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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 20:49


C'est une photo fascinante, un peu "mauvais rêve", qui représente le visage d'une petite fille, les yeux fermés, sur un tapis de feuilles mortes. Il me semble que vous pourriez écrire des textes intéressants grâce à elle. (papierlibre.over-blog.net

millais-filles-feuilles-mortes.jpg


Feuilles d'automne
, John Everett Millais.


- Ma mère, savez-vous
Où s'en vont les fées et les dames vertes
Quand l'automne est là, les forêts désertes?
- Ma fille, je ne sais, laissez-moi filer!

- Mon frère, savez-vous
Où pleurent sylphides et hamadryades
Quand le vent secoue les arbres malades?
- Ma soeur, je ne sais, laissez-moi chasser!

- Grand-père, savez-vous
Quel est le festin des sept Hespérides
Quand les pommes d'or ont leur peau de rides?
- Fillette, je ne sais, laissez-moi vieller!

- Mon père, savez-vous
Où dansent les nymphes à la nuit tombée
Quand le froid descend dessus les saulaies?
- Enfant, je ne sais, laissez-moi jouter!

- Ma soeur, savez-vous
Où dorment les nixes et puis les napées
Quand la pluie inonde les branches penchées?
- Soeurette, je ne sais, laissez-moi broder!

-Grand-mère, savez-vous
Où vont Titania, Mélusine, Ondine,
Quand le bois devient dur comme une épine?
- Fillote, je le sais, mais c'est un secret!

En habits de deuil,
Elles sont endormies
Dans leur lit de feuilles.

Le 1er avril 2009

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 16:05

Voici le premier vers d'un poème de Kabir, un des plus grands mystiques et poètes de l'Inde du XVème siècle: "En toi est le jardin des fleurs..." Je vous propose d'écrire à propos de cette phrase inspirée qui permet beauxcoup d'interprétations. (papierlibre.over-blog.net)

Ophelia.jpg


                                                                                 Ophélia, John Everett Millais

« Ton cœur est un jardin de fleurs… » m’aviez-vous si amoureusement murmuré le soir de notre première promenade dans le jardin de mes parents, après que vous eussiez demandé ma main à mon père. J’avais dix-sept ans et je sortais du couvent ; vous en aviez trente et vous étiez un homme fait.
Ce temps de fiançailles fut pour moi ravissement et extase. J’étais la Sulamite dont vous étiez le Roi. Chaque soir, dans mon demi-sommeil, je me répétais inlassablement les vers que vous ne cessiez de me réciter en me tenant la main. Ils faisaient naître en moi une vibration inconnue :
« Tes yeux sont les portes du Ciel,
Ta peau a les reflets de la blanche opale,
Tes lèvres sont la baie rouge où je bois les baisers de ta bouche.
Elu serai-je quand ma Bien-Aimée
Passera le seuil de ma maison ;
Bienheureux deviendrai-je
Quand sa caresse me mènera au nadir
De sa beauté parfumée de nard et de cinnamome. »
Vous m’aviez envoûtée, Octave ! Mais le charme fut rompu quand vous allâtes seul au bal de la marquise de M.. Madame de C. y dansa avec tant de grâce que le philtre d’amour se répandit dans vos veines à tous deux.
Je n’existai plus.
Nos fiançailles furent rompues aussi vite qu’elles avaient été conclues. Comme la mer se retire à la vitesse d’un cheval au galop, l’amour s’en fut de votre âme.
Ce soir, j’irai marcher dans l’étang.
Le jour après-demain matin, en lisant votre journal tout en dégustant votre thé, vous direz :
« Son corps est plein de nénuphars… »

A Dieu, Vicomte, je vous ai bien aimé.

Malthilde des S.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 15:56

J'ai trouvé ce tableau de Münch sur la danse très intéressant, non pas seulement pour le couple central mais surtout pour les autres personnages. Je suis sûre qu'il vous suggèrera d'intéressantes réflexions (papierlibre.over-blog.net).

La danse de la vie, Münch

Sous l’i rose de la lune
Et le mauve de la brume
Sur les champs désormais
verts
Le bal est enfin ouvert

Robes blanches et habits
noirs
Couples tanguant dans le soir
On sourit et l’on s’enlace
On tremble et puis l’on s’embrasse

En ruban et
plumetis
La rosière fait tapisserie
Quand lui tiendra-t-on la main
Sera ce bientôt demain

Comme
une fleur d’incendie
Une amoureuse irradie
Corps aimanté à l’amant
Ils valsent infiniment

Et la femme abandonnée
A vu pourrir ses années
Corsetée de velours
noir
Elle enclôt son désespoir

Les musiques se sont tues
Que sont danseurs devenus

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