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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 10:50

  Aurevily félicien rops

Illustration de Félicien Rops pour Les Diaboliques de Jules Barbey d'Aurevilly 

 

 

 

C’était sous Charles X

Dans un salon normand

Et s’adonnant au whist

Des nobles devisant 

 

Vieilles douairières

Décadents gentilshommes

Une comtesse fière

Dont le mystère étonne

 

Et saura-t-on jamais

Qui de sa fille ou d’elle

De Marmor l’Ecossais

Aura été la belle

 

Dans l’ardeur de gagner

C’était le dieu du chelem

Et dans ses mains très blêmes 

Des cartes biseautées 

 

Madame de Tremblay

De sa fille la rivale

Vipérine et fatale 

Voudra-t-elle se venger

 

Quand vient le jour mourant

Un éclat électrique

Celui d’un diamant

Et d’une toux phtisique

 

Quel est cela qui brille

Qui est celle qui tousse

Mais voyons c’est ma fille

Ma bague en taille douce

 

Et la belle comtesse

Remet sa pierre au doigt

Mâche en délicatesse

Des fleurs de réséda

  

Marmor est-il celui

Qui fut l’empoisonneur

De la mort d’Herminie

Est-il instigateur

 

Dans une jardinière

Aux fleurs de réséda

Un nouveau-né en terre

Au mystérieux trépas 

 

C’était sous Charles X

Dans un salon normand

Une partie de whist

Au parfum inquiétant

 

 

 

Frontispice des diaboliques

Fronstipice de l'édition des Diaboliques par Félicien Rops

 

 

Pour le Casse-Tête de la Semaine de Lajémy,

Thème : Les jeux de société

 

 

 

 

 

 

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commentaires

lafillequilisaittrop 19/07/2012 18:44

On retrouve en effet cette ambiance pas très limpide des salons de l'époque dont vous parliez... c'est un moment poétique agréable qui me rappelle quelques lectures. Il y a Barbey bien-sûr, mais le
mal était à la mode au XIXème siècle (enfin il ne me semble pas qu'à cette époque Charles X était au pouvoir...); il y a Huysmans aussi, qui a dépassé la simple structure du récit ordinaire pour
laisser place à toute une réflexion sur les moeurs de l'époque. On peut mettre facilement les deux en relation...

Catheau 22/07/2012 22:15



Le recueil des Diaboliques paraîtra en 1874 après la Commune. Cependant, cette nouvelle, écrite en 1849, fait allusion à Coblenz où se refugièrent les aristocrates pendant et après
la Révolution et je crois bien qu'elle se situe dans une petite ville de province, reflet du faubourg Saint-Germain, sous la Restauration. Quant à des Esseintes, quel personnage !



Catheau 12/11/2010 09:37


Bonjour Martine.Je découvre votre blog. Chez vous, l'on joue ! J'y retournerai.


Martine 12/11/2010 00:19


brrr .. quelle ambiance !! ;-)


Dominique 11/11/2010 10:18


J'ai publié hier un billet avec une invitation à venir vous voir car j'aime beaucoup votre blog, j'espère que bon nombre de mes amis blogueurs feront une balade jusqu'ici


Guy de Bruges 10/11/2010 15:37


Ambiance "diabolique" !
Merci de nous la donner à relire !


Catheau 10/11/2010 12:09


Comment la réalité nourrit la fiction ! Mais j'espère que Jules n'a pas connu la jardinière de fleurs de réséda... En tout cas, Les Diaboliques sont une oeuvre fascinante que je ne me lasse pas de
relire.


domsaum 10/11/2010 11:55


On m'a raconté que la mère de Jules aimait beaucoup les jeux de cartes et qu'elle a dû s'éclipser en pleine partie pour donner naissance à son fils. C'était en 1808 "dans un salon normand".


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