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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 15:36

  L'enfant à la poupée, le douanier rousseau

L'enfant à la poupée (1904), Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau

 

 

 

Pour l’avoir rencontrée un matin je l’aimai,

Au temps où tout nous dit les gaîtés naturelles,

Quand les arbres sont verts, lorsque les tourterelles

Gémissent de tendresse au clair soleil de mai.

 

Nos âmes échangeaient de longs baisers entre elles,

Tour riait près de nous, et, dans l’air parfumé,

On entendait des bruits d’amoureuses querelles.

Mon cœur, alors ouvert, depuis s’est refermé.

 

Et ne me demandez jamais pour quelle cause

Vers un autre côté la fille svelte et rose

A détourné ses yeux doux comme les bluets ;

 

Car, pour ne pas laisser leurs mains inoccupées,

Les enfants, sans pitié, brisent leurs vieux jouets

Et retirent le son du ventre des poupées !

 

 

Joseph-Albert-Alexandre, dit Albert, Glatigny est né à Lillebonne le 21 mai 1939 et mort à Sèvres le 16 avril 1873. Engagé à dix-sept ans dans une troupe de comédiens de passage, il se met à courir la province avec eux, tout en composant des drames historiques en vers. La lecture des Odes funambulesques de Théodore de Banville est  pour lui une révélation et il publie en 1857, Les Vignes folles, où l’on peut reconnaître l’influence du maître. Il continue ensuite à écrire sans renoncer à sa vie errante. Il publiera encore deux recueils poétiques, Les Flèches d’or (1864) et Gilles et Pasquins (1872).

Dans ce sonnet, le poète dit pudiquement la douleur déchirante de l’amoureux abandonné. Il le compare à une poupée maltraitée par un enfant. Théodore de Banville disait d’Albert Glatigny qu’il était « un poète primitif, pareil à ceux des âges anciens, qui eût été poète quand même on l’eût abandonné petit enfant, seul et nu dans une île déserte. »

 

 

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par M’annette : Jeu, jouet, jouer

 

 

 

 

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commentaires

Tricôtine 17/04/2011 00:49


les poupées d'antan étaient fragiles,j'ai souvenir également des poupées de collections en costumes régionaux qui restaient dans leurs boites, juste bonnes à toucher "des yeux", quel dommage
j'aurais aimé toucher les étoffes, regarder du bout des doigts de plus près les coiffes...
Merci Catheau pour ce poème qui fait surgir d'autres pensées !! bon dimanche :0)


Catheau 17/04/2011 23:40



Magie des poupées d'autrefois, avec leurs grands yeux bleus... J'avais pour ma part une collection de poupées de Peynet, à l'extrême féminité. Merci, Tricôtine, de cette évocation.



eva48 15/04/2011 21:43


ni l' enfant ni la poupée ne semblent heureux!!


Catheau 16/04/2011 14:28



Comme ne l'est pas l'amant abandonné. Merci, Eva, de votre passage.



duriezalbum 15/04/2011 18:00


Bonne soirée , j'aime ton tableau ! . Le beau temps est bien là .Bon week end à tous les deux , bises ,


Catheau 16/04/2011 14:27



Un enfant un peu inquiétant, qui me semblait bien convenir pour illustrer ce poème. Profite bien du beau temps basque.



jill-bill.over-blog.com 15/04/2011 14:45


Bonjour Catheau, c'est ici un jeudi poésie bien original, merci de nous le faire apprécier.... Jill amicales pensées


Catheau 16/04/2011 14:26



Merci, Jill Bill. J'ai aimé la chute de ce poème. Amicalement.



Juliette 14/04/2011 21:11


La poésie est très belle
Et je découvre ce personnage :-)
Amitiés
Juliette


Catheau 14/04/2011 22:56



J'aime partir à la recherche de ces poètes inconnus du XIX° siècle. Amicalement.



Mireille 14/04/2011 20:59


Un très joli poème veillé par les yeux de l'enfant. Les deux derniers vers sont terribles ! Merci pour ce poème.Bonne soirée. Mireille


Catheau 14/04/2011 22:56



Objets inanimés, vous avez donc une âme ! Le dernier tercet confère au poème toute sa profondeur. Amitiés.



Libre necessite 14/04/2011 20:16


Merci pour cette découverte poétique et cette belle illustration. Amicalement Dan


Catheau 14/04/2011 22:54



Toujours le plaisir de la surprise, quand je feuillette cette vieille anthologie. Merci de votre commentaire.



m'annette 14/04/2011 18:58


la douleur de celui qui est abandonné est en effet indicible et injuste, et c'est intéressant de la voir comparée à "la douleur" que pourrait éprouver un jouet délaissé... Les enfants semblent
cruels, et les adultes sont de grands enfants! merci de ta participation, amitiés


Catheau 14/04/2011 22:53



Merci, M'annette, pour ce thème original. Amicalement.



Alice 14/04/2011 18:40


Belle comparaison pour ces fortes émotions de l'être adulte et l'être enfant déçus et en colère.Je découvre Albert Glatigny,merci pour ce partage. Amitiés


Catheau 14/04/2011 22:52



Dans l'adulte, toujours comme une blessure d'enfance. A bientôt, Alice.



Nounedeb 14/04/2011 18:03


Et le mariage heureux d'un poète primitif et d'un peintre dit tel.


Catheau 14/04/2011 22:51



Le naïf pour exprimer une douleur, exprimée naïvement. Amicalement.



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