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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 09:26

 

   orpailleur

  Orpailleurs

 

Homme

 

 Orpailleur sans espoir

Dans la batée des jours

Découvreur de cailloux

   

SpanishConquistadors 

Conquérants espagnols

 

Conquérant en haillons

D’un faux Eldorado

Couleur de verroterie

   

nombre d 'or 

 

Architecte obsédé

Par le nombre parfait

Jamais additionné

 

alchimiste Adriaen van ostade 

L'Alchimiste, Adriaen van Ostade, 1661

 

Alchimiste déçu

Dans les vapeurs du plomb

Malade du poison

 

LUCAS Cranach l'Ancien l'âge d'or 

L'Age d'or, Lucas Cranach l'Ancien

 

Ne rêve pas de l’âge d’or

Vis seulement

Ton âge d’homme

 

 

Pour le Casse-Tête de la Semaine de Lajémy,

Thème : L’or

 

 

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 12:10

 

      Rodin amants           L'éternelle idole, Rodin, Musée Rodin, (Photo Collection personnelle)              

 

 

                                                       A Emmanuel Laforest,

 

Il faut nous aimer sur terre. Il faut nous aimer vivants.

Ne crois pas au cimetière. Il faut nous aimer avant.

Ma poussière et ta poussière deviendront le jouet des

                                                                                   [vents.

 

                                                         Fantômes en Guirlande

 

Paul Fort, qui fut élu Prince des poètes en 1912, disait de lui-même qu'il était "un arbre à poèmes : un poémier". 

L'écriture de ce tercet, éloquente dans sa simplicité, est un démenti, me semble-t-il, à ceux qui affirmaient avec dédain qu'il écrivait "comme un pommier produit des pommes"!

                                              

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 08:50

 

Cimetière de marson

Ancien cimetière de Marson (Octobre 2010)

 

En ce début de novembre où l’on se recueille dans les cimetières, j’aime à écouter la voix musicale de Marie Dauguet. Dans ce poème « Sotto voce », elle dédramatise la mort, à bas bruit, à demi-voix, à demi-jeu :

 

Il est doux de mourir un peu

Aux berges des forêts mouillées,

Et parmi les feuilles rouillées

Où s’égoutte du brouillard bleu ;

Il est doux de mourir un peu.

 

Il est doux de n’être plus rien

Que la brume qui s’échevèle,

Moins que le frôlis sourd d’une aile,

Aux velours pourprés des fusains ;

Il est doux de n’être plus rien.

 

Il est doux de mourir un peu

Avec les eaux qui se corrompent,

Avec les lointains qui s’estompent,

Avec les buis, les houx fangeux ;

Il est doux de mourir un peu.

 

Il est doux de n’être plus rien,

Moins que le frisson d’une rose,

Dont le vent d’hiver décompose

La chair de nacre et de carmin.

Il est doux de n’être plus rien.

 

A travers le Voile

 

Née le 2 avril 1860 à La Chaudeau, en Haute-Saône, Marie Dauguet reçut une éducation très libre « à la Rousseau », en pleine nature. Vers 1875, elle partit vivre au Beuchot, au cœur des ballons vosgiens, où elle épousa un ami d’enfance.

Musicienne passionnée de Chopin, composant et peignant, elle se mit à écrire des poèmes en 1899, loin de toute école et de toute doctrine. « L’art fut vraiment pour moi la libération », écrit-elle le 15 février 1904.

Cette suite de quatre quatrains est exemplaire de ce que disait d’elle un critique : « Musicienne, elle écoute parler le vent, les eaux, les arbres ; tous les bruits de la nature lui sont connus, et chacun d’eux éveille en son âme un écho harmonique. »

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots

 

 

Jeudi 04 novembre 2010

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 18:34

marie a à 12 ans meytens 1767-1768 

Portrait de Marie-Antoinette d'Autriche adolescente,

1767-1768, Martin van der Meytens 

 

Oh reine Marie-Antoinette,

Quand tu penchais ta fine tête

Tu aspirais le mets des dieux

Et tu fermais tes jolis yeux

 

Oh tendre Marie-Antoinette

Quand après bal et opérette

Dans ta frêle gorge incarnat

Se répandait le chocolat

 

Oh simple Marie-Antoinette

Quand exilée dans ta fermette

Tu humais sa noire vanille

Comme font les petites filles

 

Oh fière Marie-Antoinette

Quand inclinée sur l’épinette

Tu respirais la douce amande

Dont ta  bouche était si gourmande

 

Oh folle Marie-Antoinette

Quand dans l'oubli de l’étiquette

Tu dégustais toute troublée

Son doux  parfum fleur d’oranger

 

Oh rieuse Marie-Antoinette

Quand tu jouais aux devinettes

Cherchant son parfum d’orchidée

Trouvé par ton chocolatier

 

Oh  pensive Marie-Antoinette

Quand Fersen te contait fleurette

Tu savourais son ambre gris

Un élixir de très grand prix

 

Oh triste Marie-Antoinette

Quand a fui le temps de la fête

Se sont fanés myosotis

Des porcelaines de ton service

 

Oh tragique Marie-Antoinette

Ta tête est là sur la planchette

Tes tasses ont été brisées

Ton chocolat s’est renversé

 

 

service chocolat m a 

Service à chocolat en porcelaine de Sèvres de Marie-Antoinette 

 

 

Pour le Défi de la Semaine, n°41, proposé par Jill Bill pour les Croqueurs de Mots,

Thème : Le chocolat dans tous ses états

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 23:32

   VertigeDeLaListe 2

  L'escalier d'or, Edward Burne-Jones, 1880, Tate Gallery, Londres

 

Souvent confondue avec le jour des défunts, le 02 novembre, la Toussaint, est une grande fête catholique. Célébrée encore aujourd’hui le 1er novembre, comme une fête dite d’obligation, elle remonte aux premiers siècles. Elle fut instituée pour commémorer les martyrs dont le nom était inconnu et, de ce fait ne pouvaient être gratifiés d’une fête particulière. Introduite à Rome le 13 mai 610, comme la « Fête de Tous les Saints Martyrs » par le pape Boniface IV, elle fut transférée à la date du 1er novembre pour l’Eglise universelle, sous le pontificat de Grégoire VII, au XI° siècle. Elle inclura dès lors tous les saints et non plus seulement les martyrs.

A cette occasion, lors de la messe du jour, on récite les litanies des saints, une manière de prier ceux-ci, qui était très pratiquée au Moyen Age. La structure de cette prière en est très simple : le célébrant s’adresse au saint en l’appelant par son nom et l’assemblée poursuit par la formule : « De grâce écoute-nous » ou « Priez pour nous ». A la fin du Moyen Age, on trouve des listes de saints parfois interminables. S’il existe une version officielle pour l’Eglise universelle, les Eglises locales possèdent souvent la leur. La mémoire des saints est par ailleurs rappelée lors de la célébration de la messe au cours de la prière eucharistique.

Ces litanies des saints sont l’occasion d’évoquer un superbe livre d’Umberto Eco, intitulé Vertige de la liste, publié aux éditions Flammarion. Sollicité par le Louvre pour une série de conférence, de lectures publiques et d'expositions, l’auteur du Roman de la Rose avait choisi comme thème l’énumération, c’est-à-dire la liste, le catalogue ou l’inventaire. Il use en effet très souvent dans ses romans du procédé de la liste, influencé qu’il fut par les textes médiévaux et les œuvres de Joyce, tout en se référant aussi à Homère qui, avec le catalogue des navires de la flotte achéenne dans l’Iliade et la célèbre description du bouclier d’Achille,  « oscille entre une poétique du « tout est là » et une poétique de l’ « et cætera ».

Le répertoire des  textes où l’on trouve des listes étant innombrable, la « chasse aux listes »  fut pour lui exaltante, bien « moins pour ce qu’[il] a réussi à citer […] que pour ce à quoi [il] a dû  renoncer ». Tout en ayant conscience qu’il n’était pas omniscient, qu’il ne pouvait connaître tous les textes contenant des listes et que son ouvrage aurait pu être sans fin, il fut victime de ce qu’il appelle « le vertige de la liste », expression qui donnera son titre à cette œuvre unique.

Réfléchissant au chapitre 7 sur la distinction entre liste "pratique" et liste "poétique" , il en propose certaines caractéristiques. La première a une fonction essentiellement référentielle ; elle est finie car elle énumère des objets réellement existants ; elle n’est pas modifiable. C'est Rabelais énumérant les habits des moines de l'abbaye de Thélème, c'est Edmond Rostand décrivant toutes les formes de nez dans Cyrano. Cependant, ces listes pratiques sont extensibles à l’infini puisqu’on peut chaque année en proposer une édition augmentée. Un des plus beaux exemples en est la liste des conquêtes de Don Juan par Leporello, le fameux catalogue, dans le Dom Juan de Mozart.

Quant aux listes dites "poétiques" ou encore "littéraires", elles sont fermées, car sujettes aux contraintes formelles de l’œuvre qui les héberge. En même temps, en dépit de ces mêmes contraintes, Homère aurait pu poursuivre indéfiniment le catalogue des navires grecs et Ezéchiel le prophète ajouter de nouveaux attributs à la ville de Tyr. Pour ces listes "poétiques", l’auteur semble plus attaché à la forme sonore de leurs noms qu’à leur valeur référentielle. On passe ainsi d’une liste (pratique) s’intéressant aux référents ou aux signifiés à une liste (poétique) portant son intérêt plus sur les valeurs phoniques, autrement dit les signifiants.

Ainsi les litanies de la Bienheureuse Vierge Marie énumèrent les attributs et les appellations de la Mère de Dieu, repris des Ecritures mais aussi de tradition orale et de la piété populaire. Il importe donc qu’elles soient "récitées comme un mantra" tibétain, cette répétition de sons réitérés de nombreuses fois, selon un certain rythme et servant de support à la méditation.  "Ce qui compte, dit Eco, c’est d’être saisi par le vertige sonore de l’énumération". C'est ce que fait notamment Charles Péguy dans son célèbre poème à Marie, inspiré sans doute par les Litaniae Lauretanae :

 

A celle qui intercède,
La seule qui puisse parler de l'autorité d'une mère.

S'adresser hardiment à celle qui est infiniment pure.

Parce qu'elle est aussi infiniment douce...
A celle qui est infiniment riche.

Parce qu'elle est aussi infiniment pauvre.
A celle qui est infiniment haute.
Parce qu'elle est aussi infiniment descendante.

A celle qui est infiniment grande.

Parce qu'elle est aussi infiniment petite.

Infiniment humble.

Une jeune mère.

A celle qui est infiniment jeune.
Parce qu'aussi elle est infiniment mère...
A celle qui est infiniment joyeuse.

Parce qu'elle est aussi infiniment douloureuse...

A celle qui est infiniment touchante.

Parce qu'aussi elle est infiniment touchée.

A celle qui est toute Grandeur et toute Foi

Parce qu'aussi elle est toute Charité...

 

A celle qui est Marie.
Parce qu'elle est pleine de grâce.
A celle qui est pleine de grâce.

Parce qu'elle est avec nous.
A celle qui est avec nous.

Parce que le Seigneur est avec elle.

 

Il en va de même pour les litanies des saints, psalmodiées le jour de la Toussaint. On ne cherche pas à connaître ceux qui sont présents ou absents, patriarches, prophètes, apôtres, disciples ou martyrs, « ce qui compte, c’est de scander en rythme les noms pendant un temps suffisamment long ». 

Ainsi, dans la fumée de l'encens qui s'élève en léger nuage dans la lumière du vitrail d'une petite église de campagne, agenouillé sur le vieux pavement inégal, on peut approcher le mystère de ce que l'Eglise appelle la communion des saints. Le croyant entre alors de plain-pied dans cette communauté de croyants composée de l'Eglise triomphante (les saints au ciel), de l'Eglise pérégrinante (les chrétiens qui cheminent sur terre) et de l'Eglise souffrante.

Et dans cette perspective, on relira ce qu'écrit Umbero Eco dans son fascinant ouvrage à propos de la liste dite poétique  : " Elle est une tentative par l'esprit humain de se saisir de quelque chose de plus grand que lui-même. Elle est un moyen pour dire l'indicible [...] L'énumération, la compilation, la classification ne s'achèvent jamais : elles ouvrent vers l'infini... Par cet "et caetera", l'esprit rend les armes. Si la liste peut être comprise comme l'expérience de l'infini, elle s'achève toujours par un échec. Sauf pour les mystiques qui disent, eux, avoir vu quelque chose."  Et ainsi que le dit Bernard Sève, qui traite de la même thématique dans son ouvrage, De haut en bas. Philosophie des listes, "le sage et le saint sont au-dessus des listes".

 

 

  touslessaintsgt3

Tous les saints, Albrecht Dürer

 

 

 

Sources :

Guide des traditions et coutumes catholiques, Greg Dues, Traduit de l'anglais et adapté par Emmanuelle Billotteau, Bayard, 2004

Vertige de la liste, Umberto Eco, Traduction de Myriem Bouhazer, 2009, Flammarion, Ouvrage publié à l'occasion de la manifestation Vertige de la liste au musée du Louvre, sous la direction d'Umberto Eco, Grand Invité du Louvre en novembre 2009

A lire aussi :

De haut en bas. Philosophie des listes. Bernard Sève, 2010, Editions du Seuil

NB :

L'ouvrage d'Umberto Eco est à lire comme une gigantesque liste, tout à la fois catalogue, bibliographie et anthologie, en partie conscrés à des oeuvres plastiques. Celui de Bernard Sève se présente plutôt comme une série de courts essais envisageant le thème sous différents angles. L'auteur porte son intérêt sur le processus de constitution des listes et aux fonctions qui sont les leurs autant qu'aux listes en elles-mêmes.  Umberto Eco se conforme à l' "ordre des matières", et Bernard Sève à l' "ordre des raisons". (Voir l'article, "L'ère du catalogue", par Boris Donné, http://www.laviedesidees.fr)

 

 

 

 

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 14:01

  Abdou diouf

 

Vendredi 29 octobre 2010 la collection Empreintes de France 5 proposait un portrait d’Abdou Diouf, qui fut à trois reprises président du Sénégal (1981-2000), et qui est, depuis 2002, Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Cet élégant Sénégalais, aux origines peul, wolof et toucouleur (par sa mère) et sérère (par son père), surnommé parfois « la girafe » à cause de ses deux mètres de taille, fut le protégé et le successeur du grand Léopold Sedar Senghor, l’auteur d’Ethiopiques (1956). Le grand poète, qui déclarait être lié à l’Europe « par le nombril », n’écrivait-il pas : « Le français, ce sont les grandes orgues, qui se prêtent à tous les timbres, à tous les effets, des douceurs les plus suaves aux fulgurances de l’orage. »

Abdou Diouf apprit à lire au cours préparatoire avec le manuel Mamadou et Bineta vont à l’école et reçut ainsi la langue française en héritage.  Il n’eut alors de cesse d’œuvrer pour sa diffusion. Paraphrasant la phrase de Cioran, il précise qu’on habite un pays, bien sûr, qu’on habite un monde, certes, mais aussi et surtout une langue. Selon lui, l’"honnête homme" du XXI° siècle doit parler sa langue maternelle (le wolof pour lui) et au moins les deux grandes langues de communication internationale que sont l’anglais et le français.

Cet humaniste, qui a agi sans relâche pour l’unité du continent africain, est par ailleurs très attaché à l’idée de laïcité. Musulman lui-même, il a épousé une catholique, et certains membres de sa famille sont juifs. Il vit ainsi au quotidien la diversité culturelle et religieuse.

Et Abdou Diouf a conclu le rappel de son étonnant parcours par cette phrase de Soeren Kierkekaard : « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin.»

 

  Abdou diouf 2

 

 

 

 

Samedi 30 octobre 2010

 

 

 

 

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 17:57

henriette-browne l'oiseau hors de la cage 

L'oiseau hors de la cage, Henriette Browne

 

Un jour s’envoleront les oiseaux prisonniers

Que l’homme a enfermés dans des cages en osier

Dans des volières en fer et des serres en métal

Pour ouïr de leur chant l’infini récital

 

Ils iront vers les Indes les beaux mainates noirs

Pelotonnés et tristes quand arrive le soir

Oiseaux singes savants que l’on fait répéter

Pour que l’on rie sottement de leur chant éraillé

 

Ils frémiront des ailes les serins panachés

Aux roulades aériennes au tempo bien scandé

De leurs griffes agiles ils fuiront de leur nid

Pour retrouver enfin le ciel des Canaries

 

Ils prendront leur envol les bruns ignicolores

Rêvant de leur Afrique et de son soleil d’or

De leurs notes aiguës ils suivront les rivières

Pour sautiller sans fin dessus leurs roselières

 

Elles battront des rémiges les perruches bavardes

Rejoignant dans le bush leurs compagnes nomades

Et sur la terre rouge au ciel toujours bleu

Elles psalmodieront des airs mélodieux

 

Ils voleront de pair les verts inséparables

Vivant comme on le dit d’un amour véritable

Vers leur pays natal la bleue Madagascar

Sur les fins filaos en lieu de reposoirs

 

Ils voltigeront loin les grisés mandarins

Là-bas en Australie se baigneront sans fin

Ils tournoieront en bandes dans l’air chatoyant

Et se reposeront sur les lézards géants

 

Il viendra ce jour-là où les cages muettes

Seront abandonnées par l’oiseau musagète

Et où la gent ailée sans barreaux ni mangeoire

Retrouvera des siens l’aérienne mémoire

 

 

Vendredi 29 octobre 2010

 

 

 

 

Pour le Défi de la Semaine de Lajémy, Communauté des Croqueurs de Mots,

Thème n° 41 :  Ouvrez la cage aux oiseaux 

 

 

 

NB : sur un thème voisin, j'ai écrit l'année dernière un texte intitulé Philémon et Baucis, Une histoire d'inséparables (Atelier d'écriture).

 

 

 

 

 

 

 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 21:14

  Gargantua enfant

Gargantua enfant, Gustave Doré

 

Dans deux paniers heurtés au pas sec du mulet,

Nous allions tristement vendus à qui voulait.

On s’arrête ; ta main me soupèse et me tâte ;

Tu m’as pris. Me voilà lié par une patte ;

Hypocrite, tu viens me jeter mie et grain,

Mais ne crois pas ainsi tenter  mon bec chagrin.

Mon aspect pitoyable est un muet reproche ;

Ne ris pas ; je connais mon sort ; j’attends la broche.

Je cligne mon œil rouge et somnole à demi.

Tu vas m’assassiner pour fêter quelque ami.

Adieu la chaude sieste et le réveil allègre.

Je n’y peux rien. Tords-moi le cou.

                                                         Mais je suis maigre.

 

 Abel Bonnard, Les Familiers.

 

 

Quel gourmand rêvera encore de poulet rôti après avoir lu ce poème ?

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Jill Bill : La gourmandise.

 

 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 20:03

promenade 26 octobre 2010 008 

Plage de La Roche Sèche (26 octobre 2010)  

 

C'est un mardi d'octobre on marche dans la dune

Sur un petit sentier de sable sous la mousse

On sent la mer tout près iode que l'on hume

On entend le ressac qui roule ses secousses

 

  promenade 26 octobre 2010 001

Roseaux sur la dune

 

De fins roseaux grisés composent une houle

Où le vent va et vient caressant leurs cheveux

Ondulation inquiètes des hautes tiges en foule

Qu'effleurent les mouettes et les noirs macareux

 

promenade 26 octobre 2010 027 

Petits escargots sur la dune

 

Sous nos pas hésitants d'infimes escargots

Petits yeux spiralés qui sèchent dans leur blanc

Parsèment l'herbe rase aux coulées de guano

Dessinant chemin creux pour des contes d'enfants

 

promenade 26 octobre 2010 030 

Buissons de genêts sur la dune

 

De minuscules fleurs jaunes et violettes

Forment une palette délicate et ténue

S'harmonisant au vert des genêts silhouettes

Eclatant leurs soleils en des buissons touffus

 

 promenade 26 octobre 2010 012

Terriers sur la dune 

  

Au creux des monticules des trouées obscures

Comme des yeux de sable ouverts sur l'espace

Abritent des lapins sauvages et qui n'ont cure

Du vent tourbillonnant des nuages qui passent

 

promenade 26 octobre 2010 025 

Plume sur la dune

 

Au milieu des chardons aux feuilles desséchées

Et des champignons nains rassemblés en bouquets

Tandis que vole au loin une plume arrachée

On respire la mer et ses mouvants secrets

 

promenade 26 octobre 2010 021 

Fleurs jaunes et ronces sur la dune

 

Mardi 26 octobre 2010, 15h 30,

Promenade sur la dune d'Erdeven

 

 

 

 

 

 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 19:34

motherhood paulcesarhelleu 1859-1927

Maternité, Paul César Helleu

 

Qu'y a-t-il de plus tendre qu'y a t-il de plus doux

Que ce tout jeune enfant tout contre votre épaule

Ce corps abandonné au pli de votre cou

Ce souffle murmurant dont le parfum vous frôle

 

L'on voudrait rester là ne plus jamais bouger

La main sur une tête où bat la fontanelle

Fossé fragilisé de l'esprit nouveau-né

Vibrant de la chaleur du ventre maternel

 

Comme l'on aimerait prolonger cet instant

Quand la petite main d'un réflexe enfantin

Tient la vôtre si fort irrésistiblement

Que l'enfance soudain au coeur vous revient

 

Etre ainsi tout entier dans cette sensation

Qu'un petit des vivants dort en son innocence

Au rythme de ses rêves ceux qui n'ont pas de nom

Dans les allées futures de l'infinie patience

 

Se peut-il que ce temps où tout est plénitude

Où l'on hume tremblant cette senteur de lait

Soit lui aussi réduit à toute finitude

Et qu'éphémère et vif il s'en aille à jamais

 

Lundi 25 octobre 2010

Quand je tenais Diane cet été dans mes bras

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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