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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 21:07

 Veilled-e-l-ete-pluie.JPG

Pluie sur le bassin de Rou

(Photo ex-libris.over-blog.com)

 

 

Veille de l’été

La pluie se déchaîne

Métamorphosée

En trombes soudaines

 

Veille de l’été

J’entends les grenouilles

Le jardin mouillé

Chuchote en gargouille

 

Veille de l’été

J’entends la fauvette

Les roses trempées

Inclinent la tête

 

Veille de l’été

J’entends splénétique

Mourir éploré

Juin et sa musique

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème : en attendant l’été

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 08:15

 Portrait-intemporel-Carnaval-1913.JPG

     Mon père, carnaval 1913

(Photo ex-libris.over-blog.com, Effet Orton)

 

 

 

Tes grands yeux pâles

Petit Pierrot

De carnaval

Sur la photo

 

Tenue de fête

Chapeau pointu

Ta blonde tête

Passé perdu

 

Enfant qui flotte

Sur le radeau

Des années mortes

Tremblant sanglot

 

Mil neuf cent treize

Enfant choyé

Deux mille treize

Père en allé

 

Sur une vieille photo de mon père

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème : portraits intemporels

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 13:42

oeil-magritte.jpg

L'oeil ou Le Faux miroir, René Magritte, 1950

 

 

Oiseau

Dans le ciel

 

Si las

Si lent

Si loin

 

Silhouette

Solitaire

 

Battement

De cil

Dans le silence

 

Textoésie envoyé à 14h 38, le dimanche 16 juin 2013,

en réponse au textoésie de Suzâme reçu à 10h 22 link


 

 

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 18:00

Aubineau.JPG

Le conteur Jérôme Aubineau

(Photo ex-libris.over-blog. com, vendredi 14 juin 2013)

 

Vendredi 14 juin 2013, à la Maison des Associations, la bibliothèque de Rou-Marson recevait le conteur vendéen Jérôme Aubineau. Une quarantaine de personnes, dont une majorité d’enfants, était là tout ouïe pour l’écouter. Ils n’ont certes pas été déçus, tant la verve et la fantaisie du jeune conteur sont communicatives.

Dans le chaud décor d’un théâtral rideau rouge, accompagné de son guitariste Basile Gahon, Jérôme Aubineau a raconté quatre histoires de son cru inventif. Avec lui, « Cric-Crac, le conte sort du sac » et les enfants trépignent.

Il a d’abord revisité Le Petit Chaperon Rouge, transformé sous sa plume en Petit Chaperon Bleu, avec l’histoire intitulée Même pas peur. Eh oui, la célèbre petite fille s’appelle ici Marinette, habite en forêt de Mervent et, qui l’eût cru, sa grand-mère de 82 ans est le vrai Petit Chaperon Rouge. Chargée de lui apporter des pelotes de laine, Marinette va crever avec son vélo et se retrouver au zoo devant la cage du loup. On ne vous dira pas comment c’est la grand-mère qui s’est retrouvée dans la cage mais si vous le demandez aux enfants, ils vous le diront ! Et puis, tout se termine bien puisque le loup retourne en Sibérie et devient, devinez quoi, raconteur d’histoires. Pour Jérôme Aubineau, « une salade d’histoires, c’est pas compliqué » et avec lui on ne s’étonne pas que les loups fassent cui-cui.

Aubineau 3

La deuxième histoire, c’est celle de Sylvain, un petit garçon comme tous les autres, qui a peur du noir. Jérôme Aubineau le met en scène, une petite bougie à la main, dans J’veux pas dormir ! Quelle inventivité dans les questions qu’il pose à sa grand-mère pour éviter qu’elle ne le laisse seul dans la chambre : « La lune est pleine mais pleine de quoi ? », « Les sourds-muets, comment font-ils pour se dire un secret ? », « Et un chauve jusqu’où il va quand il se lave le visage ? » Et les enfants sont ravis quand le conteur leur demande les moyens qu’ils utilisent eux-mêmes pour trouver le sommeil. S’ensuivra une rocambolesque histoire de naufrage dans un chaudron de ratatouille, un plat que Sylvain (et les petits spectateurs) détestent. Ils reprendront avec entrain : « Touille la ratatouille ! J’aime pas la ratatouille, j’aime pas ! » Sauvé par une séduisante aubergine, Sylvain échappera à Simone la sorcière, sortie du ventre de la grand-mère « qui s’est ouvert comme un rideau de théâtre ». Il finira par s’endormir en comptant les moutons.

Puis Jérôme Aubineau revisitera l’histoire des Trois Petits Cochons, métamorphosées sous sa plume en trois petites poulettes, noire, rouge et multicolore. Orphelines de père (mangé au coq au vin) et de mère (devenue poule au pot), sans maison dans la forêt, comme elles ont peur du grand méchant loup ! Elle échapperont au prédateur qui a un total look et qui porte des talonnettes. Il finira ébouillanté dans le chaudron de la cheminée et sera découpé au couteau électrique. « Petit, petit, peta… », le spectacle s’achève mais les enfants ne sont pas encore rassasiés d’histoires. « Tu peux en faire d’autres ? » entend-on.

Le conteur s’exécute de bonne grâce et met alors en scène la Mère Misère, avec une histoire plus tragique et plus poétique. C’est celle d’une pauvre vieille que la Mort même se refuse à emmener. Elle appelle au secours le beau génie doré qui se trouve dans la bouteille de Monsieur Propre et qui lui fait don d’une graine magique. Après de multiples péripéties qui lui feront rencontrer la bande d’Abel le rebelle et la Mort elle-même, demeurera cependant  une fleur : « C’est l’Espoir ! »

Avec ces quatre histoires, Jérôme Aubineau a enchanté ses jeunes spectateurs, dans une salle chauffée à blanc. Son attention à leurs réactions, sa proximité avec eux, son âme d’enfant ont fait merveille. Je n’aurais garde non plus d’oublier la complicité avec son guitariste, Basile Gahon, dont la musique soutient et rythme à propos les folles histoires d’un conteur jubilatoire.

 

Aubineau-guitare.JPGBasile Gahon à la guitare

(Photo ex-libris.over-blog.com, vendredi 14 juin 2013)

 

Le site de Jérôme Aubineau : link

 

 

 


 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:20

Grive.JPG

Grive sur la tringle du rideau de ma chambre

(Photo ex-libris.over-blog.com, mercredi 12 juin 2013, Effet Saturation))

 

La grive

Etourdie et ivre

Tout en griserie

Volète et s’enfuit

Diseuse de pluie

 

Mercredi 12 juin 2013, vers 10h,

à l'occasion de la venue d'une grive dans ma chambre

 

 

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Eglantine Lilas : Nature

 


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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 22:00

 

Diamant 2

Mon lustre dans la lumière

(Photo ex-libris.over-blog.com, mardi 11 juin 2013, Effet colorisation)

 

 

Pendeloques claires

Cailloux de lumière

Verre de Venise

Se diamantise

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire,

Entre Ombre et Lumière,

Thème proposé par Anika : diamant

 

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 07:57

edouard-manet.jpg

 Chez le père Lathuille, Edouard Manet, 1879

 

Partie de campagne

Marlou et compagne

Un beau canotier

Moustache musclée

En robe de faille

Elle s’encanaille

Galette et moulin

Dimanche coquin

Chaleurs estivales

Amours animales

Un verre de vin blanc

Philtre des amants

 

Pour Mil et Une, Semaine 24,

Les sujets du samedi,

Sur un tableau de Manet link

 

 


 

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 14:26

 gmcginniswuthering

Illustration de Robert Mc Ginnis (1926) pour Wuthering Heights

 

Nombreuses sont les lectrices qui, adolescentes, ont lu avec passion Wuthering Heights d’Emily Brontë et ont été fascinées par Heathcliff et par son amour pour Catherine Earnshaw. Comme elles, je n’ai pas oublié ce que Catherine dit à sa nourrice de celui qu’elle aime : « … il est plus moi-même que je ne le suis. De quoi que soient faites nos âmes, la  sienne et la mienne sont pareilles… » (p. 124), et un peu plus loin : « Nelly, je suis Heathcliff. Il est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir […] mais comme mon propre être. » (p. 126). Après leur mort, ces amants mythiques inoubliables ne reviennent-ils pas hanter en couple les Hauts, ainsi que le raconte un petit pâtre (p. 446) ?

Wuthering- cahy et H

Cathy Earnshaw (Merle Oberon) et Heathcliff (Laurence Olivier),

dans Wuthering Heights, de William Wyler (1939)

Or, quand on relit ce roman plus de quarante ans après, on est frappé par la violence de l’œuvre et sa sauvagerie. Avec Heathcliff, ce bohémien sans nom patronymique, venu d’ailleurs, dont la rage d’aimer se métamorphose en rage de détruire, la cruauté et le sadisme atteignent des sommets. Il épouse Isabelle Linton alors qu’il ne l’aime pas et la maltraite ; il tient en son pouvoir Hindley  Earnshaw qui meurt des suites d’une rixe avec lui ; il en vient à laisser mourir son propre fils Linton, « ce petit drôle », en refusant d’appeler un médecin ; il emploie tous les moyens pour réduire Hareton Earnshaw à l’état de rustre. Nelly Dean, un des narrateurs, le compare ainsi à une « bête malfaisante […] attendant le moment de bondir et de détruire » (p. 159).

wh-heathcliff.jpgHeathcliff (Laurence Olivier), dans l'adaptation de William Wyler (1939)

Comme dans le roman gothique, Heathcliff apparaît tel un vampire lorsqu’il s’écrie à propos de la relation entre Catherine et Linton : « Dès le moment qu’elle [Catherine] aurait cessé de lui porter intérêt, je lui aurais arraché le cœur et j’aurais bu son sang ! » (p. 211). Lockwood, le premier des narrateurs, décrit ainsi Heathcliff, alors que celui-ci brave toutes les interdictions pour revoir Catherine : « Ses cheveux et ses vêtements étaient blancs de neige et ses dents aiguës de cannibale, qui se montraient sous l’effet du froid et de la rage, brillaient dans l’obscurité." (p. 246). Nelly Dean se demande à la fin du roman  s’il est « une goule ou un vampire » (p. 437). Il est question aussi du pouvoir hypnotique de son « regard de basilic ».  Et, lors d’une dispute avec Isabelle, après l’avoir « jeté[e]hors de la pièce, Heathcliff murmure : « Je suis sans pitié ! Je suis sans pitié ! Plus les vers se tordent, plus grande est mon envie de leur écraser les entrailles ! C’est comme une rage de dents morale, et je broie avec d’autant plus d’énergie que la douleur est plus vive. » (p. 216). Parlant de Catherine Linton et de Linton son propre fils, ne va-t-il pas jusqu’à oser affirmer : « Si j’étais dans un pays où les lois fussent moins strictes et les goût moins raffinés, je m’offrirais une lente vivisection de ces deux êtres comme amusement d’une soirée » (p. 362) ? Sa vengeance se fait nécrophile. Il la perpétue jusque dans la tombe puisqu’il soudoie le fossoyeur pour ouvrir un côté du cercueil de Catherine Earnshaw du côté où lui-même sera enterré et non du côté de son époux (p. 385).

La tonalité fantastique de ce roman se manifeste par la voix de Catherine Linton qu'entend Lockwood au chapitre III et par de nombreux détails inquiétants. On sait notamment que Catherine hantera Heathcliff pendant dix-huit ans. François Angelier dit qu’Emily Brontë, avec cette œuvre de vent et de neige,  a su « rendre à la nuit sa puissance oraculaire et incantatoire ». Quant à l’essayiste George H. Lewes, il a été frappé par la puissance créatrice d’Emily Brontë, cette « bête fauve », ainsi qu’il la surnomme !

Michel Mohrt, dans sa préface à l’édition du Livre de Poche insiste particulièrement sur cette influence du roman noir. Il explique pourtant comment Emily Brontë, si elle a repris les poncifs du genre, a su excellemment les transformer. « Elle est entrée dans des lieux communs, pour les « faire vrai [s] », ce qui est, selon Alain, la définition du génie », explique-t-il. Elle a notamment savamment orchestré le principe de clôture et d’enfermement en faisant du bâtiment primitif de Wuthering Heights une prison-labyrinthe, gardée par des chiens, et aussi une prison des âmes. Elle a donné une portée symbolique aux deux lieux principaux en opposant les Hauts et la vallée de Trushcross Grange. Avec Emily Brontë, le paradis est dans la vallée, l'enfer se tient sur les hauteurs, faisant ainsi du décor de cette œuvre  l’illustration parfaite du roman noir, tel que le définit François Angelier : « Une nature violente avec ses décors de bois épais et ténébreux, ses monts escarpés et ses vals sans retour ; des récits où de sombres inconnus cachent un lourd passé dans les ténèbres glacées d’un castel funèbre ; romans où de frêles héroïnes interrogent la nuit à la vacillante clarté d’une chandelle ; nuits fouettées par la fureur des torches, le hennissement des attelages égarés, les cris des séquestrés. » On sait aussi combien Emily Brontë était attachée de façon quasi mystique au paysage des « moors » qui ont façonné sa personnalité. Ils sont pour elle synonyme et de liberté et de désespoir.

A la lecture de ce roman paroxystique, on ne peut que s’interroger sur les mystères de la création littéraire. Comment cette jeune fille, dont l’univers fut confiné au presbytère paternel de Haworth, a-t-elle pu écrire cette œuvre de « bruit et de fureur » ? Certes, elle fut bien l’ « objet d’une malédiction privilégiée » : orpheline, elle perdit sa mère à trois ans et deux sœurs aînées dans son enfance ; sœur souffrante, elle fut le témoin horrifié des crises de son frère Branwell, alcoolique et opiomane ; « cendrillon volontaire », elle vécut dans une grande solitude, comparable à celle de ses héroïnes. Certes, son imagination fut stimulée par les jeux de rôle partagés avec Charlotte, Ann et Branwell et la création des Chroniques de Gondal, leur monde imaginaire ; elle fut bercée par les lectures de la Bible, du Blackwood Edimburgh’s Magazine, les œuvres noires de Byron, les toiles de Blake et de John Martin. Mrs Dean ne lui ressemble-t-elle pas lorsqu’elle dit à Lockwood : « Il n’y a pas dans cette bibliothèque un livre que je n’aie ouvert et même dont je n’aie tiré quelque chose » ?

Mais cela suffit-il à expliquer cette prescience du monde du Mal, la description hallucinée de cette contamination du Mal qui gangrène ses personnages ? Peut-être faut-il se dire que c’est en elle seule qu’elle a puisé tout cela, que c’est dans sa longue solitude, dans le seul drame d’exister qu’elle a trouvé la vérité de l’amour et de la mort. Charlotte Brontë, dans la préface à l’édition de 1850 de Wuthering Heights, n’écrivait-elle pas : « Elle a sculpté ses personnages d’un âpre ciseau et sans aucun autre modèle que la lumière de ses méditations » ? Avec ce roman inclassable, Emily Brontë signerait là un grand livre métaphysique, sans doute au-delà du Bien et du Mal.

On reconnaîtra cependant qu’après la mort de Heathcliff, les forces du Mal s'épuisent, le domaine se restructure, la nature se pacifie, le normal émerge à nouveau, les morts laissent la place aux vivants. Lockwood, de retour à Trushcross Grange, ne dit-il pas (et ce sont les dernières lignes de l’œuvre) : « … je regardais les papillons de nuit qui voltigeaient au milieu de la bruyère et des campanules, j’écoutais la brise légère qui agitait l’herbe, et je me demandais comment quelqu’un pouvait imaginer que ceux qui dormaient dans cette terre tranquille eussent un sommeil troublé. «  (p. 447).

Roman de la démesure, roman romantique et victorien, tout à la fois naïf et pénétrant, roman sado-masochiste, roman gothique, mais roman à l’épilogue surprenant de douceur, Wuthering Heights est tout cela à la fois. Il correspond bien, ce me semble, à ce qu’en disait Charlotte Brontë qui soulignait combien chaque page en était chargée d’une  « espèce d’électricité morale ».

 Wuthering Heights cast

Sources : 

Les Hauts de Hurlevent, Livre de Poche n°105, Préface de Michel Mohrt. Les pages font référence à cette édition.

L'ange du bizarre, Le romantisme noir, de Goya à Max Ernst, Beaux-Arts, Hors-Série.

Exposé de Catherine Bouhey sur Wutherine Heights.


 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 09:32

Chat-dans-le-mur.JPG

                                                                              Chat dans le mur

                                                                     (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

"Instant félin"


Les branches tremblent sous le vent

L’ombre des hirondelles fuse sur l’herbe verte

Un gros bourdon obscur assiège le laurier

Des vagues de lavande émerge un bleu secret

La tourterelle égrène les secondes à trois temps

Et le chat du voisin somnolent bienheureux

Gardien à sa fenêtre d’un noir mystérieux

Se tient au bord du temps tel un sphinx rustique


Dans le jardin de Rou, lundi 23 mai 2010


Chat-blanc.JPG

                                                                       Chat blanc sous mes fenêtres

                                                                     (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

"Rêve de chat"


Lové au soleil

Un petit chat blanc s’enrêve

D’un blanc bol de lait

 

Sous ma fenêtre, à Rou, vendredi 01 octobre 2010


Chat-au-bassin.JPG

                                             Chat au bord du bassin de Rou

                                             (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

"Caresse du chat"


Caresse du chat

Sur l’eau du bassin

Les poissons frémissent

 

Briser le miroir

La patte du chat

Un nouveau Narcisse


Au bord du bassin de Rou, vendredi 14 janvier 2011


Chat noir

                                                                  Chat noir dans une rue de Rou

                                                                  (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

"Chat noir"

 

Sur le gris du goudron

Les yeux verts aux aguets

La moustache vibrante

Les oreilles dressées

Les griffes effilées

Le chat est à l’affût

Et son ombre avec lui

Des sphinges pétrifiées

Jumeaux noirs

Pour la proie

 

Dans une rue de Rou, le 18 janvier 2011


Pacha-chat.JPG

                                                          Chat dans une rue de l'Albaicin à Grenade

                                                                 (Photo ex-libris.over-blog.com)

 

"Pacha chat"


A l’Albaicin dans les rues tortes

En paresseux dessus-de-porte

Rêve et sommeille un soyeux chat

Tel un pacha de l’Alhambra

 

Dans les ruelles de l’Albaicin, Grenade,

dimanche 15 avril 2012 après-midi


 taormina-chat.JPG

Chat noir dans l'odéon de Taormine

(Photo ex-libris.over-blog.com, mai 2013)

 

A Taormina

San Caterina

J'ai vu un chat noir 

Dans l'odéon blanc

Comédien tragique

Dedans la coulisse

 

Dans l'escalier de l'odéon de Taormine,

dimanche 05 mai 2013


 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Eglantine Lilas : Chat

 

 

 

 

 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 10:41

la femme à barbe

Portrait de Magdalena Ventura, allaitant son fils, au côté de son époux, Juseppe Ribera, 1631

(Photo ex-libris.over-blog.com, Casa de Pilatos, Séville, le 19 avril 2012)


Jeudi 19 avril 2012, nous étions à Séville et y avons visité la Casa de Pilatos, un merveilleux palais, construit dans les styles mudejar, gothique, renaissance, par la famille des Ribera. On raconte que Fadrique de Ribera aurait reproduit à l’identique le palais de Pilate à Jérusalem. On dit aussi que cette appellation tient à la présence de la première station du Chemin de Croix aux abords proches du palais. Cette étape initiale était en effet la demeure de Pilate et la première étape du chemin du Christ vers la croix.

Casa;de Pilatos

La Casa de Pilatos, l'entrée vers le patio

(Photo ex-libris.over-blog.com, le 19 avril 2012)

Le raffinement de la Casa de Pilatos suscite chez le visiteur une admiration sans cesse renouvelée.  Du patio décoré d’azulejos aux jardins odorants orné de statues, en passant par les salles décorés de stucs et autres colonnes, tout y exalte la profusion, l’élégance, la somptuosité.

Casa-de-Pilatos-Bustes.JPGUn empereur romain et Cicéron voisinent avec Charles-Quint au-dessus des mosaïques

(Photo ex-libris.over-blog.com, le 19 avril 2012)

Parmi les nombreuses œuvres d’art qui y sont exposées, l’une d’entre elles a suscité chez moi un grand étonnement en même temps qu’un intense sentiment de malaise. Placé dans une pièce assez sombre, ce tableau de Juseppe de Ribera (dit le Spagnoletto) est intitulé Portrait de Magdalena Ventura, allaitant son fils, au côté de son mari (1631). Les personnages sont debout, l’époux, vêtu d’un habit noir sur des bas blancs, est sur le côté gauche de la toile ; l’épouse, avec une petite calotte sur la tête, le sein droit dévoilé, porte fièrement son enfant. Tous deux regardent le spectateur d’un regard noir, tandis que la lumière tombe sur la robe claire de Magdalena Ventura, soulignant les détails de la féminité : le col et la broderie de dentelle de la robe, la bague à l’index gauche, les plis de la double jupe. A droite, sur des pierres sculptées marquées d'inscription en latin, on devine un énorme coquillage rosé. Le choc survient quand on se rend compte que cette mère allaitante porte une barbe noire fournie, tout comme son mari ! Les poils de la nourrice tombent sur le sein droit, particulièrement gonflé, produisant ainsi un effet de surprise.

Magdalena Ventura, dite aussi la « mujer barbuda » des Abruzzes, est une Napolitaine qui avait eu trois (ou sept enfants) avec son époux, Felici de Amici, présent à ses côtés sur la toile. Le dernier serait né alors qu’elle avait 52 ans mais son hirsutisme se serait déclaré bien plus tôt, à l’âge de 37 ans. Elle fut invitée au Palais Royal de Naples par le vice-roi de Naples, Fernando Afan de Ribera y Enriquez, duc d'Alcalá III, qui collectionnait des tableaux des « caprices de la nature ». En fait, il devait s'agir d'un cas remarquable d'hypertrichose, dûs à des problèmes hormonaux.

Casa-de-Pilatos-inscription.JPG

Cartouche expliquant le cas de La femme à barbe des Abruzzes, autre titre du tableau

(Photo ex-libris.over-blog.com, le 19 avril 2012)

Etrange image d’une féminité pervertie, représentation d’un être considéré à l’époque comme monstrueux, volonté affichée du peintre de dévoiler les « merveilles » de la nature, suggestion d’hermaphrodisme (souligné par la présence du coquillage), on demeure perplexe devant ce tableau étrange, représentant un "grand miracle de la nature". Il surprend d’autant plus qu’il se trouve dans un lieu où la beauté et l’harmonie sont reines !

Casa de Pilatos 2

      Les merveilleux jardins de la Casa de Pilatos à Séville

(Photo ex-libris.over-blog.com, le 19 avril 2012))

 

Sources :

La Fondation Medinaceli, Séville

link

 

Pour Le Cas-Tête de la Semaine,

Thème proposé par Sherry : la barbe

 

 


 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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