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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:31

  coquillage.jpg

 

 

Sur les plages de Crète dans les temps reculés

Lorsque le roi Minos aimait Pasiphaé

Pâtres et mariniers marchaient sur le rivage

En quête d’un nacré et vibrant coquillage

 

Ils aimaient sa spirale rêvaient son pavillon

Celui qui donne un son si rare et si profond

Que les prêtres le font résonner pour les dieux

Et qu’on le remercie quand la pluie vient des cieux

 

Ils voulaient l’emboucher le fabuleux buccin

L’instrument que Triton le fils du dieu marin

Anima de son souffle barbu et éclatant

Pour chasser de la terre les eaux et les courants

 

Ils le trouvaient si beau dans ses torsades ornées

Sa conque traversière son apex acéré

Sa musique de cor en charmait les sirènes

Et les filles de Nérée chantaient sa cantilène

 

Ils racontaient souvent  la troublante légende

D’une Aphrodite nue aux cheveux en guirlande

Jaillie de la coquille rose en sa nudité

Déesse de la mer vierge Anadyoméné

 

Sur les plages de Crète pâtres et mariniers

En quête de musique les sables ont déserté

Seuls les petits enfants qui ont l’oreille fine

Entendront éblouis la trompette marine

 

 

 

Pour Papier Libre

Thème : sur une photo représentant un coquillage (triton) : Ce  magnifique coquillage vous invite à une visite non guidée. A vous de rêver.

 

 

 

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Published by Catheau - dans Papier Libre
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commentaires

Catheau 24/11/2010 14:25


Merci, Brunô. La poésie, c'est toujours un peu la Grèce recommencée.


Brunô 24/11/2010 10:56


Rythme et résonances épiques, poème majestueux.


Catheau 23/11/2010 11:31


La Grèce, berceau de notre imaginaire. Pour moi, "la fille de Minos et de Pasiphaé", c'est Phèdre, une pièce que j'aurais bien étudié tous les ans avec mes élèves. "Ni tout à fait coupable, ni tout
à fait innocente", c'est un personnage qui peut encore, au XXI°siècle, nous dire quelque chose sur le Mal.


Nounedeb 23/11/2010 11:15


Merci, Catheau, car ce poème me plonge aux sources de mon amour pour la poésie: Homère, "la fille de Minos et de Pasiphaé"... Je vais vous faire rire. Adolescente, j'avais entrepris d'écrire une
Enéïde, en alexandrins bien sûr...Je n'en suis pas venue à bout, mais j'en avais écrit assez long, autant que je me souvienne.


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Des blancs ruisseaux de Chanaan

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