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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 08:00

 

 Muret-moussu.JPG

Muret moussu près de l'église de Rou

(Photo ex-libris.over-blog.com, Mars 2011)

 

 

C’est un muret de pierre

En haut d’un tertre vert

Souvent quand vient le soir

On m’y voit m’y asseoir

 

Dans un noir de velours

En moi meurt le grand jour

 

Et lorsque déraisonne

Mon cœur qui s’empoisonne

Dans la fraîcheur amère

Des lèvres de la terre

Je frôle infiniment

De mes doigts frissonnants

Le duvet de la mousse

Et son étoffe douce

 


Deuxième publication

Pour la communauté de Hauteclaire, entre Ombre et Lumière,

Thème : mousses et lichens

 


 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 18:31

 Grillon-sur-la-pierre.JPG

L'ombre du grillon sur la poire en pierre

(Mars 2012, Photo ex-libris.over-blog.com)

 

Il ne chantera plus le grillon du foyer

Qu’on avait recueilli

Et qu’on avait nourri

 

Dans son vase de verre il était au soleil

Il bougeait doucement

Ses antennes en dormant

 

Il aimait bien le soir faire sa promenade

Sur nos doigts dépliés

Et nos bras allongés

 

Insecte du bonheur au caparaçon noir

Compagnon d’un hiver

Présence familière

 

Il ne chantera pas dans le lavandin bleu

Le grillon qu’on aimait

Et qui nous a quittés

 

Grillon-main-2.JPG

      La promenade du grillon

(Mars 2012, Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

Blog en Pause

 


 

 

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 11:29

foujita-le-petit-ecolier-en-blouse-noire-1918.jpgLe petit écolier en blouse noire, Foujita

 

 

En cette semaine du Printemps des Poètes consacrée aux « Enfances », je suis heureuse d’avoir concouru pour le concours des éditions Omnibus réservé aux blogueurs.

Le jury, composé de l'équipe éditoriale des éditions Omnibus et des deux auteurs de l'ouvrage Cent récitations de notre enfance, Albine Novarino-Pothier et Bé́atrice Mandopoulo, a classé mon poème à la 5ème position de son top 10.

Par ailleurs, Suzâme, toujours soucieuse de partager la poésie, a proposé ce texte à son association PoéVie à Nanterre. Qu’elle en soit remerciée. http://suzame-ecriture.over-blog.com/article-printemps-des-poetes-enfances-j-1-101598585.html

 

Petit écolier 


Il est bien loin déjà le parfum de l’école

Des dictées ânonnées des leçons rabâchées

Des jours où l’on jouait aux billes à pigeon-vole

Le cœur empanaché

 

Il ne reviendra plus le ciel de la marelle

On sautait sur un pied les genoux écorchés

Les garçons et les filles en belle ribambelle

Le cœur amouraché

 

Il s’est enfui le temps de la petite enfance

Quand on jouait aux barres et puis à chat-perché

Dans les rires et les cris d’une douce innocence

Le cœur effarouché

 

Mais il roule en moi comme une ronde toupie

Qui tourne infiniment sans en être empêchée

Un petit écolier dont j’ai la nostalgie

Dans mon cœur écorché

 

 

 

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 08:00

 

 Seon-la-sirene-1896-Musee-d-art-moderne-St-etienne.jpg

La sirène, Alexandre Séon (1896),

Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne

 

 

Qui portait la sandale aux couleurs d’océan,

Echouée sur le sable parmi les bois flottés,

Déposée par la mer l’écume et les courants ?

 

Etait-ce la naïade au couchant dessinée,

Dont les gestes ailés remodèlent les vagues,

Et qui les pieds légers sur la grève dansait ?

 

Etait-ce la pêcheuse dont le grand filet drague

Crevettes et couteaux dans la flaque endormie,

Où sont les crabes nains et les verts cheveux d’algues ?

 

Etait-ce le marin souhaitant l’accalmie,

Aux embruns déchaînés, sur le pont ruisselant,

Qui frissonne et ne sait s’il reverra sa mie ?

 

Etait-ce la sirène amoureuse d’un homme

Qui endura la mort et les mille tourments

Afin d’être une femme et de croquer la pomme ?

 

Je ne saurai jamais qui portait la sandale

Abandonnée au sel et aux flots incléments,

Dérisoire épave d’un naufrage fatal,

 

Qui vogue sur les eaux et flotte dans le temps.

 

 

Pour la proposition de Noune d'écrire un poème à forme fixe inspiré par une photo, j’ai choisi cette semaine d’écrire un texte en terza rima. Cette forme codifiée fut importée d’Italie (Dante la pratiqua) en France au XVI° siècle. On la retrouve sous la plume de Jodelle, Baïf ou Desportes. Délaissée par la suite, elle reparaît au XIX° siècle avec Théophile Gautier (http://www.unjourunpoeme.fr/poeme/terza-rima) et Leconte de Lisle ( http://flormed.e-monsite.com/pages/f-fixes-3/terza-rima/), ou encore Hérédia .

Ecrit souvent en alexandrins, ce poème n’est pas limité dans sa longueur et c’est la disposition de ses rimes qui en fait l’intérêt. Le premier vers rime avec le troisième, le second avec le quatrième et le sixième, le cinquième avec le septième et le neuvième, et ainsi de suite. Toutes les rimes sont donc répétées trois fois, sauf la première et la dernière et les rimes plates en sont absentes. On a par ailleurs coutume de séparer les tercets de la terza rima par des blancs et d’isoler le dernier vers.

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Nounedeb : sur la photo d’une sandale bleue sur une plage, pour un sonnet, un rondeau, un haïku ou tout autre forme fixe.

link 

 

 

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 10:13

plage-ridee-embrumee.JPG

Brume sur la plage d'Erdeven

(Fin de l'été 2011, Photo ex-libris.over-blog.com)

 

La brume est tombée sur la plage

Comme tombe le drap sur le visage

Usé ridé

Du condamné


 rides eau ria soir

Le soir tombe sur la ria d'Etel

(Fin août 2011, Photo ex-libris.over-blog.com)

 

La nuit s’en vient

Sur la ria

La mer s’en va

Vers les lointains

 

Emportant vers le large

Les poissons invisibles

Les ridules paisibles

Sous les rêveuses barges

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème proposé par Erato : rides

 

 


 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:17

 Concert

 Olivier Derbesse (clarinette), Christian Brière (violon), Laurent Boukobza (piano),

Richard Schmoucler (violon), Claude Giron (violoncelle),

Lurie Morar (cymbalum), Marc Desmons (alto), Bernard Cazauran (contrebasse)

(Photo Alix Laveau)

 

Sur la scène en rouge et noir

A dansé l’âme ashkénaze

Et la tristesse yiddish

 

Dans la lenteur nostalgique

La clarinette a pleuré

Le chôfar du bélier

Et le Kadish a prié

Tiré l’aiguille la mariée

Les violons volants et vifs

Ont fait danser les rabbis

Poliouchka soudain

M’a menée vers les lointains

D’un tango petit-russien

J’ai pleuré la diaspora

La nostalgie de là-bas

Et la yiddish mama

Et je me suis retrouvée

A Broadway au cabaret

Bei mir bist du scheyn

Et fumant la cigarette

De Papirosn la pauvrette

 

Aux rythmes vifs du klezmer

Au tempo si légendaire

Ils nous ont fait rêver

Ils nous ont fait danser

Les huit du Sirba Octet

Ceux qui rient et ceux qui pleurent

Piano enchanteur

Deux violons jumelés

Maillets blancs virevoltants

Cymbalum résonnant

Index recroquevillé

Sur les cordes enivrées

Archet frotté tapoté

Clarinette déhanchée

Alto sans fin déchaîné

Brun violoncelle effréné

Et contrebasse en apnée

Sifflets fous bien expirés

Claquement rythmé des mains

Sourires doux des musiciens

La musique au bout des doigts

Et le cœur qui tournoie

 

Quand la musique devient folle

Quand la musique enfin console

 

Samedi 10 mars 2012, salle Beaurepaire à Saumur,

Concert du Sirba Octet, A Yiddish Mame

 

 

 

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 22:38

L-avaric-et-la-luxure-rodin-platre-en-bas-du-vantail-droit.jpg

 L'Avarice et la Luxure, Auguste Rodin (plâtre), 

Placé en bas du vantail droit de La porte de l'Enfer (vers 1889-1890)

 

 

Tapis persans

Au feu mourant

Cheveux défaits

Sur peau de lait

Pénombre pâle

Nacre et opale

Luxe et souillure

Blême luxure

 

Pour Papier Libre de Juliette,

Thème : une couleur pour un des sept péchés capitaux

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 23:32

 

youki-et-desnos.jpg

      Youki et Robert Desnos

 

quand l’âge aura flétri ces yeux et cette bouche

quand trop de souvenirs alourdiront ce cœur

quand il ne restera pour bercer dans sa couche

ce corps aujourd’hui beau que des spectres moqueurs

 

quand la poussière infecte en recouvrant les choses

vêtira d’un linceul les désirs abolis

quand l’amour plus fané qu’en un livre une rose

ne sera plus qu’un nom sous des portraits pâlis

 

quand il sera trop tard pour n’être plus cruelle

quand l’écho des baisers et l’écho des serments

Décroîtront comme un pas la nuit dans une ruelle

ou le sifflet d’un train vers le noir firmament

 

quand sur les seins pendants le ventre qui se ride

Les mains aux doigts séchés durcies par les passions

Et lasses d’essuyer trop de larmes acides

Referont le bilan de leur dégradation

 

quand nul fard ne pourra mentir à ce visage

S’il se penche au miroir jadis trop complaisant

Pour se désaltérer comme au lac d’un mirage

Aux rêves du passé revécus au présent

 

La belle que voilà restera belle encore

Par la vertu d’un feu reflété constamment

aux vitres d’un château dont les salles sonores

seront hantées par ceux qui furent ses amants

 

La belle que voilà ainsi qu’une fontaine

Dont le flot toujours pur sur les marbres disjoints

S’écoule en entraînant d’ineffables sirènes

Pour perdre sa splendeur ne renoncera point

 

Rien ne disparaîtra des ciels qui se reflètent

Malgré la peau fripée et malgré les reins plats

Restera jalousée et présente à la fête

Jeune éternellement la belle que voilà

 

Tant de cœurs ont battu jadis à son attente

qu’une flamme est enclose dans ce corps sans raison

qu’indigne de ces feux elle reste éclatante

Ainsi qu’à l’incendie survivent les tisons

 

Robert Desnos, in Youki 1930 Poésie

 

Dans les années 30, vivant désormais pour Youki et avec elle, Desnos se met à une poésie qui s’approche de la chanson ou de la comptine. Dans Youki 1930 Poésie, il associe ces deux genres dans des poèmes tout remplis de jeux verbaux et dans d’autres plus mélancoliques, à la forme plus classique.

C’est le cas de cette suite de neuf quatrains aux rimes croisées (dont nous avons respecté la surprenante ponctuation), intitulée « La belle que voilà », titre qui évoque une vieille chanson française.

Y célébrant la Femme aimée comme Ronsard le fit dans les Sonnets pour Hélène (« Quand vous serez bien vieille…), ou encore plus fortement Baudelaire dans « A une charogne », le poète ose ici l’image d’une femme vieillie et usée. Et l’on pense de même aux paroles de la chanson de Moustaki : « La femme qui est dans mon lit /N’a plus vingt ans depuis longtemps… »

Construit sur l’anaphore de la conjonction de temps, le texte consacre ainsi cinq strophes à la description de la dégradation du corps et à l’engloutissement des serments dans le passé. Pourtant, à l’encontre par exemple de « Colloque sentimental » de Verlaine, qui signe la fin définitive de l’amour, les quatre dernières strophes exaltent l’éternité d’un sentiment amoureux qui, tel le phénix, se pérennise grâce au souvenir.

Renouvelant ainsi à sa manière, simple et discrète, un thème ô combien rebattu, Desnos se situe ici dans la lignée des poètes de l’amour fou, dont la plume inspirée ressuscite la femme qu’ils aimèrent et ne cesseront d’aimer.

 

 

 


 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:54


Allégorie de l'Harmonie 

Allégorie de l'Harmonie, attribuée à Bissolfo, premier quart du XVI° siècle

(Musée des Beaux-Arts de Grenoble), (Photos Base Joconde)

 

La musique des sphères

La caresse des mères

La toile au nombre d’or

La forme de l’amphore

Le sinueux d’un sein

L’eau claire du bassin

L’odeur du seringa

Le rond de l’oméga

La note au bon tempo

Le point après le mot

Les soleils du passé

Nos deux mains enlacées

 

Des éclairs du divin

Au cœur du quotidien

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Lilou Frédotte : harmonie

 


 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 16:19

 F X De maison

 

J’aime rire mais je ne vais guère aux spectacles des humoristes : être contraint de rire pendant une heure trente m’a toujours semblé fastidieux. Pourtant, mardi  06 mars 2012, j’ai assisté au Théâtre Beaurepaire à Saumur au dernier spectacle de François-Xavier Demaison, Demaison s’évade, et j’avoue que j’y ai ri de bon cœur.

Dans ce one-man show, qui fait suite au premier, Demaison s’envole, l’ancien spécialiste en fiscalité internationale, propose une galerie de personnages déjantés. Vêtu simplement d’une chemise et d’un pantalon noirs, il joue sans aucun accessoire, ce qui lui fait dire en souriant que son spectacle est « le moins cher de Paris ».

En une heure et quart, l’humoriste se métamorphosera en une quinzaine de personnages délirants. Il emploie un ton Marie-Chantal pour Isabelle la femme d’un couple de bobos parisiens qui a ouvert une maison d’hôtes dans un riad à Marrakech  et dont « le spa est alimenté par une source naturelle captée avant d’arriver au village ». Il nous donne à entendre la puissance de sa voix en incarnant le gynécologue italien de sa femme qui pratique l’accouchement « bel canto ». Il imite à s’y méprendre la marche avec un déambulateur d’un grand-père qui a découvert le haschich à Koufra dans la division Leclerc et aime une Irlandaise obèse, « tellement grosse qu’elle a même des vergetures sur ses vêtements ». Il transforme d’une manière inénarrable son visage en celui de Bitou le petit castor, qui sera victime d’Arthur Hache, le serial killer québécois. Qu’il incarne un conseiller en adultère qui confie les 10 règles élémentaires pour tromper impunément sa femme ou un sommelier ivre de vins fins, qu’il danse sur des airs arabisants ou boxe un grand noir, sa vitalité et son énergie débordantes font merveille.

En dépit de quelques baisses de régimes et de passages où la vulgarité n’est pas toujours absente (le personnage du masseur-voyant ne m’a guère convaincue, n'en déplaise aux amateurs de "duches" !), on ne peut nier que le comédien, qui incarna Coluche et fut nominé aux César pour ce travail d’acteur, n’est pas économe d’énergie et d’enthousiasme. On aimera aussi sa relation avec le public et sa manière très personnelle de le faire participer au spectacle.

Ce rythme endiablé, cet art du dialogue qui font mouche sont pour Françouis-Xavier Demaison une manière de se raconter à travers des personnages complètements fous mais aussi parfois « désespérés et désespérants », ainsi qu’il de dit dans une interview à Nikos Aliaghas. N’est-il pas horrible cet homme cynique qui fête trois fois Noël avec sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer ? Pour celui qui n’était pas fait pour le milieu des affaires, faire rire est un moyen « de lutter contre la violence qui nous entoure en la transformant en humour ». On le voit notamment avec son personnage de grand patron qui triche même lorsqu’il joue au golf. Il en va de même pour Diane, l’avocate d’affaires, célibataire à 47 ans, insupportable avec ses collaborateurs.

Alors si, comme le déclare François-Xavier Demaison, l’humour qui « transforme et poétise parfois le réel » est vraiment « une respiration », ce mardi soir-là, j’ai vraiment pris une bonne bouffée d’oxygène.

 

Sources :

Europe 1, le 19 septembre 2011, Interview de Demaison par Nikos Aliaghas.

L’Express Culture, le 23/11/11, Interview de Demaison par Bérénice Mottelay

 

 

 

 

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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