lilas en fleur, Avril 2010

 

C’était la fin d’avril

 

Sur les toits bleu ardoise

Embaumaient les lilas

Humbles fleurs villageoises

Au nom de Syringa

 

Venues des lointains parme

De Perse et d’Orient

Aux floraisons de larmes

Aux thyrses mauve et blancs

 

J’aimais à deviner

Les abeilles folâtres

Dans l’écume bleutée

Ou la mousse blanchâtre

 

J’aimais à respirer

Leurs tiges violâtres

Leurs panaches sucrés

Et leurs senteurs douceâtres

 

Sur les toits bleu ardoise

S’exhalaient les lilas

 

 

  P1010541

Les lilas du voisin, Avril 2010

 

Samedi 1er mai 2010

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 16:02

  jouve par henri le fauconnier

  Pierre Jean Jouve par Henri Le Fauconnier

 

L’œuvre romanesque de Pierre Jean Jouve (1887-1976), connu surtout en tant que poète de l’ « inconscient, [de la] spiritualité [et de la] catastrophe », traducteur de Shakespeare et de Hölderlin, et admirable exégète musical, est singulière à plus d’un titre. D’abord, elle s’étend de 1925 à 1935, date à partir de laquelle il se consacra entièrement à la poésie et ne revint jamais au roman, « toute recherche de sujet [s’étant] terminée par un refus intérieur. » C’est la fulgurance et la densité de cette décennie romanesque qui constituent une des composantes du mystère de l’œuvre.

Par ailleurs, cette dernière fut inaugurée par un premier roman, La Rencontre dans le Carrefour, paru à Paris en 1911, et que Jouve retrancha volontairement de sa production. Il précise dans la partie II de son journal : « Les premiers essais romanesques furent antérieurs à la crise de 1922-1925. » En 1924, il avait aussi rédigé un récit, Le Démon naïf, dont il détruisit le manuscrit « par insatisfaction ou scrupule ». Cette volonté délibérée de rompre avec un passé renié est l’autre aspect de la création jouvienne.

Ce que Jouve a appelé sa « Vita Nuova » trouve une de ses manifestations les plus puissantes avec le premier roman que l’auteur reconnaisse, Paulina 1880, « né de toutes ses mémoires d’Italie et publié en octobre 1925. Paulina est une héroïne de l’amour et de la rupture. Il est suivi de Le Monde désert, qui « reflétait plusieurs drames à partir d’un tableau de Genève que [Jouve] avait connu pendant la guerre ». Cette « autre œuvre de rupture », selon Daniel Leuwers, paraît en janvier 1927. Par la suite, Hécate en 1928 et Vagadu en 1931 constitueront L’Aventure de Catherine Crachat, dont le personnage de belle actrice « avait commencé de poursuivre [l’auteur] de ses désirs dans certains quartiers des bords de Seine ». Catherine Crachat est par ailleurs le premier personnage romanesque du roman moderne à être soumis à la psychanalyse.

Le « massif romanesque » prendra de l’ampleur avec Histoires sanglantes en 1932, de courts récits « ouverts dans le tuf de nos rêves » et qui procèdent directement du fonds personnel. Elles seront intégrées à La Scène capitale (1935) qui mettra le point d’orgue à l’écriture romanesque. Composée de La Victime et de Dans les Années profondes, cette œuvre est « ce qui reste de plus lourd à la « pensée de l’auteur », notamment à cause du personnage d’Hélène, « lié aux parties les plus secrètes de [la] vie de [Jouve] ». Hélène de Sannis ordonnera autour d’elle poèmes, réminiscences et obsessions de l’écrivain.

Jouve lui-même s’est interrogé sur le tarissement de sa veine romanesque qu’il s’efforce d’expliquer dans son journal : « Toute considération sur l’art du roman aboutit à des conclusions négatives. Je pensais d’une part que je n’irais pas plus loin dans l’expression, telle que je devais la concevoir. D’autre part, l’invention s’est trouvée invinciblement ramenée vers l’expérience concrète, ce qui me semblait insatisfaisant. »

Il reconnaît cependant que le drame personnel qui servit à l’élaboration du dernier roman est sans doute la raison majeure qui lui fit abandonner ce type d’écriture. La culpabilité engendrée par cette œuvre fut telle qu’elle lui interdit désormais toute continuation romanesque. Il se demande enfin si le dessein secret qui existe peut-être de Paulina à Hélène, et qui sut créer des personnages féminins aussi envoûtants, n’est pas une des autres raisons qui font que l’apparition d’autres figures l’aurait fatalement « dispersé ou brouillé ».

Marquée par la brièveté, la densité, l’étrangeté et le mystère, telle apparaît l’œuvre romanesque « poétique » et non « réaliste » de Pierre Jean Jouve, un romancier à redécouvrir.

 

 

Pierre jean jouve

 

Les citations sont extraites de En Miroir (1954), le journal de Pierre Jean Jouve.

 

Jeudi 29 avril 2010

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 17:59

 

mousseron en famillelors de la publication de ses -copie-1

Jules Mousseron avec ses trois filles

lors de la parution de ses premiers poèmes

 

 

All’s sont monté’s d’avanche,

Laissant écrir’ papa…

Oh ! les biaux pétits anches

Conqués bouchi-boulà !

 

Ravett’ maman, ravette !

A-t-il quéqu’coss’pus biau

Qué quand ces tros fillettes

Dorm’nt in cari-mancheau ?

 

Lilit est tout plein d’chair rose

Et d’chéveux répandus,

Ch’est eune apothéose

Ed’biaux amours joufflus.

 

El pus p’tiote et l’ pus r’muante

A laissé s’berche in plan,

Pou v’nir avec les grantes

Juer in s’indormant.

 

In s’roulant, les chéries,

Comm’si ch’s’rob su l’gazon,

All’s sé s’ront indormies

Là, pêl-mêl’, comme all’s sont !

 

L’ainée à l’douch’figure,

Tient d’un air protecteur

Un bourlot d’couverture

Qu’all pinse être es’ tiot’sœur.

 

L’deuxième est là su l’couche

In travers complétmint !

All’ sourit à plein’ bouche

In montrant ses biaux dints !

 

Mais l’pus biau, ch’est l’pus p’tite ;

Qu’alle a l’air satisfait !

I n’y a-rien qui l’agite,

C’pus belle’fleur du bouquet.

 

Tout’mine’ comme eun' marotte,

C’chérubin du bon Dieu,

In serrant ses nonottes

Prind du r’pos tant qu’i peut.

 

All’sont monté’s d’avanche,

Laissant écrir papa…

Oh ! les biaux pétits anches,

Conqués’ bouchi-boulà !

 

Jules Mousseron

Denain, 27 novembre 1923

 

  P1000362 P1000363

 

Dans le Carnet de poésie de ma grand-mère se trouve une suite de dix quatrains aux rimes croisées, intitulée « Un biau tableau ». Le poème est signé de Jules Mousseron et il est daté du 27 novembre 1923. Ma grand-mère étant originaire de Valenciennes, la « Venise du Nord », il est probable que c’est en s’y rendant qu’elle a pu rencontrer, à Denain, le poète picard, qui n’a pas refusé de lui recopier ce texte qui tient sur deux pages.

Il est la description du tableau de trois petites filles endormies les unes contre les autres, sans doute celles du poète lui-même, puisqu’il dit qu’elles sont montées d’avance, « laissant écrir’ papa… »

J'ai restitué le texte, en espérant que je l'ai fait sans erreur. En effet, j'ai cherché le sens de certains mots dans un dictionnaire français-picard, mais ne les ai pas tous trouvés.

Jules Mousseron, qui se définissait lui-même comme un poète mineur (poète et mineur de fond !), est né à Denain, au « coron Plat », dans une famille de mineurs, le 1er janvier 1868 et mort le 23 novembre 1943. Il travaille lui-même à la mine, « al fosse Renard », dès l’âge de douze ans et un jour comme galibot. Nanti du certificat d’études, il parfait son éducation en suivant avec courage des cours du soir et en chinant des livres au marché de Denain, qui satisfont sa passion de la littérature.

En 1886, il rencontre Adélaïde Blottiaux, qu’il épousera, et il commence à écrire des vers pour elle, des odes champêtres, d’abord en français. Sous l’influence de Julien Renard et André Jurénil, « il descend de son petit Parnasse pour le coin de sa rue » : la langue des mines et ses compagnons. Il se met à écrire des textes en rouchi, le patois picard. Le mot rouchi  provient sans doute d’une confusion de la mauvaise lecture d’une lettre où l’on parlait du patois de « dronchi », c’est-à-dire « d’ici ». Le rouchi est le dialecte de cette région houillère du Borinage, entre Nord et Belgique dont font partie Valenciennes et Denain. Ses textes, qu’il présente dans les spectacles locaux, remportent un franc succès. Il devient le « rapporteur » de la tradition ouvrière des mineurs du Pays Noir. Il publie en 1897, grâce à une souscription, son premier recueil, Fleurs d’en bas, composé d’une quinzaine de poèmes et d’une vingtaine de chansons.

Dès lors, il ne cessera plus d’écrire, devenant l’auteur de douze volumes où l’on compte près de trois cents chansons. Poèmes, chansons, anthologies, monologues seront vendus à des milliers d’exemplaires. Ses livres, qui sont aussi le texte de ses « concerts » et de ses discours publics, ont pour titre Coups de Pic et Coups de Plumes (1904), Eclats de Gaillettes (1913), Autour des Terris (1929) ou encore Mes Dernières Berlines (1933), mêlant textes graves et histoires drôles.

Conteur, comédien et « commis voyageur » de la poésie, selon l’appellation de Jean Dauby, il va de spectacle en spectacle, fréquentant les estaminets, animant les kermesses, les fêtes locales les défilés des harmonies. Il récite ses poèmes et chansons devant un public enthousiaste, souvent des mineurs, dont il conte les heurs et malheurs. Si certains lui ont reproché son absence d’engagement politique marqué, le porte-parole des « sans-voix » fait cependant l’éloge des valeurs du milieu ouvrier, l’amour, le courage et la fraternité. La poésie est surtout pour lui le moyen de soulager la misère  des « gueules noires », si souvent victimes de grandes tragédies.

C’est en 1899 qu’il crée le personnage de Cafougnette, qui apparaît dans ses premières allocutions publiques et surtout dans ses monologues (1899-1943). Il deviendra bientôt le thème comique central de son œuvre. Zeph Cafougnette (Zeph étant le diminutif de Joseph) est un mineur de Denain comme son créateur. Fort en gueule, vantard, et en même temps « ninoche » (innocent), il est sûr de son bon sens et défie les riches. Il est devenu si populaire qu’il est sans cesse présent dans les histoires drôles du Nord de la France : « Tout l’monne, ichi, dins not’ pays,/ Connot l’arsouille d’Cafougnette… » La célébrité de Cafougnette est telle que la ville de Denain a créé en 1950 un géant à son effigie. Le patronyme de ce personnage est même devenu un nom commun. Ainsi, on parle de « cafougnettes » à propos d’histoires drôles en picard, en ch’timi. Cafougnette n’est-il pas l’égal de Toto ou de Marius !

La notoriété de Mousseron s’étend alors au-delà des frontières du Nord. Le poète recevra les Palmes académiques en 1908 et sera fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1936. Il ne quittera cependant jamais la mine où il travaillera jusqu’en 1926.

Jules Mousseron donnera ainsi ses lettres de noblesse au dialecte picard, cette langue parlée dans les régions Nord-Pas-de-Calais (sauf Dunkerque, de langue flamande), Picardie (moins la frange Sud) et en Belgique dans la province du Hainaut, jusqu’à la Louvière. Souvent appelé improprement « patois de Nord » ou ch’timi, c’est dans la région de Valenciennes- comme il est indiqué plus haut- qu’il prend le nom de rouchi. D’autres auteurs porteront haut le flambeau du dialecte picard, tel Alexandre Desrousseaux (1820-1892), créateur du « P’tit Quinquin », l’hymne des gens du Nord, ou encore Léopold Simon (1901-1979), le « touche-à-tout » le plus doué de tous les Cht’imis.

A ceux qui pensent que le patois est la « langue primitive qui s’est déposée au fond de la société, et y demeure immobile […], comme de la vase », Jules Mousseron, avec ce poème à la langue vive, concrète, imagée et expressive, apporte un démenti manifeste. Si c’est de la vase, celle-ci « contient de l’or, beaucoup d’or » (Génin).

Et il me plaît de penser que ma grand-mère, si fine et si délicate, qui rêvait aux vers de Sully Prudhomme ou d’Anna de Noailles, ne dédaignait pas d'écouter ou de lire le « chantre de la mine ».

 

Jules Mousseron mineur

  Jules Mousseron, poète et mineur

 

 

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Mousseron

http://www.cafougnette.com/mousseron.php

http://www.ville-denain.fr/personnages.php3

http://www.nordmag.fr/culture/patois/patois.htm

 

Pour le Jeudi en poésie

www.over-blog.com/.../CROQUEURS_de_MOTS.html

 

 

Mercredi 28 avril 2010

 

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