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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 23:00

  Aborigènes Protégé

Pancarte dans les Jardins botaniques de Sydney,

commémorant  "the Day of Mourning", le Jour de Deuil du peuple aborigène,

le 26 janvier 1938

 

C’était il y a deux ans et demi, dans les jardins botaniques de Sydney. Une série de panneaux y rappelaient le long et douloureux parcours des premiers habitants de l’Australie, les Aborigènes, pour la reconquête de leur dignité perdue.

Cette photo et ce texte évoquent le 26 janvier 1938, qui fut « Jour de deuil », et journée de protestation contre les 150 années de colonisation britannique, les traitements impitoyables et la saisie des terres dont ce peuple fut la victime.

Le reconnaissance de la citoyenneté australienne ne lui fut acquise qu’en 1967 et ce n’est qu’en 2008 que le gouvernement de Kevin Rudd a demandé pardon aux Aborigènes pour l’assimilation forcée des « générations volées ».

En 1780, lorsque les Anglais débarquèrent  sur la terre du vent du Sud, ne l’avaient-ils pas déclarée « Terra nullius », autrement dit « Terre vierge » ?

A l’occasion de la proposition de cette photo pour la Communauté Entre Ombre et Lumière, je publie de nouveau ce poème, écrit après mon voyage, et inspiré par le sort tragique des Aborigènes.

 

Au rocher sacré

 

Dans un repli du rocher

J’ai vu la vie d’un peuple

En transhumance

Aux lointains des vallées mortes

 

Il lisait dans le doux de la nuit

Des couronnes de feuilles

Ceignaient son front

Le ciel était son baldaquin

 

Dans les plis de la terre

J’ai vu l’enfant noir

Aux cheveux blonds

Il se baignait dans la clarté de l’eau

 

Avec son bâton

Il dessinait des ronds

Sur la terre rouge

C’était le Temps du Rêve

 

Dans le creux de l’ancien caillou

J’ai vu l’homme aux bras de lune

Et j’ai rêvé la femme

Aux seins de soie

 

Dans l’anfractuosité de la pierre

J’ai vu l’autre à la couleur de neige

Il fendait les crânes

Il crevait les yeux

 

Dans l’obscurité minérale

J’ai vu le fossoyeur perfide

Qui creuse le chagrin

Et les larmes

 

Dans les recoins secrets

J’ai vu la mort d’un peuple

Au rocher sacré

Qu'ils appellent Uluru

 

 

 

Pour la Communauté de Hauteclaire,

Entre Ombre et Lumière,

Thème proposé par Anne Le Sonneur :

Pancartes, panneaux, enseignes de villes

 

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Published by Catheau - dans Poèmes
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commentaires

Quichottine 10/04/2011 23:52


Oups... Je ne suis que membre chez les Croqueurs de Mots.
D'autres animent bien mieux la communauté. :-)

Je suppose que tu voulais parler de la Petite Fabrique d'écriture.

Bisous et bonne semaine, Catheau.


Catheau 11/04/2011 15:11



Quichottine et Tricôtine : les finales de vos deux noms ont dû entraîner cette confusion, dont je suis confuse ! Il est vrai que, grâce à vous, La Petite Fabrique d'Ecriture est un vrai
lieu de partage.



m'annette 08/04/2011 19:48


hommage aux gens qui vivent leur vie, simplement, pour le bonheur d'exister, mais qui ne sont pas respectés...


Catheau 09/04/2011 23:48



Ils vivaient sur leur terre et on la leur a prise... Merci, M'annette de votre visite.



Alain 08/04/2011 06:38


Mémoire du passé qui ressurgit en douleurs présentes à jamais, mais estompées un peu plus chaque fois.


Catheau 08/04/2011 08:24



Repentance, pardon, reconnaissance, mais l'horreur demeure. Merci, Alain, de votre visite.



Hauteclaire 07/04/2011 00:53


Bonsoir Catheau
un sort infiniment triste, le malheur hélas se reproduit de pays en pays sur le même modèle ..
Merci pour ce billet, en hommage à ceux qui disparaissent en silence
Amitiés


Catheau 08/04/2011 08:02



Les peuples sont oublieux, les tragédies recommencent à l'identique. Amitiés.



cigalette 06/04/2011 20:27


Magnifique ce poème, grand merci


Catheau 08/04/2011 07:58



Merci à vous, Cigalette, d'être passée ici.



jill-bill.over-blog.com 06/04/2011 19:59


Bonsoir Catheau, je vais dans le sens de mon amie Adamante... C'est bon de rappeller que.... Merci à toi, amitiés de jill


Catheau 08/04/2011 07:57



Hélas, on voit que les horreurs du passé ne servent de rien et qu'elles se répètent. Amicalement.



Eglantine-Lilas 06/04/2011 18:36


un très beau poème que je n'avais pas encore eu le temps de découvrir


Catheau 08/04/2011 07:56



Merci pour eux, Eglantine, de m'avoir lue.



Alice 06/04/2011 18:14


Magnifique poème, pour rappeler le triste sort de ce peuple pris en otage et massacré sur leur propre terre.Merci pour le partage. Amitiés


Catheau 08/04/2011 07:53



En Australie, à Cairns, dans un centre animé par des Aborigènes, j'ai vu un film d'archives terrifiant sur ce qu'ils ont subi.



pimprenelle - entrebrumetsoleil 06/04/2011 16:30


Pourquoi veut-on toujours plus. En lisant Adamante, j'ai eu envie de venir lire et le poème,ne m'a pas déçue.
C'est bon un partage tel que celui-là.


Quichottine 06/04/2011 14:23


Adamante nous envoie vers toi... et me fait regretter de ne pas pouvoir venir plus souvent.

La Terre sera notre nouveau défi si nous voulons qu'elle survive à ce que nous lui faisons.

Apprenons à marcher comme ces peuples que nous avons spoliés, que nous avons détruits ou contraints à survivre autrement... et tournons-nous enfin vers un avenir où elle serait notre priorité.

Merci pour ce poème, pour ces mots...


Catheau 08/04/2011 07:51



Merci, Quichôttine, d'animer si bien Les Croqueurs de Mots. Amicalement.



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