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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 21:16

  01 les gueux

Les Gueux, 1622, eau-forte de Jacques Callot, 

 

 

Les pauvres diables vont trimant

Vers un but qui toujours recule.

A l’aube comme au crépuscule

Et sous le soleil inclément,

Honteuse engeance à triste mine,

Dans la guenille et la vermine,

Les pauvres diables vont trimant.

 

Les pauvres diables vont peinant ;

Le fardeau leur courbe l’échine.

Dans la mine, avec la machine,

Sur la mer, sur le continent,

Dur est le pain, rude est la tâche,

Rare l’aubaine… Sans relâche,

Les pauvres diables vont peinant.

 

Les pauvres diables vont mourant.

Pour les consoler à cette heure,

La foi, l’espoir, rien ne demeure :

En maudissant, en exécrant

Le destin si peu tutélaire,

Fous de vengeance et de colère,

Les pauvres diables vont mourant.

 

 

Le poète nivernais, Achille Millien (1838-1927), originaire de Beaumont-la-Ferrière, chanta les légendes, les chansons, les mœurs et les coutumes de sa province. Dans cette suite de trois septains, il dit sobrement la fatalité d’un sort qui frappe toujours les petits et les humbles.

 

 

Mercredi 20 octobre 2010

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commentaires

Catheau 21/10/2010 14:02


Ce texte est très éloquent et il m'a émue tant il demeure d'actualité. Cette vieille anthologie (que ma mère feuilleta quand elle avait dix-huit ans) recèle de petits trésors !


Aralf 21/10/2010 09:13


Achille Millien, un nom qui m'était totalement inconnu et pourtant quel beau texte ! Comme quoi rien n'a changé, les pauvres diables sont toujours dans nos rues à trainer leur fardeau de misère...


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Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

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Ton cours vers d'autres nébuleuses

 

La chanson du Mal-Aimé, Apollinaire

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