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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 09:37

  musset

 

Le 11 décembre 2010, on fêtera le bicentenaire de la naissance de Louis Charles Alfred de Musset, né à Paris au 33, rue des Noyers (aujourd’hui, 57, boulevard Saint-Germain).

C’est l’occasion de lire ce poème de Valère Gillé, extrait de Les Tombeaux, publié à Bruxelles en 1900, et qui donne du poète l’image la plus connue, sinon la plus convenue.

 

Souvenez-vous : la brise est charmeuse et câline ;

La nuit est dans le parc comme un enchantement,

Et parmi les velours de l’ombre, en s’endormant,

La lune dans les fleurs et les feuilles s’incline.

 

Sous le balcon d’Agnès, de Laure ou de Zerline

Il chante : c’est la voix de l’éternel amant.

Le ciel de cristal tinte, et langoureusement

Dans un rêve d’amour vibre la mandoline.

 

Mais l’infidèle a clos ses volets ; et son cœur

Reste sourd à l’appel ardent, tendre ou moqueur

Du page qui l’implore et soupire pour elle.

 

Soudain il rit, d’un rire ironique et falot,

Et ses doigts plus nerveux pincent la chanterelle,

Qui pleure, s’exaspère et rompt dans un sanglot.

 

Car Musset, le poète romantique par excellence, est celui-là même qui écrivait dans la dédicace de La Coupe et les Lèvres :

 

[Mais] je hais les pleurards, les rêveurs à nacelles,

Les amants de la nuit, des lacs, des cascatelles,

Cette engeance sans nom, qui ne peut faire un pas

Sans s’inonder de vers, de pleurs, et d’agendas.

 

Cette dédicace est riche d’enseignements : Musset, qui y tente de définir ses goûts et ses méthodes, en arrive à une seule conclusion, le doute. Ce déchirement interne, au cœur d’une œuvre d’une grande variété, sera mis en lumière dans La Nuit de décembre (décembre 1835), long poème où le narrateur  met en scène cet « étranger vêtu de noir », qui lui ressemble « comme un frère ». Ce phénomène d’autoscopie, au-delà du thème du double, correspond à un trait fondamental de l’écrivain, la multiplication des voix : Coelio et Octave l’expriment dans Les Caprices de Marianne (1833) mais c’est le personnage de Lorenzo de Médicis, dans Lorenzaccio (1834), qui l’illustrera de la manière la plus magistrale.

 

  philipe dans lorenzaccio

  Gérard Philipe dans Lorenzaccio

 

 

Jeudi 30 septembre 2010

 

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commentaires

Catheau 30/09/2010 22:56


Lorenzaccio demeure aussi une de mes pièces-cultes. Le personnage est un frère d'Hamlet.


Nounedeb 30/09/2010 18:41


Merci, Catheau, d'évoquer Musset. Il a nourri de poésie mon adolescence. Et j'ai vu Gérard Philipe dans Lorenzacio. J'étais presque en état de transe.


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