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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 13:10


rampe-dampierre.jpg

Il est de ces moments rares

Où renaît la maisonnée

Et point n'est jamais trop tard

Pour tous être rassemblés.


A l'ombre du cèdre hautain,

Auprès des caves profondes,

Sur la verdure du jardin,

Venus des lointains du monde.


Dans un rêve très ancien,

Il y avait un lieu, Rouiba,

Oasis de parfums,

Dont chacun se souviendra.


Mais les cœurs furent bouleversés

Par l'humaine sauvagerie,

Et la mer fut traversée

Pour venir en ce pays.


Ce dimanche vingt-trois août,

Dans l'angevine maison,

Voit ainsi venir à vous

Nombre de générations.


C'est la Méditerranée

Dans des yeux voleurs de femmes,

Pour des caractères trempés,

Prompts à toutes les alarmes.


Les garçons sont de bons pères

Mais n'aiment point qu'on les commande ;

Ils ont le goût de la terre

Et leur femme point ne gourmandent.


Famille de huit enfants

Où le sud au nord s'allie,

Parentèle du présent

Où l'on parle et où l'on rit.


Les bavards impénitents,

Avec eux foin de l'ennui ;

Ceux que jamais l'on n'entend,

Qui se taisent et qui sourient.


Ils ont l'âme voyageuse,

Ils commercent, ils sont marins,

Il y a des théâtreuses,

Les petits sont collégiens.


N'oublions pas les artistes,

Ceux qui peignent et qui décorent,

Qui rendent la vie moins triste,

Et les filles aux doigts d'or.


A l'abri du catalpa,

Dans la serre aux tourterelles,

Sommes-nous bien tous là

Avec la mémoire fidèle.?


Or, c'est grâce à vous tous deux

Qu'en ce jour de sainte Rose,

Nous sommes ainsi très heureux

De dire la douceur des choses.


Dampierre- sur- Loire, le 23 août 1998.

 

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 12:59

Ange.jpg 

Dans la crique de Léoube

Où le temps s'est arrêté,

Sur la terrasse en rotonde,

Une ombre belle est passée.

Elle a les cheveux bouclés

Des anges des cathédrales

Et son âme a éclaté

A la chanson des cigales.

 

Elle tient sur les genoux

Son enfant de porcelaine

Au regard tellement doux

Qu'il la fait belle et sereine.

 

Vers la mer son regard rêve

Où d'autres enfants se baignent ;

Les vacances sont la trêve

Et de bleu ses yeux se teignent.

 

De la mer Jacques est venu,

Car c'est de l'eau que tout vient,

Et sa main il a tenu

En un très amoureux lien.

 

Heureuse es-tu Clémentine,

Toi qui aimes la sévillane,

Avec ta moue enfantine

La nuit de tes vingt-neuf ans.

 

 

Léoube, juillet 1994.

 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 21:41

 

Melancholia.jpg

                                                                                             Melancholia, Dürer

Je devais avoir cinq ou six ans et ma grand-mère venait de mourir. Mes parents avaient demandé à ma gouvernante allemande de m'accompagner pour la voir une dernière fois.

Je n'avais jamais pénétré dans sa chambre et tout d'abord je ne discernai rien. De l'encens qui brûlait dans une petite cassolette créait une sorte de brouillard léger. Les volets intérieurs à panneaux, tels qu'on en voit dans les tableaux de Vermeer, avaient été repoussés contre les hautes fenêtres, ne laissant filtrer qu'un rai de lumière très fin. Une mouche, prisonnière, y bombillait doucement. Quelques bougies distribuaient des ombres vagues sur les murs. Des lys blancs exhalaient une odeur entêtante. Avec difficulté, mes yeux se firent à cette semi-obscurité de caverne.

Une vieille religieuse, agenouillée à l'extrémité du lit à rouleaux, le visage dissimulé par une grande cornette, marmottaient des ave maria. Les doigts crispés sur le poignet de ma gouvernante, je m'approchai de ma grand-mère. Son corps menu disparaissait sous un grand drap orné de dentelle de Calais et ses main étaient minuscules sur le grand crucifix de corozo où on les avait posées. Je la reconnus avec peine car elle avait retrouvé, comme cela se produit parfois mystérieusement, son visage de jeune fille, celui que j'avais vu sur les photos de son mariage.

Son immobilité m'intimidait et j'avais peur de la regarder ; je levai les yeux vers le mur qui surplombait le lit. Un grand cadre, représentant un ange à la chevelure couronnée de laurier, assis au milieu d'un fouillis d'objets, un animal couché à ses pieds, rêvait la joue appuyée sur sa main gauche. Je crus deviner un ballon, une cloche, un autre petit ange. Dans le fond gauche de la gravure, un soleil aux longs rayons brillait au milieu d'un arc-en-ciel.

- C'est l'ange gardien de bonne-maman? dis-je tout bas à ma gouvernante, en lui secouant le bras.

- Voulez-vous bien vous taire, Mademoiselle, me répondit-elle brutalement; c'est la Mélancolie. Mettez-vous à genoux et dites-une prière pour votre grand-mère.

« Mélancolie » ! Je n'avais jamais entendu ce mot et il résonna en moi comme une musique qui console. Je vis l'ange me sourire. Et j'en étais certaine, il souriait aussi à ma grand-mère, là où elle s'en était allée. « Mélancolie » ! Ce mot, longtemps, je me le suis répété en silence comme une litanie qui atténuait la perte de ma grand-mère très aimée.

Des années après, au collège, quand j'ai eu douze ans, j'ai retrouvé dans un livre de français l'image de l'ange assis; elle illustrait le poème « Melancholia » de Victor Hugo. Je ne comprenais pas ce que l'ange pouvait bien avoir à faire avec les enfants « sous les meules ». Je continuais à me bercer avec les dix lettres du mot magique, « mélancolie ». Je n'y découvrais aucune dureté : ne renfermait-il pas le nom de l'ancolie, la « fleur du parfait amour » ?

J'aimais écrire à l'envi sur mon cahier d'écolière le parfait équilibre entre les cinq consonnes et les cinq voyelles, la douce tristesse de la deuxième syllabe nasalisée s'harmonisant avec les deux liquides, tandis que le i final apporte sa stridence plus légère au terme du mot.

Plus tard encore, j'ai lu pour la première fois « El desdichado » de Nerval. Et soudain, son « soleil noir de la mélancolie » a fait remonter violemment en moi comme une houle ce jour inoublié de ma petite enfance. Je me suis retrouvée à cinq ans dans la chambre quasi-obscure de ma diaphane grand-mère, là où bourdonne une mouche qui va mourir, tandis que, dans le lointain de la gravure de Dürer, scintille sans fin un soleil aux mille rayons de lumière.

Choisissez un mot que vous aimez particulièrement, pour sa couleur, sa sonorité...et développez. (papierlibre.over-blog.net) 

 

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 08:44




Manet_Bouquet_de_violettes_1872.jpg
Bouquet de violettes, Manet, 1872.



Violaine Violette Viola Violante,

Impulsive et secrète à la voix éloquente

Où t'en vas-tu demain pour un nouveau voyage

L'on ne saura jamais si tu es sève ou fleur

Avec toi c'est toujours ou les rires ou les pleurs

Intuitive émotive tu es forte et fragile

Nous devinons en toi les dons de la Sybille

En nous vogue l'effluve de ton esprit subtil

 

Le 06 janvier 2009

 

 

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 08:33

rubis.jpg 

Aux tréfonds de la terre, pendant des millénaires,

Sous la lave et le marbre a germé une pierre,

Elle est couleur du cœur, elle est sang- de- pigeon :

Ô vermillon des princes, ô rouge corindon !

 

Braise de l'escarboucle, feu dans l'obscurité,

Grenat de la passion, flamme de ceux qui osent,

Pâle rubis  balai  dont le rouge vire au rose,

On allait vous chercher aux confins retirés.

 

Savez-vous qu'autrefois de grands collectionneurs

Aimaient graver leur nom et ceux de leurs ancêtres

Sur ces spinelles sang, prouvant qu'ils étaient leurs,

Et les Moghols disaient qu'ils en étaient les maîtres.

 

Les sultans de Delhi possédaient le plus lourd,

Qui pesait paraît-il plus de trois cents carats ;

Quand Tamerlan le vit, comme il s'en empara,

Il lui donna le nom de grand  Tribut du monde .

 

Puis de l'Iran à l'Inde il s'en fut aux Anglais,

A la tour de Londres, en un grand tour de terre.

C'est le Tibur ruby au centre d'un collier,

La reine Victoria en fut dépositaire.

 

Femme d'Henri premier, la russe Anne de Kiev

Apporta dans sa dot une très rouge gemme

Sertie dans la couronne ; le roi portait au chef,

L'épine au sang du Christ et le sacre du chrême.

 

Elle était incarnat ladite  l'orphelin 

Qui ornait la couronne des empereurs ottoniens,

Couleur de vin clair, neige dans ce vin fondant,

Brillant de cet éclat bien nommé chatoyant.

 

C'est la pierre écarlate qui dit l'honneur royal,

Et le spinelle qui fut le rubis du Prince noir,

Protecteur d'un Lancastre quand saigna Azincourt,

Et c'était celle encore du très saint Venceslas.

 

Et le trésor vermeil du duc Jean de Berry,

Prince qui acheta le plus gros des rubis,

C'est le fameux cinabre aimé d'Anne de Bretagne,

Taillé comme un dragon, inclus en Toison d'or.

 

Depuis l'Antiquité emblème des amants,

Grenat luminescent symbolisant les yeux,

Image de la vie, désir long dans le temps,

Escarboucle magique, présent des amoureux.

 

Almandin des Anciens, œil unique du dragon,

Et bijou sur le front des belles ferronnières,

Grenat et tourmaline, topaze et corindon,

Minéral éternel, amande de lumière.

 

Aluminium et chrome, pierre des rois, des sultans,

Cette gemme d'amour dira trente-cinq ans ;

C'est la soie d'un rubis non rayé par le temps,

Au cœur de votre lien, foi et fidélité,

Une étoile à six branches que sont vos six enfants,

Pourpre éclat non-pareil d'un rubis étoilé !

 

                                Le 29 avril 2006

 

 

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 08:18

image_photo_nature_insecte_mouche_-4-.JPG 

 

Charles petit garçon dans la vie immédiate

Qui ne connais encore ni les heures ni les dates

Tu joues dans le présent tu ris au moindre bruit

Dans la vive ignorance de ce temps qui s'enfuit

 

Quand le matin on tire tes rideaux gris et rouges

Ton regard curieux danse sur ce qui bouge

Dans ton lit de bois blanc ton corps se déploie

Et toute nouveauté est pour toi un exploit

 

Comme il est beau le temps où l'on est cet enfant

Que bousculent les choses et qu'un rien effarouche

Qui découvre sa voix dans de grands hurlements

Et frémit de plaisir aux caresses très douces

 

Comme il est grand le monde pour l'enfant qui regarde

Les arbres les oiseaux les choses sans pareille

Une mouche qui marche dans un rai de soleil

Et comme l'on voudrait que le temps se retarde

 

Charles déjà un an que tu vins parmi nous

Et que tu interroges de tes grands yeux si doux

Demeure plus longtemps dans la seconde intense

Acmé de la beauté et puis de l'innocence

 

Paris, dimanche 13 janvier 2008 

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:58

Laughing-Kookaburra.jpg


Vendredi soir

Dans l'ombre ancienne et chaude des eucalyptus

A pas lents j'ai remonté la Knoll Forest Avenue

Et sous mes pieds les grosses feuilles des caoutchoutiers

Comme des chaussures bien cirées doucement glissaient

 
Samedi matin

Le ricanement sec du cookaburra nous a réveillés

Dernier jour à Sydney

Nous avons remonté l'allée ombragée du figuier

Regardé la glycine embrassée à la grille

Samedi midi

A Kingsford Smith nous avons passé la douane
Au milieu du monde entre une Indienne et un Chinois
Tandis qu'au loin remontant dans la foule
Tu disparais en tongs et short beige 

Samedi soir

Dans l'aéroport lumineux de Hong Kong

Derrière le trou noir des vitres

Nous avons remonté les escaliers aux rainures d'acier

Vers la porte 62 partant pour le Vieux Monde

 

Dimanche matin

Abandonnés dans la nuit sans fin du voyage

Au profond de la nuit au dessus des nuages

Entourés de Chinois dans un ventre de fer

Nous avons remonté le temps et rencontré l'hiver

 


Samedi 15 novembre 2008
Aéroport de Kingsford Smith

Australie

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:41

Papillon-bleu.jpg

Fleur frissonnante un papillon bleu volète

Plumeaux légers les cocotiers tremblent au vent

Racines enchevêtrées les lianes tordues se mêlent

Bruissement dans les eucalyptus les perruches se cachent

 

Sur le chemin aux feuilles à l'odeur d'humus

Arôme douceâtre du pandanus aimé du casoar

Indifférent et dédaigneux un mâle passe

Ses trois petits le suivant

 

Lundi 03 novembre 2008

Mission Beach

Australie

 

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:35


DSC_0028.JPG

 

Je courais pieds nus agile dans le bush

Et je suivais les traces du kangourou

Maintenant j'avance pieds nus sur le goudron brûlant

Qui ne mène nulle part

 

J'allais fier et droit dans le bush

Et ma peau noire luisait dans le soleil

Maintenant courbé je marche à pas lents

Dans des vêtements sales et trop grands pour moi

 

Je chassais avec mes flèches à venin

Tandis que ma femme préparait les gros vers blancs

Maintenant je paresse dans les vapeurs de l'alcool

Et je bats ma femme

 

Ma terre rouge n'avait pas de frontières

Mais je connaissais les trous dans la montagne

Où la roche est fraîche

Maintenant mon horizon c'est une barrière de bois

Au milieu des boîtes de conserve et des détritus

 

Je chantais la femme serpent qui se bat

Contre le serpent Liru

Maintenant je prie un homme blanc

Que je ne connais pas

 

Ma terre était rouge ma terre était mienne

Les hommes blancs sont venus

Les hommes blancs m'ont chassé

Maintenant mon cœur est tout noir

 

 

Le 24 octobre 2008

Alice's Spring

Australie

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:18

Les_Parques.jpg

Les Parques, Alfred Agache

Nona 

Le fil la Parque a étiré

Avec son foulard moiré

A bas bruit elle trame

Elle ourdit dans le secret

 

Elle tisse dans le silence

Elle manoeuvre le fuseau

Elle déroule la navette

Et dévide les écheveaux

 
Decima

 

Le fil la Parque a mesuré

A l'aune du Destin

Maille à maille point par point

Elle a rassemblé les brins

 

Sur son métier de bois

Pas de relâche pour ses doigts

Le peigne tasse et serre

Le tissu de lin au dessin amer

 

Fata n'est pas Pénélope

Et jamais fil ne se défait

Les écheveaux sont dévidés

Rien ne sera rembobiné

 
Morta

 

Le fil la Parque a coupé

Dans le drap froissé

L'enfant est cousu

Il est froid est nu

 

La Parque est passée
L'enfant a passé


Mars 2008

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Voie lactée ô soeur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d'ahan

Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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