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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 17:11

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 Nathalie Lermitte, Jacques Pessis, Aurélien Noël,

dans Piaf, Une vie en rose et noir

 

Jeudi 03 avril 2014, le Théâtre Beaurepaire à Saumur proposait aux spectateurs de se souvenir d’Edith Piaf. Dans le cadre du Festival des 1001 Voix, créé il y trois ans par Silvio Pacitto, Jacques Pessis et Aurélien Noël entouraient la comédienne et chanteuse Nathalie Lermitte pour une évocation vibrante de Edith Giovanna Gassion, plus connue sous le nom de la Môme Piaf.

Créée en 2004, la pièce avait été alors jouée dans cinq théâtres parisiens, avait fait une tournée en France et avait reçu une nomination aux Molière. Le trio avait ensuite été convié en Europe, en Russie, au Liban, à Dubaï, à Doha, jusqu’à Tahiti et Shangai à l’occasion de l’Exposition Universelle de 2010. Ecrit par Jacques Pessis, ce spectacle a fait l’objet d’une nouvelle mise en scène par Nathalie Lermitte en 2013 et connaît ainsi une seconde vie.

La pièce commence au moment où trois comédiens répètent le spectacle qu’ils s’apprêtent à jouer sur Edith Piaf. Ils sont dans le décor d’une loge de théâtre. A jardin, un canapé revêtu de velours frappé violet devant un portant où sont accrochés des vêtements de scène ; en fond de scène, une table de maquillage et un miroir ; à cour, une chaise pour le musicien du « piano du pauvre » et  un autre portant.

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Aurélien Noël, champion du monde d’accordéon en 1999 a signé les arrangements musicaux. Il interprète avec discrétion la silhouette des hommes qui ont traversé la vie de la chanteuse : Paul Meurisse et son chapeau, Yves Montand dans son habit de cow-boy, Charles Aznavour, le confident et l’ami fidèle, Georges Moustaki l’indolent, son « homme », le boxeur Marcel Cerdan, Théo Sarapo, le mari de la fin de sa vie.

Jacques Pessis joue le rôle du narrateur et il joue les différents mentors : Louis Leplée qui la découvrira et la lancera, le compositeur Raymond Asso qui fit d’elle une musicienne professionnelle, Bruno Coquatrix dont elle sauvera la salle de L’Olympia grâce à une tournée mémorable. Jacques Pessis conduit avec aisance ce spectacle en le ponctuant d’anecdotes qui rappellent la personnalité hors norme de la chanteuse légendaire.

Les hommes comptèrent beaucoup dans la vie d’Edith Piaf. Outre les chanteurs que j’ai déjà évoqués et qu’elle contribua souvent à lancer en les conseillant et en les encourageant, il y eut son père Louis Gassion, avec qui elle chanta dans des cirques itinérants puis dans la rue ;  Marcel Cerdan, son grand amour brisé en plein vol le 28 octobre 1949, sans oublier son premier mari, le chanteur Jacques Pills, un des Compagnons de la Chanson, Jean-Louis Jaubert, ou encore Jean Cocteau, avec qui elle s’était liée de grande amitié et qui mourut vingt-quatre heures après elle. On apprend que le cadeau de bienvenue d’Edith à ses hommes était toujours le même : un briquet, une montre, une gourmette en or !

Les deux comédiens masculins donnent la réplique à Nathalie Lhermitte, littéralement habitée par le rôle de la chanteuse. Elle a une manière très subtile de s'approprier son personnage en ne reprenant que certaines attitudes et quelques gestes d'Edith Piaf. Contrairement à Marion Cotillard qui l’avait interprétée au plus près dans le film La Môme, elle ne cherche pas à l’imiter, gardant par exemple ses cheveux blonds. Ne joue-t-elle l’actrice en répétition ? J’ai bien aimé cependant la fin du spectacle, lorsque, ayant revêtu la célèbre petite robe noire, elle met aussi  une perruque pour ressembler à Edith Piaf vieillissante et qu’elle l’enlève ensuite.

Nathalie Lermitte a su retrouver la gouaille et le franc-parler de la chanteuse des rues et ses répliques font souvent mouche dans la salle, laissant fuser les rires. On a pu aussi admirer ses dons pour imiter la sonnerie et les conversations téléphoniques !  Elle nous donne aussi à lire dans l’âme d’une femme à la vie traversée, mouvementée, qui ne se départit jamais d’un optimisme viscéral malgré les chagrins d'amour, l’addiction à la morphine et à l’alcool, les douleurs de la polyarthrite rhumatoïde, les nombreuses opérations : une vie en rose et noir !

Mais, surtout, Nathalie Lermitte interprète avec passion les chansons de Piaf, qui viennent ponctuer toujours avec justesse le récit de sa vie. Sa voix modulée et puissante a su atteindre le public au plus profond. Et il le lui a bien montré en lui faisant une standing ovation et en la bissant. La comédienne, longiligne et fragile, a ainsi exprimé avec passion et conviction l’art et l’âme de celle qui disait : « Si je n’étais pas chanteuse, je serais morte ! »

 

 

 

 


 

 

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Published by Catheau - dans Chansons
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commentaires

mansfield 05/04/2014 19:06

Un spectacle qui vous a touché par l'évocation subtile de la chanteuse, j'imagine que vous avez passé un très bon moment, Catheau!

Catheau 09/04/2014 07:39



Une recréation sans singerie : un spectacle de qualité.



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