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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 14:00

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      Marcel Béalu jeune

 

Mercredi 19 mars 2014, salle Duplessis-Mornay à Saumur, Anne Faucou, chercheur bien connu des Saumurois, proposait une conférence sur le poète surréaliste Marcel Béalu (30 octobre 1908, Selles-sur-Cher - 19 juin 1993, Paris). Pour cette communication, organisée en lien avec le service Saumur, Ville d’Art et d’Histoire, elle était accompagnée de Jean-Pierre Peyrou, un proche du poète, l'écrivain Gino Blandin, et Valérie Lebossé (responsable du secteur Adultes de la Médiathèque) qui lisaient des extraits de textes. Huguette Gautreau et Véronique Flandrin des Archives de Saumur avaient également apporté leur contribution. On pouvait encore y rencontrer Mme Marie-Josée Comte-Béalu, présente dans la salle.

En leur compagnie, le public est parti Sur les pas du poète Marcel Béalu à Saumur (titre de la conférence). Dans une prose très poétique, Jean-Pierre Peyrou a d’abord évoqué la fréquentation, qui dura cinq ans, du poète avec le grand Max Jacob, qu’il rencontra en 1937. Il a souligné l’intérêt du Fonds Marcel Béalu à la BUF d’Angers et l’ouvrage de son épouse qui perpétue son souvenir.

Anne Faucou a ensuite pris la parole pour rappeler la biographie du second fils de Joseph Béalu, coiffeur de son état, et issu d’une lignée de tisserands. Dans L’Expérience de la nuit (1945), il donnera à son héros le prénom de son grand-père Adrien. Cadet de la famille et pas vraiment désiré, Marcel Béalu fut cependant l’enfant préféré de sa mère. Il y puisa sans doute « la force d’aller contre ».

Après une enfance pauvre passée à Saumur, où il lit les classiques en autodidacte, le poète est le chapelier de la Chapellerie Marcel à Montargis de 1931 à 1925. Il « monte » à Paris en 1925, rue de Richelieu, et exerce divers métiers. Il lit Verlaine, Francis Jammes et se marie avec Marguerite Kessel.

En 1928, il fait son service militaire dans la Nièvre. Il se met à écrire dans des journaux et notamment celui du pacifiste Marc Sangnier, animateur du Sillon. Il s’adresse à ses frères allemands en ces termes : « Ne pourrions-nous nous unir autrement que par le sang ? »

En 1936, il écrit deux recueils de poèmes, Les Yeux ouverts et Esquisse de l’idole. C’est en 1937 que le chapelier autodidacte rencontre Max Jacob qui lui fait découvrir sa voix poétique, marquée par « la simplicité des vocables et l’élan rythmique ». Le poète l’encourage et ils se verront très fréquemment. Cette rencontre sera capitale dans son évolution et lui permettra en outre de connaître les poètes qui constitueront l’Ecole de Rochefort (née en 1941). Il connut ainsi Jean Bouhier, Michel Manoll, René-Guy Cadou, Luc Bérimont, Jean Follain et Jean Cocteau.

Puis c’est l’incorporation dans le 95e Régiment d’Infanterie, dans le service de la radio à Montargis. Il participe à la revue Fontaine avec Max-Pol Fouchet, perd sa mère en 1942, tandis que Max Jacob meurt d’épuisement au camp de Drancy en 1944.

En 1947, paraît le Journal d’un mort, où l’on voit naître « le Béalu de la nuit ».  Revendiquant son indépendance littéraire, il est cependant marqué, depuis 1938, par le surréalisme. Accordant une grande place à l’onirisme et au fantastique, il écrit notamment de superbes récits dans une prose poétique qui le place parmi les maîtres du genre : L’Araignée d’eau (1948), Le Bruit du Moulin, L’Expérience de la nuit (1945).

En 1951, il quitte Montargis et se fait libraire à Paris, donnant à sa librairie le nom d’un récit de Jean Paulhan, Le Pont traversé. Elle aura trois adresses successives : rue de Beaune, près de l’église Saint-Séverin et enfin au 62, rue de Vaugirard. Le poète-libraire y vendait les livres de ses amis et y contait mille et une anecdotes sur leurs auteurs. Il épouse en secondes noces M-A Dutheil puis rencontre Marie-Josée Lacaze, une étudiante, avec qui il se marie en 1974.

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Le Pont traversé, 62 rue de Vaugirard

(Crédit Photo, D. Morrison)

Loin des sentiers battus, il poursuit une œuvre personnelle : il fonde avec René Rougerie la revue Réalités secrètes (1955-1971), pratique son violon d’Ingres, la peinture, voyage. Il continue à s’illustrer dans le fantastique contemporain en créant des mondes où « le fantastique ne se sépare pas du réel […] toujours insolite si on sait le regarder [car] il contient une nuit qui est partout ». Il meurt à Paris en 1993.

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Illustrant sa conférence par des photos et des documents, l’entrecoupant par des temps de lecture d’extraits de textes, Anne Faucou, passionnée par la vie quotidienne dans la ville angevine, s’est surtout intéressée à la période saumuroise de l’écrivain, qui le marqua particulièrement. Elle nous a ainsi appris que le père de Marcel Béalu s’installe à Saumur en 1913. La ville compte alors 16 000 habitants  et elle est marquée par l’anticléricalisme. Joseph Béalu y était chapelier-modiste au 50, rue Saint-Jean et son fils Marcel fit son apprentissage du métier à Romorantin, en 1923.

Dans Enfances et Apprentissage, le premier tome de son autobiographie Le Chapeau magique (qui sera suivi de Porte ouverte sur la rue et de Présent définitif), l’écrivain donne une image besogneuse et un peu mystérieuse aussi de la rue Saint-Jean. Il se rappelle les racontars sur l’encadreur et doreur Boufil, le propriétaire du Gant d’or, M. Bonnafous, la modiste, Melle Germond, et le bijoutier Gouin, qui symbolisait « l’aristocratie du commerce ».

Valérie Lebossé nous lit alors un extrait de Mémoires de l’ombre (1959) qu’Edmond Jaloux considère comme « l’une des œuvres importantes de son temps ». L’inspiration de l’écrivain s’y nourrit du souvenir d’un portrait dans une vitrine. Il s’agit d’un ouvrage composé de cent vingt récits brefs. Dans « Plusieurs enfances », il y dit « l’enfance et ses troubles verts, acidulés, inquiets, merveilleux ».

Dans Le Chapeau magique, il se remémore l’accident et la mort de l’aviateur Legagneux, le 6 juillet 1914, au cours d’un meeting aérien au terrain du Breil. Il fera en effet une chute de 300 mètres dans la Loire et le jeune Marcel, de retour chez lui, dira sobrement : « Il est mort ! »

A cette évocation succèderont le rappel de la piété du petit Marcel, des merveilles des processions de la Fête-Dieu, de la perte des croyances à l’âge de 11 ans, de la naissance  de sa sœur Jeanne en 1918, de l’école de la Montée du Fort.

Gino Blandin lit ensuite un extrait des souvenirs de la mobilisation générale en 1914, et notamment de celle du père de Marcel Béalu.  « Et notre tour est venu/ Ran-tan-plan/ D’aller en guerre ! » Rendu malade par la guerre et démobilisé, ce père deviendra lointain, dur, inaccessible. Considéré bien souvent comme un embusqué, il s’adonnera, solitaire, à la pêche en Loire.

Anne Faucou rappelle la création de 9 hôpitaux dans la ville, en plus des deux cliniques, celles de Fardeau et de Bagneux. L’ensemble comptabilisa, le temps de la guerre, 26 000 jours d’hospitalisation. Elle se souvient encore des Nouvelles Galeries, rue d’Orléans, et, en 1919-1919, du camp américain de Villebernier, fort de ses 6 000 soldats.

En 1920, Marcel Béalu, âgé de 12 ans, quitte l’école et est embauché comme auxiliaire à la sous-préfecture. Il entre ensuite chez le grainetier Victor Boret (Graines et semences en gros) qui sera ministre de l’Agriculture de 1917 à 1919. Dix heures par jour, l’adolescent remplit des petits sachets de semence. Une vie humble, non dénuée du « bonheur des pauvres », et dont l’expérience sera le ferment de son œuvre. Il écrira : « La préciosité de la peine avait tavelé mon cœur des moisissures de la révolte. »

Au printemps 1922, il est touché par l’amour, en la personne de la fille du boucher Groleau, dont la boucherie se trouve entre les ponts qui enjambent la Loire. Elle se prénomme Suzanne-Renée, il l’aime. Mais sa mère commente ainsi l’aventure : « Il n’est jamais qu’un gamin qui siffle les filles ! »

C’est par l’évocation de l’amitié de Béalu avec les poètes de l’Ecole de Rochefort que la conférencière terminera sa communication. Dans cette période troublée de la guerre, marquée par l’angoisse, ce mouvement se créa notamment en réaction à une poésie nationale, telle que la prôna Aragon. Michel Manoll dira que « plutôt qu’une école, [ce fut] une cour de récréation » et, pour Luc Bérimont, « Rochefort [fut] un état d’esprit ». Sous l’égide de Max Jacob, ses participants pratiquaient l’authenticité, alliée à l’érudition et à la musicalité. Pour eux, « la liberté… elle [avait] le visage du bonheur ».

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Marcel Béalu par Roger Toulouse

Entre 1941 et 1947, cette école fédéra une centaine de poètes qui furent aussi des hommes de la Loire. Tous s’accordent en effet pour reconnaître le rôle central du fleuve dans leur inspiration : « Cette eau qui ne me lâcherait plus… ne me quitterait jamais… »

Dans un dernier texte lu par Gino Blandin, le poète fait ce dernier aveu : « Dois-je l’avouer, je reste un homme de la Loire… Ce fleuve reste enroulé à mes années lointaines… » Oui, c’est bien la Loire qui a donné à Marcel Béalu « le goût des métaphores et le sens des métamorphoses ».

Anne Faucou a ensuite invité son auditoire à se rendre à la Médiathèque de Saumur, place de Verdun. Là, au milieu des ouvrages de Marcel Béalu exposés pour l’occasion, nous y avons dégusté un petit en-cas offert par la bibliothécaire en chef, Brigitte Groleau. Nous avons ensuite regardé la diffusion du premier long métrage de Jean-Daniel Verhaeghe, adapté d’un récit fantastique de Marcel Béalu, L’Araignée d’eau.

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Le réalisateur, que beaucoup connaissent, était présent. Auteur de 75 films, il a travaillé aussi pour la télévision. On se souvient notamment de la célèbre Controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière. Il a souvent adapté des romanciers et on pourra citer, La Métamorphose de Kafka, Bouvard et Pécuchet de Flaubert avec Jean Carmet et Jean-Pierre Marielle, Eugénie Grandet qui fut tourné à Baugé,  Le Rouge et le Noir avec Carole Bouquet. Plus récemment, il y a aussi Sans famille, Le Grand Meaulnes avec Philippe Torreton, Jean-Jaurès ou la naissance d’un géant, L’abolition avec Charles Berling dans le rôle de Badinter.

C’est un membre d’une association nantaise, spécialisée dans l’accès aux films « invisibles, méconnus, peu ou pas distribués », qui nous a présenté le long métrage. Il nous a expliqué que la version présentée ce soir-là est la seule version correcte de ce film et qu’elle provient d’un DVD américain. Tourné en 1968 et distribué en 1971, le film L’Araignée d’eau n’est jamais sorti à l’époque que dans une unique salle.

Le récit de Marcel Béalu est empreint d’onirisme et de fantastique. Il raconte la découverte par Marc, le narrateur, un écrivain féru d’entomologie, d’une argyre, petite araignée d’eau, qu’il rapporte chez lui. Il s’en éprend, la cache dans son grenier et elle se métamorphose en femme. Elle l’entraînera vers la mort, en un « infernal hymen ». Marcel Béalu innove d’une certaine manière en inversant ici le processus fantastique traditionnel qui veut que ce soit l’homme qui se mue en animal. Grand admirateur de l’écrivain, Jean Paulhan écrit à propos de l’atmosphère de ses œuvres : « Lire une page de Marcel Béalu, c’est pénétrer dans un pays singulier, un pays qui pourtant doit bien exister quelque part, plus haut ou plus bas que la terre, le pays de derrière la glace, ou de derrière l’eau, ou de derrière le ciel, ou de derrière nous… »

En faisant le choix d’adapter ce récit, Jean-Daniel Verhaeghe a réalisé un film de 76 minutes  « étrange et pénétrant », comme un rêve. Etrangeté qui tient, certes, au thème, mais aussi à la comédienne Elisabeth Wiener, fille du compositeur Jean Wiener, qui s’illustra au cinéma dans les années soixante. Elle interprète ici le rôle de Nadie, la femme-araignée, blanche silhouette à la longue chevelure noire, épandue sur un visage d’une pâleur de craie. En la voyant émerger de l’obscurité du grenier du narrateur, on songe notamment aux héroïnes mortifères d’Edgar Poe. Nadie incarne à elle seule cet amour « impossible et pourtant présent ».

La narration choisie par le réalisateur (en voix off) nous place dans la tête de Marc (Marc Eyraud) le narrateur. Cet écrivain, que passionne la vie des insectes, recueille donc au bord d’une eau courante une petite araignée d’eau, sirène minuscule, dont le chant l’envoûte : « Tire-moi d’ici […] et tu verras comme je saurai te plaire. » En la mettant dans une petite boîte, « il [lui] sembla voir un minuscule visage poindre entre les mandibules ».

De retour chez lui, il la dissimule dans un coffre sous les combles. Guetté par l’ennui conjugal, de plus en plus indifférent à sa femme Catherine (M-A Dutheil), il n’a de cesse de monter au grenier pour admirer sa proie, sa « fiancée enfant ». Or, la petite araignée se métamorphose en une femme à qui il donne le prénom de Nadie. Et bientôt, c’est Marc qui devient sa proie ! En même temps, grâce à elle, il accède à un monde autre, à un univers surréel, à l’Autre, à la Femme.

La scène de la métamorphose de l’araignée velue en femme est une des scènes les plus réussies du film. L’onirisme, non dénué d’horreur, s’y exprime dans une suite de gros plans où les poils de l’argyre deviennent cheveux de femme, où les pattes de l’insecte se transforment en membres féminins. Le spectateur se retrouve ainsi au cœur même de la métamorphose, qui est en même temps, « le temps de l’épouvante ».

Commence alors pour l’écrivain un étrange voyage entre rêve et réalité. Fasciné par cette femme au charme mystérieux, il délaisse sa femme, installe Nadie chez lui ;  il devient l’objet des racontars puis de la colère des villageois qui accusent la jeune femme de leur dérober de la nourriture.

Marc se retrouve par ailleurs en proie à des rêves délirants, nés de ses fantasmes d’amant ou d’écrivain, on ne le sait. En témoigne cette scène d’une extrême violence dans laquelle on le voit, devant l’autel de l’église paroissiale, ouvrir un sac et en extraire des chats griffus et miaulants qu’il projette sur l’officiant et les paroissiens. Le basculement vers la folie se manifeste aussi dans ces promenades sylvestres où Nadie et Catherine se confondent.

On regrettera peut-être que Jean-Daniel Verhaeghe ait été infidèle à la fin du récit de Béalu, qui montre la femme-araignée entraînant Marc dans les eaux, étreinte « épouvantable », engloutissement masculin qui est un des thèmes majeurs du fantastique. Dans le film, le narrateur se retrouve au bord de l’eau, ainsi qu’on l’avait découvert dans les premières images. C’est une fin plus sage… mais qui ouvre pourtant aussi à nombre de questionnements. Nadie ne représente-t-elle pas la force de la création littéraire qui envahit et dévore le créateur ?  N’est-elle pas encore le symbole de la passion amoureuse qui dévaste tout ? Est-elle l’incarnation de l’amour impossible ? Est-elle la personnification des fantasmes les plus secrets de Marc ?

Soutenu par la musique envoûtante de Serge Kaufman, ce premier long métrage de Jean-Daniel Verhaeghe, désormais quasiment introuvable, apparaît comme un OVNI cinématographique. L'adaptation de L'Araignée d'eau du fantastique surréaliste Marcel Béalu apparaît cependant fidèle à la définition du fantastique selon Nodier, pour qui ce genre se caractérise par l’alliance « entre l’horreur et la terreur, en même temps que par l’émerveillement devant la richesse de la réalité extérieure et de la réalité intime ».

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Sources :

« Un fantastique surréaliste : Marcel Béalu », Roger Bozzetto

L’Araignée d’eau, Un introuvable d’Elisabeth Wiener inoubliable

« Marcel  Béalu », Les éditions José Corti

 

 


 

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Published by Catheau - dans Conférences
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commentaires

Carole 29/03/2014 01:21

Je l'aime bien, ce Marcel Béalu, dont on ne parle pas souvent.
Décidément, à Saumur, la vie culturelle est passionnante.

Catheau 05/04/2014 10:54



Un amoureux de la Loire, à votre image !



Martine 27/03/2014 07:58

Voilà un printemps des poètes dignement fêté.
Le nom de cet auteur ne me dit rien. Ou alors il a quitté ma mémoire.
Quel histoire étrange que cet amour, cette métamorphose fantastique et cauchemardesque.
Vos questions à la fin sont très pertinentes .
Et enfin j'ai admiré le superbe dessin de la couverture du livre. Mais également celui de l'affiche qui est d'une sombre beauté. Que de talents
Merci Catheau
;)

Catheau 05/04/2014 10:54



C'est un premier long-métrage de Jean-Daniel Verhaeghe qui mérité d'être vu, même s'il est


dommage qu'il ait été infidèle à la fin du récit de Béalu.



Alice 26/03/2014 17:49

Cela donne envie de lire Marcel Béalu, grâce à ton article, je rattrape mon absence à la conférence. Le film semble proche du cauchemar, et cela doit mettre mal à l'aise de voir cette obsession
pour l'araignée d'eau jusqu'au pire !

Catheau 05/04/2014 10:51



C'est une découverte à conseiller à ceux qui aiment le fantastique. A bientôt, à mon retour des lointains.



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