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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 16:12

  île maurice 119

  Le bassin des lotus (Nelumbo nucifera),

Jardin de Pamplemousses, Ile Maurice ( mars 2010)

 

L’étang dont le soleil chauffe la somnolence

Est fleuri, ce matin, de beaux nénuphars blancs ;

Les uns, sortis de l’eau, se dressent tout tremblants,

Et dans l’air parfumé, leur tige se balance.

 

île maurice 114 

Lotus blanc en fleur, Jardin de Pamplemousses (mars 2010)

 

D’autres n’ont encore pu fièrement émerger :

Mais leur fleur vient sourire à la surface lisse.

On les voit remuer doucement et nager :

L’eau frissonnante affleure au bord de leur calice.

 

île maurice 129 

Le bassin des nénuphars géants (Victoria Amazonia),

Jardin de Pamplemousses (mars 2010)

 

D’autres, plus loin encor du moment de surgir

Au soleil, ont leur fleur entièrement recouverte…

On peut les voir, bercés d’un remous sur l’eau verte :

Ecrasés par son poids, ils semblent s’élargir.

 

  île maurice 127

La fleur rose du Victoria Amazonia,

Jardin de Pamplemousses (mars 2010)

 

Ainsi vont mes pensers dans leur floraison lente.

Il en est d’achevés, sans plus rien d’hésitant,

Complètement éclos, comme, sur cet étang,

Les nénuphars bercés par la brise indolente.

 

 île maurice 130

Deux fleurs du Victoria Amazonia,

Jardin de Pamplemousses (mars 2010)

 

D’autres n’ont encore pu dépasser le niveau ;

Ce sont ceux-là surtout, que, poète, on caresse,

Qu’on laisse à fleur d’esprit flotter avec paresse,

Comme les nénuphars qui bâillent à fleur d’eau.

 

  île maurice 339

Etang de nymphéas mauve vers Chamarel,

Ile Maurice (mars 2010)

 

Mais je sens la poussée en moi vivace et sourde

D’autres pensers germés mystérieusement,

Qui s’achèvent encor dans l’assoupissement,

Comme les nénuphars qui dorment sous l’eau lourde.

 

île maurice 136 

Les Musardises

 

A vingt-deux ans, en 1890, à la veille d’épouser Rosemonde Gérard, Edmond Rostand (1868-1918) fait paraître son premier recueil de vers, Les Musardises, qui ne connaîtra guère d'écho. Dans cette suite de quatrains, le jeune poète file la métaphore du nénuphar, image de la pensée qui germe silencieusement et ne demande qu’à s’exprimer.

 

 

 

Dimanche 26 septembre 2010

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commentaires

Catheau 27/09/2010 09:23


Quel plaisir de feuilleter ce recueil aux pages piquées d'humidité et d'y puiser des textes oubliés!


Nounedeb 27/09/2010 07:42


Une belle méditation sur les nénuphars.


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