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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 18:05

Lapin et chien

Statue d'un lapin et d'un chien chevauchant un scooter, entre Sydney et Bondi, au temps de Noël

(Photo ex-libris.over-blog.com, décembre 2012)

 

 

 

 

 

 

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème : insolite

 

 


 

 

 

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 22:33

 

 _krog.jpg

Antjie Krog (Photo Lit Net)

 

Les fossiles déterrés ne décrivent pas

Mes yeux bleus passant devant tes yeux

Tes yeux noirs évitant mes yeux

Mon avant-bras blanc se reposant simplement

Le long de ton avant-bras noir

Mes cheveux lisses dormant le long de tes cheveux crépus

 

Les fossiles décrivent cependant dans la vertèbre la plus fine

La côte continuant de plaindre aveuglément

Le continent qui jadis

Lui était amarré

Le protea incontesté cherchant à humer sa compagne arrachée

Le rocher rouillé en bord de mer pleurant son frère de sang à la dérive

 

Le fossile sait que jadis tout était attaché

Que nos cœurs se sont scindés

 

Simplement nous ne savons pas

Pourquoi aujourd’hui nous héritons de cette unicité de pierre

Et de tant d’aversion cinglante

 

 in Une syllabe de sang


Avec ce poème, la poétesse sud-africaine Antjie Krog décrypte avec douleur l’alphabet-fossile, celui qui disait l’unité originelle. Elle y évoque ce temps mythique de la Pangée, avant la dérive des continents, quand la femme blanche et l’homme noir ne faisaient qu’un, quand il n’existait qu’une seule race, celle de l’humanité. Un texte qui dit l’arrachement de la femme du corps du premier homme, la nostalgie d’une époque où le racisme n’existait pas. Terrible constat d’un écrivain entrée en rébellion contre l’apartheid dès l’adolescence. Depuis, la poésie n’a cessé d’être son arme de combat.

Invitée par La Maison des Littératures, Antjie Krog sera à Saumur, salle Beaurepaire, le mercredi 16 octobre 2013, à 20h. Elle y lira ses textes en afrikaans que traduira Georges Lory. La lecture sera suivie d’un échange.

 

 

 

 

 


 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:48

chereau-bonaparte.jpg

 Patrice Chéreau dans le rôle de Bonaparte

dans Adieu Bonaparte de Youssef Chahine (1985)

Patrice Chéreau, ce grand « enfant expérimenté », ainsi que le définissait Peter Brook, vient de regagner la coulisse. Depuis 1966, il a fait vivre d’une manière unique, lyrique et violente, le théâtre, le cinéma et l’opéra. Animé d’une flamme passionnée et partageuse, il a exploré l’art européen, de Hamlet à Wagner, en passant par Marivaux et Koltès, en vivant une extrême complicité et un corps à corps avec ses comédiens. Ce fils cadet d’un couple de peintres, qui sut très vite tracer le dessin d’un nouveau théâtre, n’écrivait-il pas : « J’ai grandi dans les pinceaux, les crayons. Au tout début de ma carrière, je peignais même chaque mise en place…» ?

En compagnie de quelques acteurs fétiches (Dominique Blanc, Pascal Greggory…), il a connu une trajectoire flamboyante, qui l’a conduit des mises en scène décoratives et baroques de ses débuts (on se souvient de la machine à tuer le libertin de son Dom Juan) à une sobriété de plus en plus assumée. Il souhaitait aller toujours vers « moins d’effets et moins de spectacle, mais pour aller plus loin dans le cœur des choses ».

chereau-margot.jpg

Pour ma part, je garde un souvenir très fort des actrices qu’il a dirigées. Au cinéma, c’est d’abord Isabelle Adjani dans La Reine Margot, ce grand opéra funèbre, aux clairs-obscurs impressionnants. Elle y incarne avec sensualité et puissance Marguerite de Valois, contrainte d’épouser Henri de Navarre, elle qui aurait mérité de régner à la place de ses frères malades et abouliques. Amoureuse de Hyacinthe de la Môle, elle n’empêchera pas le massacre de la Saint-Barthélémy, orchestré par sa mère Catherine de Médicis. Dans le même film, c’est Virna Lisi qui joue ce rôle et y apparaît comme une maléfique (et magnifique) araignée noire. Elle reçut d’ailleurs le prix d’interprétation à Cannes en 1995.

Chéreau virna lisi

J’avais aussi beaucoup aimé l’interprétation d'Isabelle Huppert dans Gabrielle (2005). Ce film est adapté d’une nouvelle de Joseph Conrad et décrit l’effondrement d’un homme, Hervey, (Pascal Greggory) qui apprend par une lettre que sa femme le quitte. Chéreau déclare avoir surtout été intéressé par le personnage féminin : « Cet homme qui dit « après tout je vous aimais » m’intéresse moins qu’elle qui lui répond : « Je ne pouvais pas le deviner. » La beauté du film réside dans l’aspiration à la liberté de cette femme qui se meurt dans le somptueux appartement-mausolée dans lequel son mari l’a emprisonnée.

Chereau-gabrielle.jpg

Mais la palme, selon moi, revient à Dominique Blanc dans la Phèdre qu’il monta à l’Odéon-Théâtre en 2003, et qui signa son adieu au théâtre. (Après, ce furent surtout des lectures). Selon lui, « il y a tout dans Phèdre : les ravages du désir et sa répression, la mise à sac de tous les tabous. Et ce coup de génie qui consiste à dire l’impossibilité de dire ». Avec cette mise en scène, il a aussi souhaité sortir « d’une manière ou d’une autre » de la structure de l’alexandrin qu’il déclare avoir en horreur.

chereau-phedre.jpg

Sous la férule de Chéreau, Dominique Blanc y est brûlante et consumée. Elle explique  : « Il [Chéreau] sera intransigeant avec lui comme avec nous ou avec l’alexandrin auquel il veut tordre le cou pour faire entendre le désir de cette femme et son propre désir. » La comédienne, comme le metteur en scène, sont ainsi allés dans la voie de cette « rage du sexe » qu’évoquait Valéry : « Le désir féminin, exprimé là, semble avoir échappé à tout le monde. Le désir féminin et le désir de mort, […] sont des idées encore très dérangeantes. »

Le désir est sans doute un mot-clé dans l’œuvre de Chéreau, qui disait : « Le désir circule de façon bien plus complexe qu’on ne le croit. » Que ce soit dans ses films, L’Homme blessé, Ceux qui m’aiment prendront le train, Intimité, ou même Son Frère qui m’avait beaucoup touchée, le désir sous toutes ses formes est bien une clé pour approcher Chéreau. Après avoir exploré le théâtre, l’opéra, le cinéma, cet artiste au regard fiévreux et pénétrant demeurait lui-même, essentiellement, un être de désir, toujours curieux, toujours aiguillonné par la nouveauté : « J’éprouve un plaisir profond à me renouveler, à apprendre, à me découvrir différent de ce que je pensais être. » Et c’est surtout cela, me semble-t-il, que j’aimerais retenir de lui.

 

 

 

 


 

 

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 07:00

Chevres-de-mer.JPG

Les lièvres de mer ou aplysies dans le seau de mon petit-fils

(Photo ex-libris.over-blog.com, juillet 2013)

 

Tel un berger dans la mer bleue

mon petit-fils s'en va chassant

le troupeau noir des aplysies

Le buisson sombre des corps nus

s’en va glissant entre ses doigts

teintés de rouge comme du sang

 

Sur la plage, de Kerouriec en Erdeven,

Juillet 2013

 

chèvres de mer 2

Un troupeau de lièvres de mer ou aplysies

(Photo ex-libris.over-blog.com, juillet 2013)

 

Pour la communauté de Hauteclaire, Entre Ombre et Lumière,

Thème : souvenir de vacances

 

 

 


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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 07:00

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Sauge, laurier, lavande et thym sous mes fenêtres 

(Photo ex-libris.over-blog.com, Eté 2013)

 

 

 

Dans l’eau pâle de mes fenêtres

sous la tour des meneaux blancs

l’univers a chaviré

 

Myriades de soleils éteints et rougeoyants

constellations de lunes folles

étoiles mortes et renaissantes

inaccessibles et bleus nuages

Au tintement printanier du verre

les roucoulades rassurantes des baisers

les foucades folles de mes désirs

dans l’allegro des hirondelles

Sur la soie serpentine d’un rideau de soleil

le crissement cru du gravier des départs

et le coassement des journées éternelles

Au silence noir des insectes

les souvenirs en veuves noires des araignées tisseuses

les mouches des remords velours vibrionnant

les punaises amertume dans leur verdure métal

Sous le palimpseste de la pluie et du givre

les doigts engourdis du temps

et les gémissements des fantômes au vent

A la fenêtre close et grise

le choc sourd des illusions frappées en pleine face

sur le sang des clématites violines

et les épines bleuies de la passiflore cruelle

 

Dans l’eau pâle de mes fenêtres

Mon âme à la dérive soudain a naufragé


Pour Le Défi de la Semaine n°108,

Thème proposé par Mamzelle Jeanne : Fenêtre(s) link

 

 fenetre-2.JPG

 Thym, laurier et lavande sous mes fenêtres

(Photo ex-libris.over-blog.com, Eté 2011)

 

 

 

 

 

 

 

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 08:25

araignee-jungle.JPG

Le papillon dans la toile

(Photo ex-libris.over-blog.com, Effet Boost, Septembre 2013)

 

 

 

Jungle des lavandes

Araigne à l'affût

Un filet de soie

Papillon se meurt

 

 araignée debout

Argiope au jardin

(Photo ex-libris.over-blog.com, septembre 2013)

 

  

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 22:41

 

medaillon-cheveux-2.jpg    

      Médaillon de cheveux, avec une inscription : "C'est là que mon âme repose"

Musée du quai Branly

 

Au médaillon du coeur

Mèches de chevelure

Telle une épure

De l'amour pur


Textoésie envoyé le mercredi 25 septembre à 10h58,

en réponse à celui de Suzâme reçu le même jour à 10h40.

 

 


 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 18:07

    Se-pub.JPG

      Le dragon à deux têtes du programme de l'exposition, par Nicolas Jolivot

(Photo ex-libris. over-blog.com, 21 septembre 2013)

 


Samedi 21 septembre 2013, le soleil était de nouveau de la partie et je suis allée avec une amie à Doué-la-Fontaine, voir la dernière édition d’Une Semaine enchantée. Sur le thème du Fantastique Bestiaire, elle présente en une semaine, dans trois lieux différents, onze peintres, illustrateurs ou sculpteurs résidant en Saumurois. L’occasion d’y retrouver les habitués Olivier Supiot, Myriam Nion, Max le Baleur, Sophie Puls ou Nicolas Jolivot ; l’opportunité de découvrir d’autres univers, ceux d’Olivier Martin, de Catrine Sanson, de Daniel Collette, de Hervé Girardin ou Guy Ducornet.

Nous nous sommes d’abord rendues dans la roseraie Foulon. Dans ce jardin où poussent plus de 400 variétés de rosiers-buissons, grimpants, à tige, c’est le coucou de Sophie Puls qui nous a accueillies. L’artiste aime Cuisiner les mythes en extérieur pour les nuls.

Se Puls

Les coucous de Sophie Puls

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

Nous sommes ensuite allées dans les écuries du baron Foulon, un superbe bâtiment du XVIIIe siècle en pierre de grison qui abrite le petit musée des Anciens Commerces. Là, à l’étage nous avons d’abord retrouvé avec plaisir Myriam Nion et sa série de dessins à l’encre de Chine, inspirés par son petit jardin en friche, et intitulée Dans mon jardin il y a….

Se lentilles

La chorale des grandes bouches, Myriam Nion

(Photo ex-libris.over-blog.com), samedi 21 septembre 2013)

C’est toujours la même admiration devant la manière dont l’artiste traite le motif dans des œuvres de format carré, dont chacune lui demande environ une trentaine d’heures. Myriam Nion a observé le peuple de l’herbe, escargots, demoiselles libellules (très nombreuses cette année), abeilles butineuses, sauterelles sauteuses, lents carabes, papillons élégants, fourmis ouvrières et oiseaux bavards. Quelle patience pour dessiner d’abord au crayon les centaines de petites lentilles d’eau où sautent ses grenouilles, pour tracer les ombres des tiges de prêles qui rappellent le corps segmenté de la sauterelle, pour dessiner l’ombre des herbes ! On imagine la patience de cette artiste travaillant le soir à la lumière électrique pour réaliser ces dessins d’une précision de naturaliste. Ceux-ci disent son regard attentif et tendre sur une nature proche que l’on oublie trop souvent de regarder. Et comme toujours, pour accompagner l’exposition, un très joli petit livre noué d’un ruban noir qui reprend les œuvres accrochées au mur et qui nous dit que point n’est besoin de se transporter loin pour découvrir « un fantastique bestiaire ».

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Les papillons de Myriam Nion dans les écuries Foulon

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

Sur le mur du fond de la grande salle du premier étage, ce sont les Animachromismes de Olivier Supiot qui voisinent avec les petites bêtes de Myriam Nion. Les Saumurois connaissent ce dessinateur révélé à Angoulême en  1997 et primé encore dans cette même ville en 2003 pour son album Le Dérisoire. L’artiste se présente comme quelqu’un qui « dessine, scénarise, colorise, gribouille, peinturlure, bref […] s’amuse un peu ! » Il définit ainsi avec humour l’ « animachromisme » : « Pathologie légère provoquant chez le sujet une déformation liée à la perception des couleurs lors de l’observation d’animaux sauvages ou domestiques…. » Jouant donc avec les mots tout autant qu’avec la vivacité de la couleur, il propose ici une série d’animaux qui prennent les expressions au pied de la lettre. Ainsi, on sourit devant Le canard à l'orange, ou Le Pigeon aux petits pois.

se-canards.JPG

Canard à l'orange et Pigeon aux petits pois, Olivier Supiot

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

Enfin, le dessinateur de BD Olivier Martin aligne sur le mur blanc son bestiaire, en forme de question : Fantastique bestiaire ? Il a souhaité proposé une série de « portraits de têtes d’animaux existants mais peu médiatisés voire inédits, [en] mettant en avant leurs aspects incongrus, singuliers, étranges et donc fantastiques. »

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Singe, Olivier Martin

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembres 2013)

Travaillant au brou de noix qu’il éclaircit peu à peu en fonction des ombres du dessin et à l’acrylique blanche, il présente en gros plan des animaux qui deviennent fabuleux, pour peu qu’on les observe et qu’on s’intéresse à eux. Mais, attention, Olivier Martin met en garde le visiteur : « Ce sont peut-être des membres éloignés de votre propre famille. Allez savoir ! »

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Tête de taureau, Catrine Sanson

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

Après avoir fait un tour dans la roseraie où poussent des roses plus séduisantes les unes que les autres (le rêve que d’avoir une rose à son nom !), nous avons fait une halte dans le petit pavillon de l’entrée du jardin, à l’élégante architecture. Catrine Sanson y expose Bêtes de scène !, animaux réalisés dans le carton recyclé des boîtes d’œufs. Elle travaille à l’eau cette matière qu’elle modèle à son gré. En séchant, celle-ci prend l’apparence de la pierre. Chats, petites souris en tutu, acrobates sur des chevaux, constituent un bestiaire délicat. J’ai aimé une belle tête de taureau peinte en bleu qui m’a fait penser à la Crète.

Se Girardin

Une toile d'Hervé Girardin

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

Nos pas nous ont ensuite dirigées vers la salle des arts de la Bibliothèque de Doué-la-Fontaine. Nous y avons découvert les toiles de Hervé Girardin qui déclinent une infinité de formes proches les unes des autres, à mi-chemin entre l’animal et le végétal. Un monde étrange, aux sinuosités surprenantes, qui s’anime sous le règne de la métamorphose. Une série d’œuvres, qui illustrent la phrase de Yves Ellouët :   « J’ai été sous une multitude de formes ».

Se Jolivot

Dans le pavillon de contemplation des poissons rouges, Nicolas Jolivot

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

Nicolas Jolivot, quant à lui, l’artiste plasticien voyageur, dont beaucoup connaissent les merveilleux carnets de voyage, a adopté une attitude zen avec Juillet 2013, dans le pavillon de contemplation des poissons rouges.  Il a pris le temps de « regarder et [de] dessiner les poissons rouges [nageant] entre les nénuphars nains du Thouet et les pousses de prêles des [ses] bassins ». Il a ainsi réalisé de légers dessins très colorés, d’inspiration japonisante, qu'il a accompagnés de commentaires. L’actualité ne lui rappelle-t-elle pas au quotidien « qu’on vit tous dans un immense bassin de poissons rouges… » ?  De lui aussi, une série de trois dessins, intitulée Libellules et lotus. C’est lui encore qui a réalisé le dragon à deux têtes gris et noir qui se déploie sur le carton pop-up du programme de l’exposition.

Se-libellules.JPG

Libellules et lotus, Nicolas Jolivot

(Photo ex-libris.over-blog.com)

Mais ce qui a surtout retenu notre attention, c’est l’impressionnante collection personnelle de Guy Ducornet, consacrée à ce thème du bestiaire fantastique. Connu par ses écrits sur le Surréalisme, ce poète plasticien a longtemps vécu aux Etats-Unis où il a pratiqué le dessin, la peinture et la céramique tout en enseignant la littérature française. De 1962 à 1991, il a participé avec Rikki Ducornet à l’aventure surréaliste américaine et aux expositions internationales du mouvement PHASES d’Edouard Jaguer après 1970. Désormais, il se partage entre son atelier du Puy-Notre-Dame et Paris.

Se Gravida

Gravida n°5, Suzel Ania

(Photo ex-libris.over-blog.com)

On y découvre donc de nombreuses  œuvres aux techniques variées, eaux-fortes, collages, lithographies, dessins originaux à la plume ou au crayon, sérigraphie…  De Max Ernst à Philippe Honoré en passant par Wifredo Lam, Max Bucaille ou Jorge Camacho, ces œuvres oniriques et fantastiques démontrent avec brio que le surréalisme n’est pas mort. En témoigne notamment un collage de Suzel Ania, un membre de PHASES, Gravida n°5, de 1994. Le thème de « celle qui avance » fut souvent illustré par les surréalistes qui en avaient fait un thème de prédilection.

Se rencontre au soleil

Rencontre au soleil, 2000, Artur do Cruzeiro Seixas

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

La Main-sardine (1996)de Philippe West m’a fait sourire et j’ai aimé la représentation d’un totem, Gravure sur pierre signée, 1974, par l’artiste Inuit Art Thompson. Quant à la Rencontre au soleil (2000), un dessin gouaché de Artur do Cruzeiro Seixas, elle m’a donné l'occasion de rêver sur ses créatures hybrides.

Se Halibut

Gravure sur pierre signée, Art Thomson

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

Au milieu de cette très belle collection, quelques toiles personnelles de Guy Ducornet, des illustrations réalisées pour un livre pour enfants en anglais et des boîtes-vitrines.

Se ducornet 2

Jardin n°2 (à gauche), Guy Ducornet

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

Au sortir de cette exposition, nous avons vu pour terminer les Abysses de Anne Levillain, tout un monde aquatique de méduses et de poissons, accroché au-dessus du bassin de la place des Fontaines.

Se Levillain

Abysses, Anne Levillain, place des Fontaines

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)

Enfin, cette petite balade à Doué-la Fontaine m’a aussi permis de découvrir les ruines de la collégiale Saint-Denis, dont j’ignorais l’existence ! De style gothique Plantagenêt, elle possédait à l’origine une seule grande nef de trois travées, éclairée par six fenêtres, d’un chœur éclairé par cinq fenêtres, d’un transept et d’un clocher carré avec trois fenêtres. Désormais, l’herbe y pousse mais elle impressionne toujours par sa majesté.

D’un fantastique bestiaire aux ruines élancées de la collégiale, ce fut vraiment un après-midi enchanteur !

 se-st-denis.JPG

      Les ruines de la collégiale Saint-Denis

(Photo ex-libris.over-blog.com, samedi 21 septembre 2013)



 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 10:37

      Vieux livre

 

Le livre est au grenier

Exilé des lecteurs

 

Il est là démembré

Dans le sang de son encre

Les moisissures du temps

Les déchirures du cœur

Les mouillures des larmes

Et les rousseurs amères

De tout son corps épidermé


Qui chantera un jour

Son âme de chiffons

Racines de forêts

Qui unira ses feuilles

De vélin virginal

Reformera ses nerfs

De chanvre et de fouet

Restaurera sa coiffe

Aux cheveux de couleur

Qui sculptera ses arrondissures

D’un marteau amoureux

Exaltera sa chair

De galuchat des mers

Sublimera sa fleur

Offerte aux mains des jours

Qui le vêtira de percaline

Dentelle et mousseline

L’ornera de jaspures

Lettrines et basane

Et quel artiste fou

Transmutera en or

La peau pâle du chagrin

 

Le livre est au grenier

Susurrant son secret

De lierre

 

Il faut

Toujours

Relier sa vie

Pour la relire

 

A une artiste en reliure

 

 

 


 

 


 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 10:25

 

 papillon-rien.JPG

Un papillon sur le buddleya

(Photo ex-libris.over-blog.com, août 2013)

 

Les petits riens font la vie belle

Comme au feu mort une étincelle

Les brimborions et les broutilles

Comme le c sur la cédille

 

J’aime rien tant que la babiole

Petite chose qui s’envole

Que jamais chaîne ne retient

Feuilles au vent sur le chemin

 

Le joli mot que bagatelle

Chose menue superficielle

Les petits riens c’est quelque chose

Musique aux doigts du virtuose

 

Pour le Défi n°107,

Thème proposé par ABC : rien link

 

 

 

 

 


 

 

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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