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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 08:00

Jean Metzinger - L'oiseau bleu - 1913L'oiseau bleu, Jean Metzinger, 1913

 

L’oiseau bleu

 

J’ai dans mon cœur un oiseau bleu,

Une charmante créature,

Si mignonne que sa ceinture

N’a pas l’épaisseur d’un cheveu.

 

Il lui faut du sang pour pâture,

Bien longtemps je me fis un jeu

De lui donner sa nourriture :

Les petits oiseaux mangent peu.

 

Mais, sans rien en laisser paraître,

Dans mon cœur il a fait, le traître,

Un trou large comme la main.

 

Et son bec fin comme une lame,

En continuant son chemin,

M’est entré jusqu’au fond de l’âme.

 

A l’occasion du 9° Printemps des Poètes, avait été éditée une carte postale avec ce poème. Je l’ai retrouvé dans ma vieille Anthologie des Poètes Français Contemporains. Ce sonnet appartient à la toute jeunesse de Daudet puisqu’il est extrait de sa première œuvre, Les amoureuses, parue à Paris, en 1858, chez Tardieu. Après une période consacrée à l’écriture théâtrale, l’écrivain optera ensuite résolument pour la prose avec les succès qu’on lui connaît, et bien sûr les Lettres de mon moulin (1866), signées Gaston-Marie.

Gustave Geffroy parle ainsi de ces œuvres de jeunesse, « chansons inconsciemment chantées », parfois naïves. Il évoque ce premier recueil « comme un verger de printemps avec des arbres blancs et roses odorants comme des bouquets, tout dorés de soleil, tout plein de voix, traversé par des robes claires, obscurci par instants sous un nuage d’orage. »

Ce bel oiseau bleu, dont il est question dans le sonnet, insensiblement, se révèle le bourreau du cœur amoureux : sous la joliesse point la férocité. Tout comme dans certaines nouvelles à venir, dans lesquelles le soleil provençal ne pourra réduire la violence du sentiment.

 

Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,

Thème proposé par Lénaïg : les oiseaux

 

 


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commentaires

duriezphotos 18/02/2012 12:09

Beau tableau ! .Merci pour le lien qui marche enfin et pour ton téléphone . Je te téléphonerai dans la semaine .Je vous embrasse bien ...

Catheau 20/02/2012 22:40



Tu sais que le tien ne fonctionne pas sans le mot de passe. Que faire ?



tilk 18/02/2012 00:48

je ne connaissais pas la poésie de Daudet...merci
tilk

Catheau 20/02/2012 22:39



Merci, Tilk, de votre passage chez moi. A bientôt.



Marc 17/02/2012 10:06

J'aimais beaucoup Alphonse Daudet, juqu'à ce que je découvre qu'il avait volé la nouvelle écrite pas son ami Paul Arène: La chèvre de monsieur Seguin...

Catheau 17/02/2012 22:55



Je l'ignorais. Ainsi, aujourd'hui, il doit y avoir nombre d'auteurs, Marc, que vous n'aimez plus...



Brunô 16/02/2012 17:47

Que rajouter / un poème délicieux et son analyse en prime

merci Catheau

Catheau 17/02/2012 22:53



Un poème qui pourrait être mièvre et qui échappe à cet écueil. Merci, Brunô.



Suzâme 16/02/2012 16:45

Je suis sous le charme de ce poème et découvre grâce à vous la plume de jeunesse d'Alphonse Daudet, l'inoubliable, notamment pour la fameuse "Chèvre de Monsieur Seguin" que je relirai bien puisque
je me berce depuis quelques temps lentement comme pour revenir en enfance, avec "Les mémoires d'un âne" de la Comtesse de Ségur. Quel bonheur cette liberté d'ouvrir un livre, de se délivrer
quelques instants de sa propre vie... A bientôt. Suzâme

Catheau 17/02/2012 22:51



Vieilles couvertures rouge et or de la comtesse de Ségur... Comment pourrait-on se lasser jamais d'y retourner ?



Malika 16/02/2012 16:21

Très bien illustré.

Catheau 17/02/2012 22:49



L'occasion pour moi de découvrir un peintre dont j'ignorais tout. Amitiés.



valdy 16/02/2012 13:38

Très juste Catheau, "ce soleil de Provence" qui ne réduit pas la violence du sentiment chez Daudet. Ce poème me rappelle "l'homme à la cervelle d'or" , une nouvelle qui m'a fascinée petite et qui,
sous les ors du conte fantastique , laisse transparaître la "douleur" comme condition sine qua non à la création. Magnifique !!

Catheau 17/02/2012 22:49



C'est bien à ce texte que j'ai pensé en exprimant cette idée et à L'Arlésienne, aussi, sans doute. Comme vous, j'ai toujours été fascinée, et par le titre, et par le contenu de
l'histoire.



M'amzelle Jeanne 16/02/2012 12:45

Un bonheur de lire ce poème et tes explications ! Merci à toi qui sait nous donner goùt à plus de littérature.
J'aime beaucoup le tableau cubiste de Jean Metzinger 1913 !!
une beauté...
A une autre fois !
Bisous de Jeanne

Catheau 17/02/2012 22:46



Nous sommes nombreux, je crois, à avoir ce goût du partage. Comme, vous, Jeanne, j'aime l'envol de cet oiseau bleu parmi les choses.



Lenaïg Boudig 16/02/2012 12:00

Bonjour Catheau, merci beaucoup pour ta page, de référence, j'ai envie de dire, en ce jeudi en poésie. Contente de connaître grâce à toi ce puissant poème d'Alphonse Daudet, accompagné de ton
commentaire. On pourrait presque regretter qu'il ait abandonné la poésie pour la prose, si on ne savait les merveilles qu'il a créées. Un moment bien agréable, belle journée à toi.

Catheau 17/02/2012 22:44



Référence, je ne sais ; exigence, je l'espère. Merci, Lénaïg, pour cette proposition de la semaine.



Martine 16/02/2012 11:38

Bonjour Catheau,

Je ne connais pas du tout. C'est très joli, plein de fraîcheur.
Bonne journée Catheau
Martine

Catheau 17/02/2012 22:40



Ma vieille anthologie recèle bien des surprises, que j'aime à découvrir. A bientôt chez vous.



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